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Subaru 360 : l’improbable Mini japonaise

Mardi 2 juillet 2019
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Non, Subaru ne se limite pas à l’Impreza et à ses victoires en rallyes. Pour en arriver là, il faut bien commencer quelque part, et c’est avec une petite voiture, une keicar, que Fuji Heavy Industries va se lancer dans l’automobile. Ne cherchez pas de grande stratégie marketing, il s’agit juste d’offrir aux familles japonaises une automobile aux dimensions contenues (pour faire baisser la note fiscale) mais capable d’embarquer la smala pour les vacances. Cette Subaru 360, première voiture de la marque aux 6 étoiles, fut même exportée aux USA.

La Subaru 360, la voiture des familles.

C’est en 1958 que le conglomérat japonais Fuji Heavy Industries se lance dans l’industrie automobile. Il s’agit à l’époque de répondre à la forte demande de mobilité des japonais tout en restant dans un tout petit budget. Le Japon de l’époque est encore en reconstruction : même 13 ans après la fin de la guerre, l’archipel n’est pas encore ce qu’il est aujourd’hui malgré le fort développement des années 50. L’industrie se reconstruit, la croissance est là, mais le marché n’est encore qu’embryonnaire en cette fin des années 50. Les constructeurs automobiles se développent tout juste, parfois même avec l’aide occidentale comme Hino qui produit des Renault 4CV sous sa marque depuis 1953.

Les débuts de Fuji Heavy Industries

Le cahier des charges est clair pour Subaru : produire une voiture respectant la législation “keijidosha” datant de 1949. Cette loi apportant des bénéfices fiscaux et d’assurance vient d’évoluer en 1955, avec une cylindrée maximum de 360 cc que ce soit pour un bicylindre ou un 4 cylindres. Pas besoin d’aller chercher très loin le nom de la nouvelle voiture qui s’équipe d’un bicylindre (justement) placé transversalement à l’arrière de 356 cc. Bon d’accord, les 16 chevaux paraissent bien faiblards, mais n’oubliez pas que la voiture ne pèse que 385 kg. 

Avec sa drôle de bouille et, a posteriori, la Subaru 360 (lancée en 1958) étonne aujourd’hui, mais elle est dans la lignée de la Fiat 500 en Europe, une petite voiture économique et légère. En outre, la 360 est plus moderne qu’on ne le croit : suspensions indépendantes aux 4 roues, boîte de vitesses à 4 rapports et embrayage automatique électromagnétique “autoclutch”, coque autoporteuse, toit en fibre de verre… Cette Sub’ en donne beaucoup pour un prix très attrayant. Certes, elle manque un peu de puissance, mais le bicylindre évoluera au fil du temps, atteignant 23 chevaux (Young S) puis 36 grâce à deux carburateurs (Young SS). Une version “break” sera brièvement lancée entre 1960 et 1961.

La Subaru 360 Custom, version break de la 360

La 360 n’est pas destinée a priori à l’exportation : le marché japonais suffit à Subaru pour ce premier coup d’essai. Pourtant, la petite japonaise, surnommée Ladybird par les nippons, va vivre une aventure américaine étonnante. En 1967, un jeune entrepreneur ayant fait fortune dans la fourniture de plomberie et de quincaillerie, Malcolm Bricklin, approche le constructeur japonais avec une idée simple : importer des scooters produits par Fuji Heavy Industries. Arrivé au Japon, il découvre la 360 et comprend que c’est elle qu’il doit importer : puisque la Volkswagen Beetle cartonne aux USA, que les Mini et Fiat 500 cartonnent en Europe, pourquoi ne pas proposer aux consommateurs les plus modestes une voiture du même acabit à un tarif imbattable ?

Du Japon aux USA

Dès 1968, Bricklin lance donc Subaru of America avec un associé, Harvey Lamm, et propose à la clientèle américaine la 360 au prix incroyable de 1 297 dollars. Grâce à son poids plume, la petite japonaise est exemptée de coûteuses modifications pour se conformer aux standards de sécurité américain et bien évidemment, rencontre un vrai succès à ses débuts. Pourtant, les choses vont se gâter à partir de 1969 lorsque la presse américaine se fait l’écho de piètres performances et du manque de sécurité. Les ventes s’effondrent après 10 000 exemplaires importés aux USA. Bricklin part alors fonder sa propre marque automobile (pour lancer la Bricklin SV-1), revendant ses parts à Subaru.

La Subaru 360 Young SS, plus puissante

 

Subaru produira sa petite 360 jusqu’en 1971 à plus de 392 000 exemplaires. Pour une première tentative, c’est une réussite. Dès lors, la marque japonaise cultivera une certaine singularité (moteurs boxer, transmission intégrale) pour atteindre la notoriété qu’elle a aujourd’hui. La 360 quant à elle reste méconnue. C’est pourtant une alternative intéressante et originale face à la flambée des Fiat 500 ou Mini contemporaine. Certes, elle n’a jamais été importée en Europe, mais quelques anglais malades de bizarreries japonaises en ont fait venir sur leur île. A vous de voir.

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Caractéristiques techniques

CLASSIC

Subaru 360

1958 - 1970

Motorisation

Motorisation 2 cylindres en ligne
Cylindrée 356 cc
Alimentation Double carburateur
Puissance 36 ch à 7 000 trs/min
Couple 37 Nm à 6 400 trs/min

Dimensions

Longueur 2 995 mm
Largeur 1 300 mm
Hauteur 1 335 mm
Poids à vide 385 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BVM à 4 rapports "Autoclutch"

Performance

Vitesse max 120 km/h
0-100 km/h nc
Production 392 000 ex (tous modèles confondus)

Tarif

Cote 2018 (LVA) 12 000 euros (LVA 2018)

2 commentaires

Olivier

Le 11/07/2019 à 13:08

La 360! Si je devais choisir une micro puce ce serait celle la bien avant Beetle et mini. En plus elle est adorée par les tuners nippons qui lui greffent à l’envie moteur de Vmax ou de cbr, de suite la puce devient plutôt méchante !
A noter que comme chez fiât avec le multipla premier du nom basé sur la 500, il y eu en 70 un micro van adorable reprenant la dénomination 360 « van ».

Mike

Le 15/07/2019 à 08:28

Bel article ! Paul, à propos de voitures nippones, il y a moyen d’écrire un article sur l’histoire de Nissan et Datsun ? Ainsi que de Mazda et ses « dérivés » (Autozam, Efini, Eunos)… Ça m’embrouille.

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