Subaru Legacy II : éclipsée par l’Impreza

Mardi 4 septembre 2018
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Ce qui caractérise la Subaru Legacy II, parue en octobre 1993 au Japon, et en 1994 en Europe ou aux USA, c’est son extrême discrétion qui la ferait passer pour une Ford Mondeo encore plus discrète : en bref, une voiture tellement passe-partout qu’elle en devient très « Boîtier Rouge ». Sous sa robe dessinée par un français, Olivier Boulay, se cachent les caractéristiques techniques originales de toute Sub’ qui se respecte : un Boxer, 4 roues motrices et parfois même un turbo pour transformer la paisible berline (ou break) en avion de chasse.

Les dessins d’Olivier Boulay sont fidèles à la réalité : une berline sage

On pourrait appeler cela la « malédiction Subaru » : rien n’y fait, depuis l’apparition de l’Impreza et de ses déclinaisons sportives, toutes les tentatives de la marque japonaise pour sortir du lot en Europe restèrent vaines. Les victoires en rallye de l’Impreza, et sa version civile GT Turbo (lire aussi : Impreza GT Turbo) éclipsèrent toute velléité de se distinguer avec d’autres modèles. Le coupé SVX restera dans l’anonymat le plus complet malgré son design futuriste (lire aussi : Subaru SVX) tandis que la Vanille, malgré un concept et un look sympa, ne fera que de la figuration (lire aussi : Subaru Vanille). Idem pour cette Legacy II pourtant pétrie de qualités mais totalement oubliée aujourd’hui comme à l’époque, du moins en France.

La relative discrétion dans l’hexagone de la grande berline de Subaru ne doit cependant pas éclipser son succès à l’international : avec 961 825 exemplaires produits entre 1993 et 1998, la Legacy II n’est pas exactement ce qu’on appelle un bide (c’est même la plus produite de toutes les générations de Legacy), séduisant en particulier les américains, mais voilà, en France, on n’avait d’yeux que pour l’Impreza, rêvant même parfois d’importer à titre isolé la fameuse 22B STI (lire aussi : Impreza 22B STI). Dommage, car beaucoup sont passés à côté d’une excellente voiture.

Subaru et Boulay était parti d’une idée simple : ce créneau de la berline familiale imposait, pour réussir notamment aux Etats-Unis, un design d’une très grande sobriété, surtout pas tape à l’œil. C’était d’ailleurs la tendance de beaucoup de constructeurs considérant ce marché comme extrêmement conservateur. La Ford Mondeo, lancée elle aussi en 1993, en était l’exemple le plus frappant : la neutralité du design permettait, croyait-on, d’offrir une voiture mondiale, plaisante sur tous les marchés. Mais si cette neutralité était une force à l’international, cela devenait un handicap en France, avec un réseau très limité, et une sœur (l’Impreza) un peu trop envahissante, vampirisant les ventes grâce à son prix d’attaque et à son image de reine des rallyes à partir de 1995. Contrairement à la génération précédente, la Legacy n’eut pas droit à son dérivé de compétition. Cela ne lui enlevait pas pour autant ses qualités, encore fallait-il le savoir.

En France, la Legacy II n’était proposée qu’avec des motorisations sages, ce qui, en comparaison de l’Impreza GT Turbo et de son prix d’attaque, la rangeait dans la catégorie des berlines pépères… Avec ses boxer 2 litres, 2.2 ou 2.5, le panel de puissance allait de 115 à 150 chevaux : des puissances respectables à l’époque, mais pas aussi enthousiasmantes que les versions japonaises GT, GT-B ou RS proposant un double turbo sur le 2.5, faisant passer la cavalerie à 250 chevaux, voire même 276 !

Surtout, ces versions « sportives », parfois déclinées en break, perdaient alors un peu de leur discrétion pour arborer des jupes plus enveloppantes, des couleurs plus voyantes, pour s’encanailler un peu. Las, ces versions ne seront jamais adaptées à la France, et à l’Europe en général, à cause de la conduite à gauche : Subaru, pour quelques exemplaires supplémentaires, ne pensait pas – à juste titre sans doute – que la lourde modification que cela impliquait puisse être rentable. On en trouve cependant en Angleterre, où l’on a toujours apprécié les choses originales.

En tout cas, une chose est sûre : même les versions non-sportives importées en France ont leur intérêt. Certains apprécieront même les versions SUVisées dénommées Outback. Une rapide recherche sur Le Coin Coin national permet de voir qu’une Legacy, aujourd’hui (septembre 2018) se négocie bien en dessous des 5000 euros fatidiques, voire même très très en dessous. On trouve même une version Twin Turbo … en RHD, évidemment !

 

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9 commentaires

Choco

Le 04/09/2018 à 14:32

Pour être banale, elle est banale cette Legacy. A côté, le Forester passe pour un joyeux luron !

Germain

Le 04/09/2018 à 15:54

La legacy RS comme la Mitsubishi galant VR4 fait partie de ces « Sleepers » qui proposent le même package que les modèles de rallye et quasiment les mêmes performances, en plus discret, plus classe et plus confortable. La place sous le capot est comptée, tous ces raffinements techniques transforment la baie moteur et le dessous de la voiture en un véritable Tetris, j’ai cru lire quelque part que c’est pour des raisons de place et d’agencement des turbos qu’il n’y a pas de version LHD. Je ne sais pas si c’est vrai.

Whealer

Le 05/09/2018 à 01:58

Les Legacy Turbo ont bel et bien existé en LHD (j’ai eu la berline et la SW). Il s’en est vendu bien plus en Suisse qu’en France… La finition était moyenne, la (ma) consommation gargantuesque mais le punch et la fiabilité faisaient oublier ces menus détails. Le petit plus ? : les portières n’avaient pas de montants, ce qui donnait l’impression de monter/descendre d’un cabrio.
Les photos montrent uniquement la phase 2, voici la phase 1, avec ses jantes magnésium :
http://club.caradisiac.com/whealer/speedstest-75434/photo/subaru-legacy-turbo-7150827.html

Victor

Le 06/09/2018 à 19:30

Les Legacy Turbo étaient les Legacy I, produites de 1989 à 1994. La Legacy II « GT-B » produite de 1995 à 1999 avait un biturbo de 250 puis 276 ch.

Germain

Le 04/09/2018 à 16:05

Les britanniques ont toujours importés et homologués facilement les japonaises d’occasion, c’est l’eldorado chez eux, et pendant ce temps là en France, pas moyen de trouver ou d’importer une AE86

Eddy123

Le 04/09/2018 à 22:55

en même temps, ils roulent du même côté, cela devait aider pour l’homologation ..

PALLUD

Le 04/09/2018 à 19:46

c’était une exellente voiture très agréable et douce ,j’ai fait le lancement publicitaire de cette voiture pour la France (film pub TV) et pour l’avoir largement conduite pour le tournage c’étais une très bonne auto,le moteur avec sa transmission 4 roues motrice étais un régal largement suffisant pour rouler en toute sécurité .

Paul

Le 05/09/2018 à 01:18

Subaru et Boulay étaient partis (1+1=2=pluriel)

Victor

Le 06/09/2018 à 19:39

Un article qui résume bien la philosophie de l’auto: discrète et efficace. J’ai eu une Legacy II 2.2 équipée au GPL, que j’ai emmenée à plus de 270000 km sans souci majeur. Une des voitures plus confortables que j’ai possédé (après la Saab 9-5): sièges ni trop fermes, ni trop mous, très bon amortissement… Elle avait quelques particularités attachantes: un boxer mélodieux, une boîte 5 avec sélecteur de rapports courts (pour tracter), 4RM permanentes, un hill-holder bien commode, des portières sans montants, un double toit ouvrant ultra lumineux. Point négatif: la conso, autour de 9L/100 en essence, plutôt 10/11L au GPL.

J’ai eu ensuite sa grande soeur Legacy I en version Turbo (celle-là même en photo dans l’Automobile Sportive), la finition était nettement moins bonne, les assises moins confortables, mais elle avait un sacré moteur et toujours une motricité à toute épreuve… Avec son look de vieille Rover c’était un sacré sleeper (qui mériterait son article dans Boitier Rouge !).

Pour la petite histoire, Olivier Boulay a également dessiné les Maybach 57 et 62.

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