Renault Twingo : la 4L des années 90 !

Lundi 9 juin 2014
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Au risque de déplaire aux puristes, la Twingo est pour moi la 4L des années 90. Je suis persuadé que chacun d’entre nous à des souvenirs en Twingo. Je me rappelle d’ailleurs d’un voyage pour un mariage près d’Evian et du lac Léman à bord de cette petite Renault. Dans les montées de l’autoroute aux alentours de Nantua, je voyais le compteur digital perdre un à un ses km/h pour passer inéxorablement de 130 à un pénible 80 en haut de pente, alors que nous n’étions que deux dans la voiture. Difficile d’entendre Bowie chanter Space Oddity tant le Cléon fonte faisait du bruit.

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Mais si la Twingo première du nom (on s’en doutait) n’était pas une autoroutière, en revanche, elle innovait franchement. Par son look d’abord. Loin des lignes un peu carrées encore en vigueur en ce début des 90’s, la Twingo affiche une certaine rondeur accentuée par ses yeux globuleux lui donnant l’air d’un batracien. Son look de monospace révolutionne sa catégorie, celle des citadines. Enfin sa modularité en fait une voiture accueillante malgré ses seules trois portes.

Twingo 04

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L’origine de la Twingo remonte au début des années 80. Il s’agissait alors de remplacer la fourgonnette 4L. Mais le projet est totalement remanié en 1987 et confié à Patrick Le Quément. L’inspiration monospace est clairement revendiquée, son capot plongeant en est la preuve. En interne cependant, les réticences sont fortes chez Renault. Le Quément implore son patron, Raymond Lévy, le suppliant de privilégier « la conception instinctive » au détriment du « marketing extinctif ». En clair, place à la créativité face aux études de marché.

Twingo 02

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Contre toute attente, Lévy donne son feu vert au projet X-06. Et c’est ainsi que la Twingo (contraction de Twist, Swing et Tango), avec ses couleurs vives, ses petits prix et son habitabilité, prendra toute sa place dans la circulation urbaine. La première série est particulièrement pauvre en équipement, mais dès 1994, les coloris s’élargissent, et il est possible d’opter pour la clim, les jantes alu ou l’ABS. Mieux (enfin croit-on), la boîte Easy est disponible.

Twingo 06

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Ce système s’est avéré peu agréable, mais l’idée était excellente : mixer boîte automatique et boîte manuelle, avec un levier classique avec passage manuel des vitesses, mais sans pédale d’embrayage. Hélas, les temps de réponses trop longs de la boîte rendirent ce système très désagréable à l’usage.

Twingo 07

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Au fil des ans, la Twingo s’est bonifiée, troquant son vieux Cléon fonte 1,2 litres de 55 ch pour un plus moderne 1,1 litres de 60 ch en 1996 (1149cm3, mais toujours appelé 1.2 commercialement). Surtout, la Twingo commence alors à s’embourgeoiser, proposant de plus en plus de séries spéciales sur-équipées, une version à toit ouvrant en toile souple, pour au final offrir une Initiale de luxe, avec sellerie cuir.

Pourtant, l’Initiale ne rivalisera jamais avec la rare, très rare, Twingo Lecoq, réalisé par le célèbre carrossier de Saint Ouen, à l’intérieur tendu de cuir, aux jantes spécifiques et à la peinture biton façon Bugatti très réussie. Au total près de 2,4 millions de Twingo sortiront des chaînes en 15 ans de carrière (jusqu’en 2007) avant d’être remplacée par une nouvelle Twingo qui n’en a que le nom. Aujourd’hui, on trouve des Twingo à tous les prix, y compris les plus bas. C’est peut être le moment d’investir dans la future 2CV de collection.

La plus rare des Twingo: une Lecoq ! So chic !
La plus rare des Twingo: une Lecoq ! So chic !

Voir la publicité de lancement de la Twingo : Publicité Twingo Bobby McFerrin

Enfin, je vous encourage à rejoindre Génération Twingo, le seul club de propriétaires de Twingo en France, sur leur page Facebook: Génération Twingo

Ainsi que la chaîne Youtube dédiée à la Twingo: Chaîne Youtube Twingo

Enfin, last but not the least, voici ce qu’en disent ses fans:

 

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10 commentaires

Ian

Le 18/01/2015 à 14:06

Je suis totalement d’accord, la Twingo était le R4 des années 90. Lorsque la phase 2 a été lancé en 2007 pour le remplacer, la personnalité a été retiré immédiatement. La nouvelle Twingo 3 est fantastique. L’aimable Twingo est de retour. Autant que je aimerais posséder une Twingo 3, je pense toujours que la Twingo 1 a plus d’espace à l’intérieur et je vais garder la mine aussi longtemps que possible.

DURAND

Le 04/01/2016 à 13:45

Je sais pas trop quoi en penser de la première twing …

A sa sortie, elle n’était pas vraiment considérée comme une voiture mais plutôt comme une blague (avec son regard de Mérou défraichi) et sa motorisation préhistorique.

Vingt ans plus tard, l’âge ou l’on commence à mesurer la pertinence d’un nouveau concept ? Mon regard a un peu évolué.
Cependant je l’ai tellement dénigré que je n’ai plus de crédibilité pour en faire une quelconque éloge !

Finalement elle n’est pas si moche si on la compare à une BlueCar … Dénué de tare congénitale (en dehors de quelques faiblesses de l’affichage et de l’intérêt de voleurs), elle se révèle finalement solide. Certainement plus pratique et plus économique qu’une smart.

Vous l’aurez compris elle appartient à une catégorie (les citadines) pour laquelle je n’ai que peu d’intérêt. Mais finalement il ne lui aura manqué qu’une motorisation un peu plus péchues pour s’éloigner sereinement des agglomérations.

Néanmoins, je reconnais un charme certain aux coloris acidulés des premières séries et l’open air reste l’option la plus désirable.

Avec 800 kgs, un 1600 lui aurait donné certainement plus de pep’s, qu’une twingo2 RS sans charisme …

cyco

Le 16/05/2017 à 21:23

Clairement la Twingo 1 est à des années lumière de ce que vous décrivez : une blague avec un regard de mérou (faut remater les émissions de cousteau ils sont transgéniques vos mérous…ou ont copulé avec des batraciens). D’une part avec le 1149 de 60 cv on peut sans aucun souci sortir de la ville en tenant à part dans des cotes vraiment raides 130 km/h sans forcer. Certes le bruit n’est pas celui d’une Mercedes Classe S, mais habitué personnellement à voyager en Renault 25 (y a pire en confort…), j’ai fait des parcours de plus de 600 bornes sans vraiment souffrir grâce à son espace phénoménal qui en fait finalement une citadine bien plus polyvalente (performances mise à part) que les modèles plus classiques genre Clio, 205 (et suivantes), Fiesta, Polo, etc…avec lesquelles il ne fait guère bon voyager à l’arrière (la Twingo offrait aux jambes un espace supérieur à celui de familiales dépassant largement les 4m50…). En outre mettre un 1600 dans cette caisse n’aurait eu strictement aucun intérêt à part lui faire perdre totalement en homogénéité (son châssis n’est pas du tout prévu pour faire des folies), lui donner une puissance fiscale moins avantageuse, accroître son prix et sa consommation…On demande pas à la Twingo d’être une compacte 7-8 cv (puissance fiscale d’un 1600 à l’époque). Evoquer la Blucar pour parler de la Twingo, c’est comme d’évoquer une Ligier face à une Clio, rien en commun y compris en finition (sommaire dans la Twingo certes mais robuste, totalement risible et du niveau d’une voiturette dans la merde de Bolloré…). Pour terminer, avec le 1.2 16v de 75cv, la Twingo 1 a définitivement gagné la possibilité d’être la familiale occasionnelle du jeune couple désargenté avec un enfant par exemple, en leur offrant une caisse capable de claquer un honnête 170-175 en pointe, un 1000m en 34s environ, et un 80-120 en 5 inférieur à 20s. Y a pire pour une caisse à la base citadine…surtout quand la consommation est en plus facilement inférieure à 6 litres aux 100 hors agglomération avec une conduite coulée (pour info avec la modeste 60 cv sur 650 km mixte autoroute (135 compteur), départementale (95-100 compteur), j’ai fait 5.33 litres/100…

Quentin

Le 13/10/2016 à 15:04

Raide dingue de ma Twingo 1! Au point que j’ai beaucoup de mal à lui trouver des défauts. Il s’agit d’une des premières 1.1l, plus sobre que le Cléon-fonte, et surtout exceptionnellement souple : l’Espace 4 2.2 dCi 150 que je conduis fréquemment ne peut pas reprendre comme elle dés 30 km/h sans vous faire bruyamment comprendre qu’il n’apprécie pas du tout le traitement! D’ailleurs, même si on manque un peu d’allonge dans les tours (mais pas plus de 5% du temps, et les insertions sur la rocade toulousaine ne sont qu’une formalité) je ne pense pas qu’un moteur plus gros (en dehors du fait qu’il ne rentrerai pas sous le capot, raison pour laquelle le Cléon de 30 ans avait été préféré au plus moderne 1.2 Energy) cadrerait avec le concept du véhicule, plus proche du monospace (et de la 4L) que de la citadine sportive, rôle dévolu à la Clio à l’époque. La Twingo c’est surtout une voiture à la fois ultra maniable mais habitable, confortable (et silencieuse! , à bas régime on peut se demander où est passé le moteur, surtout si on est habitué aux doux claquements du Diesel), modulable, lumineuse, et même un camping-car de poche à l’occasion. Concernant le titre de l’article, LA remplaçante de la 4L n’est pas la Twingo , mais plutôt le duo Twingo-Kangoo, à la première la place de voiture la plus économe de la gamme, reine des villes sachant charger au besoin, au second cette rusticité (et robustesse) que plébisciteront les familles, ceux qui vivent à la campagne et les artisans. Mais aux deux cette bonne bouille qui les rendent indémodables et qui manquait à la R4 lors de son lancement (mais on s’y est bien habitué, en 30 ans…). C’était sans doute un coup de maître de la part du losange, qui, contrairement à Citroën, a réussi le remplacement de sa voiture économique sans nuire à d’autres modèles, là où l’AX, qui n’a pas laissé un souvenir impérissable, enterrait autant la Visa que la Deuche.

McCloud

Le 22/10/2016 à 12:15

Jolie voiture qui offrait une visibilité remarquable et une habitabilité inattendue pour un si petit volume. Elle était maniable, fiable, confortable à l’avant comme à l’arrière, plus à l’aise en ville c’est vrai que sur routes de montagne et sur autoroute, et par-dessus le marché, silencieuse !
Elle est peut-être la dernière à ce jour de ces voitures qui ont marqué leur époque, qui sont des objets représentatifs d’un espace-temps et d’une culture, que l’on situe au premier regard. L’actuelle Twingo se situe à l’opposé de l’état d’esprit de son ancêtre. Comme d’ailleurs le Kangoo-bétaillère actuel n’a plus rien à voir avec son prédécesseur. Même veine, même évolution vers un gros joujou de plastique recyclable. Mais le monde a tourné depuis les années 90.

AuréRigo

Le 25/01/2017 à 21:54

Ma première était une Twigo 1 phase 2 privilège vert caca d’oie avec le moteur 1.2 16V. Ma seconde: une Twigo 2 phase 2 purple (mais sans la couleur violette et les jantes qui vont avec) avec le même moteur. Le seul reproche que j’ai à faire à la phase 1: sa direction assisté qui n’a d’assistée que le nom…

Bob

Le 08/08/2017 à 22:41

Un bon article… mais qui oublie un détail important : les sièges et banquette peuvent se déplier « en entier » pour faire un lit 2 places…. bien utile pour faire certaines choses… héhéhé…

Nicolas

Le 11/11/2017 à 11:48

Bicolore la peinture, pitié, plus de biton pour parler de deux couleurs différentes

Bandini

Le 11/11/2017 à 18:31

J’ai eu la 4e Twingo immatriculée dans le Nord : elle était couleur « brume » et à chaque arrêt, c’était l’attraction !
J’avais pris également en option le volant cuir gris et vert, magnifique.
Je me souviens aussi d’un 167 kmh au compteur (avec beaucoup de vent dans le dos sans doute). Pour les côtes, effectivement, c’était moins glorieux.
Contrairement aux idées reçues, la Twingo n’était pas spécialement bon marché, surtout si on tient compte de sa technologie ancienne. Il me semble l’avoir payée 58 000 francs (soit 8 850 euros). Et elle consommait beaucoup !

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