Rovin D4 : une voiture en miniature !

Jeudi 10 septembre 2015
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Si les constructeurs haut de gamme pullulaient en France avant-guerre, l’époque était plus rude après-guerre. Car contrairement à la Grande Bretagne, qui continua à soutenir ses marques de luxe « pourvoyeuses » de devises, la France fit le choix de doper l’automobile populaire. Bref, c’est dans ce contexte que les Renault 4CV (1947) ou Citroën 2CV (1948) devaient « motoriser » une France en pleine reconstruction.

La Rovin D2, présentée en 1947.
La Rovin D2, présentée en 1947.

C’est dans ce contexte que deux frères, Raoul de Rovin et son frère Robert, se lancent dans la construction automobile. L’idée est simple : proposer un petit véhicule (une « microcar »), peu cher, facile à industrialiser et à fabriquer, permettant de capter une clientèle encore trop désargentée pour s’offrir les nouvelles voitures populaires des grands constructeurs, ou bien rebutés par les inévitables long mois d’attente avant d’être livrés.

Rovin D2 01

Raoul Pegulu, marquis de Rovin, est originaire d’Oran même si sa famille vient d’Espagne (d’où lui vient son titre de noblesse). Passionné de mécanique, il fondera sa propre marque de motocyclette en 1921, et pilote tout ce qui peut se piloter, que ce soit en moto (il gagna notamment le Bol d’Or) ou en automobile. Sa marque de motocyclettes connaît de belles heures, mais subit la récession des années 30 et devra s’arrêter en 1934.

La Rovin D3 présentée en 1948
La Rovin D3 présentée en 1948

Si la célébrité de la famille, c’est Raoul, c’est pourtant Robert qui sera à la manœuvre pour le renouveau de la marque Rovin, se basant sur un cyclecar imaginé par son frère dans les années 30 pour présenter fin 1946 la D1, dotée d’un monocylindre 4 temps ! Mais la D1 évoluera vite vers une version de série D2, présentée en 1947, équipée quant à elle d’un bicylindre (flat twin) de 423 cm3 développant la bagatelle de 10 ch et proposant deux places dans moins de 3 mètres (2,80 m pour être exact) et un poids plume de 300 kg.

La Rovin D4, légèrement redessinée à l'avant.
La Rovin D4, légèrement redessinée à l’avant.

Avec la D2, qui ressemble à une 2CV en miniature décapotable, Rovin est sûr de conquérir une clientèle laissée pour compte par les grands constructeurs. Sûrs de leur fait, les frères Rovin, à l’étroit boulevard Pereire, rachètent en 1948 l’usine de Saint Denis du constructeur Delaunay-Belleville à l’agonie. Cette antique marque avait pourtant été la préférée du Tsar au début du siècle, mais elle ne produisait plus qu’au compte-goutte une copie conforme de la Mercedes 230 (W21) présentée en 1937.

Rovin D4 03

Avec la nouvelle usine, les cadences peuvent s’élever, et la D2 sera produite à environ 700 exemplaires entre 1947 et 1948, ce qui n’est pas si mal pour un petit constructeur dans cette France en reconstruction qui manque de tout. Encouragés par leur succès, les deux frères lancent en 1948 une nouvelle version, la D3, plus au goût du jour et ressemblant, à la taille près, à une vraie automobile.

Rovin D3 03

Le moteur reste le petit flat-twin refroidi par air, mais il gagne tout de même 1 ch. C’est surtout visuellement que la D3 se distingue de la D2. Il rencontrera un certain succès puisque, sur la lancée de la D2, il s’en vend 800 exemplaires entre fin 1948 et 1950. Entre temps, Raoul de Rovin meurt prématurément en 1949, et seul Robert reste aux commandes.

En 1950, les Automobiles de Rovin proposent la D4, qui n’est qu’une simple évolution de la D3. Niveau visuel, seule la calandre change un peu, et sous le capot, le flat-twin gagne 2 ch pour atteindre 13 chevaux, permettant à la D4 d’offrir une vitesse de pointe de 85 km/h, malgré une prise de poids de 80 kg. La D4 sera produite de 1950 à 1959, pour un total d’environ 1200 exemplaires. Mais dès 1953, la production devient anecdotique malgré un léger restylage. L’entreprise s’atteindra jamais les années 60.

Une Rovin D3 en piteux état aujourd'hui
Une Rovin D3 en piteux état aujourd’hui

Il faut dire que la France a bien changée depuis la seconde guerre mondiale et la difficile reconstruction. Désormais, le pays est en plein dans ce qu’on appelle les « 30 glorieuses », et les français sont avides de vraies voitures. Désormais, les délais de livraisons sont raisonnables, les prix accessibles, et beaucoup préféreront une 2CV utile, pratique, passant partout, et dotée de 5 places, sans compter la concurrence non négligeable des Velam Isetta (lire aussi : Velam Isetta) par exemple.

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1 commentaire

Jessy jesse

Le 17/03/2017 à 20:08

Trés bon article sur des petites puces bien sympathiques, j ai eu l occasion dans les années 80 de croiser une D2 dans la région de Meaux , où un garagiste avait restauré deux Rovin si mes souvenirs sont bons….
Petites précisions , le petit flat-Twin était refroidi par eau et non par air , et la dernière automobile Delaunay-Belleville , la RI-6 , n avait que sa suspension (a 4 roues indépendantes) sous licence Mercedes, le reste de la mécanique etait maison, et la carrosserie fournie par Chausson il me semble

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