Peugeot 605 : histoire et génèse d’une grande berline malchanceuse

Publié le mercredi 14 mars 2018.
Mis à jour le jeudi 6 juin 2019.
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Au début des années 80, Peugeot, qui avait failli mourir d’indigestion en rachetant Chrysler Europe (lire aussi : le rachat de Chrysler Europe) ne devait sa survie qu’au succès du projet M24 devenu 205 en 1982. Revigorée par l’insolente réussite de sa petite citadine, la marque s’attaquait alors au renouvelement de sa gamme, avec le projet D6 – qui deviendra la 405 – et le projet Z6, la future 605. Retour sur la genèse de cette grande Peugeot qui aura marqué les années 90 malgré ses défauts de jeunesse.

 

En 1983, la famille Peugeot avait choisi, pour remplacer le précédent président, Jean-Paul Parayre, l’énarque et alors dirigeant de la BNP Jacques Calvet. Pour remettre de l’ordre dans la maison PSA, il fallait bien un financier. Cependant, l’homme n’en oubliait pas le produit, et décide fin 83 de lancer le groupe à l’assaut du haut de gamme. La Peugeot 604 était vieillissante et n’avait pas connu le succès escompté (la production sera stoppée en 1985, lire aussi : 604), et la 505 n’était finalement qu’une évolution de la 504 et plus tellement dans la nouvelle tendance stylistique initiée par la 205 (lire aussi : 505). Chez Citroën, la CX se débattait au sommet de la gamme, sans 6 cylindres à faire valoir malgré une tenue de route phénoménale et des performances de haut niveau en version Turbo 2 (lire aussi : CX 25 GTI Turbo 2) tandis que chez Talbot, les jours de la grande Tagora étaient déjà comptés, et la 3ème marque de PSA condamnée (lire aussi : Talbot Tagora). Jacques Calvet décidait donc de remplacer ces modèles et d’aller titiller les reines allemandes par un duo inédit de tractions : la Citroën XM et la Peugeot 605.

 

Pour la grande Peugeot, les premières esquisses furent rendues au début de l’année 1984. Dès le départ, deux équipes furent mises à contribution : celle de Gérard Welter à La Garenne Colombe, et celle de Pininfarina à Cambiano. La première confrontation du travail des deux équipes eut lieu en novembre 1984, devant la direction réunie de Peugeot, à Mortefontaine, et là, surprise, les propositions s’avérèrent très proche. Normal car le cahier des charges était extrêmement précis : une voiture tri-corps (le hayon était dévolu à la XM), classique et élégante, sur une architecture traction ! Le travail fourni par les italiens comme par les français n’étant pas jugé satisfaisant, chacun fut renvoyé qui à sa table à dessin et à ses maquettes en clay pour de nouvelles propositions. En parallèle, fin 1984, on s’attaquait aux intérieurs, avec pour la première fois la compétition entre l’équipe interne dirigée par Paul Bracq et celle de Pininfarina.

 

Une deuxième présentation fut organisée en avril 1985 pour définir le style extérieur : cette fois-ci, Jacques Calvet et son état-major trancha pour le dessin italien. En septembre 1985, Pininfarina remportait aussi la compétition pour le design intérieur. Pourtant, si le style italien l’emportait (en cohérence avec le projet D6), c’est aux stylistes français qu’on confia le soin de finaliser le dessin de la grande berline Z6. D’autant qu’entre temps, on s’était rendu compte de la trop grande proximité du dessin avec l’Alfa Romeo 164, elle aussi dessinée par Pininfarina et qui devait sortir au printemps 1987 (soit bien avant la future 605, lire aussi : Alfa Romeo 164). Pendant 6 mois, les designers retouchèrent le projet italien pour gommer le plus possible l’hypothétique ressemblance tout en assurant la cohérence des lignes avec celle de la petite sœur 405, en phase de développement. En octobre 1985, le dessin de la 605 était enfin figé, tel qu’on le connaît aujourd’hui. Pour l’intérieur, il fallut attendre juin 1986.

 

 

Du côté de la technique, il avait été décidé en haut lieu que la Z6 ne disposerait pas des suspensions hydrauliques réservées à la XM. En revanche, la future 605 se voulait plus classique, mais aussi plus haut de gamme. En effet, tandis que la XM misait tout sur son cœur de gamme 4 cylindres, en ne proposant à sa sortie qu’un seul V6 PRV de 3 litres à 12 soupapes de 170 ch (lire aussi : XM V6), la 605, elle, mettrait le paquet sur les motorisations nobles : dès son lancement, elle offrirait un V6 accessible en version SR 3.0 plus dépouillée, le même V6 170 ch dans une version plus luxueuse (SV 3.0) et enfin un vaisseau amiral doté en primeur d’une version moderne à 24 soupapes poussée à 203 chevaux pour être précis (lire aussi : 605 SV24). Bien sûr, la 605 offrirait aussi des 4 cylindres (2 litres carbu de 115 chevaux et 2 litres injection de 130 chevaux), mais l’accent était mis sur les versions les plus puissantes. Au lancement, point de moteurs diesel, prévus pour une apparition plus tardive dans la gamme.

 

Pour la Z6, les dirigeants de Peugeot avait voulu offrir à une clientèle exigeante habituée aux allemandes le meilleur de la technologie. Aussi, la 605 s’était-elle mise à l’électronique et à un complexe réseau de câblage, tout comme sa cousine Citroën ! Une avancée supposée qui s’avérera catastrophique, on le verra, mais sur le moment, personne n’y trouvait rien à redire, au contraire, et chez PSA on était très fier de la future 605 si moderne et belle à la fois.

L’industrialisation se mettait en place doucement, avec un lancement prévu pour 1990. Mais entre temps, les rumeurs d’un remplacement précoce de la Renault 25 par la future Safrane (lire aussi : Renault Safrane), dont le dessin avait été figé en 1987, soit un an seulement après celui de la Z6, firent un peu perdre les pédales à Jacques Calvet et son équipe de direction, qui décidèrent d’en avancer le lancement. La XM était alors présentée en avril 1989, et la 605 en juillet de la même année. Pourtant, la Safrane ne sortira qu’en 1992.

Ce lancement un peu précipité ne fut pas la seule galère de Peugeot : à ce moment précis, des grèves à Mulhouse perturbèrent grandement la mise en production de la 605, ce qui évidemment n’arrangea rien à l’affaire. Car les premiers acheteurs de la si belle berline qu’était la 605 connurent l’enfer : des voitures qui s’arrêtaient, voire roulaient sans phare ni essuie-glaces. Des problèmes de connectiques que la direction n’hésita pas à coller sur le dos des grévistes. Toujours est-il que la clientèle se mit à râler si fort auprès des concessionnaires que la marque fut bien obligé, 6 mois après le lancement, de procéder à un premier rappel. Il faudra attendre deux millésimes (1990 et 1991) pour voir disparaître complètement ces défauts de jeunesse sur les 605, mais le mal était fait.

En Allemagne, Gutmann tenta « d’enjoliver », à sa manière, la 605

Malgré l’ajout de versions diesel en avril 1990, remonter la pente s’avéra impossible, et l’objectif de 500 000 ventes pour la grande Peugeot s’éloignait chaque jour. En 1995, la 605 recevait pourtant un habile restylage, proposait enfin une fiabilité digne de son standing, et s’offrait un nouveau V6, l’ES9 de 3 litres et ses 194 chevaux. Mais il fallait bien l’admettre : la 605 ne faisait plus que de la figuration sur le marché, dépourvue de dérivée break (une exclusivité de sa sœur XM) et nantie d’une sale réputation depuis sa naissance.

Heuliez tenta bien de proposer à Peugeot une version limousine (espérant refaire le coup de la 604, lire aussi : 604 HLZ) mais aussi un coupé et un cabriolet en 1990, mais ces projets restèrent à l’état de maquette, Peugeot refusant ces propositions. Ce fut la 406 qui hérita plus tard d’une version coupé, dessinée et fabriquée par Pininfarina (lire aussi : 406 Coupé), et non la 605.

Après dix années de carrière en demi-teinte, ce fut en toute discrétion que la 605 quittait les chaînes de production, avec seulement 254 501 exemplaires au compteur, soit moitié moins que prévu. Elle sera remplacée par la 607 (projet Z8) qui en ré-utilisait pourtant l’excellent châssis (lire aussi : Peugeot 607). Cette dernière ne fera pourtant pas mieux que son aînée, avec seulement 168 875 exemplaires. Comme quoi !

Les images des prototypes de la 605 sont à découvrir sur cet excellent site : http://proto-design-peugeot.wifeo.com/605-maquette-de-style.php

Enfin, une petite publicité d’époque, histoire de se remettre dans le bain

 

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46 commentaires

Rubinho

Le 14/03/2018 à 17:56

Ah la 605, de tres bons souvenirs !!! on en a usé 2 dans la famille, une des 1ere ph1 et une des 1ere ph2, en 2.1Td. C’est aussi la dessus que j’ai fait mes 1eres armes de conducteurs et que de bons souvenirs ! une tenue de route exceptionnelle, un confort de très haut niveau…. et une fiabilité….. excellente ! Hormis un système d’évacuation de clim qui évacuait dans la cave à pieds du passager avant, aucun problème en 2×150 000km.
Un de mes oncles avait acheté une des toutes 1ères, une entrée de gamme SL et lui aussi, pas de soucis : faut dire qu’il n’y avait rien dedans, pas même la radio, ca limitait le risque de panne 😉 Là encore de bons souvenirs avec notamment un roadtrip Lyon/magny court en 94 à 6 (4 derrière, c’est mal je sais) pour admirer les MP4-9 et leurs panaches fumées et de flammes 🙂

Bref la 605, pour moi, c’est que du bonheur !!

Docteur_Oliv

Le 14/03/2018 à 20:17

à lire ton commentaire dithyrambique, je pense que c’est toi qui est venu acheter mon Dossier Presse de la 605 !
Pour ma part une SV 3.0 Ph1et une 2 litres Turbo CT (non Turbo CT c’était la XM !!) vraiment d’excellents souvenirs… je me souviens encore de l’immat de la SV 3.0.

24heures

Le 14/03/2018 à 22:37

SRti ou SVti…

Docteur_Oliv

Le 15/03/2018 à 07:47

SRti

RSX123

Le 14/03/2018 à 19:55

Pour moi la meilleure pub de la 605 était celle ou elle rodait comme un félin dans un centre ville desert et faisait peur aux autres voitures qui se cachaient toutes effrayées.

Paul

Le 14/03/2018 à 19:57

c’était la 607 cette publicité 😉 https://www.youtube.com/watch?v=Ipp7KxDSafE

RSX123

Le 14/03/2018 à 21:57

Oui ! merci. Pour moi une des meilleures pubs….tout court !

RSX123

Le 14/03/2018 à 22:00

et j’adore comment la pauvre petite voiture tremble du pare-chocs et se fait prendre a la fin 🙂

ForvaPat

Le 14/03/2018 à 20:20

Puis la 508 je crois…

SRDT

Le 14/03/2018 à 20:45

En plus des problèmes électriques le PRV 24s supposé tirer la gamme vers le haut se mettait très rapidement à bouffer ses cames d’échappement… et ne tirait plus grand chose.
PSA finira par régler le problème via des poussoirs à pastilles céramique. Si c’était arrivé durant la mise au point ils auraient pu communiquer sur cette technique innovante mais là silence radio.

Bertrand

Le 14/03/2018 à 21:17

Vers la fin de sa carrière, en 1999, la version 2 litres essence de base, fut plus que bradée, environ 35 000 francs de rabais accordé par Peugeot, soit une exceptionnelle voiture au prix de 135 000 francs. ( 21 000 euros). À l’époque, mon patron s’en est acheté une, couleur vert foncé métallisé… Et ce confort : un vrai pullman en Michelin! (suis monté une fois dedans, j.aurais bien voulu la conduire, celle là).
À mon sens , cette 605, ce fut la plus belle des grandes routières Peugeot. La 607 qui lui à succédé fut jolie aussi, mais d’un dessin plus pataud, et les proportions arrières notamment étaient bizarres ( en d’autre termes, elle avait un gros « fessard ».

Charly

Le 14/03/2018 à 22:05

Tenue de route incroyable pour une grosse berline ! Le monstre passait les rond-points comme un kart. Quel châssis.. En propulsion Peugeot aurait pu sortir 50cv de plus du V6, elle serait devenue mythique et aurait fait pleurer les boches !
😉

michel

Le 15/03/2018 à 10:44

Euh comme un kart, faut pas s’emballer non plus. Le châssis est excellent, la tenue de route également, mais ça reste une routière, lourde, avec un empattement conséquent.

Docteur_Oliv

Le 15/03/2018 à 12:18

Comme je suis gentil je n’avais pas rebondi sur le « Kart » !
Par contre avec la SV 3.0 départ à 17H de SOCHAUX Arrivé dans le Val d’oise vers PONTOISE largement avant 21 Heures !! ça cause mais faut être concentré.
à part ça le réservoir de 80 litres doit être bien plein au départ et il reste 20 à 30 kms à l’Arrivée

olivier

Le 14/03/2018 à 22:06

Il y a des erreurs à ne pas commettre à ce niveau de gamme, dommage car quelle tenue de route cette 605. A ce propos un petit article dans BR serait intéressant sur les oeuvres du designer Gérard Welter.

fc30

Le 14/03/2018 à 22:16

Très belle voiture, celle de la gamme « 600 » que je préfère. Son design a très bien vieilli et donne toujours une impression de classe, alors que la 607 me semble avoir des extrémités disproportionnées en particulier au niveau des optiques.
Dommage que son lancement eût été trop proche de celui de la XM et que toutes les deux aient été victimes de problèmes de fiabilité, je pense que ces deux modèles ont été la tentative française la plus crédible pour percer dans le haut de gamme. Mais autant la XM se démarquait bien des allemandes (cf. d’ailleurs ses bons chiffres de ventes les premières années), autant la 605, beaucoup plus classique, aurait quand même été en concurrence frontale avec elles. A noter que la 605 aurait dû être lancée aux USA pour y remplacer la 505 et compléter les 405 Sedan et SW, mais Peugeot attendit et jeta l’éponge à l’été 1991, jugeant perdu d’avance la lutte face aux allemandes mais aussi aux japonais (Lexus).

Il y avait pas loin de chez moi une 605 SL beige (modèle de base à carburateur, d’avant 1993 donc) en super état, mais je ne l’ai plus vue depuis quelques mois déjà… D’ailleurs ces dernières années je n’ai plus vu beaucoup de 605 à part quelques turbodiesels en général plus que rincés.
PS : il me semble que les 605 étaient fabriquées à Sochaux, et non Mulhouse

Docteur_Oliv

Le 14/03/2018 à 22:18

OUI bien sur c’est SOCHAUX
c’était dans le Dossier Presse

Eddy123

Le 14/03/2018 à 22:56

Effectivement la 605 etait des le début prévus pour les USA. . On en voit les reste avec l’antenne électrique et la position des veilleuses et cligno…

24heures

Le 14/03/2018 à 22:42

La légende dit que, pendant son règne, Calvet faisait venir son épouse aux réunions Style inter pour donner son avis (forcément très écouté!) sur les propositions de garnissages…

Rubinho

Le 15/03/2018 à 09:51

c’est d ailleurs à lui (ou elle) que l on doit la « moquette » sur la porte de la boite a gants haute de la 306 😉

RSX123

Le 15/03/2018 à 00:13

Je me souviens encore de Jacques Calvet qui annonçait le lancement des 605 et XM en proclamant que les allemands pouvaient « mettre la clef sous la porte ». Sacré Jacques.

Bruno

Le 15/03/2018 à 10:30

Bonjour
À lire les commentaires, je doute que l’on parle de la même voiture que celle de mon père… Ces 605 (car il y en a eu plusieurs) tombés systématiquement en panne à chaque trajet. Je me souviens d’un retour de vacance avec une 605 dont le moteur s’éteignait tout seul sur autoroute tout les 150\200 km.! Procédure ? Se garer sur la bande d’arrêt d’urgence, attendre 5 minutes puis le moteur pouvait repartir…. Franchement dangereux…. Bref une horreur pour des voitures neuves.
Beaucoup de clients sont partis chez les constructeurs allemands et japonais par la suite….

michel

Le 15/03/2018 à 10:47

L’article mentionne bien les problèmes de fiabilité des premiers millésimes.
Dommage effectivement qu’elle n’ai pas été fiable dès le début, parce que c’est une voiture qui vieillit très bien au final. (mise à part la peinture si vous avez un modèle rouge)

Rubinho

Le 15/03/2018 à 10:48

Je pense que ce sont les versions « sophistiquées » (avec suspension pilotée, v6….), et donc les plus importantes en terme d’image, qui ont rencontré le + de problèmes. Hormis les 2 SV24 d’un ami de mon père (qui n’était pas tendre avec ses autos, il faisait Paris-Toulon en 5h30 il me semble, autre époque) toutes les phases 1 que j’ai connues (famille, ami) ont été plutôt fiables.
chez nous la bête noire, ca a plutot été une 307ph1….

Docteur_Oliv

Le 15/03/2018 à 12:13

Pour info les Amortisseurs AR de la Suspension Pilotée sont des….KAYABA !

Fraberth

Le 15/03/2018 à 11:09

Finalement ce n’est pas tant un échec que ça :
La 604 (première hdg depuis les années 30) à fait 150 000 en 11 ans
Ici 250000, sachant qu’elle aurait pu faire mieux en ayant une meilleure fiabilité
C’est plutôt la 607 qui est un échec

Wery

Le 15/03/2018 à 11:19

Personnellement j ai été super content de ma 405 diesel qui venait juste de sortir. Avec cette voiture j ai parcouru 400.000 kms sans aucune problèmes. Un très bo souvenir…

allan wagos

Le 15/03/2018 à 12:31

Et le hic éternel au sujet des hauts de gamme nationaux, c’est qu’ils véhiculent l’image de la bagnole franchouillarde française , même chez les constructeurs hélas, complexés au départ .

La crainte de faire du beau, du statutaire, parce que ça fait riche et bourgeois, dans un pays de grévistes et de classes sociales , de syndicats et de populaire comme le logo de ces trois constructeurs !

Donc on part avec le handicap du nom ! ….Peugeot sera toujours l’image de la province sage , discrète et laborieuse, Renault la CGT, les grèves, le parigot et le banlieusard , et Citroen bagnoles de vieux !!! ….Idem pour Fiat en Italie qui a souvent mis sur le marché de très belles voitures .

Et dommage qu’un plus des problèmes de fiabilité , la 406 ressemblait à une grosse 405 , manque de hardiesse de la part de Peugeot ?

Ceci-dit….( dès 1992, j’ai changé d’activité pour devenir prestataire de service pour Europcar et Avis ) , donc j’ai forcément conduit la 406 dans toutes ses versions, bonne routière, tenue de route remarquable, plaisante en V6, manque de fiabilité au départ ( nous nous sommes beaucoup déplacés pour en récupérer en cours de route ) d’ailleurs les loueurs s’en sont vite séparés ….la plus fiable finalement, c’était la 4 cylindres basique tout à fait suffisante pour un gros rouleur ….

allan wagos

Le 15/03/2018 à 13:05

Pardon…..la 604 !!!!!! pas le 406 !!!

Antoine

Le 15/03/2018 à 13:06

On en a utilisé de la 605. La voiture de mon enfance et de mon adolescence et même plus. Mon paternel qui était très Peugeot avait été l’un des premiers fervents à en commander une avec l’appui d’un ami concessionaire Peugeot. C’est ainsi qu’en Février 90 nous prenions livraison d’une fantastique SV24 en remplacement de notre 505 Turbo. Le premier moteur n’a même pas fini le rodage : vilbrequin cassé, ce n’est pas qu’une légende… Le second moteur connut la même fin après 700 km parcourus… En Mai 90, Peugeot nous a alors proposé d’échanger cette SV24 « simple » contre une SV3.0 toutes options. Celle-là ne posa aucun problème mais elle passa quand même par la case du fameux rappel général.
En Octobre 92, nous avons pris livraison d’une SV24 qui fonctionna parfaitement à l’exception de quelques détails sans gravité mais qui démontrait que l’auto n’était pas au standard germanique. Le moteur PRV 24 soupapes ACAV avait un joli caractère. Préférant clairement les haut régimes, il n’était finalement pas si bien adapté à la voiture. La SV3.0 était plus cohérente et sans doute plus performante en usage courant car plus coupleuse.
Finalement, en Juillet 94 nous revenions au 4 cylindres avec une SVti. C’était sans doute la meilleure version de toute la gamme. Le moteur plus léger améliorait encore le comportement de l’auto et ces premiers moteurs TCT étaient tellement simples à optimiser que les garages Peugeot proposaient eux-mêmes de les modifier. Elle devait sortir au moins 180 ch avec un bon coup de « turbo-lag ». Je ne regrettais que les belles jantes « turbine » de la 24 soupapes.
Nous sommes ensuite passés à une SVti Phase 2 qui fit l’objet d’une préparation moteur beaucoup plus sérieuse auprès d’un spécialiste lyonnais (210ch aux roues). Elle termina sa carrière prématurément dans un talus et fut remplacée par une SV3.0 « ES9 ».
Inutile de vous dire que Peugoet ne poussait pas à la vente de ces autos et préférait orienter les clients vers des 406 (coupé de préférence). Mais la qualité de finition de la 605 était quand même très supérieure à celle des 406 (beaux cuirs ou velours de laine et vrai bois dans les finitions SV) et le chassis était encore un cran au-dessus de celui des coupés 406. Le train avant était hyper mordant, le train arrière était agile et joueur sans jamais franchir les limites. Cette auto pouvait se mettre à la corde sur les freins et glisser en travers jusqu’à la sortie du virage : bluffant de facilité et d’éfficacité.
Quant à la fiabilité, elle fut finalement au rendez-vous. J’ai eu l’opportunité de conduire une SV3.0 de 93 il y a peu. L’intérieur a remarquablement bien vieilli et surtout l’auto est à la fois très confortable et beaucoup plus vivante qu’une berline moderne.
Je ne sais pas à quel point le lancement précipité a « tué » la voiture. Ceux qui l’ont possédée étaient prêts à accepter quelques défauts pour bénéficier des ses immenses qualités. D’autant plus que les problèmes de fiabilité touchaient surtout les 24 soupapes et qu’il s’agissaient quand même d’auto très élitistes… Vu leur prix, qui les a achetées en dehors des concessionaires ou de ceux qui se devaient de rouler français ?
Je crois plus au fait qu’elle n’avait pas de marché en dehors de la France et que même en France, le sentiment nationaliste en baisse et l’absence de continuité dans la gamme avec la vieille 604 l’avait condamnés d’office à un succès d’estime. Il s’agit plus d’un plantage marketing que d’un échec technique. Le business plan ne pouvait pas tenir la route dans les années 90.
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Curieusement les fidèles de la 605 sont peu nombreux à être restés chez Peugeot par la suite. La 607 ne les a pas massivement séduit. Quelques uns sont venus à la 406 (gros rouleurs en diesel principalement) et ceux qui appréciaient les versions hautes sont souvent passés chez BMW. Un signe qui ne trompe pas quant à ce qu’étaient les 605. Si la 505 était une BMW française jusque dans l’architecture, la 605 avait su garder l’esprit du plaisir de la conduite.
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C’est ma madeleine cette 605… Une belle ES9 en BVA ne serait pas pour me déplaire aujourd’hui. Mais elles étaient déjà rares, elles sont désormais introuvables… Dommage.

Jota

Le 15/03/2018 à 15:02

J’avais proposé une fois le permis en poche de racheter la phase 2 de ma belle mère de l’époque ayant toujours apprécié cette voiture (car je confirme sur route de campagne sinueuse, sur du sec à l’époque, tenue de route très dynamique!). Elle n’a jamais voulu malheureusement.
Le problème des ventes est typiquement généraliste (si on fait l’impasse sur la fiabilité) c’est à dire savoir rémunérer le service commercial avec les mêmes conditions que lorsque l’on vend un modèle plus «courant» (compacte, crossover etc..). A partir de la les ventes ne peuvent que décoller.

Frantz

Le 15/03/2018 à 16:05

Je confirme le côté Kart de cette « limousine » , en version SV3 cuir avec l’option suspattes pilotées.
Par contre les pneus avant preinnent tout et pouvaient ne tenir que 5000 Kms…comme en moto 😉

Christian Talureau

Le 15/03/2018 à 17:57

Z6 c’est 607 série 1 et non pas 605!

Paul

Le 15/03/2018 à 18:01

Heu non, la 607 c’est Z8 😉

Vincent DK5

Le 15/03/2018 à 23:26

La meilleure voiture que j’ai pu avoir, une 2.5dt « DK5 » en finition SV, des toutes dernières séries car millésime 1999 avec le nouveau lion « plein » de calandre.
Un excellent mix, entre un confort royal, chaleureux avec le velours clair, les boiseries et des plastiques moussés résistants, une tenue de route voulue par Calvet comme « se maniant aussi facilement qu’une 205 » avec la Direction Assistée a Assistance Variable (qui a inspiré celles des Ferraris à partir de la 348 il me semble) et un 2.5 décrié côté fiabilité car très complexe (arbres d’équilibrage, circuit de refroidissement multiple) mais aux performances bien plus présentes en bas que la « killeuse » de l’époque qu’était la 525tds, pour le plaisir de cruiser sur les nationales tout autant que squatter la voie de gauche sur autoroute(Nantes Tours à 190 de nuit) avec régulateur, sièges chauffants reglables électriquement dans tous les sens, odb(timide car muet dans ces époques).

Au debut de notre décennie actuelle elle interpelle bien des gens qui la prennent pour une 405 jusqu’au moment de monter a bord.
Que de regrets, avec en descendance une 607 moins baroque, plus fantaisiste (du moins le style rond et avenant des parties avant et arrière vieillit de facon moins gracieuse), et pour ma part une Alfa Roméo 156 jtd 115que le maigre gain en perfs et précision de conduite me rendent nostalgique de cette opulence frenchie dont la 605 fut la dernière tentative (et la seule ?) vraiment sérieuse chez Peugeot…

Merci Paul pour cet article, au passage la 605 aura également la faveur des guignols (rare pour une auto) et une carrière sportive au Dakar, sur base Mercedes toutefois

zeboss

Le 16/03/2018 à 13:20

je me souviens d’un essai du mag échappement où la SV24 était prise en photo dans une épingle avec la roue intérieure levée comme une 205 GTI, seule berline de cette taille a effectuer l’exercice de la sorte.
L’article oublie de mentionner que Peugeot a fait un rappel exceptionnel des 605 en les faisant repasser en usine sur la ligne de prod pour réaliser la mise à jour des modèles (et décharger le SAV des concessionnaires, un peu débordés…).
Beaucoup pensent que Peugeot n’aurait pas du quitter la propulsion sur ce type de véhicule, car même super fiable mais avec marcos et bm en face, la trac-avant, l’acheteur type n’était pas près à franchir le pas. Une Citroën en traction, yes, mais en Europe à l’époque pour faire Hdg fallait la propulsion, Audi en 90 était encore très exotique et optait sur la quattro pour faire passer la pilule.
Au final, dans cette configuration et en visant un prix adéquat, les USA auraient peut être sauvé le modèle.. Les japonaises type Honda étant elle même en config traction avant avec moteur de faible cylindrée (relative, 3.2l ou 2.5l) ce qui collait avec la 605.
On peut penser qu’encore une fois, le markéting du lion version Calvet a raté le coche…

Suisse

Le 16/03/2018 à 19:08

Malgré un joli dessin, les 605 puis plus tard 607 traînent une réputation de « voitures chagrins » qui multiplient les petits tracas agaçants nécessitant d’incessants aller-retour au garage. Un comble pour un constructeur réputé pour certains modèles qualifiés d’increvables !

Jean

Le 17/03/2018 à 06:23

« En 1995, la 605 recevait pourtant un habile restylage, proposait enfin une fiabilité digne de son standing, et s’offrait un nouveau V6, l’ES9 de 3 litres et ses 194 chevaux. »
Bonjour,

sauf erreur, le V6 ES9 est apparu en 1997, et seulement sur les 3 derniers millésimes de la 605 (soit 97-98-99).

Matt02

Le 17/03/2018 à 09:26

Qu’en est-il du prototype 605 V8 évoqué dans Autoplus vers 92/93. Une photo avait été prise d’une voiture avec 2 doubles sorties d’échappement ?

Ils parlaient d’un moteur V8 créé à partir de 2 quatre cylindres de 2 litres si mes souvenirs sont exacts.

Info ou extrapolation de journaliste ?

Marc Limacher

Le 17/03/2018 à 13:54

Matto2 : Extrapolation de journaliste en fait, cela faisait écho à une réflexion interne à Sochaux concernant la motorisation noble de la 605 et le fait que les 4cyl étaient trop peu puissant face à la concurrence allemande et aussi au fait que Peugeot gagnait en Rallye et allait s’attaquer à l’endurance avec la 905. Mais je sais qu’il y a existé à l’usine une 607 surpuissante qui rodait à Sochaux et pour les trajets internes à l’usine.

La 605 était bien fabriquée à Sochaux et les grèves ont été très violente à l’usine et ensuite il y a eu aussi une longue période de chômage technique qui a durée jusqu’en 1993. La 405 se vendait moins bien, la 605 n’était pas à son objectif et l’usine a fait des 106 un temps.

Charly

Le 17/03/2018 à 22:23

Le V8 est forcément un fantasme de journaleux. Impossible a caser sous le capot. Par contre avec un ou 2 turbos le V6 pouvait facilement atteindre 300cv. Avec cette merveille de châssis et la propulsion… Dommage.

Wolfgang

Le 18/03/2018 à 00:08

J’ai jamais roulé dedans , mais je l’ai toujours trouvé belle.
Elle avait une vraie personnalité. Elle ne ressemblait à aucune autre marque.
J’ai un copain qui en a eu une. Un jour elle s’est mise à fumer dans le tableau de bord et quelque minutes après ce fut un incendie complet. Il n’a récupéré que les feux rouges.
Avec la 607, on est tombé dans la copie vw Audi, surtout avec le toit en arc de cercle…par contre j’ai roulé dedans et je peux dire que c’est confortable et joli si on prend pas un bas de gamme.

CABY

Le 19/03/2018 à 19:30

Bonjour Paul,
Je me souviens de l’intervention de J.CALVET sur le plateau de Patrick Sabatier: devant 2 maquettes en (faux?) cristal des 605 et XM, il allait « rendre gorge » aux premium allemands.
Sa présidence de PSA a été une catastrophe pour les 3 marques du groupe (PEUGEOT, CITROEN, TALBOT) dont certains effets se font encore sentir et pourrait faire l’objet d’un « livre noir.
Notons qu’aucun hommage n’a été rendu par C.TAVARES lors du décès de Gérard Welter qui a pourtant contribué au succès de nombreux modèles PSA.
Pour l’anecdote; mon beau-frère, friand d’automobile et méticuleux en entretien acheta, après sa BX, une XM 2.1 dT bleue marine neuve dont le moteur « serra », sur un parking de supermarché, 1 an 1/2 après son acquisition: pas de prise en charge de CITROEN si ce n’est une offre de reprise -lamentable- pour l’achat d’une XANTHIA.

Matt02

Le 23/03/2018 à 22:58

Quelqu’un sait-il si la 605 (et la XM) était prévues en 4 roues motrices ? Et le lancement de ces versions auraient été annulé suite aux problèmes de fiabilité entrainant une baisse des ventes donc une rentabilité compromise ?

Quentin R.

Le 27/03/2018 à 18:21

Pour la XM, c’était effectivement prévu mais cela n’atteindra pas le stade de prototype. Dommage…
Au sujet des problèmes électriques des débuts, les protos utilisaient des connectiques de type « aviation ». Cette solution fut abandonnée pour la série car cela augmentait sensiblement le prix de vente. On a vu le résultat…

Francis VERNIER

Le 01/10/2018 à 03:38

J’ai 31 ans. À mes 18 ans avec mon permis j ai eu une 605 TD 2.5L de 99, je l’a trouvait magnifique. Pis je devais faire de la route chaque week-end à traverser la France. Je l’ai gardé 6 ans et vendue à 365 000 km, j en ai presque pleuré de la lacher (2500 euros tellement elle était comme neuve sans rayures ni rien). J’ai acheté après elle en 2012 une 607 griffe 2.2L 170 chvx à 80 000 km, elle en a 343 000 kms actuellement, je suis encore pas près de la changer. Bref
Des merveilles ces voitures, malheureusement je ne saurais quoi prendre car la 508 ce n’est plus du tout la même ligne je trouve.

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