Renault Initiale Concept 1995 : l’espoir déçu d’un premium à la française

Publié le mardi 2 décembre 2014.
Mis à jour le dimanche 16 décembre 2018.
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Tapez sur google « Concept Car Initiale » et vous aurez des milliers de photos du nouveau Renault Espace dans sa version luxe telle qu’il était présenté au Salon de Paris 2014. C’est dire ce qu’est devenu le luxe pour une marque française : un mix entre un SUV et un monospace ! Quelle originalité ! Et dire qu’à peine vingt ans plutôt, on pouvait espérer un retour sur le marché du haut de gamme désormais trusté par les allemands grâce au Concept Car Initiale premier du nom, présenté en 1995 à Bagatelle.

A cette époque, les constructeurs français tâtonnaient en haut de gamme, mais n’avaient pas encore abandonné (fui?) le créneau. Renault vendait une Safrane dotée de versions Baccara (luxe) et Biturbo (sport, lire aussi: Safrane Biturbo). Peugeot et Citroën proposaient quand à eux des 605 et XM plutôt intéressantes mais entachées par des débuts cahotiques (lire aussi:Peugeot 605 SV24 et Citroën XM V6). Mais rien n’était perdu. Du moins croyait-on.

Surtout qu’en 1995 donc, Renault présente ce superbe concept car qui se veut l’expression de la voiture de luxe à la française. Ligne originale, moteur sportif, intérieur luxueux signé Vuitton. Tout y est pour que le quidam y croit. Et j’y ai cru à l’époque. Il faut dire qu’un V10 de Formule 1 de 3,5 litres et 392 chevaux, c’est tentant. Renault nous avait déjà fait le coup avec l’Espace F1 (disposant quant à elle de 820 ch, lire aussi: Espace F1) en 1994, cette folle année où tout semblait possible.

Dessinée par Patrick Le Quément, l’Initiale n’est pas tout de suite belle… Ce n’est qu’à l’usage (et peut-être 20 ans après) qu’on se rend compte de l’originalité de son design. Surtout après avoir connu la Vel Satis, sorte de clone hypertrophié et surélevé de ce concept initial (jeu de mot). Elle a des petits airs de 40CV ou de Reinastella, les prestigieuse Renault d’avant-guerre, sans pour autant les singer.

Elle a surtout un style bien à elle, qui sera à mon sens dévoyer par la Vel Satis, qui perdra son côté dynamique pour tendre vers le monospace (elle ne se vendra qu’à 65 000 exemplaires entre 2002 et 2009, lire aussi: Renault Vel Satis). Si bien entendu, il semblait difficile de produire tel quel cette Initiale en série, il est bien dommage qu’il est donné naissance in fine à quelque chose d’aussi éloigné du concept. Car l’Initiale touchait du doigt ce que devait représenter un haut de gamme français, s’associant à une marque telle que Vuitton (qui réalisera la ligne de bagages et la sellerie intérieure) et proposant un profil original tout en restant désirable.

Ce concept-car sonnera finalement le glas des ambitions françaises sur le créneau premium, malgré les 10 millions de francs d’investissement qu’il représentait (1,5 millions d’euros pour les plus jeunes, le budget nécessaire à sa réalisation). Peut-être qu’un jour une marque française reprendra le flambeau, qui sait ?

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6 commentaires

Gordon

Le 02/12/2014 à 14:53

Ce concept n’a pas annoncé que la VelSatis… Le dernier Espace, les Mégane 2, Laguna 2, Modus, Clio 3, Avantime… Toute une génération de Renault toutes plus moches les unes que les autres.

mad

Le 02/06/2015 à 15:47

Merci Monsieur Le Quément ! Quelle incroyable carrière d’un designer industriel qui pensait être investi de la mission de transformer l’automobile en simple « objet » du quotidien. Ce monsieur aurait fait un malheur au rayon aspirateur ou machine à expresso ! J’imagine que, chez Renault, personne n’avait jamais vu de Ford Sierra…

caron

Le 29/05/2017 à 19:48

Petite correction

Déssinée sous les ordres de Patrick le Quement.
Mais le crayon était tenu par Florian Thiercelin.

tpm

Le 08/10/2017 à 22:20

la vel satis était un concept car également.

Vincent

Le 06/01/2018 à 12:27

Pour le gamin de 6 ans que j’étais alors, le concept Initiale représentait le nec plus ultra du luxe, de la classe quoi,bien devant tout le reste (hormis le sl500 et les limo Cadillac que j avais en majorette…).
C’était la grande époque des concept cars mine de rien, tous les constructeurs se lâchaient et avec mon frère nous les admirions soit dans la bible quotidienne d’Auto-Plus soit dans la messe du samedi soir de Turbo sur la 6…
Et les concepts Renault me faisaient rêver,l’espace f1 n’avait de différent pour moi que la couleur avec celui flambant neuf de mon paternel, succédant a la première 19 turbo-diesel de la Mayenne (croyez moi ça voulait dire beaucoup)et côtoyant une supercinq a la maison et des B80-90-110 au travail.Non, pas d’influence du losange sur nous alors…
Ajoutez a ça le concept Racoon,les dernières Alpine, la biturbo, Williams et vous obtenez alors le gosse 100% Renault que j’étais alors…
Aujourd’hui, BR et POA ont remplacé AutoPlus et Turbo dans ma culture, je ne rêve plus autant de voitures mais je roule avec et je suis convaincu Peugeot bien plus que Renault…
Reste un amour pour les vieilles de la régie et des frissons de tous ces souvenirs lorsque je vois le Vasarely de ma 5′

SchiacciaGhiaccio

Le 07/03/2018 à 17:59

Personnellement, je trouve que l’on est rarement allé aussi loin dans le hideux lourd et m’as-tu-vu.

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