Talbot Samba : la citadine so 80’s à l’histoire compliquée

Dimanche 21 octobre 2018
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On peut parler d’échec de la marque Talbot, on peut se moquer de la Samba, mais force est de constater que cette petite voiture, dérivée de la Peugeot 104 déjà vieillissante, aura en 6 années seulement marqué les esprits de tous ceux qui ont vécu les années 80. Avec un budget de communication ridicule, un temps de développement raccourci, dans un environnement hostile (en interne comme sur le marché), et sans nouveauté majeure, la Talbot Samba aura caché la misère d’une gamme très peu renouvelée, et condamnée presque dès le début. Rien que pour cela, la Samba a droit à une place de choix dans le panthéon Boîtier Rouge.

Le projet Chrysler C2 Short, premier projet d’entrée de gamme sur la base d’une Horizon raccourcie en 1975

L’histoire de la Samba commence en 1975. Dès cette époque, la direction de Chrysler Europe savait déjà qu’il manquait un élément majeur dans la gamme Simca : l’Horizon allait sortir en 1977 pour remplacer la 1100, mais la marque ne disposait pas de modèle plus petit, ce que l’on appelait à l’époque une « Supermini ». Renault offrait la 5 en entrée de gamme, Peugeot la 104 et Citroën affûtait sa LN pour 1976 (et bien entendu la Visa un peu plus tard, en 1978), tandis que Ford s’apprêtait à sortir la Fiesta la même année. Les grandes manœuvres sur ce marché de plus en plus dynamique de la « citadine » avaient commencé, sans Simca ni Chrysler. Il fallait donc réagir. Aussi fut lancé le projet C2 Short, corollaire du projet C2 qui donnera naissance à l’Horizon.

Pourtant, la priorité donnée à l’Horizon, la rustine appelée Sunbeam, le manque de moyen, fit que le projet C2 Short fut repoussé aux calendes grecques. De toute façon, Chrysler avait décidé de se séparer de sa filiale européenne impossible à rentabiliser selon l’état-major. PSA, gonflé à bloc par le redressement plus rapide que prévu de la marque Citroën, y vit un moyen de devenir le GM européen. En rachetant Chrysler Europe, PSA devenait (provisoirement) le premier constructeur européen. Fort de ses emplettes, PSA reprit l’idée urgente d’une « supermini » dans la gamme Simca/Chrysler. Il lança donc le projet C15 en 1979 (qui n’a rien à voir avec l’utilitaire du même nom), qui deviendra par la suite le projet T15 (avec la décision d’une nouvelle marque, Talbot).

L’idée de Peugeot était de lancer très rapidement une citadine dans la gamme Talbot, pour faire du volume et renouveler l’offre rapidement en entrée de gamme : la 104 vieillissait, la LN aussi, la 205 était encore dans les cartons, la Visa patinait. Le projet T15 était la parfaite opportunité pour patienter en attendant la 205. Pour cela, on fit du neuf avec du vieux : la plate-forme de la 104, déjà déclinée sur 3 modèles (104, LN/LNA, Visa) allait servir pour un 4ème modèle au nom évocateur et joyeux : Samba. On en ferait une 3 portes, pour ne pas trop concurrencer la Visa, ni la 104 5 portes, mais plus grande et plus spacieuse que les 104 et LNA à 3 portes. Elle aurait un style plus moderne, très années 80, et se rapprochant, pour plus de cohérence de gamme, de celui de l’Horizon, plutôt carré. Le châssis de la 104 « courte » fut donc rallongé d’un peu plus de 15 cm pour la nouvelle petite Talbot.

Bien que destinée à n’être fabriquée qu’à Poissy, on confia le design au bureau de style de Rootes en Angleterre : une sorte de compensation, et l’assurance d’une cohérence stylistique avec l’Horizon. Cela dit, le style était particulièrement réussi, donnant l’impression d’une toute nouvelle voiture plus que d’un clone de 104/LNA. Certaines pièces étaient pourtant communes (comme les portières) mais on décida de ne pas pousser trop loin le clonage un peu trop évident sur les petites Peugeot et Citroën. Rapidement, la décision fut prise d’en dériver une exclusivité : la Samba Cabriolet, dessinée et industrialisée par Pininfarina en Italie (de façon très réussie). Une exclusivité très temporaire puisque Citroën lancera peu de temps après la Visa Découvrable produite chez Heuliez !

Bien que parent pauvre du groupe PSA, Talbot sortait donc la Samba en 1981, avec un budget très réduit : le plan de com’ s’offrait royalement 7 pages quadri dans l’Express, le Nouvel Obs, le Figaro, VSD et l’Auto-Journal, de mars à Juin 1982, des spots ciné dans un peu plus de 1000 salles, et deux salves de spots télé en mars et en juin. Autant dire peanuts pour une nouveauté soi-disant cruciale ! Deux finitions sont disponibles, LS et GL, dotées du même moteur 1124 cc de 50 chevaux, bientôt rejointes par une GLS de 1360 cc et 72 chevaux. Des moteurs X bien Peugeot, loin du clac clac des moteurs de Poissy, et surtout économes, avec des estimations à 4,5 litres au 100 pour les versions les plus sobres.

Viendront ensuite le cabriolet (en 1360 72 puis 80 ch), une GLS portée à 80 chevaux aussi, l’AS dédiée aux sociétés (1983, sans banquette arrière), puis en 1985 la Rallye, prémisse de la 205 du même nom puis de la 106 éponyme. Avec cette dernière (1219 cc et 90 chevaux, puis à partir de 85 sa version 1360 et 80 ch), on entrait dans la grande tradition des voitures dépouillées de tout confort, pour plus de légèreté, avec un tarif accessible. On eut droit aussi à des séries spéciales, Bahia ou Sympa qui contribuèrent à faire rentrer la Samba dans l’imaginaire des jeunes de l’époque. D’une certaine manière, la Samba servait de laboratoire à Peugeot : bien des recettes de celle-ci serviront pour la 205, du cabriolet à arceau, jusqu’aux sportives abordables (Rallye) en passant par les séries spéciales (initiatrices des Junior par exemple).

La réalité, c’était que PSA avait assez rapidement condamné (pour se sauver) la marque Talbot : entre les ventes difficiles de la Tagora ou des vieillissantes 1510/Solara, la situation dramatique de PSA, l’obligation de réussir les deux vrais lancements de l’époque, la BX et la 205, l’heure n’était pas vraiment au soutien franc et massif de la Samba. Pourtant, avec 270 555 exemplaires vendus en 6 ans (1981-1986), dont 13 062 cabriolets, la dernière et seule véritable Talbot ne s’en sortira pas trop mal. Malheureusement, elle eut à subir la pire des concurrence, celle de sa cousine 205 bien plus moderne et sexy, et qui ne se privera pas d’offrir une version Rallye, une désirable version GTI, et un cabriolet à arceau !

Les deux séries spéciales de la Samba, en haut la Sympa, en bas la Bahia

Aujourd’hui, la Samba a retrouvé ses lettres de noblesse. On la collectionne, surtout en Cabriolet ou en Rallye, mais même les séries spéciales comme la Sympa trouvent la sympathie de l’amateur nostalgique. Plus typique qu’une 205, plus pointue aussi (une sorte d’entre deux-mondes, entre 70’s et 80’s), moins connue surtout, elle procure un plaisir différent, moins évident au premier abord. Pourtant sa ligne est franchement réussie, et toujours dans le coup, et une GLS bien équipée avec ses 80 chevaux peut être un daily bien agréable : à vous de voir !

 

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21 commentaires

lelillois

Le 21/10/2018 à 17:37

J’ai eu une « Sympa »gris métal aux liserés jaunes option « usine » radio K7 FM BLAUPUNKT et une « Bahia  » avec toit ouvrant sur laquelle on m’avait dérobé le volant sur un parking de discothèque. Deux bonnes « petite(s) caisse(s) » cet article ravive de chouettes souvenirs à l’égard de ces 2 « citadines » ( 4cv / 45 Ch din sur ces versions de mémoire ?) acquises de surcroît à bon prix grâce a de la famille qui bossait à la FM de Douvrin à l’époque.

koko150

Le 21/10/2018 à 22:22

ce serait bien pour psa de faire revivre talbot, en tant que marque low cost, comme dacia ou datsun pour nissan.

Wolfgang

Le 02/11/2018 à 00:24

Simca et Talbot n’ont jamais été low cost.
Les finitions sx étaient bien mieux équipées que les Peugeot et les Renault de l’époque. Et les moteurs étaient bien plus fiables.
Aucune raison de transformer aujourd’hui cette marque en low cost.

fc30

Le 06/11/2018 à 19:55

Historiquement les « vraies » Talbot (celles faites jusqu’aux années 50) étaient des voitures très luxueuses et rapides (comparable à Bugatti par exemple), cela avait déjà fait polémique lorsque après deux décennies d’inactivité le nom avait été ressorti des placards pour remplacer celui de Simca.
Quand à Simca, son image n’était pas Low Cost, mais plutôt « classe moyenne / supérieure » (celle qui fut en plein essor lors des 30 glorieuses) car proposant des modèles bien équipés sans avoir ni de modèle vraiment bas de gamme (équivalent aux 2 CV / 4L puis 4, ce fut d’ailleurs une des raisons des difficultés de Simca) ni arriver à percer dans le haut de gamme après les échecs des modèles V8 ex Ford, puis des 160/180.
Dans le groupe PSA, la légitimité dans le low cost revient plutôt à Citroën de par son historique (2CV, puis Dyane, LN, Axel…) mais paradoxalement cette marque est aussi celle la plus légitime dans le haut de gamme…

Rubinho

Le 22/10/2018 à 09:44

Ma 1ère auto aussi : grise, liseret jaune avec aussi le Blaupunkt mais juste radio sans la K7 et les appuie-têtes qui se décoloraient au soleil.
Forcément de très bons souvenirs puisque 1ère expérience automobile! Je me souviens d’une auto plutôt spacieuse où on pouvait être 4 adultes sans problème et aussi une belle frayeur dans une courbe sur autoroute avec une glissade des 4 roues faute à une flaque de gazoil mal placée…. sans oublier mes pneus yougoslaves (et oui à l’époque ce pays existait encore) qui perdait des bouts de bandes de roulement et qui faisaient sauter les vitesses !

Choco

Le 22/10/2018 à 15:03

Sur la deuxième pub pour la Samba, la mention « un constructeur sort ses griffes » est assez savoureuse pour une pub Talbot !

Wolfgang

Le 02/11/2018 à 00:28

Il y avait celà aussi sur les Solara.

La boite 5 venait soit de la cx soit de la 205 pour les derniers modèles.

De toute façon la samba n’avait rien d’une simca à part une vague ressemblance stylistique avec l’horizon et un peu la tagora

fc30

Le 06/11/2018 à 21:56

Bien qu’étant une « Peugeot pur jus », la Samba avait tout de même plusieurs intérêts : proposer une meilleure habilité que la 104 3 portes, et permettre à la marque sur un segment ultra porteur où elle était jusqu’à présente absente, avec de conséquences cruelles (qui sait ce que serait devenu Simca si le projet 936 avait vu le jour ?). Elle était en tout cas plus intéressante que les LN et LNA, qui n’avaient pas grand chose de Citroën à part le bicylindre équipant les poussives versions de base.
Quant aux boites de CX sur les 1307 et dérivés (ensuite remplacée par la boite BE une fois qu’une banque d’organes PSA a émergé en 1981/82), c’est tout simplement à cause du manque de moyens de Chrysler Europe pour développer une boite 5 rapports pour moteur transversal.

fc30

Le 06/11/2018 à 20:01

A partir des années 81/82 les services marketing Peugeot et Talbot furent rapprochés, d’où le même slogan.
A noter que de nombreuses appellations ex Simca / Talbot furent ensuite reprises par Peugeot : séries limitées Style (qui existe encore aujourd’hui !), Executive, Pullman, Bahia, Alpine (sur 306 en UK !), finition Rallye des 205 et 106 finalement héritières des Simca 1000 éponymes (hasard des choses, au cm3 près !)… A se demander qui a absorbé qui…

serge blandin

Le 22/10/2018 à 15:42

en réalité , ce slogan de l’époque n’a pas été apprécié à sa juste valeur ( le cheminement créatif du marketing avait été plutôt obscur , il faut dire ! )

il fallait comprendre que Peugeot ( le lion ) sort ses GRIFFES , dans le sens  » MARQUES » , et proposait à la France ébahie non plus une , mais DEUX gammes , soit : Peugeot ET Talbot !

serge blandin

Le 22/10/2018 à 16:00

souvenir d’une sortie de samedi soir avec les amis , moi jeune permis , j’avais « piqué » la Samba GLS 80 ch que mon père , concessionnaire Peugeot , avait prise comme daily en attendant une berline plus « statutaire » ….
quelle claque ! un rapport poids/puissance explosif ( ça devait peser à peine 750kg ce truc , contre presque 900kg à la future 205 GTI ) une vivacité de folie , tout en étant bien moins « pointue » que le 104 ZS , avec un empattement allongé , bien plus rassurant en courbe rapide ….. mais quelle patate , vraiment ! heureusement qu’il y avait encore un peu de liberté sur les routes à cette époque !!

Franck Ferrat

Le 23/10/2018 à 13:48

Et aussi trois fois plus de morts sur les routes 😉 Près de 10000 par an à l’époque de ces petites bombinettes.

serge blandin

Le 24/10/2018 à 07:40

si j’analyse bien l’attitude personnelle que j’avais avec ce genre de « bombinette » ( cliché né de cette époque !) , je conduisais plus en sécurité à bord d’une de ces soi-disant « bombinettes » qu’au volant d’une 104 basique , puisque essayant de passer partout aussi vite que possible ( ben oui , quand on est jeune , on cherche les limites ! ) et avec une auto beaucoup moins réactive ( pas de couple à bas régime , suspensions vite dépassée par le rythme , freins rapidement à l’agonie ….) , c’est là qu’on se mettait en danger en dépassant les limites d’une auto pas faite pour ça , alors qu’une Samba GLS , ou plus tard une 205 GTI étaient bien mieux armées pour rattraper un excès d’optimisme ! je pense qu’il serait interessant de vérifier avec quel type de voiture les Français se tuaient le plus à l’époque , à mon avis , le nombre encore très élevé de 2cv ou 4L en circulation a du fortement y contribuer ! ( tous les conducteurs de 2cv savent que pour avancer , il fallait passer à fond partout , ne pas couper son élan , mais en cas d’accident ça se terminait moins bien que dans « Le Corniaud » !!)

Wolfgang

Le 21/01/2019 à 00:25

Avant les 205 et 405, et l’intégration des ingénieurs Simca, les Peugeot ne prenaient pas les virages…

Olivier

Le 22/10/2018 à 20:09

Mes parents avaient une GL verte foncée. Moteur Talbot changé dans le garage familial puisque tres bruillant … elle a fini en balladurette dans les annees 90, remplacée par une 306

Wolfgang

Le 02/11/2018 à 00:31

Moteur Talbot ???

serge blandin

Le 23/10/2018 à 07:43

Moteur « Talbot très bruyant » ……! ! comme expliqué dans l’article , la Samba n’avait hérité de « Talbot » ( Chrysler-Simca) que le style , tout le reste était pur Peugeot , mécanique strictement identique aux 104 ( avec donc , éventuellement des bruits de castagnettes au point mort , seulement dus à la « triplette » , la cascade de pignons reliant moteur à boîte de vitesses , rien de grave en réalité ! )

Greg

Le 29/10/2018 à 10:45

La Samba Rallye a été homologuée en groupe B, et la version « Evolution » était une auto de course absolument redoutable: avec son petit gabarit et son poids plume, elle tenait des moyennes époustouflantes… dans les descentes, où elle permettait aux pilotes à « gros cœur » (pour ne pas dire autre chose…) de se distinguer au chrono!
Songez que les freins avant étaient les mêmes que sur la 205 Turbo 16!
Dans les montées par contre…
D’ailleurs sa puissance modeste lui a valu, comme à la Visa 1000 Pistes, d’être autorisée à courir encore après 1986 après le bannissement des Groupe B.
Sa vraie concurrente, ça a été l’AX Sport car Citroën avait mis sur pied un trophée richement doté pour les pilotes amateurs « chasseurs de prime ».
La Citroën, dans sa version de (1ère) série, a été vivement critiquée pour son pédalier inadapté aux rigueurs du pilotage, le manque de maintien de ses sièges, la faiblesse de son freinage, et la pauvreté de son instrumentation avec un compte tours rikiki: héritages de la Samba!
Peugeot en a tiré les leçons, pour rendre une copie quasi parfaite avec la 205 Rallye apparentée, elle, à sa grande soeur GTI!

Math

Le 19/01/2019 à 17:48

Bonjour à tous.
Tout d’abord je souhaiterait vous féliciter pour votre site qui est tout simplement formidable.
Je vous écrit de la Réunion et sachez que la Samba a bel et bien marqué les esprits.
Enfant des années 80,génération club Dorothée comme j’aime si bien le dire, j’ai de formidable souvenir de cette Samba et de sa cousine 104.
La côte du cabriolet ne cesse s’augmenter et les versions Rallye deviennent rare et chères.
Aussi vous lisant régulièrement, je souhaiterait vous posez la question,ainsi qu’aux autres lecteurs,est ce que Peugeot n’aurait pas délibérément « tué » SIMCA?
Vous aviez déjà aborder ce type de sujet notamment sur l’affaire BM/ROVER.
Il est important de noter qu’à achat de SIMCA,Peugeot récupère toutes ses usines en Europe,même si la marque semble faire une mauvaise affaire,elle aura tout de même le mérite de récupérer des usines en Espagne où seront produites des 205 et des 309 avec des moteurs Poissy.
Par ailleurs,la 305 n’est elle pas la plus Simca des Peugeot ?
Je lance un sujet de réflexion, et j’espère que vos connaissances sauront m’eclaicir sur le sujet et pourquoi confirmer ma théorie.
Au plaisir de vous lire

Eddy123

Le 20/01/2019 à 07:33

Ha! On ne refait pas d’histoire, mais c’est dommage que Chrysler est du vendre son groupe Européen. …
SIMCA aurait eu droit à la petite Horizon, à la plateforme K (moteur transversale 2.2l et 2.5l) pour remplacer les moyennes et haut de gammes et surtout le Voyager dont il avait le projet ( qui a dit « Espace »).

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