Renault 5 Alpine : une GTI à la sauce dieppoise !

Samedi 20 septembre 2014
Retour

Vous n’avez pas les moyens de vous offrir une Alpine ? Ou bien vous êtes un fan du A dieppois mais vous habitez en ville et redoutez de circuler avec un tel engin ? Ou bien encore vous cherchez une petite sportive mais les GTI vous rappellent un peu trop les golden boys des années 80 ou les kékés désargentés des 90’s ? J’ai peut-être une solution pour vous, et même deux. Vous aurez ainsi l’embarras du choix.

Je vous propose donc d’envisager soit la Renault 5 Alpine, soit la Renault 5 Alpine Turbo, l’une ayant succédé à l’autre. La première est née en 1976. Depuis 1973, Renault a absorbé la petite marque Alpine auréolée de ses succès avec l’A110. Jusqu’alors, ses versions sportives portaient le nom d’Amédée Gordini (R8 puis R12), mais pour vendre un dérivé sportif de sa petite R5, Renault décide de faire appel à sa nouvelle filiale, qui outre lui donner son nom, en assurera la conception et la fabrication dans son usine de Dieppe.

Ne disposant pas des droits sur la marqua Alpine en Angleterre, Renault lancera sa petite sportive sous le nom de 5 Gordini

On a parfois dit que la R5 Alpine était une réponse à la Golf GTI, mais elle sont sorties quasiment en même temps. Je ne dis pas que Renault n’avait pas eu vent des projets de Volkswagen, mais la régie restait dans la continuité de sa politique sportive déclinée en version civile plutôt qu’en réaction au succès de la Golf. Comme avec les R8 ou R12, la R5 Alpine eut droit à sa coupe (et donc à des versions « coupes ») : la politique d’image de Renault passait alors par ce biais.

C’est donc en 1976 que sort sur le marché la Renault 5 Alpine, dotée d’une décoration spécifique courant le long de ses flancs et au dessus de sa calandre, flanquée d’un A5, de rétroviseurs fuselés, d’un pare chocs enveloppant avec des antibrouillards Cibié, et de jantes Fergat. Rabaissé par rapport à une R5 standard, l’A5 propose sous le capot le fameux Cléon fonte revisité par Alpine. Grâce à un carburateur Weber, la puissance passe à 93 ch. La transmission vient de la R16 TX (lire aussi: Renault 16 TX), et les trains roulants issus de la R5 TS sont revus de façon plus sportive. Elle sera produite à un peu plus de 55 000 exemplaires jusqu’en 1981, date à laquelle lui succèdera la Renault 5 Alpine Turbo.

Malgré un relatif succès, l’A5 manquait clairement de muscles par rapport à la Golf GTI qui s’imposa rapidement comme LA référence des citadines sportives. Pour tenter de rivaliser, Renault décide alors de mettre à profit son expérience du turbocompresseur utilisé en Formule 1 ou en Rallye. C’est en quelque sorte sa marque de fabrique. Aussi, pour redonner un peu de peps à l’A5, peu de changement si ce n’est l’ajout d’un Turbo Garrett T3 sur le toujours fameux Cléon fonte. Résultat, 110 chevaux sous le capot en lieu et place des 93 de l’A5. Les freins sont d’ailleurs renforcés à l’occasion.

Pour le reste, juste des changements mineurs : la déco extérieure change légèrement mais reste sur le même principe ; des sièges « pétales » issus de la R17 TS assurent un confort jusqu’alors inconnu sur l’A5 ; enfin, des jantes « Turbines » complètent le décor. Mais cela ne suffit pas à relancer la machine. La R5 est en fin de carrière, bientôt remplacée par la Supercinq. La Golf continue de dominer de la tête et des épaules, et la Peugeot 205 GTI s’apprête à pointer son nez. La R5 Alpine Turbo quittera donc la scène en 1984, après un peu plus de 23 000 exemplaires produits, laissant seule la R5 Turbo (lire aussi : Renault 5 Turbo) sur le créneau des sportives. Pour ses derniers mois de commercialisation, elle perdra même le nom d’Alpine pour devenir Lauréate Turbo, une version simplifiée et moins chère.

Ce sera la dernière Renault portant le blason Alpine (avant elle, il y eut en Argentine la R12 Alpine, lire : Renault 12 Alpine). Avec sa remplaçante, la Supercing GT Turbo (lire aussi : Renault Supercinq GT Turbo), seul le blason Renault restera visible. C’est d’ailleurs l’un des mystères du marketing Renault : pourquoi ne pas avoir continuer à se servir du blason Alpine pour ses dérivés sportifs, à l’heure où Motorsport apparaissait pour BMW et bien avant que la mode ne se généralise (JaguarSport pour Jaguar, AMG pour Mercedes, RS pour Audi) ? Renault ne saura jamais vraiment comment se dépatouiller pour différencier ses modèles sportifs des autres : Gordini, Alpine, Renault tout court, Renault Sport, puis retour d’une griffe Gordini dans les années 2000. Peut-être qu’en appliquant dès la R5 Alpine une recette identique d’une griffe construisant des GT et des dérivés sportifs Renault aurait pu sauver Alpine dans les années 90 et capitaliser sur les deux marques ? Au lieu de cela, Renault erra sans vraiment savoir où aller, multipliant les partenariats techniques (Zender avec la R11, lire aussi: Renault 11 Zender, Hartge et Irmscher avec la Safrane Biturbo, lire aussi: Renault Safrane Biturbo) ou de communication (Clio Williams, lire aussi: Renault Clio Williams) et tuant Alpine en 1995. Une politique cohérente aurait pu renforcer Renault ET Alpine. Mais nous rentrons ici dans l’uchronie.

La Police utilisera quelques Renault 5 Turbo

En attendant, les R5 Alpine, turbo ou non, voient leurs cotes exploser. Désormais, il faudra mettre la main au portefeuille pour en dégoter une, pour un exemplaire parfait (qui se fait de plus en plus rare). Mais c’est toujours moins cher qu’une Alpine, et plus pratique en ville. Les versions Turbo sont plus rares que les A5 atmo, mais dans les deux cas, elles deviennent de plus en plus dures à trouver en bon état.

Galerie d'image

Voir toute la galerie

Contenu alimenté par

Vous possédez une

auto de collection

Racontez votre histoire et soyez publié dans Classic & Sports Car

Découvrez le meilleur moyen de bien vendre votre Auto

Vendre

Vous recherchez une

auto de collection

Faites appel à nous pour trouver la meilleure auto

Articles associés

7 commentaires

L'Ornithorynque

Le 10/01/2015 à 15:10

Elles m’auront fait rêver gamin, plus que toutes les autres « GTI » ou GT Turbo …

L'Ornithorynque

Le 10/01/2015 à 15:11

Et puis, quelle classe – loin de la vulgaire GT Turbo.

mad

Le 26/05/2015 à 15:30

On est loin de la rigueur germanique… Idealement, le bon mariage serait un chassis de turbo et un moteur atmo. Le moteur atmo est un régal avec une propension incroyable à prendre des tours (n’oublions pas l’arbre à came latéral…). Mais le comportement est assez placide avec un roulis exagéré.
La turbo est nettement meilleure en train roulant, plus stable, réactive et… heureusement ! Car la cavalerie est totalement déchainée ! A conduire, c’est ON/OFF selon que le turbo souffle ou pas. Sans compter le temps de réponse énorme qui rend le pilotage très hasardeux. La pluie, on oublie.
La Golf semble plus homogène, plus facile. Mais l’Alpine garde son « atout charme » latin qui rend les imperfections si attachantes.

mad

Le 27/05/2015 à 14:08

La 5 Alpine, comme la plupart des Renault sportive, fut déclinée en version « coupe » avec des trains roulants renforcés et des gros freins. Une version authentique est totalement introuvable mais, en puisant dans le « méccano » Renault, il est plus ou moins possible de se faire une réplique qui transformera la version atmosphérique une « vraie » GTI.

Eddy123

Le 21/07/2015 à 22:17

On oublie la Laureate turbo?
🙂

Jean-Michel

Le 06/07/2017 à 17:19

En Espagne, elles s’appelaient Copa et Copa Turbo, tandisqu’au Royaune Uni elles ont continué à porter le blason Gordini….

SchiacciaGhiaccio

Le 07/03/2018 à 20:49

Elle est très jolie en noir avec ses liserés rouges et ses superbes jantes.

Laisser un commentaire