Tavares / PSA / Opel : l’art de la communication

Samedi 2 décembre 2017
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Bim, bam, patatra, PSA s’est fait arnaqué ! Comme cela fait plaisir aux oiseaux de mauvais augure ! « On vous l’avait dit, Opel c’est nul, et Tavares c’est un rigolo ». Voilà ce qu’on peut lire en substance dans les commentaires Facebook ou Twitter, ou, de façon plus policée, dans les articles de presse. En effet, PSA, par une habile communication, suggère s’être fait rouler dans la farine par GM au moment de la vente, et oserait demander une compensation (ou du moins une baisse du prix d’achat d’Opel) d’au moins 500 millions d’euros, au prétexte d’une découverte pas piquée des hannetons : la marque allemande serait totalement à côté de la plaque sur la future réglementation européenne concernant les divers rejets (Nox, Co2). Et si tout cela n’était qu’une intox bien fumeuse (c’est le cas de le dire) ?

Aujourd’hui, en France, il y a autant de patrons automobiles de comptoir que de sélectionneurs de l’équipe de France. Autant dire qu’avec eux, les constructeurs français seraient depuis longtemps n°1 et 2 mondiaux, alternativement, tant sur les marchés de la citadines que de la sportive de luxe. Sans connaissances industrielles, marketing, de management ou de gestion, nos pronostiqueurs commentent l’actualité avec la certitude de tenir la vérité : Tavares est un minable, PSA s’est fait enflé, et les ricains ricanent d’une si belle entourloupe.

– « Ma’ame Barra, c’est bon, on a refourgué aux frenchies cette saloperie de Blitz, on peut danser la Carioca et crier Cocorico : les français, c’est vraiment des brêles.

– Ah voilà une bonne nouvelle mon bon, on va pouvoir enfin s’en foutre plein les fouilles après avoir niqué les suédois, les anglais, les allemands, un peu les australiens, beaucoup les coréens, et maintenant ces nigauds de Peugeot » s’écrie Mary ravie !

Carlos courroucé s’étrangle en mangeant son bretzel, découvrant l’ampleur du désastre : malgré des mois et des mois de « due-diligence », il n’avait rien vu le bougre.

Vous y croyez vous ? Moi, pas une seconde !

Bien entendu, il arrive de se planter dans les grandes largeurs, et PSA l’a connu il y a bien des années, en rachetant, dans l’euphorie du redressement spectaculaire de Citroën, la filiale européenne de Chrysler (lire aussi : le rachat de Chrysler Europe). Une affaire qui devait amener Peugeot sur le toit de l’Europe, mais qui finalement ne devra son salut qu’à l’opportune 205 et la salutaire BX (ou l’inverse, au choix). Mais aujourd’hui, contrairement à 1979, l’horizon semble particulièrement dégagé, avec une hausse du marché automobile plus importante que prévue, une croissance globale favorable, et une embellie du côté de l’emploi en France.

Pourtant, j’ai le sentiment que sur ce coup là, l’annonce de PSA d’une possible tromperie de la part de GM au moment de la vente cache plutôt deux objectifs inavoués : d’une part s’assurer le soutien plein et entier du syndicat IG Metal pour les futurs plans d’ajustement du personnel, et d’autre part éviter tout « profit warning » et profiter à plein de l’éventuel redressement spectaculaire ou non d’Opel, tout en s’assurant du soutien plein et entier de ses actionnaires.

Voyez comme les éléments coïncident ensemble et donnent du corps à ma théorie : cette annonce correspond à celle des ventes records de Peugeot en France, et de l’amorce du redressement de Citroën. Tiens tiens, comme c’est étrange ! Tavares, ses équipes, et ceux qui les ont précédé avant et qui avaient pas mal fait le boulot aussi (la 308 n’est pas sortie du chapeau de Carlos d’un coup de baguette magique), ont réussi à redresser PSA en avance sur le timing « Back to the race ». Il y a un mois, on nous pond le futur d’Opel, et badaboum, on fait comme si on découvrait un épineux problème : comment faire avaler encore plus vite la pilule d’un passage plus rapide que prévu sur les plate-formes et motorisations PSA des futurs modèles Opel. On le savait déjà pour la Corsa, cela se confirme pour le reste de la gamme. Le message est clairement envoyé vers l’Allemagne : « si vous voulez survivre les gars, faudra serrer les fesses ».

Alors certes, les milieux « automobiles » se gaussent du petit Carlos, qui aurait pêché par orgueil puis découvert le pot au rose : « GM m’a enfleR ». C’est oublier le billard à plusieurs bandes que joue l’animal. Sa petite sortie (rafraîchissante et iconoclaste) sur l’électrique l’air de rien il n’y a pas si longtemps, participe de ces petites stratégies habiles consistant à préparer le terrain, ou à cacher son jeu, au choix. Malgré les difficultés, et alors que rien n’est définitivement gagné, il faut tout de même avouer que le patron de PSA sait y faire : hausse de la rentabilité, hausse des ventes, stratégie offensive mais mesurée (rappelons les conditions de l’achat d’Opel, assez favorables, lire aussi : PSA rachète Opel), autant d’éléments qui laissent penser que Carlos Tavares n’est pas né de la dernière pluie.

Outre l’effet d’annonce envers les syndicats, qui lui permettra sans doute de négocier habilement des réductions d’effectifs moins coûteuses (je laisse la morale de côté pour ne garder que l’économique), dire très haut et très fort ce qu’on garde habituellement caché permet aussi de mettre la pression sur les actionnaires, notamment chinois, sous entendu : « pour digérer, croître et être ambitieux, il faudra peut-être mettre la main au portefeuille ». Enfin, tous les journalistes ou commentateurs du dimanche n’en seront que plus surpris devant l’éventuelle réussite (avec un cours de bourse s’appréciant à la hauteur de l’effort fourni, ou de l’ampleur supposée de la tâche).

Cette annonce, trop ostensible pour être honnête, cache à mon sens la grande habileté et l’ambition qu’ont Taveres mais aussi les actionnaires de PSA vis à vis d’Opel et du groupe en général. D’ailleurs, du côté de GM, on ne cache pas son étonnement de n’avoir pas été contacté par PSA (officiellement du moins) alors que les équipes françaises durant cette période de due-diligence avaient pu fourrer leur nez dans tous les recoins technologiques ou comptables de la future mariée.

Non, on ne me fera pas croire à autant de naïveté, et je mets mon billet sur cette affaire : PSA et Tavares savent très bien ce qu’ils font. Opel satisfera aux exigences européennes en matière d’émission à la date prévue, et ô miracle, les moteurs seront produits dans les usines PSA. En tout cas la concordance des discours sur l’électrique de Tavares, du plan de redressement d’Opel, des excellents résultats commerciaux (hormis DS qui, pour moi, risque tout de même de passer un jour à la trappe), et sur cette affaire de filouterie présumée de GM est trop flagrante pour ne pas y voir une manœuvre habile sur le court, moyen et long terme.

L’art de la communication ! Tavares prépare le terrain, et tout le monde s’engouffre trop content de tailler un costard. Et dans un an, on dira à nouveau : « putain, il a réussi ».

PS: je précise que je reviens d’un voyage de presse Opel où le mot d’ordre était « no comment »

Image : Europe 1

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44 commentaires

Docteur_Oliv

Le 02/12/2017 à 17:56

un peu tordu comme raisonnement mais nos Mangers aiment le billard à 4 ou 5 bandes…

Philippe

Le 02/12/2017 à 18:39

Il était évident que durant la due-diligence – c’est fait pour ça – si Carlito pouvait trouver un défaut dans la cuirasse et éviter de régler la totalité de la note il en profiterait.
Faire cracher l’actionnaire chinois au bassinet je n’y avais pas pensé mais peut-être était-ce la raison pour laquelle il était sur place la semaine passée. Surtout que PSA se porte mal sur le marché Chinois.

Philippe

Le 02/12/2017 à 18:41

Après le flop des hybrides, avec la baisse des ventes des diesel et le retrait de l’Ampera qui était une Chevrolet Volt, PSA-Opel-Vauxhall (oui maintenant la division ex-GM s’auto-désigne sous le nom d’Opel-Vauxhall) risque d’avoir du mal à avaler son CAFE.

Choco

Le 02/12/2017 à 18:55

J’aime beaucoup ton analyse Paul. Tavarès est loin d’être un naïf et encore moins idiot.
Le serrage de ceinture les chez Allemands risque d’être terrible. De notre côté de la frontière souhaitons que les efforts aient lieu plus chez Opel que pour les marques françaises. Mais j’ai peur que les efforts soient partagés. Je suis comme toi concernant l’avenir de la marque DS : à moins de sortir un hit je ne vois pas comment ça ira.

zeboss

Le 02/12/2017 à 19:56

Enfin un chroniqueur (attention à ne pas le prononcer le nez bouché…) qui raisonne plutôt que de faire du bashing à 2€…
Je ne suis pas tout le raisonnement quand même, le précédente pdg d’Opel a quitté le navire prétextant que PSA ne ferait certainement pas d’Opel une marque tout électrique, comme il en rêvait. Le hic c’est que la boutique n’avait rien en carton pour y parvenir, surtout vis à vis des délais… Sauf l’Ampéra que GM s’est empressé de retirer de la corbeille de mariage, et qui plus est, surfacturée ensuite les commandes en cours.
Donc une partie du raisonnement concernant le besoin de compresser / accélérer la cadence de changement de plateforme sous risque de manger une amende improbable en terme financier est compréhensible, qu’il y ait eu une petite magouille au passage dans la présentation du bébé concernant le suivi de la législation, d’un flou délibérément artistique sur la fourniture de l’Ampéra, pivot du mix CO² d’Opel ne serait pas totalement surprenant…
C’est quand même surprenant que les PSA n’aient pas vus l’incapacité technique d’Opel à suivre le plan CO² dans les projets, eux qui ont sabordés tous les projets de plus d’ 1.6l, en essence et quais aussi en diésel. Après Opel était à la bourre sur les scr diésel, sur les fap essence, ils ont peut être « mentis » sur l’avancement des projets.. et ça on ne peut peut être pas le mettre en évidence au premier coup d’oeuil..

LordJim

Le 02/12/2017 à 20:03

Mon cher Paul, je souscris de A à Z

Le François

Le 02/12/2017 à 20:46

Bonjour,

Après lecture de cet article, je note :
. ».. Mais aujourd’hui, contrairement à 1979, l’horizon semble particulièrement dégagé, avec une hausse du marché automobile plus importante que prévue, une croissance globale favorable, et une embellie du côté de l’emploi en France. »

Vu les jeunes, qui suivent de longues études, certaines jeunes ingénieurs, etc….que je cotoie et qui ne trouvent pas de travail,
Vu le licenciements volontaire ou pas, voire par le transfert des entreprises sur une autre région (je connais certains proches qui vivent cela),
Vu etc….
Je me permettrai de dire que je n’ai pas les mêmes données.
Énormément de Feux ne sont pas si vert que l’on veut bien le prétendre.
Les médias sont-ils si aveugles ou sont-ils, pour certains, manipuler?

On ne doit pas vivre dans le même monde.

Pour ce qui est du sujet, OPEL est une marque qui a été refourguée à un autre constructeur (c’est bête il est Français!!)
A mon avis, et c’est personnel, Peugeot s’est fait avoir.
Comme bon nombre de clients Opel …se sont fait avoir aussi.
Comme bon nombre de clients Peugeot …se font avoir par certaines offres, alléchantes au premier regard…
C’est idiot, j’ai été client de Peugeot, d’Opel..et bien d’autres marques aussi!!
Je me suis fait avoir.
Aujourd’hui, je me pose des questions (philosophique?) Où va l’Automobile?
Pourtant je suis un Passionné des 4 roues (et du 2 RM), mais j’observe que notre monde ne va pas bien, pas bien du tout.

Voilà désolé,je suis un peu long, mais ce « fute » ma réaction de ce jour.

Bonne route à tous, et notez le 80 prochain….on fera encore des économies!! (sic)

Paul

Le 02/12/2017 à 20:54

il y a pourtant des signaux qui sont aux verts (ne serait-ce que la hausse du marché, qui elle est bien réelle). Allons plus loin, oui PSA s’en sort pas mal en ce moment, notamment sur plusieurs points essentiels: volumes en hausse, marge en hausse, fin des ventes tactiques… tout n’est pas rose, la Chine peine, DS aussi, mais des trucs plus discrets (rachat d’Hindustan) sont prometteurs… Opel n’a une mauvaise image que sur les marchés du Sud: c’est encourageant car c’est un potentiel « anti-VW ». PSA n’est pas idiot, et la due diligence est là pour permettre à l’acheteur de se faire une idée, une due diligence qui a duré plus de 6 mois, avec des équipes PSA sur le coup H24. Non, c’est pas une enculade, mais bien un coup d’esbroufe et moi je dis chapeau (mais l’avenir me dira si j’ai raison ou tort)

Le François

Le 02/12/2017 à 20:57

Nous verrons Paul…nous verrons.

Matt02

Le 02/12/2017 à 21:08

Paul, globalement d’accord avec ton analyse. Un bémol cependant.

Il n’y a pas de reprise de la croissance globale. C’est un leurre acheté a crédit (voir les montant que la BCE et les autres banques centrales injectent mensuellement).

De même au sujet de l’emploi. Il n’y a pas de reprise de l’emploi. Et il n’y en aura jamais à cause de la robotisation et des injections de liquidités évoquées plus haut. De plus tu le reconnais toi-même à moitié. Il risque d’y avoir des licenciements chez Opel (ajustements structurels pour être poli). Et si ils n’ont pas lieu chez Opel, ils auront lieu chez PSA. Ces gens licenciés n’achèteront pas de voitures neuves, mêmes en LOA à 200 euros par mois.

Mais tant que l’orchestre continue de jouer, amusons-nous…

Quand à DS n’en parlons pas après le refus de mise en production de l’E-tense qui aurait pu servir de véhicule image. De toute façon sans présence aux USA, aucun HDG possible. Les japonais n’ont pas misé sur l’Europe pour faire du HDG… La DS7 n’a aucune personnalité à part son intérieur. Un 3008 a plus de personnalité.

La mondialisation et le besoin de rentabilité rend l’automobile fade. Une BX ou une GS a plus de personnalité que le DS7 ou la gamme Playmobile de Citroën actuelle.

Paul

Le 02/12/2017 à 21:20

pour l’emploi, je parle de la France, qui part de loin, on est d’accord. Le marché automobile repart à la hausse, et dans le cas de PSA sans compter sur les ventes tactiques (une tare d’Opel en revanche, mais l’expérience de PSA ces quelques années passées sera bénéfiques). Pour l’intérêt de cet achat, il y a aussi ce que l’on oublie fréquemment: le développement des ventes en LOA/LDD. Vous remarquerez que dans la vente se trouve aussi la filiale de financement de GM Europe, rachetée avec le concours de la BNP. Dans le même temps, PSA s’est renforcé dans la vente d’occasion (Artemis de mémoire, mais je peux me tromper), un outil bien utile quand la LOA/ LDD deviennent prédominantes sur un marché. La question de DS est plus préoccupante, et je parie (à tort ou à raison) pour une disparition de la marque à moyen terme, en fonction des résultats d’Opel. La tendance (à mon sens) c’est que Peugeot devienne le premium du groupe, Opel le milieu de gamme et Citroën l’entry ! Pour l’E-tense, il ne s’agissait que d’un show car, dès le départ, et il n’était pas prévu (il me semble) d’en dériver une version grand public. Pour info, il s’agit des dessous de l’Exagon, et pas d’une techno PSA. Les deux sociétés ont monté une affaire commune au Canada pour développer l’électrique, et Exagon a cessé toute activité de production (ou d’espoir de production) … y’a que les amateurs gogos (dont je fais partie) qui auraient aimé voie l’E-Tense produite: en réalité y’a pas de marché. Tavares a raison, je pense, de dire que l’électrique c’est pas l’unique débouché pour l’automobile, mais discrètement, PSA bosse dessus (avec Exagon notamment), tandis qu’ils se posent d’autres questions pour rattraper un retard qu’ils ont (oui ça c’est sûr) sur l’alternative au thermique. Au demeurant, je trouve qu’ils gèrent plutôt bien la transition du diesel (leur spécialité) à l’essence, et leurs 3 cylindres (on aime ou pas) semble répondre à la demande de façon intelligente, sans poser de gros problèmes industriels (peut-être à Trémery et encore, l’usine s’est diversifiée)… Bref, non, je pense qu’on peut être confiant

Docteur_Oliv

Le 03/12/2017 à 18:05

Groupe Artemis – Financière Pinault
là C Aramis

Philippe

Le 02/12/2017 à 21:26

Pas d’accord, le marché Chinois offre plus de potentiel que le marché US pour un HdG désormais. PSA y traverse certes une mauvaise passe mais d’autres y prospèrent comme VAG ou … Buick qui vend une gamme GM rebadgée – dont … des Opel. Cela-dit Carlito laisse entendre que le retour aux US ne serait pas trop lointain, avec quel badge, mystère …
Aulnay et Bochum ont fermé, reste-t-il des « ajustements » à réaliser ?
Arrêtez avec la robotisations. Les robots sont présents depuis 40 ans.
Voire plus avec les machines transferts.
Dans l’automobile les tôleries et l’interpresse sont automatisés depuis 20 ans au moins et le montage risque de ne jamais l’être (on en est revenu pour les sièges et les planches de bord). Par contre les opérateurs occidentaux travaillent à une vitesse jamais vue, cela fait 2 usines que je visite, les Chinois prennent tout leur temps contrairement à ce que l’on pourrait penser, ceci certes pour des coûts salariaux 5 fois moins élevés.

Paul

Le 02/12/2017 à 21:28

merci de noter cher Philippe, que PSA (enfin Opel) continue (du moins pour quelques temps) à fournir Buick ou Holden sur les marchés chinois, australien, voire US 😉

Philippe

Le 03/12/2017 à 01:08

Opel-Vauxhall cher Paul, c’est le nom de l’entité 🙂

zeboss

Le 03/12/2017 à 12:29

heu, pour Holden c’est peut être fabriqué en Europe chez Opel, pour Buick, rien n’est moins sur pour les US, surtout en Chine, où mise à part peut être quelques modèles, le tout est local. C’est une des causes récurrentes des pertes de Gm Europe, développer des caisses non vendues sur son propre marché.
ce qui explique le refus il y a 5 ans de développer une 508/c5/insignia en commun, Gm voulant faire payer à PSA une plateforme v6 4/4 qui ne trouverait jamais de clients en Europe…
la preuve, l’insignia OPC a un L4 turbo, pas un V6 Buick ou Holden v8. BON ok, avec une transmission 4/4. (Pour la petite histoire, j’avais en mémoire une itw de Tavares précisant qu’il y aurait en plus d’emp2 une plateforme électrique 100% et un chassis 4Rm…).

Tiago

Le 25/02/2018 à 21:36

L’Insignia OPC a V6… Et le V6 Buick est un V6 Opel. C’est les V8 qui sont d’origine Holden (et non Buick). Buick en lui même n’a pas de département d’ingénierie, elle a un poste de commande qui adapte les modèles du groupe au marché.

Holden a son centre d’ingénierie, Opel aussi et GM aussi aux USA. Ensuite le groupe se compose autour de 2 centres de design, l’américain (ancestral), l’européen (Rüsselsheim) apparu dans les années 50 et un chinois depuis maintenant 2 ans.

Docteur_Oliv

Le 03/12/2017 à 18:01

Pour les Robots, je voudrais savoir s’il y a une nouvelle définition car depuis 2 ans on en entends parler mais au début des années 70 ma mère travaillait chez ACMA CRIBIER à Beauchamp 95…donc largement les 40 Ans cités

Le François

Le 02/12/2017 à 21:56

Votre analyse me semble réelle..

Pour la GS, je prévois d’en acquérir une.
J’ai déjà en stock des CX…..et elles ont plus de personnalités que certaines autos récentes.
mais c »est le coeur qui parle ici.

Bien cordialement

Matt02

Le 02/12/2017 à 21:36

Je parlais de l’emploi en France.
Il n’y aura jamais de reprise de l’emploi en France. C’est impossible avec l’informatisation/robotisation grandissante en cours. De plus l’euro est une monnaie trop forte pour l’économie française. Et pour cause elle est basée sur le Mark…

Je pense qu’il y aura des lendemains qui déchantent pour la LOA/LDD quand les stocks d’occasions appartenant aux constructeurs ne trouveront plus d’acheteurs en occasion ou seulement si bradés. La LOA/LDD est un relais actuel de croissance comme le crédit le fût à une époque pour cacher un manque de pouvoir d’achat, mais c’est un poison économique… C’est une fuite en avant. Comme tout bricolage financier…

Si DS disparait, chose possible, Peugeot n’a pas plus de légitimité en HDG que Citroën. Quand à Citroën en entrée de gamme, quelle désolation… Mais c’est possible, ça en prend même le chemin…

Matt02

Le 02/12/2017 à 21:43

Je ne parle pas de robotisation dans l’industrie automobile. Je parle à échelle plus large. Taxi, poids-lourds autonomes, voir véhicules de livraison.
Combien de librairies de centre -villes fermées suite au développement d’Amazon? Les destruction d’emploi n’ont pas été compensées par les créations.
L’avenir le dira.

Matt02

Le 02/12/2017 à 21:49

J’ai aussi pensé au développement du HDG grâce au marché chinois. J’attends de voir vu les résultats de PSA ces dernières années sur ce marché…

Philippe

Le 03/12/2017 à 01:13

PSA n’a pas été rationnl, avec sa gamme chinois pléthorique, il aurait fallu peut-être laisser HdG à Citroën et cantonner ( 🙂 ) Peugeot au bas de gamme. On y produit encore des C4 des C-Quatre – là c’est l’ancienne-ancienne mais en tricorps, des 307 tricorps, des 308 tricorps (408) des 508 citroenifiées sous le vocable C6 … Le marché s’orientant clairement SUV regardons ce que va donner la DS7. Kadjar et Koleos produits localement ont démarré sur les chapeaux de roue.

Emmanuel

Le 02/12/2017 à 22:53

Enfin une analyse intéressante à propos de cette déclaration de PSA au sujet d’Opel, et j’avoue que cette explication de Paul me parait assez plausible. Je pense que Tavares n’est pas du tout un idiot, il y a une vraie tactique derrière. Ce n’est pas lui le naïf…
Cet article nous change des critiques idiotes sans aucunes réflexion. Opel est, et reste une bonne marque (malgré certaines ratées..) et même si en France l’image n’a jamais été très forte alors que l’histoire est différente dans les autres pays d’Europe.
Concernant cette affaire, le retrait de l’Ampera E d’Europe est un véritable handicap pour la marque, et évidemment sans versions électriques, c’est plus difficile pour les CO2. J’espère qu’Opel ne sera pas qu’un copié-collé en terme de moteurs et de plateformes. Elle bénéficie dans sa gamme de moteurs plus puissants et j’espère que Carlos permettra que ces versions subsistent. C’est important pour l’image et pour les clients Opel qui ne veulent pas de Peugeot…

Philippe

Le 03/12/2017 à 11:18

Si tant est que Opel ait des clients. Il y a 40 ans on achetait une Opel comme un premium, les Commodore tiraient l’image de la gamme, désormais c’est ce que l’on achète par défaut « moins cher », en « promo », et surtout dans les flottes. Comme Citroën depuis une vingtaine d’années Maintenant il y a un marque de trop dans le groupe ou alors repositionner Peugeot en Hdg, Citroën en machine à rouler et Opel-Vauxhall en sport-premium sur les décombres de feues les Commodore, Monza, Omega-Lotus et confidentielles versions OPV, sans oublier la VXR8 qui tire l’image de Vauxhall sur le marché britannique.

Salva

Le 02/12/2017 à 22:57

Opel et Vauxhall rentablent des 2018, et DS qui prend son envol avec la phase 2 de son développement qui commence avec la 7 . La 3 a largement dépassé son objectif : sur une base fortement rentabilisée ( elle coûte 3 fois rien à produire , comme la C3 ) les ventes actuelles ne sont que du bonus, les utilitaires ( très rentables ) se vendent bien, les prix sont fermes et les finitions hautes se vendent au- delà des objectifs. En 2019, PSA sera fin prêt a racheter FCA.

Philippe

Le 03/12/2017 à 01:14

Où avez-vous vu que FCA serait en faillite ??

Dumch

Le 03/12/2017 à 09:40

Pour ma part, depuis la Suisse, j’ai beaucoup d’admiration pour Carlo Tavares, à mes yeux un très grand PDG de l’industrie automobile. J’ai été surpris de son annonce et me suis dit : si Opel est en retard, c’est que Peugeot l’est également puisqu’il y aura surtout un transfert de technologie depuis la maison mère… Bref, je n’y crois pas une seconde non plus!

zeboss

Le 03/12/2017 à 12:19

votre raisonnement est plutôt court… SI Opel est en retard PSA aussi ?
quel rapport ? la plateforme électrique arrive des 2019 (CMP Europe Chine), Opel se greffe par rachat, en ayant développé en interne une corsa 2019 non hybridable ni electrifiable… Tout l’inverse des 208 II/ C3crossback / et heureusement pour Opel, le 3008 est hybridable en 2019, ce qui par ricochet donne la même chance au Grandland (un peu par accident, celui ci datant d’avant le rachat !).
Donc non votre raisonnement est tout bonnement faux…
La nouvelle Corsa a été retardée pour deux raisons : ne pas payer de royalties à GM pour l’usage d’un châssis GM (en fait une resucée de fiat au passage) et des moteurs non Euro 6E, non hybride non électrique…
Le temps perdu (un an) permettra à Opel de présenter un véhicule sans amende CO² grâce à … PSA… et vendable outre Europe (au passage)…
Donc
>PSA n’est pas si en retard que ça, comparativement à FCA, totalement à la ramasse,
> en quasi faillite en 2011, racheter un autre constructeur en 2017 cela ne faisait pas partie des projets en 2008… (Dernière année de vaches grasses).
>des Toyota n’ont pas de plans face aux changement de logique de mobilité, premier constructeur mondial, peut être, de pick up oui, d’hybride (longtemps non rentables), oui, de proto rigolos sans doute mais
>aramis (pas artemis…) c’est PSA, véhicules de seconde main révisés
>location entre particuliers c’est aussi PSA (aux US entre autre) (Mercedes aussi ….) pour y introduire une marque ensuite…
maintenant – et ce n’est pas dans votre post – l’accueil fait au DS7 semble des plus positifs, en particulier sur la qualité de présentation (Ça en jette dedans et c’est fondu dans le paysage dehors), et 72% des BA sont encore diésel, ce qui sauve le 180cv. Reste à y placer les moteurs essence avec des chevaux pour déplacer les rentiers, l’hybride 300cv apportant le petit plus dans les diners en ville… histoire de faire causer les copains…

Dumch

Le 03/12/2017 à 18:20

Non c’est un raisonnement par l’absurde : j’adhère totalement à l’article de Boitier Rouge.

zeboss

Le 03/12/2017 à 18:25

Alors lisez le post plus bas de carolucem, désolé on ne peut pas faire de lien, sur l’origine du différent…
Ca a du sens aussi son analyse, de toutes façons la vérité est quelque part entre tout ça, difficile de croire que Psa n’ai pas vue la cata CO² d’Opel dans son intégralité, sauf si les projets n’étaient que sur papier, sans rien industriellement pour les mettre en œuvre…

J2M

Le 03/12/2017 à 12:25

Ouais… Opel.
Qui peut dire, même après recherches,
ce qu’Opel a apporté en technologie auto depuis sa création ?
Seconde question : quels sont la valeur, l’état et le potentiel à 20 ans de l’outil de production de cette encombrante demie-soeur que la GM, fraîchement rescapée d’une faillite calamiteuse, était pressée de confier à un chaperon local ?
Réfléchissez un instant. Les réponses sont dans les questions.
Tavares fait preuve d’un talent d’illusioniste que je salue au passage, bien qu’un peu too much.

SRDT

Le 03/12/2017 à 13:42

Il y a une autre info qui est sortie ces jours-ci c’est l’importation depuis la Chine de moteurs 1.2 PureTech.
En Chine on entend que c’est pour soutenir l’activité locale mais maintenant on pourra surtout parler de pénurie en Europe à cause de GM ce qui arrangera tout le monde.

Ces moteurs ne sont certainement pas les dernières versions 130ch avec FAP qui arrivent à peine ce mois-ci sur les chaines de la 308, ce sont donc les derniers 110ch sans FAP et surtout les versions « Monde » réservées à export.

D’ailleurs en parlant d’export et de montée en cadence la nouvelle boite 6 dérivée de la BE est remplacée par la grosse boite ML des HDI sur ces 1.2 PureTech « Monde » ; le temps sans doute que la ligne BE/MB6 de Valenciennes tourne à plein et que la BE n°2 soit convertie… Et aussi peut-être que la production chinoise démarre.

24heures

Le 03/12/2017 à 17:44

Etant plutôt pas mal placé pour cela, je suis 100% en phase avec ton avis.
L’occasion pour parler aussi du climat interne qui se dégrade très fortement chez PSA.
Un management par la terreur qui vient du plus haut de l’entreprise (je dis bien du plus haut) et qui se diffuse progressivement, en se traduisant tout récemment par un licenciement de Cadre ce que le Groupe n’avait jamais connu pour les raisons invoquées.
Ne parlons pas du nouveau site de Rueil, de ses open spaces « hall de gare » à l’inconfort permanent, ni des soirs récurrents où on met une demi-heure à pouvoir quitter la zone, tout ça parce que personne n’a réfléchi en amont à dimensionner l’endroit en fonction de la population qui viendrait y travailler…
Si ça ne vous donne pas envie de venir travailler chez PSA ça tombe bien : on n’embauche toujours pas (et d’ailleurs on continue à inciter les salariés à partir)

Carolucem

Le 03/12/2017 à 18:04

L’affaire PSA / Opel ne démarre pas cette année avec le rachat d’Opel ! Elle démarre en 2012 avec le partenariat GM / PSA. Souvenez vous, le partenariat reposait sur un echange : le partage de plates-formes de véhicules, de composants et de modules et la création d’une joint-venture d’achat à l’échelle mondiale de composants et de services.
En clair PSA fournissait son savoir faire pour creer une nouvelle gamme moderne chez Opel (pas rentable et notoirement vieillissante techniquement), en echange GM devait donner a PSA des ouvertures a l’international (Chine /USA / Amérique du Sud) en production et vente.
PSA a honoré sa part du contrat alors que GM n’a rien offert. C’est la que se situe l’arnaque.
Quand GM a subitement mis Opel en vente, PSA etait bien obligé de se porter acquéreur sous peine de voir un tiers non désiré récuperer son savoir faire et devenir partenaire forcé.
On a pu lire dans la presse des foutaises du genre :
« Ironie de l’histoire, les discussions en vue du rachat d’Opel interviennent au moment ou les nouveaux Grandland X (SUV 3008) Crossland X (C3 aircross) sont en train d’arriver sur le marché. »
Ben voyon, comme si c’etait un hasard…
Essayer de récuperer 500 millions c’est bien le moins que puisse faire Tavares apres le fiasco de 2012 et le boulet Opel qu’il a attaché aux pieds de PSA cet été.

zeboss

Le 03/12/2017 à 18:21

Ça peut en effet se voir ainsi…
Fiat a eu déjà maille à partir avec GM dans le même registre sur les plateforme chroma / vectra / 9000.
Gm aime bien la faire à l’envers…

Rodrigo

Le 03/12/2017 à 20:19

Bien sûr que Tavarès et cie. ont tout intérêt à gonfler cette histoire, afin de mieux faire passer la pilule des licenciements aux syndicats et politiciens, mais n’empêche qu’il-y-a un vrai problème de fond, qui est le pillage en règle de la R&D Opel par GM pendant la première décennie du XXI siècle. A l’époque, avant même que la crise des subprime pousse GM à la faillite, la maison mère aux États Unis consommait des liquidités à une vitesse alarmante. Afin de couvrir ces pertes, GM a littéralement pillé ses filiales étrangères, en commençant par Opel. La méthode privilégiée par GM pour cela a été le transfert des brevets d’Opel à une holding aux US. Pour continuer à exploiter ses propres brevets, payés peu cher par l’holding en obligations GM (dont la valeur s’est bien sûr volatilisée après la faillite, de toute manière), Opel a été obligée de payer des royalties très élevés, en cash. Bien que cette politique (dangereusement proche de l’abus de biens sociaux) ait finalement été renversée après la nationalisation de GM aux États Unis, elle a eu des conséquences catastrophiques au long terme pour Opel, dont les gestionnaires ont préféré cesser en grande partie les activités de R&D, surtout en matière de trains roulants, que voir ses fruits spoliés par la maison mère, voire même utilisés pour rançonner Opel…d’où le retard technologique d’Opel dans la matière.

Est-ce que PSA n’a rien vu de tout cela lors de sa « due diligence »? C’est fort improbable, mais on peut imaginer que, sachant désormais exactement où tous les cadavres sont enfouis, pour ainsi dire, les dirigeants de PSA y voient un moyen de pression pour se faire rembourser une partie du prix d’achat.

Rubinho

Le 04/12/2017 à 10:28

Bonne analyse ; à mon sens, c est surtout un coup de com° pour mettre la pression chez Opel en vue du plan plus que drastique de réorganisation (trop d’usines, couts de fabrication trop élevés…) mais aussi un peu chez PSA pour rappeler que, même si des efforts très importants ont été faits, si les syndicats allemands bloquent la « révolution » chez Opel, alors les salariés PSA seront à nouveau mis sous pression (nota; elle n’a pas diminué pour autant).
Faire passer GM pour le méchant menteur, ca permet de gagner un peu de temps ; si GM veut pas payer, alors on sabre sévère chez Opel et si ca bloque chez Opel, alors on sabre à nouveau chez PSA….

Docteur_Oliv

Le 04/12/2017 à 11:04

L’auto, c’est un vrai jeu de poker MENTEUR !
à l’instant le VDA (Constructeurs Allemands) demande aux Constructeurs Européens de mettre la main à la Poche pour lutter contre la Pollution Atmosphérique !!!
Y doutent de rien les TEUTONS

Laurent

Le 04/12/2017 à 14:42

ça me rappelle la « fin » de VW Forest en Belgique : VW annonce la fermeture de son usine à Forest, négocie avec les syndicats, puis, comme par « miracle », Audi se dit intéressé de récupérer l’usine pour sa future A1 (à l’époque). Evidemment, tout le monde est content, et les syndicats acceptent sans broncher une baisse drastique des effectifs, toujours mieux qu’une fermeture pure et simple. Mais franchement, qui pour croire que le groupe VW n’avait pas prévu le coup dès le début?
P.S. : Et pourquoi pas un article sur cette usine, qui a fabriqué des cox, mais aussi des Studebaker?

Paul

Le 04/12/2017 à 14:47

elle est effectivement sur ma liste d’histoires d’usines, tout comme celle de Citroën 😉

Greg

Le 06/12/2017 à 10:10

Explicitation lue ailleurs (caradisiac…):
le plan de réduction Co2 d’Opel s’appuyait sur des projections de vente plutôt optimistes de l’Ampera-E, l’électrique qui devait tout révolutionner.
Problème n°1: GM entendait faire payer des royalties à PSA sur chaque Ampera-E livrée, et on évoque pour ordre de grandeur… 10000 euros pour chaque unité vendue!
Problème n°2: depuis cete été plus une seule Bolt ou Ampera-E ne sortirait de l’usine américaine d’Orion (Michigan): le site se consacre exclusivement à l’assemblage d’une petite Chevrolet bien thermique, elle: la Sonic.
.
http://www.chevrolet.com/cars/sonic-compact-car
.
« With remarkable technology and fuel efficiency »
.
Donc… Opel ne livrera pas d’Ampera-e, il n’y en a tout simplement pas.
Je comprends mieux pourquoi je ne la trouvais pas sur le configurateur la semaine dernière!!!
.
http://www.opel.fr/tools/configurateur.html

PSA s’en est trouvé obligé de bouleverser son plan produit et va « Puretechiser » dans l’urgence toutes les Opel pour tenir l’échéance fatidique de 2021.
Le site de Douvrin qui produit les Puretech à moteur turbo vient juste de démarrer la production en série du nouveau 1.5 Diesel (DVR dans la nomenclature maison) et est en pleine opération de « compactage »!!!
je cite:
« 2016 : Confronté à la nécessité d’améliorer sa performance, le site engage un projet de compactage de ses installations de production visant à regrouper, à terme, toutes ses productions dans seulement 2 des 8 bâtiments du site. »
Opération ayant nécessité… 5 ans de préparation, et nul n’avait alors imaginé le retournement des ventes du Diesel vers l’essence..
https://site.groupe-psa.com/francaise-de-mecanique/fr/demain/

Actuellement, pas d’autre solution que d’aller chercher les moteurs manquants -150000 par an!- là où on peut les produire: en Chine…

CABY

Le 07/12/2017 à 17:56

Bonjour Paul,
Je respecte ton point de vue ainsi que celui d’autres lecteurs de Boitier Rouge, par ailleurs toujours aussi intéressant, et, me permets de t’adresser copies de mes commentaires (un peu longs), sur ce sujet, sur le site CARA…:
Nota: les chiffres énoncés proviennent de sites reconnus; bestsellingcars, acea, blogauto, challenges…
Posté le 08/03/2017 à 11:33:27
La grenouille qui voulait…

Dans un commentaire de l’article (tendancieux) de M.Holtz du 09 Janvier concernant les ventes aux particuliers de la PEUGEOT 208, je mentionnais les « tripatouillages » de Monsieur Carlos- le petit- TAVARES tant au niveau comptable (part réelle de l’automobile dans les résultats du groupe, marge opérationnelle améliorée par la stagnation du C.A) qu’au niveau des volumes (incorporation in extremis des ventes en Iran permettant d’ annoncer une croissance des ventes mondiales de 5,8 %au lieu d’une baisse de 2 % sans ces ventes).
Carlos TAVARES perpétue une « tradition », initiée par J.Calvet, de contre vérités et autres demi mensonges.

Ainsi en est t’il du rachat d’OPEL VAUXHALL :
– les ventes d’OPEL VAUXHALL se font uniquement en Europe (aux capacités de production en état de « surcapacité »), marché très concurrentiel et peux rémunérateur compte tenu d’une forte concurrence.Les parts de marché en Europe d’OPEL VAUXHALL et de PSA ne cessent inexorablement de baisser.De même au Royaume Uni (où PSA possédant une usine-RYTON-, pouvait prétendre être un constructeur national) et en Allemagne.Est ce uniquement pour son égo (le site Chiffres Clés Groupe PEUGEOT mentionne toujours 2ème constructeur européen) etpoureffacer sa relégation en 3ème position en Europe en 2016 au profit de RENAULT, ou, pour enfin rentrer dans le cercle des grands patrons de l’automobile (ce dont C.TAVARES rêve depuis longtemps, voir ses propos lors de son départ de RENAULT).
A ce sujet, il sera interessant d’étudier les futures ventes réelles du nouveau groupe et les « transferts/pontages » avecARAMIS AUTO et AUTOBIZ.
– les ventes d’OPEL se font, en majorité, auprès des flottes ; marché peux rémunérateur.
– l’image de marque d’OPEL pâtit d’une piètre qualité (j’en ai eu la triste experience avec une ASTRA 1.7 CDTI), certes en cours d’amélioration.Carlos TAVARES ne peut donc se prévaloir d’acheter une « deutche qualitat » profitable au futurs produits.
– les synergies :compte tenu des ventes cummulées des 2 constructeurs et des volumes par familles, il semble peu probable que le rachat d’OPEL VAUXHALL apporte de substantielles économies (donc d’amélioration des marges).Ainsi la mise en commun d’une plate forme, d’un moteur ou d’une boite de vitesses du futur groupe ne se fera que sur 100 ou 200 000 unités de plus ; à comparer aux synergies de l’Alliance RENAULT NISSAN chez qui une mise en commun se fait sur 500 000 voire 1 000 000 unités (ex :CLIO, CAPTUR,MICRA, JUKE).Donc l’argument synergie est peu recevable.
En outre, malgré les annonces, l’augmentation du prix de vente moyen n’est pas meilleur chez PSA que chez son rival RENAULT.
– la recherche développement: depuisJ.Calvet la R.D de PSA, la aussi, n’a cessé inexorablement de baisser à coup de licenciements massifs d’ingénieurs et techniciens.La culture (comme en F1 en son temps) étant d’acheter clé en main auprès des fournisseurs .En outre, revendiquer être le N°1 en terme de brevets, ne s’explique que par la mutualisation entre RENAULT et NISSAN de la R.D ; il y a quelques années RENAULT était de loin N°1.Enfin rappelons les « errements » récents , faute d’analyse économique pertinente,comme l’Hybrid Air.
– les usines : en l’état, C. TAVARES ne s’est engagé qu’à l’horizon 2018.On se souviendra, que l’un des motifs de son départ de RENAULT, résidait dans le devenir des usines françaises de RENAULT ; C.TAVARES était partisan de la fermeture pure et simple d’un ou deux sites en France, Carlos GHOSN, qui mena les discussions avec les représentants des salariés – C.TAVARES, pourtant responsable, alors, de RENAULT était absent, préférant une escapade sur un circuit.Carlos GHOSN donc pronait, lui, une relance des sites français, aujourd’hui effective (DOUAI, SANDOUVILLE,FLINS).
De même, la comparaison avec RENAULT, sera difficile quant au coefficient d’occupation des sites.
– produit:la démarche de C.TAVARES est de limiter les modèles et de mettre en avant 1 ou 2 produit par an ; cette démarche trouve sa limite dans le fait que le produit mis en avant doit à la fois compenser la baisse des autres modèles et assurer une croissance des volumes.Ainsi le 3008, réussi au demeurant, ne pourra à lui seul, compenser la baisse de la 308 et faire croitre la marque.Ceci est amplifié par le positionnement franco- européen de PSA ; par exemple, RENAULT n’est plus tributaire d’un ou deux modèles (comme autrefois avec la gamme MEGANE) et peut doubler ses ventes de TALISMAN avec la Corée (SAMSUNG SM6).Le futur groupe PSA resteradans la même impasse.

Enfin, compte tenu des promesses passées telles la Chine, eldorado de croissance annoncée de PSA (-19,6 % en 2016 , RENAULT implanté depuis moins d’un an devance, en Janvier 2017…CITROEN implanté depuis 30 ans) ou l’Iran (inadaptation des modèles 2008, 208, 301 aux conditions socio-économiques du marché, sauf à commercialiser des modèles dépouillés-sans protections anti-chocs- comme en Argentine) l’on voit mal comment le futur groupe accroitra ses volumes d’ici 2020.D’autant que l’incorporation, en 2017, des ventes d’AVTOVAZ LADA aux ventes de RENAULT va singulièrement restreindre le différentiel entre les 2 groupes ; le rachat d’OPEL VAUXHALL ne permettra à PSA de redevenir premier constructeur français -titre perdu en 2016- qu’un an ou deux.

En conclusion, le rachat d’OPEL VAUXHALL nous rappelle singulièrement le rachat, annoncé aussi avec fracas, celuide CHRYSLER Europepar le même PSA (devenu N°1 européen par ce rachat) et ses grandes déconvenues.

Octobre 2017

Buzz, mensonges, contre vérités; la tradition se perpétue.

Suite à mon commentaire du 08/03/2017, faisons le point sur PSA et le rachat d’OPEL-VAUXHALL:

1°) PSA:

– Ventes mondiales: lors du salon de Genève, Mr JP Imperato faisant un point presse sur les « performances » du groupe, égrainait les progressions en % (signe d’un mauvais commercial) à 2 chiffres telle la Russie à +66% avec …936 ventes.
Les faits à fin Septembre 2017 (source blogauto et bestsellingcars); sur les principaux marchés annoncés, à ce salon, et, confirmés par Mr C.Tavares lui-même lors de la prise de contrôle d’OPEL-VAUXHALL, comme « leviers de croissance »:

– CHINE:-175 500 (soit -5,6% des ventes PSA 2016 pour parler comme Mr JP Imperato); énorme « gouffre » à combler.
– ARGENTINE: + 14 400 (RENAULT:+ 17 000)
– BRESIL:stable (RENAULT:+ 14 300)
– RUSSIE: +1 100 (RENAULT:+ 15 000)
– IRAN:PSA:? (« chiffres surprise » en fin d’année pour sauver la face? comme en 2016)/(RENAULT:+ 43 500)

Quant à l’Europe:PSA: -1,5%/OPEL-VAUXHALL:-10,5%.

La politique énoncée, en début de mandat par Mr C.Tavares de cibler les ventes sur quelques modèles phare (ex:3008) ne convainc toujours pas, comme je l’ai supposé en Mars, pour faire progresser les ventes globales.

Ainsi, la future 508 -même si elle est réussie- et la DS7 n’inverseront pas la courbe; l’une étant sur le créneau, en forte baisse, des berlines, l’autre, sans aucune antériorité et héritant de la mauvaise image de la marque DS (ventes à – 25%) s’attaquant à celui des SUV premium.
De même, la persistance dans le diesel (même si le nouveau 1.5 Bluetech HDI semble réussi) va à contre-sens des politiques de la majorité des constructeurs (voir VW) et de la tendance des marchés.

– marge par véhicule vendu; annonce émanant d’un journaliste du FIGARO, dont la culture mathématique se résume à la division (marge totale divisée par nombre de véhicules vendues), loin des courbe de Gauss et autres statistiques car si la marge de RENAULT( 747 € par véhicule) est inférieure à celle de PSA (1 051 € par véhicule), il faut tenir compte de la part de la gamme low cost du losange (DACIA et DACIA badgée RENAULT).Cela peut laisser supposer qu’à gamme équivalente la marge de RENAULT est égale voire supérieure à PSA; Carlos Ghosn a maintes fois annoncés que tout les modèles était rentable.

– les véhicules électriques: au salon de Francfort (ou PSA était absent au moment du rachat d’OPEL …??) Mr C.Tavares s’est fendu d’une longue analyse, appuyée sur des arguments économico-écologiques fondés mais maintes fois évoqués, pour justifier les choix de PSA; il me semble qu’il faille surtout y voir l’énorme retard pris par le groupe dans ce mode d’énergie et ce ne sont pas les ingénieurs et techniciens de PSA, dont le nombre a fondu ces 5 dernières années, ni la part de la RD dans le budjet qui pourront rattraper ce retard.Le seul partenaire possible -MITSUBISHI- faisant dorénavant parti de l’alliance RENAULT NISSAN.

La solution pour le redressement, traditionnelle chez PSA; débaucher chez les concurrents, surtout RENAULT:tel Alain Raposo ou Nicolas Monnot.

2°) Rachat d’OPEL-VAUXHALL:
– ventes: déjà évoqués; le peu de synergies à attendre compte tenu des volumes de ventes, présence d’OPEL VAUXHALL uniquement en Europe (rappel: -10,5% à fin Septembre 2017), majorité des ventes aux flottes, risque de rejet au UK suite à l’annonce de 400 licenciements chez VAUXHALL (rappel:PSA a déjà pâtit de la fermeture de l’usine de Ryton).

Mêmes conclusions qu’en Mars: le rachat d’OPEL VAUXHALL permet de masquer la baisse des ventes tant mondiales qu’européennes, de redevenir 2ème groupe européen (OPEL VAUXHALL représente 11% des ventes du nouveau groupe), de satisfaire l’égo -et le salaire- de Mr Carlos -décidément le petit- TAVARES.

Il y a bientôt 40 ans PSA rachetait CHRYSLER Europe et devenait…1er groupe européen mais ceci est une autre histoire.

30 Novembre 2017

Suite à mon commentaire du 18 Octobre, je pense que Mr C.TAVARES nous prépare un « coup de trafalgar », via cette info (ou « fuite » orchestrée) pour justifier – ce que j’avais nommé option 2- des licenciements massifs et fermetures d’usine OPEL/ VAUXHALL dès 2018 (en reniement des engagements pris envers les autorités britanniques et allemandes).

Comme d’autres commentateurs, je pense que Mr C.TAVARES présente les signes d’un « complexe d’infériorité » (voir ses propos lors de son départ de RENAULT), et, le rachat d’OPEL/ VAUXHALL ne se justifie que pour satisfaire son égo et la famille PEUGEOT.

A qui fera t’on croire qu’une telle opération n’est pas mûrement réfléchie et analysée?

Rappelons qu’il y a quelques années GM voulait intégrer l’ALLIANCE, et, que RENAULT NISSAN avait obtenu l’accès à toute l’historique (compta, produits, développement, marchés… ) de GM.

Donc à méditer.

Je te « relance pour un article sur la VOLVO S60R.

A bientôt.

CABY

Le 07/12/2017 à 18:23

Suite 10 Novembre 2017

Conférence de presse du Jeudi 09 Novembre:

Buzz, mensonges, contre vérités; la tradition se perpétue, suite…
Malgré les commentaires parfois agressifs suite à mes post précédents, je ne pouvais pas rester sans réagir à cette conférence de presse, toujours en essayant d’être le plus logique et objectif possible:
– 9h31 > Le patron insiste. Malgré l’utilisation d’éléments PSA, « Une Opel sera toujours une Opel, une Vauxhall sera toujours une Vauxhall »; quelle différence y a t’il encore entre une OPEL et une VAUXHALL?
– 9h35 > « Côté production, le but est de se recentrer sur l’Europe. A partir de 2020, moins de 200.000 Opel seront produites hors d’Europe chaque année » et à 9h45 > « Opel, très concentré sur l’Europe, va s’internationaliser. Il va étudier la possibilité de se lancer sur deux gros marchés mondiaux, le Brésil et la Chine »; cohérence?, le Brésil et la Chine sont t’ils dans ou hors Europe?
Rappelons que des « cousines » d’OPEL sont déjà commercialisées dans ces pays sous les logos DAEWOO et BUICK.
Rappels: ventes PSA au BRESIL 10 mois 2017:- 2,5%/ -1 000 (RENAULT:+ 18 000) Ventes PSA CHINE 9 mois 2017: -176 000 (-43%).
Mr TAVARES, en 2014, dans son plan « Back in the race » annonçait 1 500 000 ventes en Chine en 2020, et, plus récemment, fâchait DONGFENG en envisageant la disparition de la marque CITROEN dans ce pays.Alors pourquoi y rajouter une marque?
Entre 9h35 et 9h50, d’autres « leviers de croissance » sont annoncés; l’ARABIE SAOUDITE (RENAULT vient d’y tripler ses ventes et la TALISMAN est N°12), TAIWAN…Des « gros marchés » et à forte croissance ?Même diatribe que Mr Mr JP IMPERATO au salon de Genève.
Avant d’annoncer des « eldorado », Mr C.TAVARES devrait colmater les fuites sur de nombreux marchés et analyser les baisses, voire effondrement des ventes dans certains pays.
– 9h42 > Le patron annonce « 9 nouveautés d’ici 2020, entre les changements de génération et restylages »; part des réelles nouveautés?
– 9h44 > « Opel va mettre l’accent sur les utilitaires. Il souhaite augmenter ses ventes de VUL de 25 % d’ici 2020 »; malgré la perte du VIVARO, RENAULT (leader en Europe) a récupéré les VUL FIAT et vient de signer un accord avec Brilliance China Automotive (10% du marché VUL chinois soit 270 000 ventes).Ou OPEL va vendre ses VUL?
– 9h50 Opel va par ailleurs proposer une « offre électrifiée », 100 % électrique ou hybride, sur toutes ses lignes de produits d’ici à 2024 ; quand PSA a t’il présenter un véhicule 100 % électrique crédible contrairement àVW ou RENAULT?Ou va t’il trouver la technologie?Lors de la vente GM a exclu la RD et le savoir faire de ce mode de propulsion de la négociation.
– 9h57 > Carlos Tavares rappelle les bons résultats actuels de PSA, dont les ventes ont progressé ces dernières années, passant de 2,8 à 3,15 millions d’unités entre 2013 et 2016. Sur la même période RENAULT est passé de 2,6 M à 3,18 M. De même, « l’apport d’1 M de véhicules par OPEL pour PSA » risque d’être moindre à la fin 2017, et, le différentiel avec RENAULT nettement moindre qu’annoncé fin Aout. Enfin, on attend toujours l’annonce des ventes en Iran- retour qui, rappelons le a coûté +/- 450 M € et donc, quelque soit l’amortissement, va plomber, encore longtemps les marges dans ce pays.
Dans mes précédents commentaires, certains ont mis en avant les résultats financiers, notamment les marges de PSA; je leur donne rendez-vous en Février 2018.Nous comparerons les réels résultats de PSA et RENAULT c’est à dire:
– PSA; bénéfice total moins FAURECIA, moins ARAMIS, moins AUTOBIZ, moins contribution banque SANTANDER,moins plus-value vente du siège Avenue Grande Armée, moins amortissement nouveau siège RUEIL… sur nombre véhicules vendus.
– RENAULT: bénéfice total moins contribution de NISSAN et moins RCI Banque sur nombre véhicules vendus .
En conclusion, comme pressenti: si les résultats 2017 sont acceptables, c’est grace au génie de Mr C.TAVARES, s’ils sont mauvais, c’est de la faute d’OPEL VAUXHALL et « Il n’y a plus de temps à perdre » déclarait Mr C.TAVARES en fin de conférence à 10h09.Je pencherai pour la 2ème option permettant de préparer l’annonce de mauvais résultats 2017, voire des licenciements secs « inévitables » ou fermetures d’usines.
Ces scenari Mr TAVARES voulaient déjà les mettre en oeuvre chez RENAULT (DOUAI, SANDOUVILLE).
Rappels:
Comparaison PSA/RENAULT car pas d’autre constructeur hexagonal.

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