Renault Clio 16S : star en devenir !

Vendredi 5 février 2016
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A chaque décennie son duel fratricide de petites sportives françaises : dans les années 70, Renault prend l’avantage avec sa Renault 5 Alpine (lire aussi : Renault 5 Alpine) face à une Peugeot 104 ZS un peu timide (lire aussi : Peugeot 104 ZS et ZS2). Les années 80 virent la marque sochalienne reprendre le dessus avec sa 205 GTI (lire aussi : Peugeot 205 GTI) face à une Supercinq GT Turbo pourtant intéressante (lire aussi : Renault Supercinq GT Turbo). Mais au début des années 90, c’est Renaut qui reprendra l’avantage, face à une 205 vieillissante et une 106 XSI moins puissante et plus petite (lire aussi : Peugeot 106 XSI), grâce à sa Clio 16s, une petite sportive abandonnant le turbo cher à Renault pour adopter les 16 soupapes.

Clio 16S 02

Aujourd’hui, on s’arrache les 205 GTI à prix d’or, tout comme on s’arrache la déclinaison en série limitée Clio Williams (qui elle dispose d’un 2 litres de 150 ch, lire aussi : Renault Clio Williams), alors que la Clio 16s reste encore sous-estimée, pas assez culte, pas assez vieille ou pas assez exclusive. C’est pourtant une alternative intéressante qui mériterait de sortir de ce marché de l’occasion dans lequel elle semble végéter. Cette valeur montante mérite d’autant plus qu’on s’y intéresse qu’elle a subi les horreurs des préparations ou du tuning sauvage ces dernières années, rendant encore plus désirables les (rares) modèles encore en état d’origine.

Clio 16S 06

Alors bien sûr, la Clio 16S (16V à partir de 1994) n’a pas l’aura de sa sœur Williams, mais son moteur F de 1,8 litres et 140 ch (137 à partir de 1992 et l’arrivée du pot catalytique obligatoire) lui offre des performances vraiment intéressantes, battant à plate couture la 205 GTI vieillissante encore en vente à la même époque, avec ses 122 ch seulement après catalysation (au lieu des 130 d’origine pour le 1.9 litre). Châssis et trains roulants ont été revus par Renault Sport, offrant à la Clio 16S un comportement joueur et une excellente motricité, et lui permettant de se hisser devant sa vieille concurrente. A l’époque, dans les quartiers chics de Paris, on ne jurait que par elle : 16S pour Monsieur, Baccara pour Madame !

Clio 16S 05

Lancée en 1991, la Clio 16S/16V va dominer les débats de la tête et des épaules jusqu’en 1995, date de sa révérence. Avec la Clio 2, Renault mettra quelques temps avant de proposer à nouveau une sportive : il faudra attendre 1999 pour voir surgir dans la gamme une RS de 172 chevaux mais surtout une étonnante Clio V6 fabriquée chez TWR (lire aussi : Renault Clio V6).

Clio 16S 01

Moteur sympa, tenue de route idéale, look d’enfer, notamment en phase 1 avec ses jantes Turbine rappelant celles de l’Alpine A610 (lire aussi : Alpine A610), équipement spartiate comme dans toutes les petites sportives françaises des années 80/90, compacité malgré ses 5 places, tout est réuni pour faire de la Clio 16S une super affaire. Pourtant, malgré cela, elle reste encore un peu boudée, pas encore vraiment rentrée dans la collection.

Clio 16S 08

C’est justement pour cela qu’il faut se mettre en chasse dès maintenant. Un jour, la 205 GTI deviendra vraiment inaccessible, et ce sera au tour de la Clio 16S de s’envoler à nouveau dans les charts. C’est donc aujourd’hui qu’il convient d’en acquérir un exemplaire (si possible pas modifié, tâche ardue s’il en est), alors que les tarifs restent relativement intéressants. Dans deux ans, la cote aura inévitablement explosé, et on pleurera en criant au scandale. Il est évident que d’ici peu de temps, le marché se rappellera de celle qui fut l’icônes des petites sportives françaises des années 90, et ce jour là, il sera trop tard !

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16 commentaires

Patrick Coyote Auto

Le 05/02/2016 à 15:13

La faute peut-être à l’absence de sensations mécaniques sur route. Mais quel châssis!!! Et sur piste, un jouet qui en donne à retordre à bien plus puissant.

Patrick Coyote Auto

Le 05/02/2016 à 15:14

A quand un article sur l’encore plus boudée mais pourtant encore plus attachante 19 16S? Au châssis encore plus affûté ( si, si! ) et aux performances similaires.

Paul

Le 05/02/2016 à 15:29

hé hé elle est bien entendu dans les tuyaux 😉

SRDT

Le 05/02/2016 à 20:52

La 19 a été boudée en comparaison et pourtant la Clio lui doit tout ou presque, mais il faut dire que 140ch dans la catégorie supérieure c’était un peut juste vu la prise de poids et l’excellent châssis. La Clio par contre a profité de ses kilos en moins et d’un lancement en temps et en heures puisque la 19 avait essuyé les plâtres.

El PoY

Le 21/04/2016 à 15:20

@paul

Si tu cherches à te documenter sur la belle, voici l’adresse d’un forum où tu pourra trouver nombre d’infos à son sujet.

http://forum.19inside.fr/index.php

Au besoin n’hésites pas, je suis modérateur sur le forum.

Patrick Coyote Auto

Le 06/02/2016 à 00:03

Dans ma dernière 19 16S ( à usage 100% circuit ), j’avais monté un F2N ( 1.7L carbu double corps ) de R21 GTS et raccourci les rapports de boîte; elle avait ainsi le caractère qu’il manquait au creux 16 soupapes. En fin de compte, le « soucis » majeur des Clio et R19 16S, c’était peut-être d’avoir 16 soupapes et une injection justement… Un bon vieux 8 soupapes et un carbu, c’est quand même plus vivant, du point de vue ressenti en tous cas. Le chrono lui, m’a prouvé que ma 16S marchait mieux… avec le bloc 16S! La preuve peut-être que les chiffres ne font pas une sportive.

Olivier

Le 06/02/2016 à 07:55

Mignonne à croquer, fiable (attention à la corrosion des ailes arrières tout de même), bien construite (205 & Supercinq sont loin derrière) et performante « dans les tours », cette Clio, particulièrement la 140 ch, commence a intéresser les amateurs éclairés (j’en connais) qui s’arrachent les plus belles ou restaurent les autres, car en effet, cette voiture a subit le bolidage autant qu’une Honda Civic contemporaine ! Enfin, elle est quand même plus belle que la Williams, objectivement proche de la « Jacky Touch »… Non ??

YO

Le 06/02/2016 à 12:02

En fin de carrière, il est dommage que Renault n’ait pas sorti une 16V Baccara pour avoir le pendant GT sportive-chic de la Williams sportive pure et dure

J2M

Le 07/02/2016 à 12:32

@Patrick Coyote : effectivement, le 1721 à carbu en boîte courte était un régal. Sur une R5 GTX, il me permettait de tenir la dragée haute aux 205 GTI. En 1,6, pas en 1,9. Et pour être honnête, uniquement en ligne droite et sur route bien plate, faute de train avant… Ce moteur avait de remarquables ressources « en bas », en plus d’une douceur de fonctionnement remarquable.
Autre point : les Renault de ces années et les françaises en général, étaient bien fabriquées et bien présentées, avec un souci de qualité perceptible. Ca s’est arrêté en 98, quand les « cost-killers » ont débarqué et ont décidé de gratter sur tout…

fc30

Le 08/03/2016 à 22:39

Ayant longtemps eu une Clio I de 1993, et en parallèle une Clio III de 2008, je confirme ton commentaire sur la qualité de fabrication. Et ce que j’ai pu voir des Clio IV me semble encore pire, tout est dans la tablette…
Quant aux intérieurs « voiture à vivre » avec des couleurs bleu ou beige typiques des Renault des années 80 / 90, hélas là aussi il y a eu alignement vers des formes et noirceurs toutes germaniques…
Le 1721 cm3 « F2N » à carburateur était certes performant mais semble souffrir de problèmes de déformation du carburateur, ce qui expliquerait que les modèles équipés de ce moteur (R21 TS/GTS/TSE, Clio 1.7 RT, Supercinq GTX, R19 GTX/TXE) sont devenus plus rares que les concurrents 1.6 XU de chez PSA. Pour régler le problème définitivement, certains préconisent de greffer une injection…

fc30

Le 08/03/2016 à 22:43

J’ajouterais au sujet des cost killer que chez Renault, cela a eu lieu en 1996-97 avec l’arrivée d’un certain Carlos….
On peut citer pêle-mêle la fin de la double industrialisation France-Espagne de la plupart des modèles, la fermeture de Vilvorde, la phase de R&D de modèles « problématiques » comme la Laguna II…

Patrick Coyote Auto

Le 08/02/2016 à 08:42

En effet, il n’y a qu’à voir la baisse de qualité perçue certaine entre une ( superbe ) 405 ou 605 phase II et une 406 ou 607. C’est moins évident chez Renault en terme de qualité perçue… mais bien plus en terme de fiabilité! C’est d’ailleurs commun, même chez les premiums; j’étais chez Mercedes à cette époque; quelle déception avec l’avènement des Classe C type « 203 », Classe A…

Greg

Le 08/02/2016 à 11:08

La Clio 16S et la Williams, de la difficulté d’exister dans l’ombre d’une petite sœur plus douée, plus fardée, et qui attire le regard de tous les hommes…
Bon, on va quand même pas dénigrer la Williams sous le prétexte d’une présentation tapageuse!
Oui, l’emballage est voyant, oui on peut regretter à la rigueur qu’elle s’appelle Williams et non Alpine ou Gordini.
Alors, enlevez tout le préchi-précha marketing, les sigles Williams, les fonds de compteur bleus, la sellerie en velours et la peinture dorée des jantes (gardez les jantes…).
Il reste… une « spéciale » d’homologation!
Une auto qui répond au besoin de Renault Sport d’avoir une auto homologuée pour courir dans la nouvelle catégorie Kit Car: 2 litres atmo, 2 roues motrices, issue d’un modèle de grande série, et d’un type construit à au moins 2500 exemplaires!
Dont acte.
Partant d’une Clio 16S déjà excellente mais pénalisée par un déficit de cylindrée (prendre le départ avec 200 cm3 de moins que la concurrence, c’est se tirer une balle dans le pied), Renault Sport a donc besoin d’extrapoler un moteur 2 litres, c’est tout!
Issu de la même famille de moteurs, le vilebrequin de la Clio Diesel avec sa course plus longue fait parfaitement l’affaire, inutile de créer une nouvelle pièce…
Combiné à un léger réalésage, le bloc atteint (presque) les 2000 cm3 voulus.
Fin de l’affaire?
Non, les ingénieurs vont encore bonifier le châssis, entre autres en adoptant le train avant élargi de la Clio Coupe.
Là encore, il a suffi de piocher dans la banque d’organes Renault: triangles, cardans et moyeux viennent de la R19.
Les jantes Speedline sont plus larges que celles de la Clio 16S « de base »:
elles permettront aux pilotes amateurs de tirer le meilleur parti de pneus « racing » en groupe N… et elles sont disponibles au catalogue Renault Sport à un prix accessible pour prévoir un ou plusieurs trains de rechange.
Le reste, l’appellation Williams et le decorum à base de peinture métallisée et dorée?
Habillage marketing, et mission accomplie: la Williams s’est imprimée dans les esprits et reste dans toutes les mémoires 23 ans après sa présentation…
Et c’est tant mieux pour ceux qui saisissent l’opportunité d’acheter une 16S « normale » à prix « normal »!

Juseb

Le 12/06/2016 à 15:43

J’ai exactement la même, rouge vif 719 phase 1. Je ne m’en lasse pas. Merci de l’article.

esteban

Le 26/08/2016 à 14:30

Ah ah ah, souvenir de fac, où un prof de méca en partiel n’arrêtait pas de déblatérer avec un collègue, mais à côté de moi, de sa 16s, et de l’abs qui prenait la place de la clim, rendant ces 2 là incompatibles 😀

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