Renault-Saviem VAB : le vieux chameau fête ses 40 ans en 2016 !

Vendredi 25 septembre 2015
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Si la première expérience motorisée du troufion arrivant pour la première fois à la gare, son invitation à servir sous les drapeaux à la main, se faisait la plupart du temps à bord d’un TRM 2000 sommairement bâché (ce qui, par un mois d’octobre pluvieux, donne un avant goût des mois à venir, lire aussi : TRM 2000), et si la vie de tout les jours le faisait fréquenter plus sûrement la Peugeot P4 (lire aussi : Peugeot P4), il lui arrivait pourtant souvent, tout au long de ses douze mois de service, de monter dans les entrailles de la bête de somme de l’armée française, j’ai nommé le VAB.

Un des 5 prototypes du VAB !
Un des 5 prototypes du VAB !

Pour quelqu’un de familier de la chose militaire, il n’est pas nécessaire d’expliquer ce qu’est un VAB. Tout de suite, les souvenirs visuels remontent : sa gueule de bouledogue, sa ligne trapue, ses flancs biseautés et ses gros pneumatiques. Ca y est, vous le remettez tout de suite. L’odeur, et la chaleur reviennent aussi, le mal de dos sur ces sièges solidaires au plancher qui vous font remonter toutes les nids de poule, ce bruit du 6 en ligne diesel… En quelques secondes, vous vous retrouvez en treillis cam’, le Famas au ventre, le casque lourd à la tête et la musette au dos, contraint à aller crapahuter par un temps de cochon !

Un autre prototype du VAB
Un autre prototype du VAB

Si le VAB (Véhicule de l’Avant Blindé) a marqué autant de générations d’appelés et de militaires de carrière, c’est qu’il s’agit d’un véhicule à l’étonnante longévité (il fêtera ses 40 ans de carrière en 2016), multitâche, rustique, autant détesté que vénéré, et qui aura connu toutes les OPEX (Opérations extérieures), tous les climats et tous les dangers (Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Mali, Centrafrique).

VAB 05

Le VAB est né de la volonté de l’Etat Major de doter l’Armée de Terre d’un engin assurant une protection nouvelle aux troupes censées se trouver « au contact ». Jusqu’alors, logistique, soutien, transport de troupe, transmission ou infirmerie étaient assurés par des camionnettes dites « tactiques » peu protégées pour les zones de combats. Il fut décidé de commander un véhicule blindé à roue, apte à toutes ces missions, et dotée d’une protection NBC (Nucléaire, Bactériologique et Chimique). L’appel d’offre fut lancé en 1970, et deux constructeurs français se lancèrent dans la compétitions : Saviem (filiale de Renault, associée à Creusot Loire) et Panhard. La proposition M4 de Panhard fut refusé, et Saviem se vit confié le marché.

Un VAB dans l'hiver de Sarajevo
Un VAB dans l’hiver de Sarajevo

Le VAB de Saviem fut présenté à l’armée française avec 5 prototypes, 3 en version 4×4 et 2 en version 6×6. Le choix fut validé en 1974. La particularité du VAB était qu’il réutilisait un maximum de pièces issus des poids lourds Saviem, simplifiant la maintenance et la formation des personnels, et qu’il disposait de capacité amphibie (grâce à deux hydrojets). Il commencera à équiper l’armée française à partir de 1976. En tout 3975 exemplaires seront livrés, en de multiples versions et améliorations (23 versions différentes équipent l’Armée de Terre encore aujourd’hui, toutes en version 4×4), prolongeant la fabrication jusqu’en 2015, puisque les 20 derniers VAB Ultima ont été livré cette année. Equipé à l’origine d’un 6 cylindres en ligne diesel Renault de 220 ch, il recevra dans ses versions les plus récentes un nouveau L6 de 320 ch : il faut dire que les améliorations de blindage successives lui ont fait sévèrement prendre du poids, à ce Chameau (petit nom affectueux du VAB).

Des VAB dans la chaleur de l'Afghanistan
Des VAB dans la chaleur de l’Afghanistan

A partir de 1984, l’exportation commença à se développer (essentiellement en version 6×6), et plus de 800 exemplaires du VAB furent livrés au Maroc (le plus gros client avec 300 exemplaires), mais aussi au Sultanat d’Oman, au Liban, au Congo, à la Côte d’Ivoir, à la Centrafrique, à Chypre, au Sultanat de Brunei, à l’Albanie, à l’Indonésie, au Qatar, à la Mauritanie et aux Emirats Arabes Unis. Un vrai succès commercial !

Une version 6x6 du Sultanat d'Oman !
Une version 6×6 du Sultanat d’Oman !

Malgré son grand âge, le VAB est resté dans le coup (surtout grâce aux différentes remises à niveau). D’ailleurs, à le voir, on ne lui donnerait pas 40 piges. Bien sûr il a des défauts, et du matériel plus moderne serait le bienvenu (son remplaçant, le VBMR, connu sous le nom de Scorpion, doit rentrer en service en 2018), mais certaines qualités insoupçonnés se sont révélées lors des engagements notamment en Afghanistan : sa carrosserie «concave » dessinée pour améliorer ses capacités amphibies l’ont rendu moins sensible aux IED (engins explosifs artisanaux posés sur la routes par les insurgés), tout comme sa légèreté (faisant s’envoler l’engin plutôt que d’exploser sous le souffle de la bombe).

Un VAB dans sa livrée ONU !
Un VAB dans sa livrée ONU !

Bref, notre bon vieux VAB, qui aura tout connu des guerres de la France de ces 40 dernières années va tirer sa révérence en 2020 (si tout se passe comme prévu, ce qui n’est pas gagné). C’était donc l’occasion de lui rendre un petit hommage, lui rappeler qu’on l’a bien aimé quand même, avec sa gueule renfrognée. Et si l’envie vous prend de vous payer un peu de votre jeunesse, sachez qu’il commence déjà à se trouver sur le marché de l’occasion : j’ai trouvé pour vous une version 6×6 à vendre pour 50 000 euros. Alors tentés ?

Images: Chars-francais.net (www.chars-francais.net) pour les prototypes, Ministère de la Défense, ECPA-D.

 

 

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7 commentaires

poum

Le 25/09/2015 à 20:55

pilote VAB pendant 2 ans, j’en garde un très bon souvenir et une foule de petits détails:

-la boite semi-auto genre twingo easy exigeant un poignet en titane et un coup sec et précis pour passer la marche arrière.

-le volant strictement horizontal et la batterie de basculeurs.

-le sifflement de l’échappement qui donnait une impression de puissance (tant que l’on regarde pas le compteur …)

-le chauffage super efficace l’hiver (et la cuisson parfaite du militaire en papillote sous le soleil d’Afrique)

-le monstrueux périscope de vision nocturne qui donnait l’impression de regarder, saoûl, un film en 3d sur un écran de smt goupil et collait des bourre-pifs à chaque cahots.

-Le siège conducteur large comme une demi-fesse.

-le moteur décalé à gauche et le couloir de sous-marin à droite
– …

Et surtout étonnamment confortable en conduite « rapide » sur des pistes défoncées (sauf pour les gars à l’arrière qui du coup passent une bonne partie du trajet en apesanteur en évitant de se faire contaminer par le reste de veau marengo échappé de l’imparable rasquette-poubelle mal arrimée)

Cheyenne

Le 26/09/2015 à 17:54

Merci poum, pour les anecdotes. Sympa ^^

prince vb1002

Le 11/12/2016 à 23:16

le vab c est une très bonne machine qui manque 29 vitesses un bon systeme 2 turbo et un plus gros réservoir pour faire 2000 km et une climatisation et un meilleur blindage j aime trop renault citroen aurait p aussi se lancer dans des véhicule army en boite auto

VLR

Le 01/03/2017 à 10:24

bonjour,
les premiers VAB étaient motorisés par un MAN atmo

dompal

Le 10/05/2017 à 14:22

Tout à fait, un 5 cylindres, si mes souvenirs sont bons!??

fafa gano

Le 08/09/2017 à 14:13

un VAB en occase, c’est cool pour les creneaux approximatifs ! Je vais acheter ca a ma femme…

Paul

Le 08/09/2017 à 14:14

et y’a de la place à l’arrière pour les courses !

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