Rover 827 SC : le grand luxe à prix d’ami (aujourd’hui)

Publié le lundi 10 octobre 2016.
Mis à jour le jeudi 11 juillet 2019.
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Je vous l’accorde, il fallait avoir de l’imagination en 1982 pour envisager faire de Rover le concurrent de BMW en Europe, et avec le recul, le rachat du premier par le deuxième en 1994 sonne comme une évidence. Pourtant, en ce début des années 80, la stratégie n’était pas idiote. Après avoir « testé » la collaboration Rover/Honda avec la Triumph Acclaim (j’y reviendrai), la collaboration future s’annonce radieuse : entre Honda, motoriste pointu et industriel capable d’améliorer la fabrication « à l’anglaise » (mais limité par les quotas européens), et Rover, à l’image encore flatteuse (grâce aux SD1, lire aussi : Rover SD1), et malgré tout capable d’exister dans le haut, l’alliance anglo-nippone n’est pas incongrue.

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Cette alliance donnera d’ailleurs naissance à la série 800, « executive car » étudiée conjointement à la Legend japonaise, en 1986. Je reviendra sûrement sur la 800 et sa genèse, mais aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de sa version coupé, apparue en 1992, et dont je suis tombé follement amoureux. Encore aujourd’hui, vous pourriez toujours me lister l’ensemble des défauts de ce coupé british, je resterai convaincu « qu’un jour, je l’aurai » ! Il en est ainsi avec les premiers amours. A l’époque, Jaguar me semblait trop « aristocrate », tandis que la Rover 827 SC, malgré son V6 d’origine japonaise, me paraissait le summum de la bourgeoisie anglaise, mêlant le meilleur des deux mondes.

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J’ai longtemps rêvé d’une 827 SC. D’une puissance suffisante (177 ch pour un V6 Honda, donc fiable et agréable, de 2,7 litres de cylindrée), elle me semblait répondre à mes exigences de bon goût, de confort mais de discrétion. Contrairement à sa sœur Honda Legend (lire aussi : Honda Legend). Il s’agissait d’une évolution de la Rover 800 de 1986, dans une version coupé. Aussi, le coupé Legend de la même époque était-il un peu plus moderne, mais qu’importe. L’essentiel n’est pas là.

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En fait, le coupé 827 SC n’était pas destiné à l’Europe, et n’aurait presque pas dû naître… Son développement, accompagnant la « phase 2 » des séries 800, devait permettre à la « nouvelle marque » Sterling d’offrir un grand coupé dont sont friands les américains (lire aussi : Sterling 800). Mais la sortie de la Rover 827 SC correspond in fine à l’arrêt de la marque Sterling aux USA. Plutôt que de remiser le projet, on décida de le produire malgré tout.

La bagnole avait été développée pour le marché américain… mais en Europe, il n’y avait pas vraiment de marché pour un tel coupé. Le coûts de développement devant être amortis, on donna à la 827 SC toutes les options possible et un prix de vente jugé excessif à l’époque… Sans casser la baraque, le coupé lancé en 1992 restera 7 ans au catalogue, recevant même le moteur 2 litres Turbo de la 620 Ti (lire aussi : Rover 620 Ti) et ses 200 chevaux en 1996.

La version 2 litres Turbo, jamais diffusée en France, se distingue pas ses jantes spécifiques, et s'est très bien vendue en Italie !
La version 2 litres Turbo, jamais diffusée en France, se distingue pas ses jantes spécifiques, et s’est très bien vendue en Italie !

Difficile d’obtenir les vrais chiffres de production de la 827 SC. Sans doute une bonne dizaine de millier d’exemplaires, mais pas plus, en 7 ans de production. Si l’affaire dût être un gouffre pour Rover à l’époque (et contribuer à rechercher activement un partenaire, qui ne sera finalement pas Honda mais BMW), il faut considérer cela différemment aujourd’hui : si vous cherchez bien, vous pourriez trouver un agréable grand coupé fiable (merci Honda), luxueux (merci Rover), so British quoi qu’il arrive, à un tarif imbattable.

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Il ne s’agira bien entendu pas d’une sportive, mais bel et bien d’un petit plaisir acquis à pas cher, la cote restant très basse malgré les qualités de la voiture et son niveau d’équipement (rien que le cuir Connolly des sièges vaudrait le prix demandé en occasion, sans compter le bois précieux). Aujourd’hui, le vrai problème serait plutôt d’en trouver une en France, car sa commercialisation n’aura duré que jusqu’en 1995 (et même en Angleterre elle se font rares) : si jamais vous tombez sur l’un de ces exemplaires, sautez dessus. Sinon, rattrapez vous sur une version berline, moins rare mais tout aussi avantageuse question raffinement et agrément moteur.

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11 commentaires

rubinho

Le 10/10/2016 à 17:55

Ca devait être générationnel, je les trouvais très classes aussi qd j’etais jeune…. Depuis je me suis repris 😉
Mais c’est sur que cette abondance de bois et de cuir était assez rare sur les francaise de l’époque, (avant l’avènement des baccara) et du coup cette petite GB touch était plutot sympatique (et exotique avec des dessous made in Japan).

Maigret

Le 10/10/2016 à 18:54

Petite précision : Il semble me souvenir qu’à l’époque de la CEE d’avant Masstricht, outre les quotas d’importation, les japonaises étaient taxées à 33% comme les produits de luxe, sitôt entrées sur le territoire national… On peut dire que grâce à ce joint-venture réalisé sous le contrôle de la Dame de Fer, Rover Group, fruit du moribond British Leyland, à pu ainsi être maintenu un certain temps sous perfusion.

Antoine Bourrel

Le 10/10/2016 à 19:05

Maastricht avec deux a et un seul s, commissaire.
🙂

Eddy123

Le 10/10/2016 à 20:41

C’etait pourtant une bonne idee d’nuire la classe Britannique de et la fiabilité Japonaise…
j’adore les 800

LHB

Le 10/10/2016 à 22:43

J’en ai vu une rouge ce week-end à Automedon au milieu d’une poignée de 827 Vitesse et de SD1. Très belle auto rare et méconnue. Je lui reprocherais seulement d’avoir un des volants les plus laids de son époque.
827 Sc est une appellation française. Outre Manche, le coupé s’appelait Sterling ou Vitesse.
Sur la fin, le V6 Honda a été remplacé par le nouveau KV6 Rover de 2,5l que nous n’avons brièvement connu que sur la berline 800.

J2M

Le 11/10/2016 à 09:43

Fiable ? Hum… J’en connais qui, séduits par le cuir, le bois et le tarif en comparaison d’un coupé 300CE y ont laissé des remords et un truc qui roulait quand il lui plaisait.
Sans parler de la valeur à la revente.
Dans la série des « vilains petits canards » de la fiabilité, il y a toujours des rescapés.
Pour des raisons qu’on ignore, ils traversent les années, parfois avec des kilométrages insensés.
Des XM, des 605, des Vel Satis, des Rover, des Alfas (rust free), toutes bonnes voitures mais mal conçues ou mal fabriquées, ou les deux…

Nabuchodonosor

Le 11/10/2016 à 10:22

Quel beau châssis, j’eus aimé lui déclaré ma flamme, mais comment le lui dire : « T’as de beaux Rovers, tu sais » ?

Damien vatine

Le 11/10/2016 à 22:31

J’aime, non, j’adore!!!!! J’échangerais bien ma très belle 820ti contre la même avec deux portes de moins …. Effectivement, les versions équipées du 2.0 série T ont été vendus presque partout en Europe mais pas en France.

JN

Le 12/10/2016 à 00:24

Mon père a acheté en 1994 une magnifique 820 ti sport de 200 chevaux, couleur « British Racing Green », une voiture très élégante, rapide et confortable.

Je regrette de ne pas l’avoir récupérée quand il l’a vendue, c’eût été un parfait youngtimer-sleeper!

wolfgang

Le 12/10/2016 à 13:07

Moi à cette époque je regardais les Jag du garage Potache rue Boulard à Paris 14. Et surtout les derinères la XJ série 3, pas la XJ40 qui ne me plaisait pas beaucoup… Pourtant elle n’était pas si mal, d’ailleurs j’en ai acheté une ensuite…
Sinon je regardais la 205 GTI. La 930 turbo. Les Venturi. La 605 et la Mercedes 190 aussi.

Les Honda c’était pour moi de la camelote nippone (on était chauvin en France à cette époque, on aimait beaucoup plus que maintenant les bagnoles françaises). Rover ça me paraissait la Jag du pauvre avec en plus un moteur nippon. Donc pas moche, mais bof. Pas authentique. Bourgeois, pas noble. La bagnole du mec qui veut faire croire qu’il en a, alors qu’il est fauché.
Et puis la tradition british et la modernité nippone, ça jurait trop à mes yeux. il y avait quelque chose de contre nature. La jag ou la Honda c’était bien plus homogène.
Avec le temps j’ai appris à connaître Honda, et en fait c’est pas du tout de la camelote.

Thierry

Le 09/02/2017 à 21:50

J’en possède deux immatriculées en Belgique. Une 827 et une 825 . 2 coupés rouges .
En réalité deux voitures différentes. Le V6 Honda est fabuleux, bluffant d’allonge et de souplesse. Le V6 Rover est beaucoup plus quelconque ( mais V6 essence de 180 ch quand même ) , mais quel intérieur dans son ultime version 1997 !
Elles roulent quotidiennement sur autoroute et dans le trafic bruxellois .
Elles sont totalement méconnues du monde des Youngtimers .
Elles suscitent pourtant de plus en plus curiosité et regard admiratif.
Je ne m’en lasse pas !

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