Toyota MR2 W10 : mini-supercar à la japonaise

Publié le mardi 21 janvier 2020.
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La MR2, pour « Mid engined, Runabout, 2 seater », nommée en France MR pour des raisons… phonétiques, est une voiture assez connue des amateurs de sport plutôt désargentés, grâce à sa disposition de supercar (moteur central) et son prix attractif. Pourtant, la première du nom est presque inconnue chez nous, puisque jamais vendue dans notre contrée.

Le prototype Toyota SA-X de 1981

Le projet MR prend forme dès 1976 avec l’idée de faire une voiture sympa à conduire et économe. À cette époque, la Fiat X1/9 est encore récente et semble plutôt bien se vendre, tandis que les GTI n’ont pas encore déboulé sur le marché, remplaçant au fur et à mesure le marché des roadsters ou des mini voitures de sport. Les premiers tests sont lancés sur des prototypes au nom de code SA-X, en 1981. La ligne est réussie et consensuelle, rappelant au passage celle de la Pontiac Fiero, présentée pourtant 2 ans plus tard.

Le concept SV3 présenté à Tokyo en 1983

Le choix du moteur central

La première apparition de la Toyota se fait justement sous forme du concept SV3 au salon de Tokyo en 1983. La ligne est cette fois beaucoup plus torturée et proche du modèle final. Est-ce à cause de la Pontiac ? Toujours est-il que la MR sort en 1984, avec comme seule concurrente mondiale la Fiat vieillissante (devenue Bertone X1/9 en 1982) et la Fiero, lancée la même année.


On pourra noter que ces dates correspondent aussi à celles de la genèse d’une autre success story : la Mazda MX-5. Comme cette dernière, la MR aura été envisagée en traction ou en propulsion, avant d’être finalement figée sur le concept de mini voiture de sport à moteur central.


Un style particulier

D’un point de vue style, on aime ou on déteste. Si je dois avouer qu’initialement elle me rebutait un peu, avec le temps, je lui trouve un air de Ford RS200 carrée aux dimensions de X1/9, alors que sa petite sœur, la Toyota MR W20,  plus répandue (et au dessin plus simple à apprécier) était considérée comme la baby Ferrari. Pour pousser la comparaison avec la RS200, elle fut d’ailleurs préparée pour le groupe S (remplaçant du Groupe B), avec la 222D à la puissance dépassant les 500 chevaux !

La 222D, destinée au groupe S, dépassait les 500 chevaux

Pour l’intérieur, retour dans la science fiction des années 80 avec une planche de bord toute carrée, assemblage de boîtes empilées, et aussi son pommeau de levier de vitesse digne d’un joystick de navette. Ce qui fait qu’aujourd’hui, phénomène youngtimer aidant, son physique particulier et très typé “eighties” est finalement réussi ? Le temps aide à apprécier les physiques étranges.


Rareté en Europe

Malheureusement non vendue en France (contrairement à son héritière, la MR W20), on la trouve de temps en temps dans les petites annonces car importée dans d’autres pays d’Europe (Grande-Bretagne, bien sûr, Allemagne ou Suisse notamment). En Europe, seule la version 1 600 cc était proposée, le fameux 4A-GZ avec une puissance de 125 chevaux (115 avec catalyseur). Une puissance raisonnable, mais suffisante pour emmener la tonne de la MR (1030kg avec les fluides), avec des chiffres finalement assez sportifs aujourd’hui encore : 8.9 secondes dans l’exercice du 0 à 100 km/h et 30.5s dans celui du km départ arrêté. Deux autres moteurs ont été proposés : un 1 500 cc de 83 chevaux, réservé au marché japonais et une version compressée du 1 600 cc pour les US et le Japon (145 chevaux).


Le moteur est, comme son nom l’indique et pour toutes les générations de MR, placé au centre, libérant ainsi de la place à l’avant (surtout pour la roue de secours cela dit) et à l’arrière ! L’habitacle contient quelques rangements supplémentaires, de quoi prévoir une escapade et ramener une brosse à dent ou les pantoufles offertes par l’hôtel en guise de souvenir ! Cerise sur le gâteau, à l’instar de la génération suivante, il est possible de trouver des modèles avec T-top (toit en 2 parties), disponible à partir de 1987 en Europe. Les essais d’époque parlent d’une voiture à l’équilibre excellent, mais prévenante, Toyota ne voulant pas choquer sa clientèle. Fait amusant, la marque conseillait différents gonflages de pneus suivant la conduite voulue !


Forcément collector

Plus puissante que la X1/9, plus originale car méconnue chez nous, vous trouverez avec la MR AW11 (son nom de code en version 1 600 cc) une voiture différente et accessible (moins de 10 000 euros), relativement fiable (beaucoup d’exemplaires dépassent les 200 000 km dans les petites annonces). Malheureusement, comme d’autres japonaises des années 80, la rouille a pu faire des dégâts. Si elle n’est pas rare (plus de 160 000 voitures vendues), la majorité des modèles roulent sur d’autres continents. Pour en trouver une chez nous, il faudra surveiller les petites annonces ou regarder du côté de l’Angleterre (environ 15 000 ventes), l’Allemagne (environ 4000) ou la Suisse (environ 2000) – des pays aux routes salées…

Texte : Maxime Mouliney

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3 commentaires

Samuel Gosselin

Le 23/01/2020 à 19:18

Bonjour , je possède un exemplaire de 1986 totalisant 97000km. Un bonheur de conduite .le moteur prend ses 7500 trs(avec modération) , la consommation est raisonnable 7 l , l ergonomie est parfaite . Un bel antidépresseur pour aller travailler … merci pour l article !

Troisetdeuxquatre

Le 24/01/2020 à 12:42

Bonjour Samuel,
Pas de souci pour trouver des pièces ? Ebay et internet doivent tourner à plein pour un modèle non importé comme celui-là…

Colaço

Le 19/02/2020 à 15:55

Salut Max!
Superbe article!
Merci mec!

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