Simca 1000 Coupé et 1200 S : coupés à l’italienne

Publié le samedi 29 octobre 2016.
Mis à jour le vendredi 5 avril 2019.
Retour

Quand on pense « Simca 1000 » vient à l’esprit cette voiture toute carrée, à l’élégance incertaine (bien que ce style en fasse tout le charme aujourd’hui) et au moteur « sac à dos », à mille lieux de ce qu’on appelle l’élégance automobile. Il faut pourtant croire que cette tendance stylistique (mon fils de 5 ans aurait pu être designer automobile tant ses dessins de voitures sont dans la même veine) était dans l’air du temps puisqu’en 1962, Renault sortait une 8 aux traits assez proches, tout du moins aussi carrée que la 1000. Mais n’allez pas croire que l’appellation « Simca 1000 » fut réservée à ce parpaing à roulette (aussi rigolo à conduire fut-il) : en 1962, la vénérable marque encore dirigée par Henri Pigozzi (lire aussi : Henri Pigozzi, l’âme de Simca) en lance un dérivé élégant dessiné par Giorgietto Giugiaro pour Bertone : la Simca 1000 Coupé Bertone.

1000-08

A cette époque, Simca n’est pas encore totalement contrôlée par Chrysler (elle le sera quelques mois plus tard, lorsque la firme américaine rachètera les dernières parts détenues par Fiat), et les liens avec l’Italie sont encore solides. Et puis, Pigozzi n’est-il pas italien de naissance ? Pour aller titiller la Renault Floride, Simca va donc chercher à lancé son Coupé. Après avoir refusé la proposition de Facel-Vega (partenaire historique des petites séries Simca, lire aussi : Simca Plein Ciel et Océane), Simca va retenir le dessin du jeune designer de chez Bertone, qui fera la carrière que l’on sait par la suite.

1000-12

Avouez qu’il fallait du talent pour passer de la très géométrique 1000 berline à la gracieuse et élancée 1000 Coupé. Le coupé est pourtant réalisé sur la même plate-forme, avec le même moteur (un 944 cm3 développant 40 ch), mais sa carrosserie est toute nouvelle, et elle dispose de 4 freins à disques… Seuls ses phares laissent entrevoir ses liens avec la berline. Présentée en 1962, la Simca 1000 coupé n’entrera en production qu’en 1963.

1000-01

1000-02

Dans la gamme, elle prend donc la place de la Simca Plein Ciel, version coupé de l’Aronde fabriquée jusqu’alors chez Facel Vega. Avec un moteur légèrement plus puissant que celui de la berline, un aérodynamisme bien meilleur (ce n’était pas dur cela dit), et un poids plus contenu, le Coupé 1000 offre des performances bien meilleures. Mais cela se paye au prix fort : le coupé sera à l’époque le véhicule le plus cher de la gamme Simca, coûtant l’équivalent d’une DS !

1000-09

1000-10

Avec la 1000 Coupé, Simca désirait s’offrir une image plus sportive, et plus racée. Mais elle touchera, gâce ou à cause de sa ligne, une clientèle essentiellement féminine et urbaine. Elle sera produite de 1963 à 1967 à seulement 10 124 exemplaires (soit une moyenne de 2000 voitures par an).

1000-14

Afin de muscler un peu la voiture d’une part, les ventes d’autre part, et pour acquérir enfin une image vraiment sportive, Simca va changer radicalement la 1000 Coupé en 1967 en lui donnant un look plus « masculin », plus agressif, avec une vraie calandre (malgré le moteur à l’arrière!), et surtout lui greffer le moteur de la future Simca 1100. Au menu, un 4 cylindres de 1.2 litres porté à 80 ch (2 carburateurs double corps), le double de puissance par rapport à la 1000. La communication, quant à elle, se virilise aussi, comme le laissent voir les publicités de l’époque.

Il faut chaud, chez Simca
Il fait chaud, chez Simca

La Simca 1200 S (car c’est son nom) va donc remplacer la 1000 Coupé sur les chaînes à partir de 1967. Elle sera fabriquée en France jusqu’en 1970, puis dans l’usine Chrysler de Rotterdam pour sa dernière année de production (avec un moteur passé à 85 ch), afin de libérer de la place sur les chaînes pour la 1100. En France, les accords liant depuis peu Simca à Matra ont en outre eu raison de la 1200 S qui laisse la place en concession à la Matra 530 ! Au total, 14 741 Simca 1200 S auront été produites.

1200-s-03

Aujourd’hui, les 1000 Coupé et 1200 S sont des Simca méconnues. Bien sûr, on trouvera plus sportif parmi les concurrentes de l’époque, mais le relatif oubli de ces modèles en font des voitures plus abordables. Sans compter le plaisir de rouler dans une voiture française dessinée par Giugiaro (ce qui n’est pas banal) : un petit coupé italien construit sur les rives de la Seine ! Et puis quelle élégance toute féminine pour la 1000 Coupé, tandis que la 1200 S a des airs de mini Ferrari. Alors ? Conquis ?

 

Articles associés

8 commentaires

Eddy123

Le 29/10/2016 à 22:59

Oui!! la 1200 S m’a conquis!!
Je le trouve très belle..
Racée. .
J’en avais vue dans les magasines mais sens plus..
Tu me l’as bien vendu..

pipo

Le 30/10/2016 à 07:39

Abordable ? Surtout introuvable !
Particpant a de nombreux rassemblement , elles sont tout simplement tres rare.
J aime cette ligne qui me rappelle la fiat 850 coupe, un air de famille logique finalement quand on connait les lins entre fiat et simca.

meunier

Le 30/10/2016 à 08:50

la 1200S je l’ai pratiqué quelques années à la fin des années 80 . un magnifique coupé sympa à conduire malgré les maudits solex difficiles à régler . bref la seule auto que je regrette d’avoir vendue et qui aujourd’hui est plutot surcotée à mon gout .

McCloud

Le 30/10/2016 à 12:44

Mon cousin avait appris à conduire à bord d’une 1200 appartenant à un copain à lui. Jolie voiture qui respirait l’Italie proche.
Ensuite Simca a fabriqué avec Matra de superbes fausses sportives en fibre de verre, appelées Bagheera, dont les contre-portières étaient décorées de plaquages de Vénilia imitation liège…

SRDT

Le 30/10/2016 à 20:14

Si la 1200 conserve son moteur à l’ar le radiateur a lui migré à l’avant ce qui justifie la calandre et les extracteurs sur le capot.
Techniquement c’est justifié et esthétiquement c’est une réussite.

wolfgang

Le 03/11/2016 à 12:26

La 1000 coupé carrossée par Bertone avait beaucoup de soucis : elle commençait à rouiller dès le parking de l’usine Bertone, le moteur 944 n’était pas à la hauteur de la ligne, la tenue de route était très mauvaise (encore plus que sur la berline) et les 4 freins à disque (une prouesse pour l’époque) avaient une facheuse tendance au déséquilibre.

La 1200 s était fortement améliorée en tout points (en rouille je sais pas). Beaucoup ont été équipées du 1300 des Rallyes 2 au fil des réparations.

En tout cas j’ai récupéré un panneau arrière de 1000 coupé il y a une dizaine d’année. Au cas où elle viendrait compléter ma collection de Simca un jour…

Ceci dit la Bagheera série 1 est une auto magnifique aussi.

alain Rousseau

Le 17/12/2016 à 07:54

Je connais encore dans un garage une qui est à l’ arrêt mais je ne sais combien le proprio veut là lâcher!!!!!!

Nicole

Le 31/05/2018 à 02:11

La voiture qui avait failli tuer ma mère. Simca avait pensé à l’accélérateur, mais avait oublié les freins.

Laisser un commentaire