Peugeot 505 Turbo Injection : en attendant l’offensive 205

Publié le jeudi 17 juillet 2014.
Mis à jour le mardi 2 juillet 2019.
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Au début des années 80, Peugeot, sous la houlette de Jacques Calvet à la présidence, et de Jean Todt chez Peugeot Talbot Sport, reprend du poil de la bête. Au bord de la faillite après le rachat de Chrysler Europe (Simca, Sunbeam) et la tentative de renaissance de Talbot, la marque réputée prudente et lorgnant toujours vers une clientèle sage et bourgeoise de province joue son va-tout avec la 205. Surtout, à cette occasion, Peugeot va réorienter ses modèles vers toujours plus de sport.

Avant l’arrivée officielle de la 205 et de ses dérivés sportifs GTI et Turbo 16, Peugeot commence à dépoussiérer ses modèles, y compris en haut de la gamme. S’il est trop tard pour raviver la grande 604 (lire aussi: Peugeot 604), en fin de carrière, la grosse 505 est un modèle tout à fait approprié pour inaugurer les nouvelles ambitions de Peugeot (lire aussi: Peugeot 505).

Il y avait déjà eu des tentatives de « muscler » cette grande propulsion typiquement Peugeot, avec une bien timide version GTI (130 ch) ou une version V6 dotée du V6 PRV (170 ch), mais c’est avec la 505 Turbo Injection que la marque propose enfin une vraie sportive. Son nom laisse présager des nouvelles ambitions de Peugeot, misant sur des technologies encore rares : le turbo, et l’injection.

Extérieurement, la Turbo Injection se distingue par une carrosserie bicolore, et un logo turbo à la base des montants de custode et ses jantes en alu de toute beauté. A l’intérieur, on retrouve la 505 telle qu’on la connaissait déjà, sans fantaisie, dans la grande tradition d’austérité protestante des Peugeot.

Sous le capot, c’est un 4 cylindres Simca/Chrysler de 2,2 litres qui s’installe, étudié par Porsche et gavé par un Turbo Garrett T3 afin de proposer 150 chevaux (en 1983). En 1984, la puissance passe même à 160 ch, puis à 180 ch en 1985 ! Mieux, il était possible de s’offrir un kits PTS (Peugeot Talbot Sport) étudié par Danielson faisant passer la puissance à 200 ch.

Entre 1983 et 1989, 24 681 Peugeot 505 Turbo Injection furent construites, ce qui n’est pas si mal pour une auto en fin de carrière (la 505 est apparue en 1979). Aujourd’hui, pour pas grand chose (par rapport à d’autres), vous pouvez vous offrir la dernière propulsion de Peugeot, performante et habitable. Si vous optez pour l’un des 2500 exemplaires « 150 chevaux », prévoyez un solide budget carburant, sinon optez pour la 160, voire la 180. Quand à la très rare version « 200 chevaux » kit PTS, armez-vous de patience pour en dégoter une.

Lire aussi: Peugeot 605 SV24 et Peugeot 505 Coupé et Cabriolet

 

 

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3 commentaires

mad

Le 26/05/2015 à 22:53

Cette époque merveilleuse où le français (plus que) moyen pouvait encore choisir… Choisir entre la très sérieuse 505 turbo ou V6, l’inimitable CX GTI turbo et la futuriste R25 qui était non seulement turbo mais aussi V6 ! Une époque ou il n’était pas encore nécessaire d’acheter une voiture étrangère pour être en phase avec son statut social. Nostalgie.

Stéphane

Le 31/03/2016 à 22:58

Une remarque sur la chronologie, la 505 turbo a précédé la 505 GTI (2,2 l) commercialisée dans le courant de l’année 83 (modèle 84) et la V6 apparue en 86. Comme la turbo injection et la V6, la GTI bénéficiait d’un intérieur en velours et d’appui-têtes arrières (en lieu et place du traditionnel tweed).

Au moment de la présentation de la turbo injection en 1983, la gamme 505 était chapeautée par la sage STI dont le moteur 2 litres ne dépassait pas les 117 chevaux.

ViFiftyTwo

Le 09/08/2017 à 00:18

Un petit mot vite fait sur l’origine de ce moteur : c’est le 2 litres des Chrysler 180, tombé dans l’escarcelle de PSA avec Talbot /Simca. Je me souviens des interrogations des journalistes automobiles de l’époque qui ne comprenaient pas pourquoi Peugeot avait ressorti ce bloc des oubliettes alors qu’il avait sous la main un 2 litres super moderne sous le capot de la STI. C’est d’autant plus curieux que ce moteur c’est révélé par la suite un excellent moulin sous le capot des R20 R21 R25, CX, Safrane et j’en passe. Mais la vraie ironie, c’est que quelques années plus tard Renault en a fait une mécanique suralimentée exceptionnelle sous le capot de la R21 Turbo.

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