Renault 4 Heuliez Découvrable : pour séduire Citroën

Mardi 15 août 2017
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Bon soyons objectifs : en version découvrable, la Renault 4 a toujours eu la scoumoune. Que ce soit pour la France (avec l’aide de Sinpar, lire aussi : Renault 4 Plein Air) ou pour le Mexique (lire aussi : Renault 4 Costero). Bref, la « 4L » comme on la surnommait n’était pas faite pour rouler cheveux aux vents, et puis c’est tout. Pourtant, Heuliez tenta le coupe en 1981, avec la R4 découvrable.

1981 est une année charnière en politique, avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir (et la peur d’une invasion de chars russes), mais aussi pour la 4L. Cette année-là, deux « constructeurs » s’activent. Car Système à Redon, en Bretagne, s’active à concevoir la JP4 (qui m’aura fait rêver et qui connaîtra même une version Majorette, lire aussi : Car Système JP4), tandis qu’Heuliez tente de convaincre Renault de produire une Renault 4 découvrable.

Heuliez, à cette époque, ce n’est pas rien : Heuliez Bus fait encore partie de l’entité picto-charentaise (Renault n’en prendra le contrôle que plus tard), et son activité de carrossier est déjà active (mais n’est pas encore du niveau de la fin des années 80). Cependant son savoir faire est reconnu (n’est-ce pas Heuliez qui fabriqua les M35 du début des années 70, lire aussi : Citroën M35 ?). En ce début des 80’s, Heuliez n’est pas encore un gros, mais n’est plus un petit, et s’apprête à produire des autos mémorables comme la BX 4CT pour le compte de Citroën toujours (entre autre, lire aussi : Citroën BX 4TC).

Mais revenons à nos moutons. Dès les années 70, Heuliez s’est spécialisée dans les petites séries, et s’intéresse grandement aux « décapotables » comme on les appelait. C’est à partir du début des années 80 que l’entreprise va devenir un spécialiste du toit souple, avant de devenir dans les années 90 un spécialiste du toit en dur rétractable, ou escamotable, au choix (lire aussi : Peugeot 206 CC et Opel Tigra Twin Top). En 1981 donc, Heuliez fait figure de géant comparé à Car Systeme. Et ce géant va proposer à Renault une déclinaison étonnant de la R4 : une découvrable.

Pas question d’en faire une deux portes, et d’enlever tout le toit : la Renault 4 Découvrable d’Heuliez conserve sa structure, mais, à la manière d’une 2CV, se retrouve dotée d’une capote en toile sur toute la longueur. Mieux que la 2CV même, puisqu’elle découvre toute la partie arrière, pour la faire devenir Landaulet (lire aussi : Dis Papa, c’est quoi un Landaulet ?).

Malgré les tractations pour la reprise (dans un premier temps) de 49 % de Heuliez Bus par Renault, le projet n’aura pas de descendance… avec un losange dessus. Mais la proposition fera tilt chez un concurrent au chevron, partenaire de longue date du carrossier Picto-charentais. C’est ainsi que la Visa Découvrable verra le jour (lire aussi : Citroën Visa Découvrable).

En 1982, la Visa était lancée, et virait au four avec moins de 2000 ex produits (1753 pour être exact). Autant dire que Renault avait eu raison de refuser le projet. Cela dit, Car Système et sa JP4 réussissait au prix d’un design plus baroudeur, au point de décliner aussi la Renault 5 en Belle Ile (lire aussi : Renault 5 Belle Ile). Comme quoi.

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11 commentaires

Germain

Le 15/08/2017 à 18:06

Je suis sûr que ça aurait marché, en 81 la 4L avait déjà un statut culte alors que la visa était un vilain petit canard, la clientèle Renault plus habitués à ce genre d’originalité, la transformation est réussi et comprend peu de modifs par rapport au modèle initial donc même en petite série ça aurait été économiquement viable, le risque était faible en cas d’échec. Bref dommage

Paul

Le 15/08/2017 à 18:09

Oui mais Renault n’as pas osé, Citroën si… et on a vu ce que cela a donné… sans parle de la Pluriel 25 ans plus tard 😉

Guillaume D.

Le 16/08/2017 à 09:52

Ah la Pluriel, concept intéressant sur le papier, mais un veritable casse-tête en pratique. Et pourtant, je suis étonné d’en croiser (toujours en configuration berline! Je ne crois pas avoir jamais croisé un fou qui a eu le courage de retirer les arches…) assez régulièrement et elle passe très bien les années au niveau du style.
Allez, pour aller au bout du four, il aurait fallu sortir un Avantime Pluriel! 🙂 Range Rover arrivé bien à refourguer des Evoque cabrio…

Quentin R.

Le 15/08/2017 à 19:39

Pour la Visa, au départ, il était prévu un vrai cabriolet à arceau style 205 ou Samba,
On en fit par la suite une découvrable pour des raisons d »économies… ou plutôt pour ne pas faire d’ombre aux deux modèles précédemment cités.

J2M

Le 15/08/2017 à 20:08

Attention ! En 81 la R4 a 20 ans. Moins datée que la 2CV, elle est complètement démodée et ne survit, comme sa concurrente, que par la grâce de son prix en rapport avec ce qu’elle donne.
A cette époque il n’y a pas de voiture ou de quelconque truc « culte ». D’ailleurs l’expression n’existe même pas.
Ce que l’on voit, par contre, et qui est assez désespérant, c’est la faiblesse des moyens et des propositions de nos constructeurs (encore 4) et la piètre qualité de leurs fabrications. Les allemandes, Mercedes et BMW planent, Audi se forge sa réputation et Porsche hésite (moteurs à l’avant ?). Les japonaises, elles, sont tenues éloignées par le quota d’importation à 3% et par la condescendance de la presse auto.
Rouler en deuche ou en 4L, c’est donc pas fun. Juste (comme on dit aussi maintenant), être condamné à la file de droite, à un moment où l’on peut encore se payer de belles moyennes sur route.
Et puis, beaucoup de ces voitures ne doivent leur survie dans la circulation que grâce à l’absence de contrôle technique…

fc30

Le 15/08/2017 à 22:48

A l’époque (que je n’ai pas connue), j’ai effectivement l’impression que les 2 CV et 4 L occupaient le segment des voitures « premier prix », aux côtés des voitures de l’Est genre Lada, FSO, et de Seat voire certaines Fiat comme la Panda. Des voitures achetées uniquement pour le fonction de « déplaçoir », le stade juste au dessus de la mobylette.
Ce segment fut bien chamboulé dans les années 90 avec la chute du Mur, le durcissement de la législation et l’arrivée des coréens qui raflèrent ce qu’il restait de cette clientèle, qui était aussi partie vers des versions « simplifiées » de modèles plus modernes comme les 205 Junior ou Supercinq Five.
On s’est beaucoup moqué de Dacia, mais son positionnement me semble supérieur à celui qu’étaient les 2 CV et 4L dans les années 80, qu’il faudrait plutôt comparer aux Tata Nano et autres quadricycles motorisés.

J2M

Le 15/08/2017 à 20:19

Je précise, pour avoir longuement utilisé en alternance une Renault 5 TL et une Visa II Super X en ces temps reculés, que cette dernière enterrait la première à tous les postes.Passons sur la 4 « export » du covoiturage à la fac…
Rhabillée avec astuce par Heuliez, bien équipée et performante (en 4 cylindres), elle aura son petit succès jusqu’à la présentation de la 205. Et la Peugeot se chargera de la reléguer au second rang. Egalité de ramage, mais plumage plus attirant !

J2M

Le 16/08/2017 à 06:54

Je roule encore avec une Twingo 94′ avec le Cléon-fonte de la R8 né en 1960.
Démodé et amorti ( espérons pour l’ex-régie) mais installé à l’époque sans remords par Renault dans sa petite dernière.
Achèteriez-vous aujourd’hui, et pas à prix d’ami, une voiture avec une motorisation de 1983 ?

fc30

Le 16/08/2017 à 22:47

Il y a bien les Fiat 500 / Panda avec le moteur Fire sorti en 1985, et qui a du mal à voir un véritable remplaçant voir le jour (le Twinair est disons… particulier).
PSA a bien modernisé sa gamme de moteurs mais proposait le TU sur des C3 II il y a encore quelques années ; quant à Renault / Dacia, il y a encore quelques modèles avec le 1.2 16v « D » et le 1.6 « K ».
Ces blocs sont certes anciens (quoique fortement remaniés – il en fut de même pour le Cléon, la version équipant les Twingo avait bien évolué par rapport à celles des années 60, par ex au niveau de la cylindrée et en recevant l’injection et un catalyseur) mais, à mes yeux, pas forcément largués par rapport aux nouveaux blocs trois cylindres en terme d’agrément et de consommation réelle.

Dubby Tatiff

Le 16/08/2017 à 10:17

Renault pouvait-il faire autrement que de refuser cette proposition ?

– qualitativement et visuellement, cela tient du bricolage,
– on ne comprend pas à quel besoin répond la voiture,
– le surcoût de la transformation doit très probablement dépositionner le véhicule.

nous75

Le 25/09/2017 à 18:02

Moi je pense que cette version découvrable aurait coutée bien plus chère
que le surcout qu’imposait les R4 découvrables habituelles ,
le tout pour un avantage pratique très limité,
voir même pas mal de défaut en prime
(ouverture coffre, vitre arrière souple,
poid et encombrement de l’armature)

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