Pur Sang « Bugatti » Type 35 : la réplique parfaite ?

Mardi 29 décembre 2015
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Dans le domaine de la réplique de voitures anciennes, il y a deux écoles : ceux qui, puristes, rejettent tout ce qui n’est pas strictement d’origine, et ceux qui savent admirer le travail bien fait. Dans le cas de Bugatti, c’est encore plus flagrant, tant les vrais modèles sont rares et chers. L’alternative pour celui qui désire rouler en Bug’ reste celle de s’offrir une réplique, quitte à passer pour un félon.

(Image: Bonhams)
(Image: Bonhams)

Déjà, dans les années 80, le constructeur lyonnais De La Chapelle s’était attaqué au mythe, mais avec plus de libertés, sorte d’évocation plus que de réplique, mais de suffisante qualité pour obtenir du propriétaire de la marque Bugatti d’alors, l’équipementier aéronautique Messier-Bugatti, l’autorisation d’apposer le fameux logo rouge sur les calandres en fer à cheval (lire aussi : De La Chapelle Stimula Type 55). Mais c’est étonnamment en Argentine que le monde de la réplique de Bugatti (et pas une simple évocation) compte son plus emblématique constructeur : Pur Sang Argentina.

(Image: Bonhams)
(Image: Bonhams)

Il y a quatre ans, le journal la Charente-Libre s’émouvait devant le plateau Bugatti du Circuit des Remparts d’Angoulême, uniquement composé de répliques (lire aussi : La Charente Libre – Bugatti d’origine incontrôlée). L’article rend assez bien la crispation qu’il existe entre puristes et « répliquistes » (mot inventé par moi mais qui parle de lui-même). Pourtant, il semblerait que depuis, les choses se soient calmées et que les Pur Sang « Bugatti type 35 » soient désormais reconnues à leur juste valeur : il suffit de jeter un œil aux ventes au enchères de ce type de réplique pour s’apercevoir qu’elles s’échangent aujourd’hui à plus de 200 000 euros.

Le 8 en ligne refabriqué par Pur Sang (image: Sportscarsdigest.com)
Le 8 en ligne refabriqué par Pur Sang (image: Sportscarsdigest.com)

Mais revenons à ce mystérieux constructeur, Pur Sang, situé en Argentine. Tout démarre comme d’habitude par un passionné, Jorge Anadon, qui, n’ayant pas les moyens de s’acheter une Type 35, décide de s’en construire une pour lui, à l’ancienne il y a un peu plus de 20 ans. Devant le succès de sa première réplique, l’argentin se dit qu’il existe un créneau. La Type 35 « d’origine » n’ayant été construite qu’à 38 exemplaires, autant dire qu’elle est rare est chère, d’autant que parmi ses 38 exemplaires, peu sont ceux qui sont restés stricto sensu d’origine. En effet, beaucoup de Bugatti (et donc des type 35) ont été démontées et cachées pendant la guerre pour éviter les réquisitions allemandes. Elles furent reconstruites comme des puzzles avec un patchwork de pièces Bugatti dans les années 50 (on les appelle les « fifties » d’ailleurs).

(image: Sportscarsdigest.com)
(image: Sportscarsdigest.com)

L’idée géniale de Jorge Anadon (bien aidé par une législation contraignante empêchant l’importation de pièces détachées) sera de proposer des répliques construites avec les mêmes méthodes qu’à l’époque, en refabriquant toutes les pièces détachées. Des carrossiers à l’ancienne s’occupe de l’aspect extérieur, tandis que des mécanos de génie se sont payés le luxe de reconstruire le 8 cylindres en ligne de 2,3 litres compresseur développant 170 ch environ plutôt que de cacher un moteur moderne dans les entrailles du Pur Sang.

Une publicité Bugatti de 1923 introduisant la notion de "Pur Sang"
Une publicité Bugatti de 1923 introduisant la notion de « Pur Sang »

Tiens, pourquoi Pur Sang d’ailleurs ? Tout simplement parce que les publicités des années 20 pour les Bugatti s’arrogeaint le titre de Pur Sang des automobiles. La légende des Pur sangs étaient nés, au point qu’une série spéciale de la Bugatti Veyron produite à 5 exemplaires porte ce nom (et pour l’anecdote, Karim Benzema en possède un exemplaire).

(image: Sportscarsdigest.com)
(image: Sportscarsdigest.com)

Aujourd’hui, Pur Sang fabrique une vingtaine de voitures par an, et compte 60 salariés. Si le modèle 35 de chez Bugatti reste le best-seller de la société, Pur Sang réalise désormais des répliques d’autres modèles au fer à cheval, et même jusqu’à la baby Bug’ type 52. Profitant de son savoir faire, Pur Sang s’est aussi attaqué à la re-création d’Alfa Romeo 8C 2300 Monza aussi parfaite qu’une vraie.

(image: Sportscarsdigest.com)
(image: Sportscarsdigest.com)

Pour vous faire une idée de la voiture, je vous recommande la lecture de la fiche de présentation d’une Pur Sang Type 35 pour une vente Bonhams, où vous retrouverez de nombreuses photos : Pur Sang Bugatti Type 35 Vente Bonhams

Pour lire un essai de la Pur Sang Type 35, ainsi qu’en visionner la vidéo, je vous recommande chaudement l’article de Sportscardigest.com dont sont issus certaines photos de cet article (en anglais) : Essai Pur Sang Type 35 de Sports Car Digest

Images : Bonhams et Sportscardigest.com

 

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3 commentaires

Juan Pablo

Le 29/12/2015 à 16:20

J’ai la visite pendante au « Atelier » (pas fabrique) de PurSang. Non seulement le type 35, aussi les 55, l’Alfa 8C 2300, Alfa 308 Monoposto, motocyclettes INDIAN et jusqu’à un biplan AVRO504. J’ai vu une interview au directeur de la Cité de l’Automobile de Mulhouse que, après lui avoir demandé combien de Bugatti, ils circulaient toujours dans le monde il a dit : « sans raconter fabriquées en Argentine ? »

Greg

Le 22/01/2016 à 13:24

L’administration anglaise commence à faire la chasse à ces répliques, pas par amour du patrimoine mais plus prosaïquement pour des raisons fiscales.
Tout automobiliste britannique doit s’acquitter d’une Road Tax, plutôt salée.
D’ailleurs on peut suspendre la taxation d’un véhicule remisé « off the road » dans un lieu privé, par exemple pour l’hiver.
Les « véhicules historiques », datant d’avant le 1er janvier 1975, sont exemptés de la Road Tax.
L’administration a donc ciblé spécifiquement les propriétaires de Bugatti, et les a mis en demeure par courrier de prouver l’authenticité de leur auto!
Sous la menace, sans réponse et sans justificatif, de leur retirer le statut de véhicule historique et de les taxer à nouveau…
Seules les Bugatti ont été visées pour l’instant, les associations et clubs s’accordant à penser qu’il y en a… beaucoup.

Fanch

Le 12/03/2019 à 04:41

C’est rare qu’un fabricant de réplique pousse l’exercice aussi loin, c’est magnifique, les tarifs ne paraissent pas si excessifs comparé aux répliques de Cobra en polyester avec des moteurs Ford, là ces artisans argentins répliquent même le moteur et la voiture est façonnée en aluminium…

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