Peugeot 206 RC / GTI 180 : le discret futur collector

Publié le jeudi 15 février 2018.
Mis à jour le samedi 10 novembre 2018.
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Si aujourd’hui, la mode de l’appellation GTI revient en force, tant chez Peugeot (avec sa 208 et sa 308, lire aussi : 308 GTI) que chez Volkswagen (avec la Up, la Polo ou la Golf), elle semblait presque tombée dans l’oubli au début des années 2000, en particulier chez Peugeot. Dès le début des années 90, comme s’il ne fallait pas toucher à l’icône 205 GTI (lire aussi : 205 GTI) ou bien parce que ce sigle n’était plus politiquement correct, la firme sochalienne nous gratifiait d’une 206 S16, puis d’une 206 RC qui nous intéresse aujourd’hui.

La 206 RC s’appelait, en Grandde Bretagne, GTI 180

Revenons au début des années 80, la décénnie « mythique » pou les GTI. A cette époque, 105 ou 115 chevaux suffisaient au bonheur des amateurs de bombinettes : moteurs rageurs et poids plume permettaient de s’encanailler, et de le montrer grâce à la panoplie rouge et noire la plus courante (à l’époque). Avec la 205, Peugeot rejoignait Volkswagen au firmament des voitures frimes et abordables. Dans les années 90, l’étoile pâlissait, la 205 vieillissait, et l’on trouva sans doute plus chic et moins agressif de mettre en avant les 16 soupapes popularisés par la grande sœur 405 Mi16. Les versions « sportives » des 106 et 306 prirent le nom de S16, et tout naturellement, la 206 en fit de même à sa sortie en 1999.

Mais malgré 137 chevaux annoncés, soit 7 de plus que la 205 GTI 1.9 (voire même 15 de plus que les dernières versions catalysées), il fallait bien se rendre à l’évidence : la 206 S16 restait bien trop policée pour l’ancienne clientèle des GTI, et en retrait par rapport à la concurrence d’une Clio qui s’offrait cette même année une version RS de 172 chevaux ! Les amateurs de sportivités (et pas juste de dynamisme) ne se firent pas prier pour traverser la rue et changer de concession. La 206 S16 ne déméritait pas, c’était une bonne petite voiture, mais n’arrivait pas à faire oublier sa devancière bien plus bouillante.

Le 2 litres de la S16, revisité par Lotus pour la RC, offrait 177 chevaux : un moteur qu’on retrouvera ensuite sur la 307

Il faudra attendre 2003 pour voir apparaître une version plus musclée de la 206, qui prendra le nom de RC. Entre temps, Peugeot s’était imposé en WRC avec la 206, mais avec toute la prudence qu’on lui connaît, préféra prendre son temps avant d’en offrir plus. Dommage car ce temps là avait permit à la Clio de s’imposer comme une référence dans ce domaine. En 2002, Peugeot avait présenté deux concept-car, RC Coeur et RC Carreaux (lire aussi : RC Pique et Carreaux). Si ces concepts ne seront jamais déclinés en série (dommage), ils inspirèrent Peugeot pour une nouvelle griffe sportive, au dessus de S16 et toujours pas GTI… Enfin, presque !

Si l’image de la GTI était un peu écornée en France, au point qu’on n’en utilisait plus l’appellation, ce n’était pas le cas outre-Manche. Chez nos amis britanniques, on aimait encore ces trois lettres magiques venues de France ou d’Allemagne (chez Rover, on avait aussi utilisé ce sigle), et dans ce domaine là, les petites françaises frappées du Lion avait toujours connu leur petit succès (au point d’en avoir des déclinaisons spécifiques pour la 205, lire aussi 205 GTI 1FM, comme pour la 309, lire aussi 309 GTI Goodwood). Si la nouvelle 206 « haut de gamme et sportive » s’appelait chez nous 206 RC, chez les rosbifs on avait droit à la GTI 180 !

Cette nouvelle sportive s’offrait en effet une évolution du 2 litres 16 soupapes de la S16 de base, mais portée à 177 chevaux (et arrondis à 180 pour les british, ça mange pas de pain et ça fait plus classe). Ce nouveau moteur avait été modifié grâce au concours du bureau d’étude de la très britannique marque Lotus qui va notamment modifier le haut moteur, avec une nouvelle culasse qui, elle, sera usinée chez Mécachrome (lire aussi : Mécachrome), ouf, l’honneur est sauf.

Mais d’ailleurs, que venait faire Lotus dans cette affaire, Peugeot ayant bien les ressources de produire un dérivé 177 chevaux de son 2 litres 138 ? N’allez pas chercher l’explication très loin : il s’agit avant tout d’une démarche marketing, puisque la Grande Bretagne, friande des petites Peugeot sportives, allait en être le principal marché d’export, voire marché tout court. Flatter l’english en lui servant l’histoire d’un beau partenariat franco-anglais, voilà une idée qu’elle était bonne.

En tout cas, avec 5 chevaux de plus que la Clio RS, la 206 RC / GTI 180 s’offrait là aussi un petit coup marketing. Pourtant, à l’essai, difficile de retrouver « l’esprit GTI » malgré des performances en hausse par rapport à la S16. Car l’époque avait changé : adieu moteurs rageurs montant dans les tours, place aux moteurs linéaires offrant du couple à toute les plages (enfin, grosso modo). Malgré une première plutôt longue, la voiture semble moins sportive qu’une 205 bien que plus performantes. A croire que l’esprit avait changé !

Dans le même genre, Peugeot, qui s’était pourtant dévergondé aussi avec la déco des GTI, était rentré dans le rang pour les S16 et donc cette RC qui, bien que dotée de belles jantes de 17 pouces distinctives, jusqu’à ce qu’on puisse les avoir sur une basique 206 CC avec le pack RC Line, dommage. Pour le reste, quelques détails la rendent plus sportive, mais tout est dans la retenue, une certaine classe qui n’est pas pour me déplaire, mais aux antipodes du côté « m’as-tu-vu » des GTI d’antan. Dans cette voiture, rien d’excentrique, que du sérieux, du performant, et un touché de route hors pair, mais sûrement pas ce grain de folie qui caractérisait les GTI. En récupérant l’aspect WRC de la 206 GT de 1999, peut-être aurait-on dit autre chose, mais avec son sage costume de sportive chic, difficile de se la jouer canaille (bien qu’en Allemagne, deux séries spéciales WRC Edition la rendront plus « voyante »).

C’était sans doute là son problème : arrivée trop tard face à une concurrente Clio ouvertement plus sportive (avec notamment des versions allégées ou dépouillée, nommée Ragnotti ou Team), elle semblait par définition plus bourgeoise. L’appellation RC perdurera sur la 207 même s’il s’agissait plus d’une définition de gamme que de sportivité (cela dit, elle recevra le 1.6 THP 175 en plus d’autres motorisations).

Aujourd’hui, la 206 RC est finalement assez méconnue. Pour beaucoup, la 206 sportive se limite à la S16. Moins diffusée (puisque plus chère et produite seulement entre 2002 et 2006), avec une appellation plus anonyme, elle n’est finalement aujourd’hui recherchée que par les puristes, ceux qui savent dénicher la perle. Alors mettez-vous en chasse : voilà une voiture qui deviendra un jour (si ce n’est déjà aujourd’hui) collector. La discrétion a du bon, elle permet de faire de bonnes affaires.

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24 commentaires

Choco

Le 15/02/2018 à 20:39

Je ne sais pas si en France, Peugeot a vendu la collaboration avec Lotus. Pas sûr du tout. Quand je pense à la 206 RC je revois la version de la 206 avec gros pare choc et feux longues portées qui avait servi à l’homologation d’une version WRC.

Paul

Le 15/02/2018 à 20:45

oui mais celle-là, c’est la GT 😉

Choco

Le 16/02/2018 à 09:57

Merci Paul. Je les confonds toutes !

Benstard

Le 20/02/2018 à 16:50

Persuadé que c’était la rc avec les gros pare choc, un pote en avait une, ça arrachait bien, il a revendu pour une auris, cause enfant…

jean pierre

Le 03/03/2018 à 17:19

Bonjour , je me permets d’entrer dans cette discussion , effectivement c’était bien la 206 GT qui n’était pas à la hauteur de la 206 RC. Ces gros pare choc étaient trop môche, vraiment , et on en voit que très peu . Contrairement à la RC , on en voit encore et la couleur blanche reste la plus rare.
Merci à vous.
jean pierre

Wolfgang

Le 15/02/2018 à 23:29

Après la 205 Peugeot a quasi tout loupé en design
La 206 très décevante avec un avant façon monospace ou twingo 1 et une poupe en demi cercle ultra merdique. La 207 encore plus naze.
La 306 très moyenne, la 307 horrible, la 308 dans la lignée mais avec une inspiration allemande.
Ils pouvaient difficilement mettre un label gti sur ces trucs. Ils ont préféré mettre hdi d’autant plus que les gens voulaient du Diesel a cause de l’incitation par le prix du carburant…

Fcm1932

Le 16/02/2018 à 10:11

C’est un peu dur pour la série des -06, surtout la 306 qui est quand même une très belle auto en 3 portes. A sa sortie, la 206 était plutôt réussie, même si un peu haute sur pattes.
Pour la suite, on est d’accord, c’est très moche, même si le summum reste la 307 (qui ressemblait beaucoup à l’abominable Civic contemporaine).

Vincent

Le 16/02/2018 à 18:57

Ils ont pourtant collé le label grise sur la première génération de 308…et en France…
Et je me souviens bien du lancement de la 206,comparé à toutes ses concurrentes elle était sublime, du genre qui flatté son utilisateur, à l’image de son aïeule.Et les victoires en WRC rappelaient de bons souvenirs
En revanche, à bord les choses se gataient, du genre « à la hache mais robuste ». Quand à la suite de la gamme et leur fierté sur les hdi dans le temps je suis d’accord avec toi.
La 306? T’aurais pas oublié le superbe cabriolet, signé Pininfarina, (et la 406 coupé d’ailleurs) et la ligne ne faisait que reprendre la ligne de la 205 en lui donnant une carrure plus sérieuse. Comparée à ses concurrentes d’alors elle a bien vieilli(cf Renault 19,Citroën ZX, Opel Astra F,…)

Mathieu D

Le 17/02/2018 à 14:30

Personnellement j’ai toujours adoré la série -06, c’est élégant et sportif d’ailleurs les chiffres de vente s’en sont ressenti! La 206 est la voiture française la plus produite au monde et les 106 306 406 ne sont pas en reste.
Le seul bémol c’est l’absence de sportive sur la gamme 406, une 406 S16 4×4 250cv ça aurait eu de la gueule.
Après je suis d’accord la série -07 est abominable.. intérieur/extérieur/fiabilité … (exception de la 607 qui fait partie de la gamme -06)

Ed

Le 19/02/2018 à 21:38

Très décevante la 206… C’est LE best seller de Peugeot. Avec 10 millions de voitures vendues c’est la française qui a le mieux marché dans le monde. Elle avait même réussi a dépasser la Golf en terme de vente durant plusieurs années en Europe.
Esthétiquement ça reste une référence (après vous avez le droit de ne pas aimer) et personnellement je trouve qu’elle vieillit très bien. On ne peut pas en dire autant des 207 et 208 ou l’horrible 206+.

Cabotin

Le 15/02/2018 à 23:42

Vraiment sympa cette RC, surtout dans ce bleu récif de toute beauté ou en blanc. Par contre j’ai une nette préférence pour les jantes Foudre de la S16 qui ont sans doute un lien de parenté avec les magnifiques Cyclone de la 306. En plus je crois bien que c’est la dernière sportive Peugeot ayant eu droit à une direction hydraulique.

Germain

Le 16/02/2018 à 01:25

Ce qui a fait du mal en terme d’image sportive à la s16 c’est qu’elle était disponible aussi en CC et en break, sinon le fait que la RC ait une image plus bourgeoise et moins sportive que la Clio nous rappelle que c’était déjà le cas entre la 205 GTI et la R5 GT turbo

Germain

Le 16/02/2018 à 01:33

Dans les années 80 on voyait rarement des 205 GTI au départ des courses de côtes et rarement des R5 GT turbo dans les beaux quartiers, c’est comme ça, Peugeot=sportivo-chic, Renault=caisse de coureurs amateurs les mains dans le cambouis

Eddy123

Le 16/02/2018 à 11:06

Je suis pas de ton avis, Audi decline ses sportive avec toute les declinaisons… break, cabrio…. par contre contrairement a la 206, on le voyait qu’elles etaient sportives….

AbuShemsy

Le 16/02/2018 à 07:22

Je ne peux pas parler de madeleine de Proust mais tu m’as fait remonter des souvenirs vieux de 10-15ans.
Parce que cette 206 y est liée, mais aussi parce que la RC a sombré dans l’oubli, comparé aux GTI.

Je me souviens qu’à l’époque, malgré son look policé, elle m’avait fait son petit effet. Je n’ai jamais pu la conduire, mais il faut avouer que 177cv dans ce petit gabarit, ça doit être possible de s’amuser.

Eddy123

Le 16/02/2018 à 11:02

J’ai jamais etait attiré par cette tristounet te sportive… a côté la Clio2 rs (serie 2 et 3) etait bien plus attractives. ..

J’ai jamais compris cette lubie du passe partout de Peugeot …

GILLES44

Le 16/02/2018 à 11:08

A quand une petite berline avec un tel rapport 177ch/1100kg ?
Un excellent moteur et des liaisons au sol travaillées, sans oublier de superbes et efficaces sièges baquets faisaient oublier un intérieur terriblement mal fini aux matériaux immondes…mais c’etait la clé de la légèreté…

Cyrille

Le 16/02/2018 à 15:32

Vous parlez de la série 06 qui perdit l’appelation Gti mais, a titre d’infos chez nos voisins belge ainsi que dans d’autres pays limitrophe la 306 s16 s’appelait bien Gti… J’ai découvert cela quand une connaissance fit l’acquisition d’un modèle d’origine Belge, je crus d’abord a un fake puis découvrit cette particularité

Alexandre c.

Le 16/02/2018 à 20:34

Oui en Belgique au moins la 306 avait le badge gti et en Espagne la 206 s16 l’avait également à l’époque mon médecin en avait acheté une la bas via mandataire.

Elliot Grison

Le 16/02/2018 à 18:51

La prsn qui a écrit l’article est nul On ne comprend rien

Benstard

Le 21/02/2018 à 01:11

Et toi c’est sur t’écris bien la france.

Paul

Le 16/02/2018 à 19:14

La 206 était novatrice en terme de design, bien plus réussie que la Clio 2 contemporaine obligeant Renault à revoir sa copie assez vite.
Mais Peugeot à décliné et usé ce design à toute les sauces..

Le problème de la RC?
La mode était aux CC.
Renault avait une longueur sportive d’avance et à répliqué avec une Clio RS 182.
Reste une voiture sympathique à acquérir aujourd’hui.

Ricky Bobby

Le 21/02/2018 à 16:13

A l’époque je recherchais une 306 S16 phase2, quasi impossible a trouver a un prix abordable. Je decidai de prendre contact avec l’association Les ambassadeurs du Lion. Ils n’avaient pas mon graal en stock.
par contre on me proposa une 206 GT.
Je pris contact avec le vendeur. En allant la chercher a Sochaux, il m’expliqua qu’il n’aurait meme pas du en avoir une, car c’était une série limitée à 4 000 exemplaires.
De plus il s’inquietait car il n’avait pas eu d’appel d’acheteur potentiel avant moi.
Mais ça s’était avant, avant que la 206 WRC ne remporte sa 1ere course.
Nous avions finalisé la vente quasi la veille de la 1ere manche du WRC. Il a meme eu des offres superieures au prix qu’il en demandait.
Autant dire que quand je suis rentré à Nantes, tt le monde se retournait .
Bonne voiture, un kart de 138 cv qui bouffait du pneu tt les 5000 kms (montée en Michelin Pilot Exalto)

Olivier 206 s16

Le 08/05/2018 à 17:27

Pour la collaboration avec Lotus, elle a bien eu lieu… mais les english ont pas réussi à fiabilisé la bete, et c’est Peugeot qui a repris le bébé, d’où le délai entre S16 et RC

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