Peugeot 205 Turbo 16 « série 200 » : le mythe à portée de main !

Publié le mercredi 16 juillet 2014.
Mis à jour le samedi 20 octobre 2018.
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En 1983, Peugeot joue son va-tout en présentant la 205, un sacré numéro qui doit permettre à la marque sochalienne de sortir de l’ornière financière dans laquelle elle se trouve. Le rachat de Chrysler Europe et le lancement de la marque Talbot ont plombé les comptes, et la gamme est plutôt vieillissante. La 205, voiture bien née, devra donc jouer le rôle de chevalier blanc pour Peugeot, à deux doigts de la faillite.

Pour réussir son coup commercial, Peugeot a décidé de redorer son blason en compétition avec un modèle proche de la nouvelle 205, du moins visuellement. C’est pourquoi la version compétition de la 205 est présentée en même temps que la petite lionne de série : la fameuse 205 Turbo 16. Peugeot a décidé de s’attaquer au Championnat du monde des Rallye, et d’aller défier les Audi Quatro en Groupe B. Mais pour cela, le règlement impose la construction d’au moins 200 exemplaires d’une version civile.

Peugeot présente donc au salon de Genève 1984 la 205 Turbo 16 dite « série 200 », uniquement disponible en gris « winchester » , avec des liserets rouges et blancs sur les flancs. La Turbo 16 n’a plus grand chose à voir avec la 205 « civile », si ce n’est la ligne générale. La T16 est à quatre roues motrices, tandis que le 4 cylindres XU de 1,8 litres et 200 ch obtenus grâce au turbo, est placé à l’arrière de la voiture, condamnant ainsi les places arrières. Malgré sa commercialisation, on est plus proche de la voiture de compétition qui gagnera de nombreux rallyes et rallyes raids que de la GTI qui commence à séduire les amateurs de petites sportives.

La Turbo 16 est fabriquée en Poitou-Charente, chez le carrossier Heuliez (caisse) et chez Peugeot Talbot Sport à Boulogne (assemblage), à 219 exemplaires. Avec un poids de 1105 kg, les 200 ch sont un peu justes, surtout que la tenue de route est royale. Aussi, certains clients opteront pour un kit PTS (Peugeot Talbot Sport) faisant passer la puissance à 300 ch, quasiment autant que la version de compétition.

Avec la Turbo 16, l’idée n’était pas de gagner de l’argent ou de faire du volume, mais bien d’obtenir l’homologation en Groupe B et d’asseoir la réputation sportive de la 205. Mission réussie, puisque la Turbo 16 Evolution gagnera le titre mondial pilote et constructeur en 85 et 86, dernière année d’existence du groupe B. Pour continuer à capitaliser sur cette formidable machine à gagner, Peugeot trouvera la parade en l’engageant avec succès en Rallye Raid, sur le Paris Dakar. C’est cette épreuve qui me fera rêver de la 205, puis de la 405 techniquement très proche.

Aujourd’hui, on estime que seules 122 Peugeot 205 Turbo 16 « série 200 » ont survécus, ce qui la rend encore plus rare. Après avoir longtemps stagné, la côte atteint désormais des sommets. Avec elle, on touche du doigt le mythe, et malgré ses seulement 200 ch, on a entre les mains une véritable voiture de rallye « civilisée ». Elle représente aussi la stratégie gagnante de Peugeot avec la 205 : un sacré numéro !

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