Renault Twingo Lecoq : rare série de luxe

Publié le jeudi 20 octobre 2016.
Mis à jour le jeudi 11 juillet 2019.
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Voilà longtemps que je voulais faire un article sur la rarissime Renault Twingo Lecoq produite entre 1995 et 1996. Je l’avais évoquée dans un article consacré à la Twingo (lire aussi : Renault Twingo) sans pousser plus loin l’affaire, surtout par manque de photos. Or récemment, j’ai vu que le club de propriétaires Génération Twingo s’était mis en tête d’aller sauver une Lecoq accidentée récemment. J’ai suivi la petite équipée pour aller voir la belle dans le sud, et cela m’a redonné envie de parler de cette étrange variante de Twingo.

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Lancée en 1993, la Twingo n’aura de déclinaison « luxe » qu’à partir de 1999 dans une définition Initiale. Entre temps, Renault aura sorti deux déclinaison très « mode », la Twingo Kenzo en 1995, ou la Twingo Elite en 1997. Si la petite voiture vise particulièrement une cible féminine, Renault n’a pas jugé utile d’en décliner tout de suite une version haut de gamme. Cela n’aura pas échappé au carrossier Lecoq qui se mettra en tête d’en produire « sa » version.

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Une peu d’observation suffisait pour constater la forte représentation des Twingo dans les beaux quartiers de Paris. Voiture populaire certes, mais aussi et surtout citadine, et à la bouille craquante, elle sut faire craquer madame qui la trouvait idéale pour faire ses courses rue de Passy. Lecoq y vit un moyen de faire à nouveau parler de lui, sa période de gloire faisant partie du passé, se contentant d’une activité de restauration de véhicules anciens.

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Pour sa Twingo « de luxe », André Lecoq va s’inspirer d’une marque française reconnue, Bugatti. C’est à sa peinture bi-ton à la manière des rarissimes Royale d’avant guerre que se reconnaissent les Twingo Lecoq. A cela s’ajoutent des jantes BBS équipées du logo Lecoq, mais siglées « Bugatti ». Pour s’assurer de sa différence, un monogramme Lecoq complète l’équipement spécifique extérieur.

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A l’intérieur, c’est le luxe : sellerie cuir, Alcantara sur l’accoudoir, la plage arrière, ou le ciel de toit. Un peu partout, du bois (selon Lecoq) ou de l’imitation loupe d’orme (selon Artcurial) rehaussent l’impression de luxe. Sans compter la plaque numérotée, la moquette spécifique, et divers petites détails permettant de différencier une Lecoq, même repeinte, d’une Twingo normale.

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Cette série spéciale n’était pas une initiative de Renault, mais bel et bien de Lecoq, mais le constructeur valida les transformations, à tel point qu’aujourd’hui, Renault Classic en possède un exemplaire dans ses réserves à Flins : elle fut présentée à Rétromobile en 2013. Un peu moins de 50 exemplaires furent fabriqués, et on estime qu’il n’en resterait qu’une dizaine en circulation.

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La Twingo Lecoq était disponible en boîte manuelle 5 vitesses, voire avec la transmission Easy. Elle s’équipait du fameux Cléon-fonte de 1.2 litres pour ses 55 petits chevaux. Il est possible que certains modèles à la fin de la série aient pu être dotés du D7F 8 soupapes de 60 chevaux, mais sans certitude.

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Cette Twingo Lecoq faisait payer cher sa différence, puisqu’il fallait rajouter 75 % du prix initial pour ces transformations. Le prix de l’exclusivité, certes, mais tout de même. Un beau modèle noir et bordeaux fut vendu en 2011 par Artcurial pour la modique somme de 10 722 euros. Aujourd’hui, la carrosserie Lecoq met en vente un superbe modèle, la numéro 13, jaune et noir, au prix de … 25 000 euros.

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A moins d’être un passionné ultra fortuné, pas sûr qu’elle trouve preneur à ce prix là malgré son excellent état. En tout cas, vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu : peut-être y-a-t-il moyen de négocier avec la carrosserie Lecoq. A vous de voir, et surtout à vous de jouer.

A voir : Twingo Lecoq à vendre à la Carrosserie Lecoq

A lire : http://www.generation-twingo.fr/

Crédit images: Carrosserie Lecoq

 

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25 commentaires

Rvd42

Le 20/10/2016 à 13:44

Eh ben… Une Twingo avec une peinture similaire circulait sur Saint-Étienne. Je ne me rappelle par contre pas de ces jantes. Moi qui avait pris ça, avec interrogation, pour une initiative personnelle… Si j’avais su je me serais approché et renseigné. J’ouvre donc l’oeil !

gérard morel

Le 20/10/2016 à 13:59

Bof ….Qui n’a pas 25000 € à mettre dans une twingo ,même Lecoq….?

rubinho

Le 20/10/2016 à 15:21

Maintenant que tu le dis, je me rappelle en avoir vu une il y a quelques années ; je pensais que c’etait un mec qui avait fait ca lui même tant le bi-ton « Bugatti » a partir de la poignée de porte est mal intégré (avis perso et subjectif)…
Le comble doit être le quasi x2 sur la note finale en partant d’une base easy réputée pour sa non fiabilité…

BELLAMY Donova, dit Usu

Le 20/10/2016 à 16:04

Merci pour ce petit mot pour nous, ça me touche personnellement (tellement de gens qui cite sans source ou ramène tout à eux…).

À savoir aussi que celle vendue à 25k€ a été refaite (encore c’est pas le plus grave), mais pas comme à l’origine ! Mauvais pare-chocs entre autre, et on peut voir que le coffre lui n’a pas été refait et on peut voir pas mal d’impact.
À ce prix là, on s’attend à trouver une voiture neuve.

Merci encore ;p
Usu, trésorier de Génération Twingo, et accessoirement le co-acquéreur des pièces de la pauvre Lecoq Bleue partie pour la broyeuse :s

Paul

Le 20/10/2016 à 16:09

De rien, cela me paraît normal puisque je discute avec Melissa depuis longtemps déjà, et qu’on avait déjà parlé tous les deux des Lecoq. Aussi j’ai suivi votre équipée pour récupérer les pièces de la bleue… Cela m’a redonné l’envie de m’intéresser à cette voiture, et les bonnes photos de la Carrosserie Lecoq (malgré les défauts du modèle que tu cites) m’ont convaincu de sortir cet article. Un autre lecteur m’avait signalé en août la parution de l’annonce chez Lecoq (rendons à César ce qui est à César). Il était donc normal de citer Génération Twingo 😉

Antoine

Le 20/10/2016 à 16:51

Je me rappelle qu’une fille en avait une quand j’étais à l’université à Rouen (n’y voyez aucun cliché sexiste…). Du coup je passais à côté tous les jours et pouvais lorgner sur cet intérieur par la fenêtre.
A l’époque cette voiture avait moins de 10 ans et je ne pense pas qu’elle avait été refaite, c’était sans doute une bonne affaire d’occasion. La peinture était assez étrange car épaisse et profonde mais sans aucun effet métallisé ou nacré. Nous avons perdu l’habitude de ce genre de peinture et finalement le résultat avait un arrière goût de bolidage. L’intérieur était très austère et complètement décalé avec l’esprit Twingo. Les « Initiale » ont repris le concept mais avec un cuir beige ou bleu ça passait mieux. Quant aux plaquages en ronce de plastique ça faisait très tuning de Bamako (n’y voyez aucun cliché raciste…).
Bref je connaissais cette voiture et son exclusivité mais en dehors de la peinture bi-ton je la trouvais ratée. Pourquoi du gros cuir noir et épais ? Pourquoi du faux bois ? Pourquoi cette peinture de grand-mère d’avant guerre ?
Ils auraient fait la même avec des peintures à reflets modernes et un intérieur en velours de laine à motifs j’aurais trouvé ça nettement plus classe…
Curieuse voiture qui n’aura pas eu de suite.

McCloud

Le 22/10/2016 à 12:29

D’accord avec vous sur le décalage par rapport à l’esprit Twingo, et il suffit de voir ce que donnent les insert en Vénilia massif sur le plastique soufflé anthracite poussiéreux du tableau de bord, pour hésiter entre sourire indulgent et ricanement caustique, comme à la vue d’un « tuning jacky » dont le propriétaire aurait des velleités anglomanes. La peinture bi-ton passe encore, mais pourquoi diable imiter le motif de Bugatti ? Et qu’est-ce qui, à part ces sièges dont la sellerie cuir aurait gagné à reprendre le bi-ton de la carrosserie, justifie le prix astronomique de cette pauvre Twingo en deuil de sa fantaisie native ?

Greg

Le 20/10/2016 à 16:54

@Paul tu suggères que les ultimes Lecocq pourraient avoir reçu le moteur D7F, « sans certitudes ».
Pour ma part je présume que c’est possible pour l’exemplaire illustré ici: ce volant et le 3ème feu stop sont apparus avec la « collection III ».
Donc oui, moteur D7F très probable pour cette Lecocq!
En revanche, les pare-chocs ne sont pas « period correct »: ils viennent d’une Twingo Phase II.
Comme j’avais acheté l’année d’avant une « phase I » (une série spéciale Twingo « Air »), je m’étais renseigné chez Renault pour faire poser ces nouveaux pare-chocs la mienne: pas envisageable sans déplacer l’anneau de remorquage à l’avant, qui n’est pas du même coté!
Autre chose à préciser sur l’ampleur des transformations faites par Lecocq: les sièges d’origine étaient fabriqués d’une façon particulière, d’habitude les revêtements de siège forment une « coiffe » qui est enfilée sur le siège garni de sa mousse.
Pas sur la Twingo: la recherche d’économies menée par Yves Dubreuil avait abouti à un procédé où la mousse était moulée directement « sur » le tissu, produisant des assise et des dossiers prêts à poser directement sur les armatures de siège.
Donc, pour garnir proprement en après-vente une Twingo avec une sellerie cuir, il fallait refaire les mousses des sièges et de la banquette!
Je crois que Lecocq en profitait pour rallonger les assises, un peu trop courtes à l’origine.
J’étais dingue de la Twingo quand elle est sortie et j’ai acheté la plupart des journaux de l’époque.
Option Auto avait fait un hors série titré « La folie Twingo » qui présentait la genèse du modèle puis les propositions des différents préparateurs, dont la Lecocq.
Il me reste à me procurer le livre « Génération Twingo » rédigé par Yves Bey-Rozet avec le concours du club justement 😉
Bref, merci d’avoir mis en lumière une auto, encore une, que j’affectionne particulièrement!
Sauvez les Twingo, elles le méritent et en collection, ce sont les 4CV d’après-demain!

Eddy123

Le 22/10/2016 à 15:40

Je pense que tu as raison.. dans 10 ans, elles commenceront à être recerché….

Leifur

Le 20/10/2016 à 17:01

Autant la Kenzo restait ludique autant celle-ci devient d’une tristesse et d’une prétention affligeante … sans compter ce bi-ton qui, sur une petite Twingo, évoque pour moi davantage une gélule pharmaceutique qu’une Bugatti.
Mais bon, je serai content d’en observer une 🙂
Belle présentation.

Eddy123

Le 22/10/2016 à 15:42

Idem…
Surtout la ronce des plastique… Pour un préparateur auto…. moyen…:(

Jota

Le 20/10/2016 à 21:41

Je comprends pas qu’il reste si peu d’exemplaires. Ok elles furent un jour des secondes main dont le nouveau propriétaire se foutait sans doute de la rareté etc… mais quand même! Surtout vu le prix de base du modèle. Greg tu as tout à fait raison il faut les sauver j’ai mal au coeur quand je vois ces phases 1 à la peinture terne, aux pare chocs délavés et à la carrosserie rayée. Ma mère a eu une des 1ères rouge corail j’en étais trop fier!

mOX

Le 20/10/2016 à 23:14

Bonsoir,
Très bel article consacré à ce modèle que je ne connaissais pas. Au passage, je crois que la peinture évoque davantage une Bugatti type 55 et non une Royale.
See ya
mD

Usu

Le 21/10/2016 à 08:49

La majorité des sources cite la Royale, et il m’est d’avis également que ce n’est pas la source initiale… Mais pour moi, ce n’est pas non plus la type 55, mais la type 57 « Ventoux », qui a d’ailleurs été proposé en 3 ou 4 coloris avec le même genre de « patate » comme j’aime l’appeler (bleu, rouge et jaune facilement trouvable sur le net).
Suffit de voir ce modèle jaune aux states (https://farm1.staticflickr.com/645/20049123603_ee4a12014c_o.jpg).

Et d’ailleurs au passage, suffit également de voir la plaquette de 1995 de Lecoq (http://image.noelshack.com/fichiers/2016/42/1477031937-e751aede04a2358d10dc77a7f3b2cb26917799a6.jpg).

Et dernier point, mais cela reste en partie subjectif, je pense que la forme de la patate a été très très inspiré sur la Corvette C1, un des modèles de 58 à 62 avec un embossage très marqué, suffit de voir qu’elle est aussi présente sur le dépliant :p Je ne crois pas que ce soit un hasard :p

Engrenure

Le 20/10/2016 à 23:58

Il s’en vend une noire et rouge le 30 8bre chez artcurial. Modèle N°25 de 1996. Elle n’est pas mal (le cuir surtout), mais bon, acheter une voiture avec laquelle on n’a le droit de rouler que la nuit, bof…

Paul

Le 21/10/2016 à 00:04

Celle qui se vend chez Artcurial est celle qui était justement citée dans l’article, déjà vendue par Artcurial en 2011 à 10 000 euros… Elle reste estimée au même prix qu’à l’époque, 5 à 10 000, ce qui rend le prix de Lecoq un peu démeusuré: nous verrons à combien elle (re)partira !

Usu

Le 21/10/2016 à 08:52

Ce qui est d’autant plus étonnant, c’est que celle d’Artcurial est un modèle spécifique de la Lecoq, une « Édition Auburn », avec une niveau de finition encore superieure…
Il ont du inverser les prix, c’est pas possible xD (encore que je m’imagine mal la voir monter à plus de 18-20k€. D’autant qu’en faisant des recherches sur le net, on se rend que les photos d’art curial ne date pas de cette année… mais de 2011. Du coup, est-elle vraiment toujorus dans le même état ?

Paul

Le 21/10/2016 à 09:59

oui les photos sont les mêmes… A voir

Engrenure

Le 16/11/2016 à 01:48

6.556 € ttc, soit 5500 marteau.

Eddy123

Le 22/10/2016 à 15:36

Elle manque franchement de gaieté. .. Ce qui est pourtant sa philosophie. .
L’initiale s’en sortait nettement mieux…

fc30

Le 22/10/2016 à 21:00

Effectivement, bof bof cette modif, mais son historique reste très intéressant (dans le même genre, je me souviens d’avoir vu lors de mes études une des premières Clio I RT toutes options avec la clim et une sellerie cuir marron inconnue au catalogue des options).
A mes yeux la Twingo I est d’ores et déjà un collector, elle incarne au mieux l’ « Esprit Renault » qui a bien disparu aujourd’hui…

Eddy123

Le 23/10/2016 à 17:09

Il y avait aussi les R5 Laurence.. avec cuire, par choc us et autres téléphone. .. même une R09 avec rétro électrique.
C’était le même esprit. .. Je pense pas qu’il y en a une de roulette encore..

Tricatel

Le 29/10/2016 à 19:05

Le dessin du coq au centre des jantes est directement inspiré de celui des Matra de courses des 70´s

Nicolas

Le 02/05/2017 à 09:48

Petit déterrage en règle mais j’espère pouvoir apporter quelques précisions sur la bête.

Les plastiques façon faux bois doivent être replacés dans le contexte d’une époque où cela se pratiquait chez beaucoup de constructeurs et ou cela ne choquait pas encore, bien au contraire. Deux techniques furent utilisées pour obtenir ce résultat, disons, particulier : soit des peintures aspect bois, réalisées par un compagnon sur les éléments plastiques comme on pu en voir chez d’autres ( ex les boiseries des Facel Vega, en fait de l’aluminium peint) puis plus tard une peinture à effet d’origine japonaise , plus rapide à mettre en œuvre et qui apres application, faisait apparaître au séchage les motifs du « bois ».

L’accoudoir central était prévu pour recevoir un petit humidificateur qui le transformait en cave à cigare, détail peu connu parfois même des propriétaires eux même.

Il était théoriquement possible de faire gonfler le moteur mais je doute qu’il y ait eu beaucoup de modèles ainsi modifiés.

Le prix très conséquent est du en fait en bonne partie par la peinture. Le noir n’existant pas au nuancier de la Twingo , c’est donc un changement de teinte qui est au programme , et cela nécessite 2 à 3 fois plus de travail qu’une  » simple » peinture complète. Ensuite, spécificité des ateliers Lecoq à l’époque , les peintures étaient dites « polies lustrées ». Pour faire court, cette technique s’inspire de l’époque où les faibles performances des peintures nécessitaient un nombre important de couches suivi d’un énorme travail de ponçage et de lustrage. Lecoq appliquait la même méthode avec des laques modernes, vernies généreusement puis longuement poncées et enfin polies. Le résultat est un état de surface parfaitement lisse et un brillant presque anormal, mais au prix d’un nombre important d’heures de travail de finition.

Petite précision, on ne peut parler de bi ton dans ce cas, erreur fréquente mais de peinture bi colore. Le terme bi-ton ne s’applique qu’à des peintures présentant deux tonalités d’une même couleur ex gris clair et gris foncé.

Damien

Le 08/08/2017 à 23:06

D’après « Génération Twingo » le noir (noir nacré 676) est bien au catalogue entre 1993 et 1996… mais peu importe : de toute façon le prix n’était visiblement pas un soucis pour les quelques clientes de cette auto !

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