Renault Avantime : un nom prémonitoire…

Samedi 19 avril 2014
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Avantime ? Un nom prémonitoire pour l’un des plus cuisants échecs de l’industrie automobile française. En ce début de siècle, Renault prend plusieurs décisions : d’une part, rapatrier la fabrication de l’Espace dans ses propres usines, avec le passage à la carrosserie en métal et non en fibre de verre, et lancer un « coupé-space » pour le remplacer sur les chaînes de son partenaire Matra.

L’Avantime Concept de 1999

Au départ, tout semble rouler. Matra conserve une production d’un coupé moderne, novateur, et surtout haut de gamme. Renault propose une alternative originale sur le segment premium européen en proposant la Vel Satis d’une part (lire aussi: Renault Vel Satis), l’Avantime, et l’Espace d’autre part, et se positionne comme un constructeur innovant.

Mais créer un marché n’est pas chose aisée, surtout dans le haut de gamme où la clientèle est réputée conservatrice. La Vel Satis sera un échec, et l’Avantime plus encore. Pourtant, la proposition de Renault avec ce monospace coupé n’était pas idiote. Encore eut-il fallu lui laisser plus de temps pour s’installer, et permettre aux acheteurs potentiels de s’habituer à ses lignes, à son concept et à ses couleurs vives.

Mais Renault, paniqué devant les chiffres de vente catastrophiques, arrêtera les frais moins de 3 ans après le lancement de l’Avantime. Lancée en 2001, elle disparaîtra en 2003, scellant le sort de Matra par la même occasion, qui ne s’en remettra jamais. Avec l’Avantime, c’est donc la fin d’une épopée bien gauloise qui aura vu naître près de Romorantin les Murena, Bagheera, Rancho (lire aussi: Matra Rancho), ou Espace.

C’est à se demander si l’Avantime (et donc Matra par ricochet) n’a pas joué de malchance. Tout d’abord, son lancement a du être retardé pour cause de problèmes techniques sur les portières à double articulation, mais aussi sur le toit panoramique. Au début, seule la version V6 est commercialisée, gourmande et chère (3 litres et 210 ch). Elle sera rejointe par un 2 litres turbo plus adapté (175 ch) et par un diesel 2,2 Dci (150 ch) pas exempt de tout reproche non plus.

Au total, seulement 8557 exemplaires sortiront des chaînes de Romorantin. Pourquoi Renault a-t-il fermé si vite la boutique ? Pas d’explication si ce n’est l’échec commercial. Pourtant, le physique particulier (mais non dénué de charme) et l’originalité de l’Avantime demandait du temps, afin que le public s’habitue, et que le véhicule se bonifie au fil d’améliorations ou de restylages successifs. La création d’un segment de marché demande parfois une persévérance que Renault n’a pas eu. Le projet low cost Dacia demandait sans doute trop d’investissements pour maintenir l’Avantime sous perfusion ? Dommage en tout cas pour cet éphémère « coupé-space » attachant.

Aujourd’hui, il continue de faire le bonheur des collectionneurs, car sa relative rareté l’a vite fait basculé de l’occasion à la collection. On peut en trouver à des tarifs très intéressants, et profiter de l’incroyable espace à bord, de son toit panoramique, de son look atypique et de ses moteurs essences finalement agréables. Alors à qui le tour ?

Lire aussi: Renault Espace V

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4 commentaires

greg

Le 27/02/2015 à 13:47

Il me semble qu’à l’époque l’histoire avait été présentée sous un angle différent?
Comme vous l’expliquez, Renault prévoyait de rapatrier à Sandouville la fabrication du futur Espace IV, et avait alerté son partenaire Matra de la nécessité de prévoir « autre chose » pour maintenir l’activité à Romorantin.
Matra imagina alors ce « coupé-space » que personne n’attendait, surtout pas Renault, occupé par le remplacement de l’Espace III et de la Safrane.
L’Avantime est présenté par la presse de l’époque comme un pur produit Matra qui ne doit rien à Renault… si ce n’est le « vocabulaire de formes ».
Il fallait en effet que le style de l’Avantime soit en accord avec les nouvelles Renault de Patrick Le Quément pour donner une cohérence à la gamme.
Les retards de mise au point? (comme vous le dites encore si justement, la cinématique des portes)
Imputables à Matra, pas à Renault.
Avec retard, l’Avantime finit par débarquer dans le réseau Renault.
Cette arrivée tardive télescope le « plan produit » organisé par Renault: Avantime, Espace IV et Vel Satis, avec 3 véhicules assez comparables en prix et gabarit, on peut imaginer que les commerciaux de Renault étaient plus intéressés, financièrement parlant, à signer sur un Espace ou une Vel Satis, que sur un Avantime?
Pourtant la presse accueille la nouveauté avec une curiosité bienveillante.
Mais, autre erreur, seul le V6 essence est proposé au lancement…
Résultat des courses, après un démarrage calamiteux et une carrière désastreuse: ce n’est pas Renault qui jette l’éponge mais Matra!
L’outil industriel de Romorantin est surdimensionné pour de si faibles volumes, Matra paye ses ouvriers pour fabriquer tellement peu d’Avantime…
Financièrement c’est intenable, Matra exsangue décide de tout arrêter et prévient Renault, à la fois partenaire et client, qu’elle ne lui livrera plus d’Avantime.
Bref, on ne saurait tenir Renault pour responsable du sort de l’Avantime.
Mais responsable du funeste sort de Matra, ça se discute (voir aussi Bertone, Heuliez et autres grandes maisons ayant mis la clé sous la porte lorsque leurs « partenaires » leur ont retiré la sous-traitance d’un ou plusieurs modèles…)

Paul

Le 27/02/2015 à 13:52

Merci pour ces précisions qui présentent l’affaire sous un jour nouveau ! Je laisse l’article ainsi que votre commentaires, afin que les lecteurs puissent se faire une idée. Mais j’ai dans l’idée qu’un divorce étant souvent à 50/50, il est probable que la vérité soit entre nos deux points de vue !

J’en profite pour vous diriger vers cet article qui donne aussi un autre éclairage sur la fin de Matra: http://boitierrouge.com/petite-histoire-insolite-de-lespace-iii-matra-rover/

Eddy123

Le 05/08/2015 à 19:59

Il y avait eu aussi l’espoir de la voir debarquer aux USA sous le badge Infiniti si je ne me trompe pas, quant Reanult et Nissan se sont rapprochés, mais manifestement il y avait trop de modif en vue et probleme de positionnement dans la gamme Infiniti.

Je me souviens a sa sortie que mon pere et moi avions ete surpris de ne pas pouvoir glisser les pieds sous les sieges avant quant nous nous étions assis a l’arrière.

François

Le 18/10/2017 à 11:23

Un véritable Concept Car « homologué » et qui fait tourner encore les têtes sur son passage !
Je roule avec et prends du plaisir comme au premier jour !

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