Saab 900 Cabriolet « Classic » : l’art de rouler autrement !

Lundi 7 juillet 2014
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On peut s’étonner qu’une des icônes de la gamme d’un constructeur scandinave comme Saab soit un cabriolet. Spontanément, on n’imagine pas ce genre de véhicules sous de telles latitudes. Pourtant, la Saab 900 Cabriolet deviendra un classique de la marque, à tel point qu’à chaque nouvelle génération de 900, puis de 9-3, on trouvera une version découvrable dans la gamme.

Le prototype ASC « flat nose » qui donnera naissance, chez Valmet, à la Saab 900 Cabriolet

L’explication de cette incongruité devenue un classique du catalogue vient d’outre-atlantique. Un homme, Robert Sinclair, président de Saab-Scania of America depuis 1979, a une vision : faire de Saab la marque premium européenne préférée des américains, ce qu’elle n’est même pas encore en Europe. Mais avec la 900, Sinclair a le pressentiment qu’il y a un coup à jouer. Son look décalé, sa sécurité active et passive, son équipement complet, en font un voiture idéale pour la classe moyenne supérieure américaine, désireuse de se démarquer tout en restant discrète.

La première version dite « flat nose » ne sera produite qu’en 1986 et 1987

Mais on est aux Etats-Unis, et pour vraiment percer sur ce marché, il ne suffit pas de rajouter du cuir. L’idéal serait de proposer un cabriolet, qui ferait fureur, Sinclair en est sûr, en Californie ou en Floride. Il réussit à convaincre les pontes de Trollhattan du bien fondé de son intuition, et plusieurs prototypes seront proposés, soit par la marque sur la base d’un Combi 3 portes, par Valmet (son partenaire finlandais, lire aussi : Valmet) sur la base d’une 2 portes, et par ASC, une société américaine spécialisée dans les toits ouvrants, découvrables et mécanisme de capote.

En 1988, la Saab 900 Cabriolet récupère une nouvelle calandre

Le prototype d’ASC fut retenu, et Saab présente la 900 Cabriolet 4 places en 1983 au Salon de Francfort, et devant l’enthousiasme du public, la mise en production est confirmée. La 900 Cabriolet sortira pour la première fois des chaînes de Valmet en 1986. Au départ, la production est réservée aux Etats-Unis, où la demande est telle qu’il faut bientôt attendre 3 ans avant d’être livré. Elle devient la coqueluche du monde artistique et intellectuel américain, et finit par être diffusée aussi en Europe où elle rencontrera là aussi un certain succès, malgré un tarif très premium ! Le très anglais Lynx, en 1984, avait bien tenté de proposer sa vision d’une 900 découvrable, mais l’arrivée du modèle officiel tuera dans l’œuf cette initiative (lire aussi : Saab 900 Lynx Convertible).

Entre temps, elle recevra le lifting de toutes les Saab 900 en abandonnant le « flat nose » pour un avant un peu plus incliné (et plus esthétique à mon goût). Elle sera aussi disponible avec toutes les motorisations Saab, et non uniquement les versions Turbo. En 1989, le groupe américain GM, sans doute titillé par le succès de Saab (qui malgré tout reste trop petit, en déficit chronique et sans moyens pour développer sa gamme), prend 50 % du capital du constructeur suédois. L’étude d’un nouveau modèle sur la base d’une Opel Vectra annonce la fin de la 900 (qu’on appelle désormais « classic »).

La 900 Classic cessera donc d’être produite en 1993, remplacée par la 900 dite « NG » (pour nouvelle génération, lire aussi : Saab 900 NG), mais le cabriolet restera lui en production chez Valmet jusqu’en 1994, avant d’être remplacé par un modèle cabriolet NG. Au total, 48 894 exemplaires de la 900 cabriolet auront été construits en 8 ans de commercialisation. Pas mal pour un si petit constructeur. Pour les puristes, c’est aussi la dernière Saab authentique !

En jaune Monte Carlo, la Saab 900 Cabriolet est la plus recherchée !

Aujourd’hui, la 900 Classic Cabriolet est assez courue des amateurs, et reste relativement chère, surtout dans ses versions spéciales comme celle produite à 300 exemplaires en version Turbo 16 « Boîtier Rouge » de 185 ch en livrée jaune Monte Carlo. Surtout, une 900 c’est du solide, et il sera difficile d’en trouver une sans forts kilométrages (mais ce n’est pas forcément un souci, puisque tout est surdimensionné chez Saab). Privilégiez les versions turbo (175ch « Boîtier Noir » et 185 ch « Boîtier Rouge »), la 2 litres atmosphérique de 133 ch étant un peu anémique (et par ailleurs beaucoup plus rare). 4 places, du luxe (cuir, clim, sièges chauffants etc), un beau moteur, une certaine originalité, tout y est pour que vous craquiez… A moins que vous restiez hermétique au style Saab si particulier.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus, voici un excellent article très complet sur l’histoire de ce cabriolet étonnant et épatant : saab-cabriolet.html

 

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2 commentaires

Julien

Le 13/10/2014 à 17:40

Superbe article!! quel nostalgie quand je revois cette saab, la voiture à mon père

Guillaume

Le 12/03/2018 à 23:50

En 1989, l’année où j’ai rencontré ma « vraie » première copine (j’avais 19ans), une véritable première bataille entre elle et moi consistait à savoir qui de mon père ou du sien avait la plus belle allemande cabriolet. Le mien, de père, possédait une superbe Golf GLI noire laquée de 1979 (la première livrée ds le Gd Ouest France). Elle, de par son père, possèdait une COX cab de 73 je crois, également vétue de noire laquée. Bref, après moult effusions, il a été convenu que … la Saab Cab était plutôt une bonne alternative à nos altercations ! C’est effectivement une voiture très intéressante …
(d’ailleurs, concernant la Golf GLI de 1979, cela pourrait faire un article très intéressant, modèle très importé aux US. Je parle bien de la GLI et non pas des deurms de Golf Cab que l’on pouvait voir dans toutes les séries américaines des années 80s)

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