Seat 800 : la vision ibère d’une 600 à 4 portes

Mercredi 4 janvier 2017
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J’ai reçu ce matin le mail d’un lecteur, Gérald, me parlant avec amour de sa Seat 600 D Cabriolet dénichée en Espagne un peu par hasard. Ce courrier m’encouragea à exhumer les informations que j’avais déjà rassemblées il y a quelques temps sur ce modèle, pour finalement m’orienter vers un modèle bien plus rare et bien moins connu que la 600, en fait sa sœur à 4 portes, la Seat 800 (ou « ochocientos » en ibère). Car si la 600 a été largement diffusée de 1959 à 1973, à plus de 800 000 exemplaires, la 800, elle, est restée bien plus confidentielle. En plus de sa rareté, elle a le mérite d’être une exclusivité Seat, jamais produite en Italie par la Fiat. Autant d’arguments pour la déclarer très BR.

La 600 était, comme son modèle italien, une petite voiture à 2 portes. Or, au début des années 60, des constructeurs comme Renault (avec Fasa) ou Citroën (dans son usine de Vigo ouverte en 1958) se mettent à produire en Espagne des véhicules populaires à 4 portes : la Dauphine (à partir de 1959) puis la R4 (en 1963) pour Fasa, la 2CV pour Citroën. Seat en revanche n’a rien de tel dans sa gamme, entre la petite 600 et la grosse 1400 ! Avec l’accord de Fiat, Seat va donc décider de lancer une version 4 portes de la 600.

En fait, l’idée ne vient pas de Seat, mais d’un carrossier catalan, Costa, et de son ingénieur Franco Ambrosini, ancien directeur technique de la firme Siata (lire aussi : Siata Spring). Un premier prototype est réalisé en 1962 et présenté à Seat, qui y voit alors un bon moyen d’élargir sa gamme à moindre frais. La voiture est présentée au public en 1963 à la XXIème foire internationale du commerce de Barcelone.

Plus longue de 18 cm, et plus lourde de 35 kg, la 800 reçoit le moteur le plus puissant de la gamme 600, un 767 cm3 de 21,5 ch. La fabrication de la 800 va être un véritable mécano industriel. Les châssis de 600 fabriqués par Seat dans son usine de la zone franche sont envoyés chez Costa. Ils y sont alors modifiés, et reçoivent leur carrosserie à 4 portes, avant de repartir chez Seat pour y recevoir leur mécanique et les divers petits détails de finition.

Cette organisation sera à l’origine de la faible diffusion de cette petite 800 : fabriquée quasiment artisanalement, il lui était difficile d’atteindre les mêmes volumes que sa sœur 600, et les capacités de production de Costa ne lui permirent pas de dépasser les 17 577 exemplaires (ou 18 200 selon les sources) entre 1964 et 1967, et ce malgré un bon accueil de la clientèle espagnole. Elle sera remplacée par une version 4 portes de la Seat 850 (la 850 L), fabriquée, elle, directement par Seat.

Avec sa faible production à l’époque, autant vous dire qu’il n’en reste pas beaucoup en circulation : le club des propriétaires de 800 en ont recensé aujourd’hui… 317 ! Une voiture à collectionner, assurément et qui aura le mérite de faire se retourner les têtes ! Vos voisins se demanderont quelle étrange bagnole vous avez encore déniché, et viendront vous poser toutes sortes de questions sur votre Fiat qui n’en est pas une, sur votre 600 qui n’en est pas tout à fait une non plus, sur sa drôle de bouille plus originale que jolie, et vous serez la star des rassemblements.

Sinon, vous pouvez toujours vous rabattre, comme Gérald, sur une version rare de la 600, comme la « Descapotable » qui est en fait une découvrable à la façon d’une 2CV. Ou bien tout simplement vous contenter de crâner dans les dîners en ville ! A vous de voir !

A voir: http://www.seat800.net/

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8 commentaires

Gérald

Le 04/01/2017 à 16:12

Olé Paul ! tu m’as coupé l’herbe sous le pied ! c’est vrai que la 800 est bien plus exclusive et bien plus BR ! 😉

Leifur

Le 04/01/2017 à 16:32

Cool la 600 limo !
Quid de la découpe de la porte arrière inspirée ou ayant inspirée celle de la Renault 4 (sortie la même année ?).

J2M

Le 04/01/2017 à 22:38

Les cousines espagnoles avaient toutes un charme fou ! Françaises ou italiennes de lignée, voire américaines (la Dodge V8), les différences d’interprétation étaient plaisantes à souhait.
J’ai un très vague souvenir de cette version rare , moins de la 850 (aux portières minuscules) et encore moins de la 127 à 4 portes qui avait atterri à trois rues d’ici et qui rouillait encore plus vite que sa cousine italienne. J’eus le temps de la détailler longuement en passant à vélo.
On se demandait même pourquoi les espagnols avaient droit à ces versions évidentes, et pas nous.
On trouve encore des Renault-Fasa Siete et des R8 TS sur le bon coin version espagnole, à prix sympa. Si vous êtes tenté et si vous avez l’esprit BR, jetez donc un œil !
Et meilleurs vœux à BR, en priant pour que ce régal permanent ne tarisse pas !

Quentin

Le 06/01/2017 à 20:51

Une Dodge V8 made in Spain ?

Eddy123

Le 05/01/2017 à 06:27

Curieusement du côté de Toulouse
Il y a plusieurs vieilles Seat très propre à vendre dont ce modèle. ..
https://www.leboncoin.fr/voitures/1073350804.htm?ca=2_s
Il y a aussi un 124 et même une Simca espagnole…

Eddy123

Le 05/01/2017 à 06:43

Bon.. Dans les faits, c’est une 600… Mais rare tout de même. ..

J2M

Le 06/01/2017 à 08:34

Ce qui me plait c’est la déclinaison de la forme de carrosserie autour du ou imposée par le moteur arrière.
La 600, qui fera aussi les beaux jours de Zastava, La Multipla, la 500, la Giardiniera, les Autobianchi dérivées.
Tout ça était craquant à souhait.
Finalement, Fiat nous a ressorti la vieille recette et ça marche plutôt bien !

Quentin

Le 06/01/2017 à 20:46

Il est assez étrange que Fiat n’aie pas eu l’initiative de cette variante : ce n’est pas une catastrophe esthétique et cela aurait permis de gagner bien des ventes à l’exportation, car la voiture n’avait rien à envier à une Coccinelle. Mais ils étaient sans doute trop occupés par leur marché intérieur (et cela leur porte d’ailleurs encore préjudice aujourd’hui).

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