Piaggio Ape : légende italienne sur trois roues

Mardi 10 octobre 2017
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Je suis une vraie légende dans mon pays et ma réputation a depuis longtemps dépassé les frontières, je suis Italienne et j’ai permis à mon pays d’être motorisé à moindre coût, je suis de petite taille et je me faufile dans les rues transalpines, je suis à moi toute seule une icône de la dolce vita, je suis, je suis…..La Fiat 500 ? Perdu, parce que j’ai trois roues, et je m’appelle Piaggio Ape. Niko rentre d’Italie et vous raconte l’histoire du Vespa qui aurait voulu être une voiture.

Des origines modestes

L’histoire du Piaggio Ape débute à l’usine Italienne de Piaggio à Pontedera, non loin d’un autre monument Italien, la Tour de Pise. A l’issue de la seconde guerre mondiale, l’Italie est exsangue et les Italiens sont ruinés, plus encore que le reste de l’Europe. Les moyens de transports sont quasiment inexistants et peu de gens peuvent s’offrir une voiture. Certes le pays a déjà inventé le Vespa mais dans une Italie où tout est à faire, cet engin manque cruellement de capacités de chargement.

Deux ans après la guerre, le père de la Vespa, également concepteur d’avions Corradino D’Ascanio a l’idée d’un petit utilitaire 3 roues. Il demande un rendez vous dans le bureau d’Enrico Piaggio. Le fils du fondateur de la marque, Rinaldo observe les plans et se laisse séduire. Le triporteur est directement dérivé de leur scooter et l’étude sera rapide et peu coûteuse.

L’Ape 50 au look très carré

Simple, pratique et accessible

En effet l’idée de génie consiste à utiliser la partie mécanique d’un Vespa, d’y ajouter deux roues à l’arrière et une structure de chargement au dessus de l’essieu arrière. Les premiers prototypes sont rapidement fabriqués et un an après le début du projet les brochures sont éditées. On y découvre celle qu’on appelle Vespacar ou TriVespa à partir de 170 000 lires, autrement dit pas grand chose.

L’Ape, qu’on appellera rapidement le Tukxi reçoit tout une gamme de moteurs, allant du 50cc, au 150cc en passant par le 125cc. Rapidement ces motorisations seront rejointes par des 175cc et même un 422cc. L’abeille (Ape en Italien) se conduit comme un scooter avec un guidon et un frein. Avec ses 2,4 chevaux on peut vite atteindre la vitesse époustouflante de 40 km/h dans les petites rues de Rome ou de Florence.

L’Ape 200 Calessino

Les premières commandes affluent. Du livreur au maçon en passant par tous les marchands ambulants et colporteurs, l’Italie travaille en Ape. Le premier slogan présent sur les catalogues et publicités d’époque sera d’ailleurs “Ape, le véhicule qui vous fait gagner de l’argent”. Devant ce succès Piaggio pense au principal défaut de son engin. Contrairement à une automobile il ne protège pas de la pluie et des éventuels chocs urbains et il est difficile d’y emmener un passager. En 1956, on lance donc l’APE C, avec une cabine destinée à élargir la polyvalence de l’engin. Comme une voiture, celle ci dispose de deux portes afin de sortir en toute sécurité côté trottoir. Cette fois ci le Tukxi est prêt à traverser les décennies. D’autant qu’en se tassant un peu on peut transporter un collègue ou mieux une jolie Italienne en passager.

Les légendes ne meurent jamais

De nombreux dérivés seront créés sur cette base, des pick-up, des camionnettes avec différents volumes et même des Tuc Tuc destinés au transport de touristes ou dans certains pays de transport “en commun”. Si le concept est resté le même de nombreuses évolutions sont venues parsemer son histoire : l’apparition de la cabine, le démarrage électrique en option en 1956, moteur fonctionnant au mélange, le moteur déplacé à l’arrière en 1967, l’apparition des APE web, Cross, ou encore Classic, et même un APE construit en Inde avec un moteur Lombardini. Il en existe aussi une version électrique convertie au Royaume Uni.

Si on en croise toujours autant aujourd’hui dans les rues des villes Italiennes c’est tout simplement parce que depuis 1948, celui ci n’a jamais cessé d’être produit. On en croise d’ailleurs encore dans Paris où sa bouille caractéristique se prête parfaitement à un usage de véhicule publicitaire.

Si vous circulez à pied en Italie et que vous entendez le bruit caractéristique du moteur Vespa, rangez vous. Si l’engin dispose bien de 3 roues, celles ci ne posent pas toujours au sol en même temps.  Dans les virages négociés un peu vite, le sport national c’est de conduire sur deux roues pour faire prendre un angle à la bestiole.

Si vous souhaitez rejoindre les deux millions d’acheteurs qui se sont laissés tenter par l’abeille depuis son lancement, la gamme est disponible en France:

– L’Ape 50 original, disponible en 50cc en version pick up, fourgon ou commerce ambulant. Il se conduit dès 14 ans.
– L’Ape TM disponible avec un plus gros moteur dans différentes carrosserie avec guidon ou volant, accessible dès 16 ans.
– L’Ape Classic qui peut transporter 650 kilos et est destiné aux conversions en street food.
– Et enfin l’Ape Calessino, véhicule parfait pour se faire remarquer à l’occasion d’événements spéciaux, d’activités publicitaires et de promotion du territoire. Grâce à ses dimensions compactes, il est facile à manœuvrer et particulièrement apprécié par les centres touristiques et les hôtels de catégorie pour le transport des touristes. Il représente la version « passagers » du trois roues et peut être conduit dès l’âge de 16 ans avec un permis A1.

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13 commentaires

Eddy123

Le 10/10/2017 à 19:18

Excellent la version semi remorque…..:)

Germain

Le 10/10/2017 à 19:43

Rhaa les souvenirs… fallait les voir aux feux rouges à Florence, tous alignés et vrombissants. Entre le moment où le rouge s’éteignait et celui où le vert s’allumait ils étaient déjà tous 200m plus loin. Y a 15 ans y en avait plein, dans des états lamentables là bas, (et beaucoup de Fiat 500 pas plus fraîches)

Germain

Le 10/10/2017 à 19:44

Sinon chez nous, la poste en a utilisé pas mal

Germain

Le 10/10/2017 à 19:46

Je suis fan de cet engin depuis que je suis gamin

Arnault

Le 10/10/2017 à 20:31

Souvenir ! Des tas en région parisienne quand j’etais môme.

La Poste en effet, mais également les caves Nicolas.

Un engin, un concept, qui conserve(rait) tout son interet de nos jours sur le plan utilitaire en ville.

Wolfgang

Le 10/10/2017 à 23:27

Y en a eu des verts pour la propreté de paris…

Bruit insupportable.
Fumée non Hidalgo compatible.

Franchement ça me manque pas.

nous75

Le 11/10/2017 à 06:39

Équipez cet engin d’une mécanique électrique
(celle du Twizzy par exemple)
et vous avez le parfait outils pour les livraisons en ville,
d’objets un peut plus gros qu’une Pizza.

Jérôme

Le 11/10/2017 à 11:34

Super article merci.
Ça serait bien d’avoir aussi une photo de l’Ape A de 1948 sans cabine 🙂

Engrenure

Le 12/10/2017 à 00:19

24 ch ? dans les années 50, oh, Bijou ! Même dans sa plus grosse cylindrée c’est impossible.

Heathcliff

Le 12/10/2017 à 12:54

Oui ca serait pas plutot 2,4 ch? Le Ape le plus puissant d’aujourd’hui (422cc) fait 11 chevaux environ. 24ch c’est la puissance d’une voiture de l’époque!

Sinon il y avait aussi un Ape à 4 Roues (jamais vendu en France je pense), le Ape Poker, qui ressemble du coup à une petite camionnette (pas beaucoup de différence avec le Piaggio Porter du coup)

Paul

Le 12/10/2017 à 19:30

il manque effectivement une virgule qui a sauté à l’écriture comme à la relecture 😉

Gérald-600

Le 15/10/2017 à 22:33

Exact ma 600 de 1967 fait 25 ch pour 767 cm3, puissance moyenne d’une petite voiture à l’époque… Désormais mon Berlingo utilitaire fait 120 chevaux !

Alex

Le 23/11/2017 à 07:31

Les employer communaux utiliser sa quand j’étais gosse

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