Subaru 1000 et FF-1 : Boxer et traction, combo gagnant

Publié le jeudi 19 décembre 2019.
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La marque japonaise Subaru, filiale automobile du groupe Fuji Heavy Industries, n’est qu’une petite marque de niche au début des années 60. Elle produit une unique kei-car, la 360 (déclinée en Sambar pick up et van) essentiellement destinée au marché intérieur (malgré une tentative d’exportation aux USA par Malcolm Bricklin). Pourtant, Subaru est bien décidée à changer d’échelle et lance une “vraie” voiture en 1966, une voiture d’ingénieur : la Subaru 1000. Il s’agit alors de la première traction de la marque, équipée d’un étonnant moteur Boxer qui restera une marque de fabrique pendant plus de 50 ans.

Dès les années 50 et le développement de la division automobile Subaru par Fuji Heavy Industries, l’idée d’une berline de taille moyenne à même de transporter une famille japonaise trotte dans la tête des ingénieurs. En 1954, une vingtaine de prototypes appelés P-1 sont produits, équipés d’un moteur Prince, le FG4A, clone d’un moteur de Peugeot 203. Malgré l’intérêt de la P-1, Subaru va finalement s’orienter vers le développement d’un plus petit modèle, la 360, plus à même de conquérir le coeur de Japonais dans un pays en pleine reconstruction. Cette petite kei-car à moteur arrière bicylindre profite à plein d’une fiscalité avantageuse. Lancée en 1958, elle permet à Subaru de se faire la main dans la production automobile, devenant un best-seller avec 392 000 exemplaires vendus.

De la kei-car à la vraie berline

Au début des années 60, la situation économique du Japon est en train de changer. Profitant d’une croissance sans précédent, les Japonais s’enrichissent et désirent désormais des voitures plus grandes, permettant de transporter confortablement une famille. Subaru relance alors son projet d’une berline familiale. En 1960, plusieurs prototypes sont réalisés, mais Fuji Heavy Industries n’a pas encore les moyens d’un lancement industriel. Il faudra attendre 1963 et un nouveau prototype pour que la décision de lancer le modèle soit prise. 

Cette fois-ci, c’est la bonne. Si Subaru est encore un petit constructeur, elle fait partie d’une firme d’ingénieurs, Fuji. Hors de question, pour cette nouvelle berline, de ne pas être innovante. Afin de séduire aussi une population éloignée des villes et habitant dans les zones de montagnes enneigées, on choisit d’opter pour des roues avant motrices. Pour le moteur, le choix va se porter sur un 4 cylindres Boxer compact en alliage de 977 cc et à refroidissement par eau. Au Japon, c’est la première voiture dotée d’une telle architecture. 

La FF-1 diffère peu, extérieurement, de la 1000.

Moteur Boxer et traction

Grâce à cela, et à l’utilisation de joints à double décalage réduisant les vibrations, la Subaru 1000 bénéficie d’un silence de fonctionnement remarquable pour l’époque, mais aussi d’un bon rendement avec 55 chevaux sous le capot. Avec un poids contenu (670 kg) et une répartition des masses à 60 % à l’avant, la 1000 s’avère très agile y compris en zone montagneuse et sur la neige : objectif atteint. La voiture est présentée à la presse le 21 octobre 1965 tandis qu’elle fait sa première apparition publique au Salon de Tokyo le 29 octobre. Les commandes sont ouvertes en mai 1966 et la commercialisation intervient en octobre de la même année.

En février 1967, la gamme évolue avec le lancement d’une version 2 portes, complétée par un break en septembre. La 1000 SS, poussée à 67 chevaux, sort quant à elle en 1968. Dès mars 1969, la 1000 reçoit un lifting tandis que son moteur passe à 1 088 cc. Elle prend alors le nom de FF-1 Star (FF pour Front engine / Front wheel drive) et passe à 62 chevaux en version “normale” et 77 pour la version SS. C’est à partir de ce moment-là que les ventes décollent vraiment, d’autant qu’elle est désormais exportée vers les États-Unis. Avec la 1000 et la FF-1, Subaru prend enfin sa place parmi les constructeurs japonais.

Les prémices de la transmission intégrale

La marque aux étoiles va faire évoluer son modèle en juillet 1970. Désormais appelé FF-1 1300 G, il cache sous son capot avant un Boxer de 1 267 cc développant 80 chevaux. Pour autant, le 1 100 cc de 67 chevaux est conservé sous l’appellation FF-1 1100. En revanche, les versions SS sont supprimées. C’est avec la FF-1 1300 G, et un peu par hasard, que Subaru se mettra à ce qui deviendra l’autre marque de fabrique de la marque avec le Boxer : la transmission intégrale.

La FF-11 SS, version sportive de la gamme !

En 1970, la société Tohoku Electric Power cherche une solution pour ses techniciens, encore équipés de Mitsubishi J3 découvertes, certes très agiles en tout-terrain, mais peu confortables pour agir sur les lignes en période d’hiver et en montagne. L’entreprise fait appel à l’un des concessionnaires Subaru pour tenter de transformer une 1300 G Break en transmission intégrale. 

La FF-1 1300 G, dernière évolution de la famille 1000/FF-1

Les fondamentaux de Subaru

Le défi est relevé par Subaru Miyagi (une préfecture au nord de Tokyo) : en installant l’essieu arrière d’une Nissan Bluebird ainsi qu’un différentiel, la FF-1 devient une intégrale. La maison mère va alors reprendre le projet à son compte et construire au total 8 prototypes, exposant l’un d’entre eux au Salon de Tokyo en octobre 1971. Si la FF-1 ne bénéficiera jamais en série de cette avancée, la Leone qui la remplace au même moment proposera la transmission intégrale en option à partir de septembre 1972. Sur les 8 prototypes de FF-1 AWD, il n’en existe plus qu’un seul aujourd’hui, racheté et rénové par la marque.

Avec les 1000 / FF-1, Subaru a posé les bases de l’identité de la marque aujourd’hui : agilité, fiabilité, moteur boxer, traction ou intégrale. Elle s’est ainsi forgé une image bien à elle, à l’instar d’autres marques “d’ingénieurs” comme Citroën ou Saab, cultivant un certain décalage. C’est aussi à cette période que Subaru s’est initiée aux rallyes avec l’agile 1300 G. Les chiffres de production sont difficiles à trouver pour la 1000 et la FF-1 Star. Pour la FF-1 1300 G, 83 696 exemplaires sont sortis des chaînes, un chiffre tout à fait honorable.

Une Subaru FF-1 Van destiné à l’export vers les USA

Aujourd’hui, une 1000 ou une FF-1 reste difficile à trouver, encore plus dans nos contrées européennes. On en trouve bien sûr au Japon ou aux États-Unis où elle rencontra son petit succès. C’est en tout cas une belle pièce pour un amateur de Japonaises, pour un mordu de Subaru ou bien pour un collectionneur amateur d’exotisme.

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1 commentaire

Albert Luc

Le 21/12/2019 à 21:00

Bonsoir,
1 litre, 1100, 1300 cm3 on dirait l’évolution de la GS.
Sinon le profil du break fait penser à la Simca 1100 break.

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