Saab 99 : l’envol du griffon !

Jeudi 10 mars 2016
Retour

Avec un nom comme Boîtier Rouge, et une passion certaine pour la Saab 900, il fallait bien qu’un jour ou l’autre je vous parle de son ancêtre, la 99 ! Car si c’est la 900 qui est devenue mythique, c’est la 99 qui a posé les fondements du Saab qu’on connaît, et qui lui a donné une nouvelle dimension après avoir décliné depuis 1947 la 92 (lire aussi : Saab 92) en 93, puis 96, en fait toujours un peu le même modèle pendant 20 ans. Ironie, la 99, puis la 900, appliqueront la même recette pendant … presque 30 ans !

Le prototype Paddan aux côtés d'une Saab 96: voyez la différence de largeur !
Le prototype Paddan aux côtés d’une Saab 96: voyez la différence de largeur !

Avec la 99, c’est une vraie révolution chez Saab (normal, elle est née en 1968) : le style change totalement (inaugurant le capot « coquillage » et le pilier C « crosse de hockey » typiques de la marque). On doit son dessin à Sixten Sason, le designer fétiche de Saab. La 99 abandonne aussi le V4 Ford pour s’équiper… en Angleterre, avec un moteur 4 cylindres Triumph de 1,7 litre et 80 ch (carbu), déjà vu sur la Dolomite.

99 01

99 04

Les origines anglaises du « fameux » moteur Saab sont donc évidentes, mais avant de trop se moquer, ce sont les ingénieurs suédois qui vont s’attaquer à l’améliorer puis le développer au fil des années. Si c’est bien Triumph qui lui donnera l’injection en 1970 (87 ch) ou fera passer sa cylindrée à 1,85 litres en 1971 (à carburateur 86 ch ou à injecteurs 95 ch), la marque anglaise cessera ensuite de le développer, laissant Saab créer seul la version 2 litres qui deviendra la base inévitable de toute Saab à partir de 1972 (dit moteur B) ! En 2 litres carbu, il offre une puissance de 100 ch, avec l’injection, il passe à 110 ch… Quant à la version Turbo, lancée en 1978, elle passe directement à 143 ch !

99 07 Turbo

99 06 Turbo

Mais revenons au lancement de la 99. Le projet « Gudmund » est lancé le 2 avril 1965 (c’était la Saint Gudmund, d’où le nom), avec pour objectif le remplacement pour partie de la 96. Chez Saab à l’époque on ne parlait pas de gamme : un modèle suffisait à occuper les chaîne de Trollhätttan (si l’on excepte l’anecdotique Sonett, lire aussi : Saab Sonett) ! C’est donc à chaque nouveau lancement un moment crucial. 4 prototypes dénommés Paddan (le crapaud en suédois) serviront de mulets pour tester les nouveautés à venir notamment le moteur et les trains avant. Si les soubassements sont déjà presque ceux de la 99, la carrosserie, par discrétion, est celle d’une 96 … élargie. Un seul de ces prototypes aura survécu, et est encore visible au musée Saab.

99 08

99 13

Contrairement à la légende, ces proto Paddan n’étaient pas badgés Daihatsu, mais bel et bien Saab : le but était qu’ils passent inaperçus au milieu de la circulation des 96 autour de l’usine. Ce seront les vrais prototypes de 99, avec leur nouveau design, qui seront badgés de la marque japonaise, quasiment inconnue en Suède et permettant là encore une certaine discrétion. Peu importe. La 99 est enfin présentée au public fin 1967, et sera commercialisée à partir de 1968 !

99 03

99 02

Avec la 99, Saab va enfin sortir de son relatif anonymat. Avec elle, la marque va véritablement décoller, notamment aux Etats-Unis où elle est exportée. Les versions Turbo feront aussi beaucoup pour la réputation de la marque. La 99 représentera dans les années 70 le haut de gamme de Saab, tandis que la vieille 96 continuera à être produite (notamment en break 95)en complément plus « accessible », et de la Sonett sportive. Avec le développement d’un embryon de gamme, les capacités de production semblent déjà limitées : conscient du problème, et pour y remédier, Saab signera dès 1968 un contrat avec Valmet pour la production de la 99 en Finlande (lire aussi : Valmet). La 99 était proposée en berline 4 portes, berline 5 portes, coupé 2 portes et coupé 3 portes: de quoi séduire un sacré panel de clients !

 

Une Saab 99 en version US

 

La Saab 99 EMS (Electronic Manual Special)
La Saab 99 EMS (Electronic Manual Special)

C’est d’ailleurs en Finlande que naîtra une drôle de Saab 99, dénommée Finlandia, en 1977. Il s’agit là d’une version « limousine » (uniquement vendue en terres finnoises) et surnommée « Saunanikkuna » (fenêtre de sauna) à cause de sa vitre centrale rajoutée. Seuls 23 exemplaires seront fabriqués, mais elle donnera naissance à une lignée de limousines finlandaise sur base Saab : la 900 Finlandia puis la 900 CD. C’est aussi dans ce pays et grâce à Valmet que la Saab 99 survivra quelques années de plus dans les années 80 avec la Saab 90 (lire aussi : Saab 90).

Saab 99 Finlandia, version limousine hyper rare (23 exemplaires)
Saab 99 Finlandia, version limousine hyper rare (23 exemplaires)

La 99 tirera sa révérence en 1984, année de lancement de la Saab 9000 (lire aussi : Saab 9000) après 588 643 exemplaires produits. Aujourd’hui, elle est beaucoup moins recherchée que la 900 (lire aussi : Saab 900), tout en offrant à l’amateur un look très proche, mais beaucoup plus vintage. Si l’envie de rouler suédois et décalé (pléonasme?), n’hésitez pas à vous intéresser à cette étonnante petite Saab 99 avant qu’elle ne coûte aussi cher que ses sœurs 900 !

Galerie d'images

Voir toute la galerie

Vous recherchez ou vendez

une auto de collection

Concours

CLASSIC & SPORTS CAR


Tentez de gagner un reportage sur vous et elle dans notre magazine partenaire
Classic & Sports Car France.

Contenu alimenté par

Articles associés

10 commentaires

wolfgang

Le 10/03/2016 à 17:28

Pas un seul commentaire sur la marque préférée du patron !!!

Je ne peux pas laisser faire ça.

Elle est très bien cette bagnole.

Paul

Le 10/03/2016 à 17:38

ils osent pas ahahah 😉

Olivier

Le 10/03/2016 à 23:25

Une auto historique ! Le downsizing serait-il une invention involontaire de Saab ? Car ce fameux moteur B, a été le seul présent dans la gamme pendant 15 ans au moins, à 8 ou 16 soupapes, avec ou sans Turbo, le dit Turbo à basse ou haute pression et, dans ces versions les plus puissantes, ambitionnait avec succès la confrontation avec beaucoup plus gros que lui, en provenance notamment d’outre Rhin. La 9000 réalèsera à 2,3 et plus tard (9-5) GM offrira un V6 puis Fiat un gazout, mais cela est une autre histoire, qui malheureusement se terminera mal ! Pourtant, elle était réussit la 9-5 NG…

eddy123

Le 11/03/2016 à 12:03

J’ai eu des soucis de joint de culasse avec ma 900i le 8 soupapes!!
Manifestement a ce que j’ai pu glaner c’était sons petit « défaut » a la 8s!!

dans l’ensemble ma 900 ma pas transcendé!!! bah après une BX en gti difficile de faire mieux en conduite!!! (seulement en conduite)!

Mnbee

Le 11/03/2016 à 21:38

B204I fir ever !

Marc

Le 14/03/2016 à 15:41

C’est mon ancienne pour l’hiver, une GL 5 vitesses de 1983, 160’000 km, comme neuve et pas de rouille, je l’adore mais assez couteuse en entretien…
400 ventes en France, de 1968 à 1984 parait-il.
Merci pour l’article

Laurent BUNNIK

Le 01/09/2016 à 20:50

Je me permets de rectifier un point : le moteur 1.7 n’a pas été « déjà vu » sur la Dolomite, car d’une part la Dolomite n’est sortie qu’en 1972, et d’autre part, la Dolomite n’a jamais reçu la version 1709 cm3 mais seulement la version 1854 cm3. Donc Triumph avait bien laissé l’exclusivité de son premier moteur à la Saab 99 , même si celui-ci était dérivé de celui de la Triumph 1500. Ensuite, les versions 2 litres des Saab 99 et des Triumph Dolomite Sprint (et TR7) ont nettement divergé et les moteurs n’ont plus grand chose en commun.

Blandine

Le 12/03/2017 à 13:16

Super article!

faxydid

Le 14/03/2017 à 21:10

La 99 couleur marron métalisé du reportage est identique a la mienne vendu en FRANCE en 1974, actuellement 55000km d’origine

FG PRADEL

Le 16/09/2017 à 14:57

il y a 40 ans je roulais en 99 EMS et je peux affirmer que cette voiture en imposait…. je laissais sur place la BMW 528 de mon pote en partant de Dinan (22) et je l’attendais à la terrasse d’un café sur le port d’Erquy avec le plaisir de lui avoir montré ce qu’était une vraie tenue de route………… ( la route était franchement « technique » à cette époque …)
Cette auto par contre était assez fragile et j’ai du changé la ligne d’échappement du silencieux jusqu’au collecteur en fonte impossible a ressouder…… je changeais aussi mon disque d’embrayage assez souvent ….fuite d’huile sur un joint spi…. elle me coutait une moitié de ma paie tous les mois…mais j’étais vraiment amoureux de ma voiture….. j’avais fait peindre deux bandes vertes de chaque coté de l’avant a l’arrière sur le gris métal d’origine….. vous la reconnaitrez ainsi peut être un jour….lol

Laisser un commentaire