Reliant Kitten : l’inconnue concurrente malheureuse de la Mini

Mardi 17 janvier 2017
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L’Angleterre avait quelque chose de magique en terme d’automobiles à une certaine époque: de petits constructeurs pouvaient espérer « vivre » aux côtés des gros en proposant des kits cars, des petites sportives, des voitures à trois roues ou bien de petites citadines. C’est le cas de Reliant, bien connu des amateurs pour sa fameuse Scimitar (lire aussi : Reliant Scimitar), mais aussi pour sa petite Robin à 3 roues (une spécialité anglaise). Dans les années 80, Reliant fera même une incursion sur le marché des taxis avec Metrocab (lire aussi : Metrocab). Ce qu’on sait moins, c’est que la marque anglaise aura tenté (avec beaucoup moins de succès il est vrai) de concurrencer la vénérable Mini avec une petite citadine du nom de Kitten.

Oui, on pouvait faire une citadine en étant artisan… Et la positionner face à la Mini… Bon soyons clairs, Reliant n’a jamais fait d’ombre à la Mini. Ne serait-ce que pour une raison simple : son design laissait franchement à désirer, il suffit de mater les photos de cet article. Apparue en 1975, la Kitten ne pouvait pas espérer détrôner son aînée. Pourtant, la « belle » faisait appel à un designer londonien célèbre des années 60 : Ogle. Ogle qui, justement, s’était déjà attaqué à la Mini en proposant un charmant petit coupé très à son aise dans le swinging London de l’époque, la 1000 SX (lire aussi : Ogle 1000 SX).

Cela dit, la tâche était rude. En partant d’une base de Robin (une 3 roues donc), il fallut extrapoler une berline 4 roues, 3 portes, et même une version break dénommée DL. 508 kg seulement, mais un 848 cm3 plutôt modeste (41 ch DIN). Une ligne sans charme, un côté plastoc du pare choc avant au pare choc arrière (Reliant était spécialiste de la fibre de verre, au point de construire pour Ford un peu plus tard les fameuses RS200, lire aussi : Ford RS200), un moteur anémique, il n’en fallait pas plus pour que, comparativement à la Mini, la Kitten soit un échec.

Produite entre 1975 et 1982, la Kitten sera livrée à 4074 exemplaires, que ce soit en « berline » ou en « break » DL. Mais Reliant a toujours su utiliser ses relations orientales pour rentabiliser ses investissements. Déjà, la marque israélienne Autocars s’était associée avec nos amis anglais pour produire la Sabra dans les années 60, vendue sous le nom de Sabre par Reliant (lire aussi : Autocars Sabra). Dans les années 70, c’est avec la marque turque Anadol que Reliant fricota (lire aussi : Anadol). Pour rentabiliser la Kitten, Reliant s’allia avec un constructeur grec, MEBEA, pour produire la Fox dès 1979 : en fait une version 2 places pick up tendance voiture de plage pour bénéficier de la législation favorable à ce type de véhicule en Grèce à l’époque, à l’instar de Mava et Renault (lire aussi : Mava-Renault Farma) ou Namco et Citroën (lire aussi : Namco Pony).

La Fox eut, durant tout cette période bénie en Grèce, un certain succès, avec presque 3000 voitures produites entre 1979 et 1983. Reliant récupérera ensuite la production en Angleterre, vendant la Fox (une Kitten pick up donc) sous sa propre marque entre 1983 et 1990, avec 600 exemplaires produits. Toujours dans une logique de rentabilité, malgré les faibles ventes de la Kitten, Reliant revendra les droits de la voiture à l’indien Sipani, qui la rebaptisera Dolphin dans le sous-continent, sans rencontrer plus de succès qu’en Angleterre.

La Fox, vendue d’abord en Grèce sous la marque MEBEA, puis en Angleterre sour la marque Reliant, dérive de la Kitten

La Kitten n’a objectivement aucun intérêt, si ce n’est de représenter ce que pouvait être l’industrie automobile anglaise à l’époque. Elle a le mérite d’être originale, peu recherchée et donc pas chère, malgré un production limitée à l’époque suivant la version (moins de 10 000 exemplaires entre les versions Reliant 3 portes ou DL, les MEBEA Fox, les Reliant Fox et les Sipani Dolphin). Pour un lecteur de Boîtier Rouge un peu fou (pléonasme?), cette voiture peut prendre une autre dimension : celle d’un truc pas courant, rigolo, pas chère à acheter, ni à entretenir (sauf pièces spécifiques, mais elle partage beaucoup avec sa sœur à 3 roues Robin, beaucoup plus répandue). Bref, si l’occasion se présente, n’hésitez pas !

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6 commentaires

philippe

Le 17/01/2017 à 15:55

Bonjour, sympa l’article, dommage que le style de la Kitten ne valait pas celui du Scimitar SE5.
Je crois que c’était l’extravagant éditorialiste de CAR LJK.Setright qui roulait Kitten quand il n’était pas au volant de ses chères Bristol. Cela me rappelle mon adolescence, quand j’étais abonné. Il doit m’en rester un ou deux à la cave.

zeboss

Le 18/01/2017 à 09:52

un air de fiesta quand même vue de devant, non ?

Quentin R.

Le 18/01/2017 à 22:05

Sans vouloir te vexer Paul, si l’occasion se présenter à moi, j’hésiterais quand même 😉

Starluc

Le 23/01/2017 à 17:28

Mignonne!

Boo Long

Le 30/11/2017 à 19:17

Despite the tiny size of the engine it was a lightweight (all-aluminium) and high-revving little engine. This combined with the Kitten only weighing 500kg made it quite a well performing car. Handling was good too, with double wishbone front suspension and rack & pinion steering.

Pat Kitten

Le 16/02/2019 à 16:30

Vous n’avez rien compris, une super petite propulsion qui consomme 4,5 litres et ne rouille pas, (voir la Mini) elle braque comme un tracteur se gare n’importe ou et a la tenue de route d’une Lotus Seven, j’en ai une un peu spéciale depuis 25ans, de plus, elle est super rare, son petit moteur a servi à propulser une génération de voitures de course en formule 750, une Mini 850 ne suit pas sur une route sinueuse, on ne parle même pas d’une piste enneigée où elle laisse sur place tout ce qui roule.

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