Standard 2000 : haut de gamme à l’indienne

Mercredi 21 mai 2014
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Nous vous avions parlé de la Rover SD1, fantastique et futuriste haut de gamme doté, pour sa version la plus performante, d’un moteur V8 (lire aussi : Rover SD1). Si sa production cessa en 1985 en Angleterre, elle connut une seconde vie en Inde sous le nom de Standard 2000.

Standard Motor Company India (SMCI) était un constructeur indien d’automobile, issu à l’origine du constructeur britannique Standard-Triumph. Si la production de voitures particulières avait cessé en 1977, pour se consacrer à la production de moteurs diesel et de véhicules utilitaires, l’idée de relancer cette activité titille le patron de Standard, Karthik Narayanan. Surtout que le gouvernement indien avait assoupli la loi sur l’importation et la fabrication de voiture afin de dynamiser le marché.

Dès 1981, des contacts furent pris entre Standard et Rover. Karthik Narayanan a en effet décidé de produire une voiture haut de gamme pour le marché indien, et désire produire une version indienne de la Rover SD1, qui sera bientôt remplacée par la Rover 800. Les négociations furent longues, et l’accord ne prit forme qu’en 1984 avec l’achat par Standard de 12 000 caisses de SD1. Finalement, les carrosseries seront fabriquées en Inde et même ré-exportées vers l’Angleterre en tant que pièces détachées pour les SD1 circulant encore.

Si les carrosseries, ou les suspensions venaient d’Angleterre, le moteur lui provenait de la gamme Standard : un antédiluvien 4 cylindres développant 83 chevaux et dont les origines remontent à 1948 ! Par rapport à la SD1, la Standard 2000 disposait d’une garde au sol rehaussée pour affronter les routes chaotiques indiennes.

La production de la Standard 2000 commence en 1985 dans l’usine de Madras, à la capacité de 4000 véhicules par an. L’objectif de Standard était clairement de conquérir le marché du haut de gamme en Inde. Mais jamais la production de la 2000 ne réussit à décoller. D’abord, le marché n’était pas assez mature pour un haut de gamme, les très riches préférant les européennes importées, et les classes moyennes n’ayant pas les moyens de dépenser 212 000 roupies pour une berline sous-motorisée.

Comble de malchance, des grèves perturbèrent aussi la production, qui cessera définitivement en 1988 avec la faillite de Standard et sa liquidation. Difficile de savoir combien de Standard 2000 furent réellement produites et vendues, sûrement quelques centaines, pas beaucoup plus. Les stocks de pièces détachées furent rachetées pour être distribuée en Angleterre.

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