Pirin-Fiat : l’éphémère marque Bulgare

Mardi 21 février 2017
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Aujourd’hui, même en Bulgarie, si vous dites Pirin, on vous parlera de la chaîne montagneuse du Sud-Ouest du pays. Car bien peu de bulgares se souviennent que ce fut aussi le nom d’une éphémère marque automobile dans les années 60, alors que les dirigeants communistes étaient persuadés qu’il suffisait de construire des voitures pour créer un marché, oubliant la pauvreté de sa population et la caractère rural du pays, dont la tradition industrielle était proche du néant.

Le président de la Bulgarie, Todor Jivkov, a, comme son voisin roumain Ceaucescu, des désirs d’industrie automobile. Peu importe que la Bulgarie n’ait que très peu de routes, et sûrement pas le niveau de vie suffisant pour s’offrir un parc automobile moderne, quand on est communiste à cette époque, on est persuadé qu’il suffit de le vouloir pour le faire. Hors de question de laisser la Bulgarie hors du marché automobile du Comecon : peu importe la planification du grand frère soviétique, le pays aura non pas une mais deux marques automobiles !

Dans un premier temps, c’est avec Renault que la Bulgarie va signer, lançant à Plovdiv la marque Bulgarrenault, mais aussi Bulgaralpine (lire aussi : Bulgarrenault et Bulgaralpine). Le contrat est signé avant les roumains et Dacia, et ça fait du bien à l’ego (lire aussi : Dacia 1100). Mais cela ne suffit pas aux dirigeants bulgares, qui veulent faire encore mieux : il y aura une deuxième marque automobile dans le pays. Cette fois-ci, c’est avec Fiat qu’on va dealer, profitant des accords qui se profilent avec Avtovaz en URSS (lire aussi : l’histoire de Togliatti).

Fin 1966, la société d’état Balkancar signe un accord avec la Fait pour l’assemblage en CKD (dans un premier temps) des Fiat 850 Berline et coupé, ainsi que de la moderne 124 en berline, mais aussi en version break « Familiare ». De quoi compléter les Renault et les Alpine, et offrir un large choix d’automobile au bon peuple bulgare. L’usine qui assemblera les voitures se trouve au nord de la Bulgarie, à Lovech, et la marque prendra le nom de la chaîne montagneuse Pirin, tout en gardant les logos Fiat (allez comprendre!).

Les ambitions sont démesurées, car le contrat prévoit la production de 3 à 5000 voitures dès 1967. On imagine déjà construire une plus grande usine capable de produire localement, et pas uniquement en CKD. Dacia qui se créé la même année en Roumanie n’a qu’à bien se tenir, car il faudra compter avec l’automobile bulgare sur les marchés de l’Est. On s’imagine déjà exportant vers tous les pays limitrophes, et les rues de Sofia bondées de Pirin ou de Bulgarrenault !

Las, tout cela n’était qu’une chimère. Fiat (tout comme Renault) ne prenait pas beaucoup de risque à livrer des kits en Bulgarie. Mais il fallut se rendre à l’évidence : il n’y avait pas de marché ! Comment vendre des voitures chères à des paysans sans le sous qui préféraient manger pour survivre que tenter d’imaginer s’offrir une Pirin-Fiat 124 pour vivre la liberté à la sauce communiste. Même les administrations n’avaient pas les moyens de s’offrir ces voitures. Comme quoi, la volonté ne suffit pas.

Pourtant, les bulgares vont s’obstiner jusqu’en 1971, date à laquelle on cessera tout bonnement de produire des Pirin. Il faut dire que le contrat avec Fiat n’était signé que pour 5 ans, et cela tombait bien, parce qu’il aurait été suicidaire de continuer plus loin. La première voiture ne sortira qu’en juin 1967, et lorsque la dernière Pirin tomba des chaîne en septembre 71, il fallu faire les comptes : ils furent rapides ! 360 berlines 850, 89 coupés 850, 274 berlines 124 et 35 breaks 124, soit 758 voitures auront été produites entre 67 et 71 : autant dire qu’une Pirin est une vraie rareté ! Balkancar existe toujours, mais ne produit plus que des chariots élévateurs sous la marque Record.

N’espérez pas en trouver facilement un exemplaire, les bulgares eux-mêmes ont oublié cette éphémère Fiat locale. Mais si vraiment vous êtes un fou des voitures de l’Est, et qu’une Dacia, une Lada ou une Tatra vous paraissent trop courantes, c’est sans doute du côté de Sofia ou Lovech qu’il vous faudra fouiner. Bonne chasse !

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1 commentaire

Docteur Oliv

Le 22/02/2017 à 15:59

tradition industrielle était proche du néant, c’est aussi la raison du choix de la 124 vs la R16.
Plus robuste mais surtout plus simple et compréhensible.
Malheureusement c’est toujours le cas dans de nombreux pays en dehors de quelques grands centres

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