Peugeot 604 : la berline haut de gamme à la française

Publié le samedi 24 mai 2014.
Mis à jour le jeudi 4 juillet 2019.
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Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu un faible pour la Peugeot 604. Sans doute parce qu’elle ressemblait un peu à la 305 SR de mon père (lire aussi : Peugeot 305) ? Elle me faisait penser en tout cas, selon les moments, à une américaine (sa longueur sans doute) ou à une Mercedes. Elle me semblait en tout cas plutôt noble.

604 SL oldies

D’ailleurs, dans ses versions essence, la 604 ne s’abaissa jamais au 4 cylindres, et ne proposera que des V6. Lancée en 1975, elle étrenne le PRV gourmand et bancale de 2,7 litres et 136 pauvres chevaux (appréciez le rendement au litre). Heureusement, elle bénéficiera tout au long de sa carrière des évolutions heureuses de son 6 en V : l’injection fait passer le moulin à 144 ch en 1977, et en 1983, elle recevra une nouvelle évolution de 2,8 litres et 155 ch, qu’on retrouve sur les recherchées versions GTI.

604 SL 01

La 604 est un échec pour la marque sochalienne, qui n’arriev pas à en vendre plus de 153 000 exemplaires en 11 ans de carrière. Il faut dire que la concurrence interne au groupe PSA est déjà conséquente : Talbot Tagora (lire aussi : Talbot Tagora SX) dont la version SX dispose du même V6 encore plus puissant (165 ch) ou Citroën CX qui dispose elle d’une grande variété de moteurs (mais pas de V6) et de carrosseries (berline, break, prestige, limousine).

604 GTI

En outre, la 604 doit faire face à une rivale externe elle aussi disponible en 4 cylindres : le couple R20/R30. Si en essence, la 604 restera fidèle au V6, elle proposera un diesel 4 pattes de… 80 ch. De quoi brouiller encore un peu plus l’image de cette grande berline statutaire réduite tout à coup à utiliser un moulin anémique.

La Peugeot 604 aujourd’hui est relativement recherchée. D’abord parce qu’elle représente bien une certaine époque, celle des années 70, des années Giscard, et son relatif insuccès peut aussi être imputé aux crises pétrolières qui, en France, ruineront à jamais les efforts des constructeurs nationaux pour créer un vrai haut de gamme. Et puis la 604 c’est aussi le tour de France et ses voitures officielles, avant que Fiat puis Skoda ne remplacent Peugeot.

Enfin, il y eut les version limousines, fabriquées par Heuliez (lire aussi : 604 Limousine), les deux rares versions landaulet (lire : 604 Landaulet), et même des version coréennes fabriquées par Kia (lire aussi : Kia 604). Tout cela fait qu’on a gardé en mémoire cette bonne vieille berline au style très classique et carré.

Aujourd’hui, on trouve des V6 à tous les prix selon l’état de la voiture. Les versions SL du début sont plus recherchées pour leur côté 70’s et authentique, mais les ultimes versions GTI sont elles aussi courues pour leurs performances. En revanche, la version diesel n’a aucun intérêt, à moins que vous vouliez tracter une caravane façon old school sans dépenser trop dans un glouton V6 qui passe difficilement sous la barre des 13 litres aux 100.

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8 commentaires

mad

Le 27/05/2015 à 16:19

La crise du pétrole a bon dos : est-ce un mal franco-français ? A-t-elle épargné le reste du monde ? Est-ce que les allemandes, les italiennes, les américaines de plus de 4 cylindres ont disparu de la surface de la terre après 1973 ? Depuis plus de 40 ans, LA crise explique tout. Les renoncements, le manque d’ambition, les petites politiques au jour le jour. A l’époque de LA crise, VW était embourbé dans la « monoculture » avec la coccinelle. Aujourd’hui, malgré LA crise, c’un des premiers groupes mondiaux de l’automobile et à ma connaissance, LA crise ne les empêche pas de vendre des Bugatti à 16 cylindres et 1200 ch. Quelle est donc cette étrange mal qui voudrait qu’un moteur digne de ce nom ne puisse pas être tricolore ? Comment a-t-on pu oser produire un V8 amputé de deux cylindres et tournant comme une patate et penser que cela allait se vendre ? La 604 est une voiture statutaire, qui en « impose » même si certains la jugeront banale. Mais comme on dit, « l’habit ne fait pas le moine ».

Paul

Le 27/05/2015 à 16:33

Je suis d’accord: la crise du pétrole a bon dos. Disons que c’est la raison principale avancée par nos constructeurs nationaux pour expliquer leurs erreurs (ou leurs refus de l’obstacle). Je pense qu’ils y ont cru sincèrement, mais le temps passant, on s’aperçoit que des constructeurs allemands par exemple ont surmonté les deux crises pétrolières en continuant de proposer des fortes cylindrées, des L6, des V8 voire des V12 (et même des anglais tiens). J’ai toujours été sidéré par le discours desdits constructeurs nationaux autour de la naissance du PRV: « un moteur c’est cher à concevoir et à produire blabla, on est passé du V8 au V6 blabla »… Le PRV qui a tenu tout de même jusqu’en 1997 !!! Pendant ce temps là, un petit constructeur comme Lotus concevait tout seul son V8 (et même s’il reste un moteur de petit constructeur, avec tous ses défauts, ca reste un plutôt bon moteur non ?). Je crois que ce qui caractérise les constructeurs français, c’est leur frilosité mécanique, qu’ils ont tenté de compenser par des audaces stylistiques qui pourtant, faute d’un vrai moteur (le coeur du truc quoi !) restaient comme des coups d’épée dans l’eau 😉

mad

Le 28/05/2015 à 11:59

C’est un mal profondément enraciné en France : Panhard, des voitures formidables mais pas de moteur, disparu. Citroën, sa première mort, dans les années 30, à cause du V8 de la 22cv qui ne verra jamais le jour. Puis dans les années 70, les V6 et autres birotors qui furent des catastrophes et envoyèrent la marque au tapis. Simca, qui s’en souvient ? Les 1100, 1307 étaient un must à l’époque mais pas de moteur. Disparu. Il n’aurait manqué qu’un moteur à la GS pour être une des meilleures voitures du monde. Mettez quatre italiens autour d’une planche à dessin et ils vous ponderont une merveille de la mécanique. Pourquoi pas nous ? Quand on pense qu’une SM surpassait tout ce qui existait à l’époque… Quand on pense qu’en Allemagne il y a une entreprise qui reconditionne les CX à neuf pour une clientèle qui ne conçoit pas de rouler autrement… Quel gâchis.
Pour en revenir à la 604, si vous la trouvez esthétiquement réussie (ce qui est mon cas…), je vous recommande une très jolie GTI, fabriquée par OTTO-MOBILE à l’échelle 1/18. Elle ne consomme rien, pas de soucis de rouille ou de silencieux d’echappement à remplacer tous les 6 mois, pas de problème de tenue de route : elle est bien fixée au fond de sa boîte…

molodoï

Le 25/02/2017 à 11:22

« Citroën, sa première mort, dans les années 30, à cause du V8 de la 22cv qui ne verra jamais le jour. »
Non, pas à cause du v8, mais de l’absence de fiabilité de la Traction : la boite auto a du être changée juste avant le lancement. Ne pas fiabiliser une voiture avant un lancement est un crime.

« Puis dans les années 70, les V6 et autres birotors qui furent des catastrophes et envoyèrent la marque au tapis »
Un V6 chez Citron ? non…
Des birotors, oui, sur la M35. Citron ne gagnait pas d’argent sur les deuches, car le prix était trop bas. Les GS avaient un moteur qui fuyait l’huile. Il y avait un gap entre les gs (moteur 1300) et les DS/CX ( moteur 2000). La gamme Fiat avait des moteurs allant du 652 au 2000, avec des 1100, 1200, 1300, 1400, 1500, 1600, 1800….
Bref, de quoi satisfaire les européens en général.
Citron ? 602, 1035, 1129, 1299 et 2000. C’est peu équilibré.

« Les 1100, 1307 étaient un must à l’époque mais pas de moteur. »
Les moteurs Simca étaient vifs (j’ai eu une Horizon 1442 82cv boite auto). Mais Simca était un petit constructeur, franco-centré, qui manquait d’envergure et de capital. D’où l’entrée de Chrysler dans les années 60. La 1307 / Horizon a été fabriquée y compris aux US ! Mais la marque a été vendue par Chrysler, et n’était plus autonome. On ne peut dire que Simca a fait faillite en 1978. La gamme manquait aussi d’une petite voiture, genre R5, cela aurait pu changer la donne, avec sa cousine Rootes.

« Il n’aurait manqué qu’un moteur à la GS pour être une des meilleures voitures du monde. »
Un moteur 1500/1600, un quatre en ligne, fiable, oui. Car un boxer bruyant refroidi par air à la fiabilité douteuse, cela en a refroidi plus d’un.
Le moteur ne fait pas tout. Au départ, c’était une fastback sans hayon. Pas de 4 portes à coffre classique. Tout le monde n’aime pas les fastback…

« Mettez quatre italiens autour d’une planche à dessin et ils vous ponderont une merveille de la mécanique. Pourquoi pas nous ? »
La fiscalité française ? Les italiens étaient taxés en fonction de la cylindrée. Du coup, leurs moteurs montaient en régime, comme les moteurs Panhard ou les Simca. Nous n’avons pas eu droit à un double arbre à grande diffusion comme chez Alfa. Nous n’avons pas eu non plus de constructeurs de voitures sportives comme Ferrari, Maserati, Iso Rivolta, Lambo, De Tomaso…
Les britanniques ont les leur : Bentley, Rolls, Jaguar, Lotus (et d’autres qui sont tombées sur le tapis). Les teutons ont les Mercos, les béhèmes, les Porsche. En France, nous n’avons pas su capitaliser sur les Facel Vega, les Matras, les Bonnet, les CG.
Est-ce une histoire sociale ? Capitalistique ? Politique ? Industrielle ? Culturelle ? Est-ce l’image que nous avons de nous-même ? Une auto-dévalorisation ? Une recherche d’égalitarisme ?

« Quand on pense qu’une SM surpassait tout ce qui existait à l’époque… »
Ce moteur était battu à plate-couture par la fiabilité allemande. Cela joue énormément.

molodoï

Le 25/02/2017 à 10:56

Bonjour,

J’ai été le propriétaire d’une 604 v6 sl automatique avec le 2664 double carbu, vis platinées. La même couleur que celle en photo. Je vous laisse imaginer les passages à la pompe : de quoi se flinguer. La rouille grignotait l’avant bas des ailes avant, il a fallu changer les rotules du train avant, le témoin du réservoir d’essence a lâché, et la boite GM aussi. Dommage, qu’est ce que les sièges en cuir étaient mous et accueillants !

gagnet

Le 23/01/2016 à 22:24

Je possédé une 604 d turbo automatique je ne trouve pas que c’est un veau ( contrairement aux mercedes diesels atmo des années 70/80….), elle est plaisante à conduire tout en consommant raisonnablement
elle est de toute façon trés adaptée à la circulation moderne truffée de radars et de kepis….
Cet article est un peu discriminatoire de ce point de vue, mais pardonnable car il faut toujours conduire une auto avant d’écrire et ne jamais avoir d’a priori

DUBOIS

Le 27/09/2019 à 17:37

Bonjour,
Concernant le DIESEL , je ne trouve pas qu’il soit sans intérêt…bien au contraire.
La 604 est le première voiture Européenne à être équipée du DIESEL TURBO (pas de DIESEL ATMO sur la 604).
Cette motorisation a fait par le suite bien des émules.
C’est une solution technique originale à l’époque, car deux solutions se présentaient: soit transformer le moteur INDENOR 6 cylindres industriel pour le « civiliser », mais encombrant et lourd, soit turbo-compresser le 2.3 de la 504.
Une 604 DT est souple et agréable à conduire, c’est une conduite qui n’existe plus aujourd’hui. Surtout qu’il faut respecter le protocole de montée en température du moteur, sinon casse du haut moteur assurée.
Bien mené ce bloc est indestructible.
La plus désirable étant les GTD TURBO, mais les SRDT et autres DTURBO possèdent les mêmes finition que les V6.
Pour résumer, c’est une auto sympa, difficile à trouver avec moins de 300000kms ….

salimpub

Le 20/06/2017 à 03:20

la peugeot 604 la grande de chez peugeot celle que j aime depuis l age de 10 ans

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