Reliant Scimitar SS1/SST/Sabre : roadster britannique oublié

Mercredi 17 octobre 2018
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Reliant est une marque assez méconnue des français, d’autant qu’elle a aujourd’hui disparu. De l’autre côté du channel, Reliant garde encore de nombreux adeptes de ses véhicules à trois roues comme la Robin, de son adorable shooting brake Scimitar GTE, ou de la concurrente malheureuse de la Mini, la Kitten ! Durant les années 80, la petite marque anglaise tenta de prendre la relève des roadsters à l’anglaise type MG avec une petite sportive abordable qui reprenait le nom de Scimitar en y rajoutant SS1 (pour Small Sports 1).

La Reliant Scimitar SS1 fut présentée en 1984, sur un dessin de Michelotti

A cette époque, MG avait cessé de produire des roadsters pour n’être plus qu’un badge sportif au sein du groupe Austin Rover (lire aussi : MG Metro Turbo) tandis que Triumph finissait par se consacrer à la production d’une Honda grimée en anglaise, l’Aclaim, abandonnant la production de la TR7/TR8 en 1984. Pour Reliant, c’était l’occasion rêver de se faire une place au soleil avec une petite sportive fun, sympa, pas trop chère et facile à fabriquer.

Tandis que les ingénieurs s’attelaient à produire un châssis (qui sera par la suite produit en Allemagne par Thyssen Industries AG), on confia le design à Giovanni Michelotti. Il faut croire que le designer italien fut en panne d’inspiration, car la petite sportive qu’il dessina ressemblait à une Triumph TR7 en miniature. La carrosserie en polyester (spécialité de Reliant) permettait d’abaisser les coûts et de faciliter les réparations en cas de choc. L’idéel pensait-on pour les jeunes conducteurs au portefeuille serré !

Côté moteurs, Reliant va s’adresser à deux fournisseurs : en entrée de gamme, Ford offrait ses 4 cylindres CVH, le 1.3 remplacé ensuite par le 1.4 litres (environ 75 chevaux), et le 1.6 litres de 97 chevaux. En haut de la gamme, Nissan mettait à disposition son CA18ET Turbo, un 1.8 litres de 137 chevaux, appelé chez Reliant 1800 Ti ! Sans pour autant affoler les charts, la Reliant Scimitar SS1 rencontra sa petite clientèle : entre 1984 et 1990, il s’en vendit 1507 exemplaires (1200 à moteur Ford, et 307 à moteur Nissan Ti).

La SS2 Concept de 1988 (en haut) dessinée par William Towns, donnera naissance à la SST en 1990 (en bas, avec William Towns)

En 1988, Reliant et GM envisagèrent de dériver de la SS1 un roadster à destination des USA et doté d’un V8 américain. On fit alors appel au célèbre designer anglais William Towns pour dessiner cette SS2 Concept. Finalement, General Motors laissa tomber le projet (un projet qui étonne d’ailleurs puisque le groupe américain possédait aussi l’anglais Lotus et que le roadster Elan M100 était déjà dans les cartons). Peu importait, ce prototype indiquait la voie à suivre en terme de design, et William Towns fut invité à restyler la SS1 : en 1990, la Scimitar SST (T pour Towns) était présentée au public.

La SST, produite de 1990 à 1992, sera la plus rare de la série

Physiquement, la SST n’était qu’une évolution du style de la SS1, mais remise au goût du jour, un peu moins torturée et un peu plus épurée. Cependant, malgré le talent de Towns, la Scimitar SST restait typée années 80. Désormais, elle n’était plus disponible qu’en 1400 CVH ou 1800 Ti. Malgré tout l’intérêt de cette voiture, il y avait pourtant un hic : en 1989, la marque japonaise Mazda révolutionnait le monde du roadster à l’anglaise en présentant la Miata, ou MX5 dans nos contrées. Moins chère, mieux finie, mieux distribuée, avec un style plus moderne, la Mazda MX5 allait empêcher la SST d’exister, au point que seuls 44 exemplaires seront vendus entre 1990 et 1992 (13 CVH et 31 Ti).

La Sabre produite entre 92 et 95 reprenait un nom bien connu chez Reliant

Pourtant, les dirigeants de Reliant était réticents à arrêter leur modèle. Pour l’année 1992, ils présentèrent une nouvelle version restylée sous le nom évocateur de Scimitar Sabre (rappelant ainsi sa première sportive produite avec l’israélien Autocars, la Sabre / Sabra). La ligne était à nouveau modernisée mais ce n’était pas suffisant pour relancer la machine face à la japonaise. Cette première série connue sous le nom de Sabre Mk1 se vendra à 59 exemplaires entre 92 et 93 (pour 19 CVH et 40 Ti). En 1993, on décida d’en produire une nouvelle version, la Sabre Mk2.

Cette dernière restait identique en terme de style (malgré quelques changements mineurs), mais elle s’offrait, en plus de l’éternel 1800 Ti, un moteur Rover K-Series de 1.4 litres, à 16 soupapes, et développant 115 chevaux. Plus moderne, ce moteur séduira la majorité des rares acheteurs de cette dernière version (93 exemplaires, dont 2 Ti et 91 K-Series!). Malheureusement, la firme Reliant fit faillite en 1995, à court de moyens et alors que les taxis Metrocab avaient mis à mal sa trésorerie aussi bien que la chute inexorable des véhicules à trois roues comme la Robin. En outre, la sortie de la MG F en 1995 lui enlevait sa seule originalité : être un roadster britannique.

Reste qu’en Angleterre, aujourd’hui, on trouve facilement ces petites sportives dans le monde de l’occasion ou de la collection, à des tarifs relativement abordables. Choisir une Reliant, que ce soit en shooting Brake GTE ou en roadster SS1/SST/Sabre, c’est choisir de sortir des sentiers battus, d’affronter la curiosité des voisins, et de se sentir différent. Un choix hors norme donc, sachant que la marque ne fut jamais distribuée en France !

 

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4 commentaires

Greg

Le 18/10/2018 à 09:32

Un joli petit succès pour une auto artisanale, mais sans évolution, comment exister face à la déferlante Mazda MX-5?

Sébastien

Le 15/11/2018 à 13:22

Merci pour cet article ! J’avais repéré ce roadster quand j’étais ado et cet article m’a remémoré qu’un distributeur français avait essayé de commercialiser la Scimitar via un petit encart publicitaire en noir et blanc dans l’auto-journal. Après quelques recherches j’ai retrouvé l’info ici : http://leroux.andre.free.fr/xxx237.htm

Il s’agit de l’entreprise Automobiles Clément. Peut-être ont-ils pu commercialiser quelques exemplaires dans notre beau pays ? 🙂

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