Renault Espace F1: de la folie furieuse !

Samedi 9 janvier 2016
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Il faut croire que l’année 1994 était un bon cru pour l’automobile française. Sur le stand de Renault, cette année-là, au Salon de Paris, se posait sur 4 roues gigantesques une drôle de bestiole totalement inutile, un monospace tout jaune (ou presque) à seulement 4 places, et sans possibilité d’y charger une armoire normande comme d’habitude. Et pour cause, à la place de la dernière rangée de passagers se trouvait tout simplement un V10 de Formule 1. Son nom : la Renault Espace F1.

Espace F1 02

Qui a eu cette idée folle chez Renault, Matra, ou peut-être Williams ? Je ne sais pas, car il faut avoir sérieusement attaqué le beaujol’pif pour proposer en réunion un tel monstre. « Hé les gars, j’ai une idée géniale… Passe moi le calendos Roger… Bon voilà, et si on mettait le moteur d’une Formule 1 dans notre bon vieil Espace ? ». Le pire c’est que tout le monde a du opiné du chef, comme si ça coulait de source. Alors que non, désolé, un monospace de 820 ch, avec 10 cylindres dans le coffre, un carénage de fusée, un aileron digne d’un tuner fou, et une couleur jaune flashy, ça coule pas vraiment de source.

L'Espace F1 fêtait en 1994 les 10 ans de l'Espace tout court !
L’Espace F1 fêtait en 1994 les 10 ans de l’Espace tout court !

Alors oui, c’était une folie, voire peut-être même totalement idiot, mais Renault cette année-là marquera les esprits, et tous ceux qui comme moi s’intéressaient à la bagnole à cette époque l’ont gardé en mémoire, ce fameux monospace ! L’idée donc : célébrer les victoires du V10 Renault en Formule 1 depuis 1992, mais surtout de fêter les 10 ans de l’Espace, lancé en 1984 par la firme au losange et Matra, qui aura galéré pour trouver un constructeur pour son monospace (lire aussi: Les origines de l’Espace).

Espace F1 03

Je fais partie des gens qui ont eu la chance de voir trois fois la bête : une fois en 1994, porte de Versailles, et une deuxième fois par hasard en juin dernier, lorsque je me suis rendu à Flins pour les 50 ans de la Renault 16 (lire aussi : Renault 16). Là, au fond du hangar dédié à Renault Classic trône l’un des 2 exemplaires construits par Renault/Matra. Bon, celui-ci a la particularité de ne pas avoir de moteur : il s’agit d’une exemplaire dédié aux présentation statique, et qui ne roule pas, forcément. Le vrai, celui qui hurle dans les lignes droites comme dans les chicanes, se trouve à Romorantin, au Musée Matra, là où je l’ai vu pour la troisième fois (lire aussi: Renault Espace Biturbo).

Regardez bien tout au fond du hangar (Photo Renault/B.Canonne)
Regardez bien tout au fond du hangar (Photo Renault/B.Canonne)

C’est celui-là qu’Alain Prost fit rouler en 1995 pour une première fois devant les caméras de Turbo notamment (voir la vidéo en bas de page). En 2002, pour fêter le retour de Renault en F1, l’Espace F1 sera remis en route et tournera aux mains de Jean Ragnotti, pilote hors pair lui aussi. Il faut au moins des pilotes de cette trempe pour maîtriser le centre de gravité très haut, la puissance du V10 3,5 litres, les plus de 300 km/h en pointe ou les 6,9 secondes pour passer de 0 à 200 km/h. Si l’Espace est une traction, l’Espace F1 devient une propulsion, s’équipe de 4 freins en carbone (une grande nouveauté à l’époque, seule Venturi les utilisait en série sur la 400 GT, lire aussi : Venturi 400 GT). Le châssis est lui aussi en carbone, pour alléger un peu le tout !

L'Espace F1 conduite par Alain Prost à Magny Cours en mai 1995 !
L’Espace F1 conduite par Alain Prost à Magny Cours en mai 1995 !

Bref, ne rêvez pas, jamais vous n’irez chercher vos enfants à l’école avec ça. Et les occasions de le voir rouler à nouveau ne sont pas légion . Mais rappelez-vous combien un concept-car de salon pouvait nous faire rêver à l’époque : complètement fou, mais pourtant si proche de la réalité (les lignes de l’Espace 2 se retrouvent facilement sur la F1, surtout les feux arrières quasi identiques à la version de série). Rien de tel pour doper l’imaginaire, et maintenir les ventes. Aura-t-on droit un jour à un nouveau concept du même acabit ? Espérons le !

L’essai d’Alain Prost:

L’essai de Jean Ragnotti:

 

 

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9 commentaires

Olivier

Le 09/01/2016 à 19:21

Bonjour, c’est le travail du regretté Gérard Ducarouge qui trouvais absurde un pace car comme ça, c’est à dire un véhicule restant « au ralenti » pendant la durée d’un GP si pas d’intervention. Pas encrassé le V10 après 5 min de ce traitement…

flo aau

Le 09/01/2016 à 20:36

Ford a aussi péter un fusible avec ses supervans

Il y en a eu 3 si je ne m’abuse sur base de transit

Moteur de F1 pour le supervan III

Cyril Besson

Le 10/01/2016 à 00:27

Dans le genre Espace totalement folle mais passionnante il y eut aussi la Renault Espace Sbarro. Sympa la F1 en tout cas, merci du partage.

AymericTheNightmare

Le 10/01/2016 à 03:15

Coïncidence, ils en parlaient dans direct auto sur d8 hier! 🙂

Dabe

Le 10/01/2016 à 12:43

L’idée derrière tout cela était de faire une formule de promotion. Les tests de roulage ont révélé que le véhicule chauffait trop pour cela.

phili37

Le 10/01/2016 à 21:32

Si mes souvenirs sont bon, Renault et/où Williams l’a utilisé pour faire des tours de circuit avec des VIP, d’ailleurs ont voit bien sûr les photos les 3 baquets pour les passagers. Il y eu même un temps où certaines écuries avaient de F1 bi-place destinée au même usage

Greg

Le 11/01/2016 à 10:37

Je l’ai revue cet été lors d’une visite à l’Espace Matra de Romorantin!
Rappelons donc vite fait que l’Espace F1, c’est un ensemble moteur-boite-train arrière de F1 Williams Renault greffé à l’arrière d’un châssis carbone sur mesure.
Les 2 heureux passagers arrière, prennent place de part et d’autre d’un très bruyant compagnon de voyage…
L’engin a été réalisé par le spécialiste français MOC: entreprise vosgienne qui s’est fait connaître dès les années 70 par ses side-cars de compétition.
Alain Prost a toujours eu des rapports houleux avec la presse sportive, il a eu un jour cette parole: « j’aimerais pouvoir emmener des journalistes dans une F1 pour leur montrer ce que c’est ».
Quelques années plus tard, et fort de 4 titres de champion du monde, Renault a en quelque sorte exaucé son vœu…

Marc Limacher

Le 11/01/2016 à 13:27

C’était l’occasion pour Matra de célébrer les 25 ans de son titre de champion du monde F1 dans la foulée. Donc l’idée coulait de source finalement pour une voiture célébration.

wolfgang

Le 21/01/2016 à 12:15

Il est sympa le musée de Romorantin.
ça vaut le détour.

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