Peugeot Oxia : la supercar du futur en deux exemplaires !

Lundi 31 août 2015
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Si aujourd’hui j’ai parfois du mal à m’extasier devant des concept-cars trop futuristes, ou trop exagérés, cela n’a pas toujours été le cas. En 1988, alors que je n’avais que 13 ans, j’avais été profondément marqué par un concept-car qui allait ancrer un peu plus encore ma préférence pour les production sochalienne : la Peugeot Oxia.

La Supercar du futur selon Peugeot
La Supercar du futur selon Peugeot

Malgré un nom un peu alambiqué inspiré du point zero de la planète Mars (à moins que ce ne soit la planète Oxo de notre ami La Denrée ?), l’Oxia fut pour moi la preuve de l’outrageant réveil de Peugeot en ces années 80. Remettons-nous dans le contexte : après avoir frôlé la faillite, Peugeot, porté par un sacré numéro, la 205, volait de succès en succès. Succès commerciaux d’abord avec la 205 bien sûr, mais aussi la 405 ; succès sportifs ensuite, avec les victoires en Groupe B, au Paris-Dakar et même à Pike Peaks. Surtout, Peugeot préparait une nouveauté importante : la Peugeot 605 qui n’apparaîtra qu’en 1989.

Oxia 06

C’est au Salon de Paris 1988 qu’est présentée l’Oxia. Admirez son style novateur et complètement crédible : à l’époque, se préparent la Cizeta V16 (lire aussi : Cizeta V16) et la Lamborghini Diablo (lire aussi : Lamborghini Diablo). L’Oxia est dans la même veine, mais en plus moderne encore, poussant à l’extrême le design Peugeot à la mode à l’époque. Pour tout dire, elle n’a pas tellement veilli aujourd’hui, preuve d’une certaine pertinence du trait ! L’Oxia fait d’ailleurs la synthèse entre la 405 (les feux arrière s’en inspire en étirant un peu le dessin) et la future 605 puisqu’elle en possède les optiques sans modification : il s’agit en quelque sorte d’un teaser annonçant la grande berline de Peugeot à venir. L’immense pare-brise réalisé par Saint-Gobain est à lui seul une œuvre d’art !

Oxia 02

Côté moteur, elle est équipée du V6 PRV de 2,8 litres, 24 soupapes (annonçant sans doute le 3 litres PRV 24 soupapes qui équipera le haut de gamme 605, la SV24, lire aussi : Peugeot 605 SV24), mais doté de deux turbos pour proposer la « modique » puissance de … 680 chevaux ! Une puissance incroyable pour l’époque. Présentée à la presse sur circuit (car l’Oxia est roulante et opérationnelle), elle atteindra la vitesse de 349 km/h avec à son volant le pilote d’essai de chez Michelin.

Oxia 07

Visionnaire, l’Oxia l’est aussi par son équipement. L’ordinateur de bord se veut ultra moderne, relié à un radio-téléphone, gérant les paramètres de la voitures d’un côté, et les paramètres de navigation de l’autre (à l’aide d’une base de données). Un GPS avant l’heure quoi ! Si aujourd’hui cela peut faire sourire, c’était vraiment nouveau en 1988 ! Des capteurs photovoltaïques sont aussi placés sur la base du pare-brise avant : bref un concentré de technologie qu’on ne peut qu’admirer à posteriori : les ingénieurs de la Garenne-Colombes avaient eu le nez creux !

Oxia 04

Bon vous allez me dire : « oui mais bon, c’est un concept-car », on l’aura jamais ! Et bien détrompez-vous, tout est possible. Car Peugeot n’a pas construit un exemplaire, mais bel et bien deux. Jusqu’en 2009, les deux étaient conservés au musée de l’Aventure Peugeot. Mais cette année-là, afin de dégager du cash pour racheter des pièces majeures de son histoire, le musée mit en vente un certain nombre de doublons, dont le 2ème exemplaire de l’Oxia. Il s’est vendu cette année-là au prix de 141 500 euros à un acheteur américain. C’est donc aux Etats-Unis que vous pourrez toujours retrouver l’Oxia, et pourquoi pas faire une offre à son propriétaire ?

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16 commentaires

Gebe

Le 31/08/2015 à 13:42

141 500 €, ce n’est pas si cher que ça, compte-tenu de la rareté de l’objet. Vous dites qu’elle est roulante, savez-vous s’il serait autorisé de rouler avec tous les jours —en France ou aux États-Unis— ou si elle est destinée à rester immobile dans un garage…?

Paul

Le 31/08/2015 à 13:46

j’ai peur qu’en tant que proto, elle n’ait pas beaucoup de chance de rouler facilement (mais qui sait, en l’immatriculant en Angleterre ????)… Mais je peux me tromper… En revanche je suis d’accord avec toi: l’estimation était basse, et le prix n’est pas démesuré 😉

Gebe

Le 31/08/2015 à 14:03

Si je ne dis pas de bêtise, c’est à la même occasion (le Mondial de l’automobile —qui ne s’appelait pas encore comme ça d’ailleurs—) que la Peugeot Oxia, la Renault Mégane et la Citroën Activa ont été présentées. J’avais 10 ans et, d’une certaine manière, ça a été un tournant dans ma vie de passionné d’automobile. C’est grâce à et au travers de ces 3 concepts, si différents et tellement intéressants (beaucoup plus que ce à quoi nous avons droit aujourd’hui), que je me suis vraiment intéressé à la question du design automobile, et à son futur.
Je partage l’idée que ce concept à vraiment bien vieilli (c’est le cas de la Citroën Activa, un peu moins de la Renault Mégane), j’envie presque l’heureux passionné américain qui s’est offert le second exemplaire de la Peugeot Oxia, même si mon cœur est définitivement du côté des doubles chevrons 🙂

Greg

Le 31/08/2015 à 14:17

141.000€ seulement pour ce concept car???
Alors là j’en suis baba!
La presse auto avait eu les honneurs de cette Peugeot à l’époque: j’ai conservé dans mes archives l’essai publié par Echappement.
L’auto si je me souviens bien repose sur une coque en panneaux « sandwich » alu et nid d’abeille, en 1988 seules les Formule 1 et la Jaguar Groupe C avaient des coques carbone donc l’Oxia sans être particulièrement en avance était bien dans l’air du temps.
L’implantation mécanique retenue était celle des 205 et 405 Turbo 16: le moteur transversal du coté droit, la boite du coté gauche avec les 2 sorties dans l’axe de la voiture car c’était aussi une intégrale…
Autre caractéristique marquante, l’Oxia recevait une direction à 4 roues motrices.
Sa maniabilité puis sa stabilité à (très) haute vitesse avait fortement impressionné le journaliste d’Échappement!
Enfin un concept car fonctionnel qui pouvait réellement atteindre les vitesses prétendues!
Il faut dire que la mise au point avait été confiée à Michelin et son essayeur vedette Jean Philippe Vittecocq (comme dit dans l’article).
Le moteur, enfin, était un autre morceau de bravoure: il s’agissait ni plus ni moins que du moteur de course des WR du Mans.

Il faut se remettre dans le contexte de l’époque pour appréhender l’énorme effort que représentait l’Oxia.
2 ans auparavant, la Proxima (Salon de Paris 1986) était un concept car aussi spectaculaire que vain: une maquette inerte avec un tableau de bord « électronique » garni… d’impressions d’écran!
Seuls les constructeurs japonais (l’incarnation du mal pour Jacques Calvet alors patron de PSA) exhibaient des concept-car truffés d’équipements jamais vus (simultanément) sur une voiture de production: moteurs multi cylindres et double turbo, 4 roues motrices et directrices, suspensions pilotées, électronique embarquée… pour des performances prétendument stratosphériques.
La plupart était des maquettes statiques, certains pouvaient éventuellement se déplacer par leurs propres moyens, mais de là à aller vérifier les performances annoncées…
Peugeot cette fois ci allait prendre les japonais sur leur propre terrain, avec un proto fonctionnel et réellement mis au point: ce qu’elle promettait, elle le donnait vraiment…
En 1988, seule le Porsche 959 (qui elle avait atteint le stade de la production!) procédait de la même philosophie…

maxime

Le 31/08/2015 à 14:26

« Des capteurs photovoltaïques sont aussi placés sur l’aileron arrière »

Les capteurs photovoltaïques ne seraient pas sous la baie de pare brise ??

Paul

Le 31/08/2015 à 14:28

j’ai modifié 😉

Greg

Le 31/08/2015 à 21:11

Une rectification au sujet de la motorisation… Le V6 vient de la WM du Mans et non WR, cette écurie étant créée l’année d’après.
Le étron du design chez Peugeot s’appelle alors Gérard Welter et chaque année, il fait courir au Mans des protos de sa conception motorisés par, je vous le donne en mille… Peugeot Sport!
1988 est une année spéciale pour WM et pour Peugeot qui fournit le moteur: c’est en effet l’année du record de vitesse dans les Hunaudières: 405 km/h, record qui tient toujours et pour longtemps en raison des chicanes…
Entre Welter et Peugeot Sport, il y a donc tout le savoir faire en interne pour construire et motoriser une telle auto.
Enfin, l’Oxia possède un ABS encore jamais vu sur une voiture de sport à l’exception d’une certaine Porsche 959…) et des différentiels pilotés: oui, la Porsche 959 aussi.
Ca situe l’Oxia par rapport à son époque, et ça indique combien le prix d’achat du second proto est bradé!!!

Greg

Le 31/08/2015 à 21:12

Le « patron » du design et non « le étron », le correcteur d’orthographe a encore frappé!!!

Benjamin

Le 01/09/2015 à 16:51

Effectivement à l’époque Welter avait un associé dans WM.

Spirit Of Memories

Le 27/01/2017 à 23:15

Gérard Welter (le W) et Michel Meunier (le M).

Olivier Nedplex

Le 02/09/2015 à 07:43

C’est fantastique, Merci pour cette Article

Etienne

Le 02/09/2015 à 22:37

Attention, selon mes informations, il semblerait que sur les deux prototypes fabriqués, un seul était roulant. L’objet de cette ventre concernait le prototype non roulant…

Etienne

Le 02/09/2015 à 22:40

« vente » et pas « ventre », pardon !

Olivier.c

Le 27/01/2017 à 22:13

Beau proto…je me rappel aussi de la quasar de 1984…motorisation de la 205 t16 c était sympa aussi

Jaguar

Le 29/01/2017 à 10:41

Très beau proto. Je me souviens bien de l’avoir photographié au salon de Paris, je dois avoir les clichés quelque part. Mais bon sang, quel coup de crayon !

Alpine Driver

Le 07/05/2017 à 14:40

c’est une époque que j’adore, j’étais alors un vrai fan d’automobile et je passais du temps à écrire aux constructeurs afin d’avoir de la doc sur leurs véhicules, ce que j’ai fait concernant cette magnifique OXIA, sans oublier la Mégane de chez Renault ou encore l’Activa de Citroënavec un retour positif, merci à eux!
Je pense que parmi ces 3 véhicules, L’OXIA méritait d’être produite ne serais ce qu’en petite série.c’est un regret mais on refait pas l’histoire

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