Peugeot 404 Coupé : l’oubliée de Turin

Vendredi 21 septembre 2018
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La Peugeot 404 Coupé est une superbe voiture, avec des airs de Ferrari sous certains angles. Pourtant, son aura n’est sûrement pas aussi forte que celle de son héritière, la 504 Coupé. Elle est même aujourd’hui éclipsée par sa sœur 404 Cabriolet dans les souvenirs et l’imagerie populaire, comme si elle n’avait jamais existé. Avec la présentation de la Peugeot e-Legend le coupé revient à l’honneur, s’inspirant ouvertement de la 504. Mais en regardant à nouveau la ligne du Coupé 404, on s’aperçoit que les fondamentaux étaient déjà là.

Il faut rendre hommage à une certaine ténacité chez Peugeot. Après l’échec des 203 Cabriolet et coupé (lire aussi : Peugeot 203 Coupé), puis la relative discrétion de la 403 Cabriolet, la marque décida de ne pas baisser les bras en accordant à sa nouvelle berline 404 les dérivés que sa superbe ligne signée Pininfarina justifiait. Lancée en mai 1960, la 404 était la réaction sochalienne au coup de massue de la présentation en 1955 de la Citoën DS qui ringardisait la 403 d’un seul coup (lire aussi : Citroën DS). Sans rentrer dans l’exubérance des chevrons, le Lion alla frapper à nouveau à la porte de Pininfarina pour un dessin plus moderne, plus « américain », et plus valorisant afin d’offrir une alternative crédible à la DS à une clientèle plus conservatrice, mais désireuse d’un certain standing. Vue l’urgence de la situation et l’obligation d’un temps de développement très rapide, le dessin fut inévitablement un peu inspiré des autres travaux de Pininfarina (Fiat 1800, Austin A55) mais en y ajoutant une personnalité propre.

Avec un temps d’avance, Citroën proposa à partir de 1960 une version cabriolet de la DS vendue dans son réseau mais produite par Chapron (lire aussi : Citroën DS et ID Cabriolet). Peugeot réagissait du tac au tac avec une décapotable dans la gamme 404, en 1961, mais décida aussi de lui adjoindre un coupé, persuadé qu’il existait un marché sur ce créneau une telle carrosserie 4/5 places bourgeoise et statutaire. Celui-ci sortira un an après le cabriolet (lire aussi : Peugeot 404 Cabriolet).

Les lignes du cabriolet comme du coupé furent signées Pininfarina évidemment, mais l’organisation industrielle passait elle aussi par l’Italie : les soubassements étaient réalisés à Sochaux, puis envoyés à Turin pour être carrossés, et peints, puis le tout repartait à Sochaux pour la finition et la mécanique, un méccano industriel qui participait à l’augmentation du prix de ces versions. Le coupé était présenté en 1962, mais sa production réelle ne commencera qu’en 1963. Il faudra pourtant attendre 1964 pour voir le rythme de production rejoindre celui du cabriolet (avec 1512 coupés produits contre 1609 décapotables). Cependant, pour l’un comme pour l’autre, la production restait modeste. Le coupé, comme le cabriolet, proposait le moteur de la 404, un 4 cylindres 1.6 litres, en deux versions, carburateur (72 puis 76 ch SAE après 65) ou injection (85 puis 96 ch SAE après 1965). Pas de quoi en faire une sportive, mais avec la petite révision de 1965, le coupé commençait à prendre des forces (grâce à l’injection), avec une vitesse allant jusqu’à 168 km/h. Et il y avait de quoi séduire une clientèle pas forcément attachée à la route cheveux au vent, et plus prompte à se démarquer avec un coupé.

Oui mais voilà, aussi étrange que cela puisse paraître, le coupé était plus cher que le cabriolet, qui lui même (surtout en injection) était bien plus cher que la berline. Mais contrairement aux idées reçues, le coupé réussira à faire presque jeu égal en terme de ventes par année. Malgré une année 1963 catastrophiques (609 ventes), 1964 vit le Coupé rattraper un peu son retard. Et hormis 1965 où les ventes tombèrent à 1095 exemplaires quand le Cabriolet atteignait son record de vente, les autres années (66, 67 et 68) furent assez proches. Au final, le Coupé sera produit à 6837 exemplaires (contre 10 388 pour le cab’). 1968 fut en tout cas la dernière année de fabrication des deux compères : malgré des chiffres plus proches de la petite série, Peugeot fut suffisamment satisfait par ces scores pour envisager de tels dérivés de sa toute nouvelle berline 504 avec là encore Pininfarina à la baguette, preuve que le torchon ne brûlait pas tant que ça entre l’officine italienne et le constructeur français.

D’une certaine manière, la 404 dans son ensemble avait fait le job, et le coupé, bien que confidentiel, avait prouvé qu’il pouvait se vendre malgré un prix élevé, sans démériter face au cabriolet pourtant tellement « sixties ». Peugeot persistera dans cette voie, avec raison sans doute puisque la 504 Coupé inversera la tendance, se vendant mieux que le cabriolet. La faible diffusion du Coupé 404 en fait aujourd’hui un objet rare, aussi bien que désirable par la grâce de son dessin, mais aussi son aspect totalement décalé. Le vrai problème sera surtout d’en trouver un exemplaire, car aujourd’hui il cote bien moins cher, selon LVA (16 000 euros pour une version injection, contre 37 000 pour l’équivalent sans toit en 2018).

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES 404 COUPE INJECTION

Motorisation

Moteur 4 cylindres
Cylindrée 1608 cc
Alimentation Injection Kügelficher
Puissance 85 puis 96 chevaux SAE
Couple

13,9 mkg à 2800 tours minutes

Transmission

Roues motrices Propulsion
Boîte de vitesses Manuelle à 4 rapports

Dimensions

Longueur 4496 mm
Largeur 1679 mm
Hauteur 1379 mm
Poids à vide 1080 kg

Performances

Vitesse maxi 158 km/h
Production 6837 exemplaires (62-68) tous moteurs confondus

Tarif

Cote moyenne 2018 14 000 (carburateur) à 16 000 (injection)

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10 commentaires

philippe

Le 21/09/2018 à 17:43

Les 203 et 403 n’étaient pas des coupés/cabrios mais plutôt des coach, berlines 2 portes découvrables ou non.
Le coupé 404 est une belle réussite, dommage que comme d’ailleurs pour la berline clônée sur les Oxbridge et autres Wolseley, Pininfarina ait repris un dessin déjà vendu cette fois à Fiat avec les coupés-cab 1500 y compris le petit saut de ceinture de caisse derrière la portière https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1c/FIAT-1500-S-Coup%C3%A9-rouge.jpg et bien-sûr un chouia de Ferrari 250 GTE http://www.coys.co.uk/wp-content/uploads/cars/1961-ferrari-250-gte/5_288_10.jpg Ce coupé est une jolie voiture, il n’en reste plus guère, dévorées par la rouille hélas. On attend le prochain coupé de pied ferme 😉 cf le précédent article de BR.

Germain

Le 21/09/2018 à 18:23

J’ai toujours trouvé l’arrière trop étiré visuellement, comme si on avait essayé d’adapter le dessin à une plateforme trop grande. Par contre je suis un fan absolu de la berline, dont j’ai eu un exemplaire superlux carburateur il y a quelques années. Je me suis promis d’en racheter une en bon état dès que j’aurai des sous.

Rayan

Le 21/09/2018 à 18:37

L’une des plus belles voitures françaises

Benjamin

Le 21/09/2018 à 21:32

La 404 coupé, est comme la 406 coupé l a été après elle,avoir eu une inspiration stylistique très proche des ferrari qui leur était contemporaines 250 gte pour la 404 et 456 gt pour la 406

Philippe

Le 21/09/2018 à 22:36

Plutôt 550 Maranello que 456GT

Fraberth

Le 22/09/2018 à 21:08

Et l’histoire du berceau moteur dimensionné pour recevoir un moteur bcp plus gros, théoriquement un v8, c’est vrai ou pas ? Il y a eu des protos?

Bénédict

Le 25/09/2018 à 07:07

Oui et non, le V8 fantôme a longtemps hanté certains couloirs, et quand il a failli voir le jour, le prix de l’essence sautant la barre, il s’est retrouvé amputé et bancal, le V6 PRV.
Sinon, c’était un V8 américain en fonte et anémique, soucis de fiscalité, rien d’une muscle car.

philippe

Le 25/09/2018 à 08:42

Pour ce qui concerne le PRV il était prévu depuis toujours de produire un V6 et un V8.
Seul le V6 a subsisté.
L’un comme l’autre en alu bien-sûr, techno dominée par Renault et Peugeot depuis les R16 et 204.
A noter que les 1er V6 Mercedes étaient également ouverts à 90° afin de partager l’outillage des V8 (c’était la période des simple arbres et 3 soupapes par cylindres), même les V12 étaient à 90°.
Idem pour le V6 3.8 GM qui était un V8 5.0 « small block » amputé tandis que le petit 2.8/3.1 ouvert à 60° avait été dessiné à partir d’une feuille blanche.
Le V6 Maserati des SM et Merak était également ouvert à 90°, bien que non dérivé d’un V8 contrairement aux rumeurs il ne partageait rien avec le 4.7L.

a

Le 25/09/2018 à 16:45

Uchronie : P.R.V. sort quand même le V8. Conscient de la gloutonnerie, l’injection électronique est installée en série. Comme le 2664 injection développait 144cv, le V8 aurait pu en disposer de 192, non dépollués. Aux States, il serait redescendu dans les 160/170Cv.
.
On se serait retrouvé avec :
Une Peugeot 604 V6 et V8. Elle aurait pu se vendre encore plus, y compris aux USA.
Pareil pour les coupés/cabrios 504. La relève de ce coupé (le fameux proto couleur orange ) se serait bien vendue, c’est sûr.
Chez Citron, déjà qu’un V6 n’entrait pas dans le berceau…
J’imagine déjà les citroënistes pleurant de rêve devant une Cx V8, réincarnation de la fameuse traction V8 fantôme.
Chez Volval, la 264 aurait une grande sœur : la 284. Le coupé 262C aurait eu droit à son frère, le 282C.

Renault aurait-il pu glisser le V8 dans la 30 ? Au chausse-pied, peut-être ?
L’alpine V6 et la V8 (j’en entends qui pleurent à l’idée que ça aurait pu exister…)
Et la De Lorean V8, pour aller plus vite dans le futur….
Conséquence : une Tagora V8, mais est-ce que le V8 aurait pu entrer dans la Murena ?

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