Subaru Alcyone SVX : l’étoile filante de la Pleïade !

Publié le samedi 5 décembre 2015.
Mis à jour le lundi 8 juillet 2019.
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A la fin des années 80, la marque japonaise Subaru n’a pas encore l’aura qu’on lui connaît aujourd’hui. L’Impreza n’est pas encore sortie (lire aussi : Subaru Impreza GT Turbo), et la filiale de Fuji Heavy Industries est encore à des années lumières de ses succès en rallye. Malgré son originalité technique (AWD et moteur Boxer), Subaru végète en dehors du Japon.

L'Alcyone XT, qui précède la SVX, est beaucoup plus anguleuse !
L’Alcyone XT, qui précède la SVX, est beaucoup plus anguleuse !

Pourtant, les envies de « montée en gamme » sont bien là, et depuis 1985, Subaru propose l’Alcyone XT (lire aussi : Subaru Alcyone XT), un petit coupé sportif traction ou à transmission intégrale enclenchable, doté de 4 ou 6 cylindres Boxer et jamais importé en France. Côté berline, seule la Leone tient la baraque tant bien que mal et tente de percer aux Etats-Unis grâce à un rapport prix/équipement/technologie plutôt favorable, et ce malgré un manque d’image de marque flagrant.

SVX 10

C’est dans ce contexte là que Subaru décide de remplacer l’Alcyone XT (vendu tout de même à plus de 90 000 exemplaires entre 85 et 91) par un coupé beaucoup plus ambitieux, au look futuriste, typé Grand Tourisme et permettant au petit constructeur japonais d’afficher ses ambitions. En 1989, alors qu’est présentée la Legacy, première pierre du nouvel édifice, remplaçant la vieille Léone, Subaru révèle au public du Salon de Tokyo le concept SVX, dessiné par Giorgetto Giugiaro (Italdesign) !

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Si aujourd’hui le dessin de la SVX paraît un brin désuet, en 1989, il fit sensation, avec ses surfaces vitrées inspirées d’un cockpit d’avion de chasse (un concept qui sera repris dans une mesure encore plus radicale sur la Saab Concept X, lire aussi : Saab Aero X), lui donnant un look assez extraordinaire. Alors que l’Alcyone XT était très carrée et anguleuse, la SVX (qui prendra aussi le nom d’Alcyone SVX au Japon) est quant à elle beaucoup plus ronde, dans l’air du temps des années 90 !

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Bon confirmer cette montée en gamme, la SVX se dote du plus gros moteur en production chez Subaru : un 6 cylindres Boxer de 3,3 litres atmosphérique de 240 chevaux. Côté boîte de vitesse, Subaru opte pour l’automatique, ne disposant pas dans sa banque d’organe de boîte manuelle capable d’encaisser la puissance et le couple du moteur EG33. Devant les réactions du public et des professionnels, la décision est prise de lancer la SVX, qui sortira des chaînes en 1991, avec pour objectif de conquérir le marché américain !

SVX 08 Pub

Etrangement, deux types de transmission intégrale seront utilisé en fonction des pays où la SVX sera exportée : pour les USA, le Canada, l’Allemagne, la France et la Suisse, la SVX dispose d’un système appelé ACT-4 répartissant la puissance à 90 % à l’avant et 10 % à l’arrière, mais passant ensuite à du 50/50 en condition d’adhérence dégradée. Pour le Japon, le Benelux, l’Angleterre, l’Espagne, la Suède, l’Australie, l’Autriche, et le Brésil, c’est un autre système, appelé VTD (Variable Torque Distribution) qui est proposé, avec une répartition de la puissance de 36 % à l’avant et 64 % à l’arrière, rendant le véhicule en permanence AWD.

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La Subaru SVX est bien entendu richement dotée en équipements intérieurs, et proposée à des prix relativement intéressants. Malgré des ambitions élevées (prévisions de vente de 10 000 exemplaires par an rien qu’aux Etats-Unis), la SVX n’arrive pas à décoller vraiment. Sans image de marque, difficile de faire mieux. Entre 1991 et 1997, seuls 14 257 exemplaires seront vendus au pays de l’Oncle Sam, loin de l’objectif initial. Au total 24 379 exemplaires trouveront preneurs dans le monde entier (dont 52 exemplaires en France entre 1993 et 1996). En Europe, c’est en Allemagne (853 exemplaires) et en Suisse (qui a toujours réservé un bon accueil aux Subaru) que ce grand coupé inclassable s’est le mieux vendu !

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Avec si peu d’exemplaires vendus en France (et un peu plus de 2500 sur toute l’Europe), la Subaru SVX est aujourd’hui devenue rare, même si on peut parfois tomber sur un exemplaire par hasard (comme ce fut le cas pour moi récemment dans le parking de l’aéroport de Porto, un bel exemplaire jaune). Pour celui qui se fiche de l’image qu’il renvoie, recherche un drôle d’engin finalement aujourd’hui très marqué 90’s, et doté de spécificités intéressantes (moteur boxer, 6 cylindres, transmission intégrale permanente ou non), cette SVX est sans doute un investissement intéressant. Une fois au volant, il faudra cependant accepter un inconvénient : la sempiternelle question du pékin « c’est quoi comme marque ? » sur le parking du supermaché !

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4 commentaires

Kev.b

Le 05/12/2015 à 13:44

Il y a pas longtemps il y en avait une belle sur leboncoin près de Digne les bains. Dommage pour moi c’était pas le moment mais c’est une voiture qui m’a toujours fait envie depuis Grand Turismo sur PlayStation. Un jour peut être. Je trouve la ligne sublime et l’intérieur original mais plus sobre que sur son ancêtre la Xt.

Henry

Le 05/12/2015 à 21:58

Bonjour,

J’ai entendu que le concept car avait inspiré Gordon
Murray pour la découpe des vitres de la Mclaren F1..

Bonne soirée

Greg

Le 07/12/2015 à 15:44

Je vais ajouter un élément de contexte historique, surtout pour les fans qui ont découvert l’abondance de la production japonaise au travers de Gran Turismo -et j’en suis!
Ça peut paraître inimaginable aujourd’hui, mais à l’époque l’importation de voitures japonaises en Europe était limitée par quotas, ce qui contribue à expliquer l’extrême rareté de modèles devenus cultes.
Les constructeurs japonais concentraient leurs efforts sur les modèles de forte diffusion.
La Suisse cumulant les particularités d’être un pays montagneux et de ne pas faire partie de la CEE, accueillait à bras ouverts les Subaru qui avaient le bon goût d’être des 4 roues motrices permanentes.
C’était une alternative très avantageuse face aux différentes Audi Quattro ou aux 4×4 purs et durs.
Les quotas sont tombés progressivement à partir de 1991 (accord Bruxelles Tokyo) jusqu’à disparaître au 1er janvier 2000, et… l’Europe n’a pas été envahie par les voitures japonaises.
Petit constructeur indépendant, très mal implanté en Europe, souffrant d’un déficit d’image et de notoriété, Subaru décida de remédier au problème en s’attaquant au championnat du monde des rallyes.
Quand Prodrive a commencé à engager des Legacy avec la mythique livrée Rothmans, mon ouverture d’esprit laissait à désirer et je me demandais dans quoi le grand Ari (Vatanen) s’était fourvoyé!
Il faut dire que les « exploits » à répétition de son jeune compagnon d’écurie, « Crash » Mac Rae, ne donnaient une image très brillante de ce nouveau venu qui osait défier les animateurs incontestés du championnat: Lancia (Delta) et Ford (Sierra Cosworth).
Mais ça, c’était avant l’Impreza…
Encore une fois, quand celle-ci est sortie, j’avoue que j’ai manqué de clairvoyance…
La SVX était une GT puissante, rapide, confortable, richement équipée et invincible par mauvais temps: trop en avance sur son époque???

Kevin

Le 13/12/2015 à 13:29

C’est ça, on est en plein dans la réthorique du site habituelle : « Il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt » Et c’était le cas de Subaru avec son Alcyone.

Après au milieu des années 90 les japonais ont souffert de la faiblesse du Yen, on rogné sur la qualité des aciers utilisés (Y’a qu’à voir comment les Honda fabriquées au Japon rouillent comparé à celles de Swindon) et je pense qu’ils ont plus eue les moyens en 2000 d’envahir le marché européen, en gros, trop tard, trop concurrentiel. Mais je me trompe peut être?

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