Triumph TR3A : destination USA

Publié le vendredi 3 août 2018.
Mis à jour le mardi 9 juillet 2019.
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Dans les années 50, l’industrie automobile anglaise institutionnalisa le roadster à l’anglaise. Pendant plus de 20 ans, Triumph, MG ou bien Austin Healey feront le bonheur des amateurs de vitesse cheveux au vent et « cul au sol ». Une tradition qui tombera en désuétude au début des années 80 avec la dernière TR7 (lire aussi : Triumph TR7). La mode semblait être passée, et l’industrie automobile britannique en difficulté tenta surtout de survivre. Le créneau n’était pourtant pas épuisé, et c’est un japonais, Mazda, qui ressuscita le concept en 1989 avec la fameuse MX5 (lire aussi : Mazda MX5). Parmi les roadsters anglais qui comptèrent dans cette période de gloire (des 50’s aux 70’s), on trouve la TR3, et particulèrement la TR3A partie avec succès à la conquête de l’Amérique.

La TR3A dérivait de la TR3 : elle en est en fait la « phase 2 »

Soyons clairs dès le départ : la TR3A n’existe pas (pas plus que la TR3B), du moins pas officiellement sous cette appellation, mais afin de distinguer les différentes phases de la TR3, les amateurs de la marques finirent par y ajouter ce A à la première évolution du modèle en 1957. Ce A n’était pas anodin puisqu’il faisait référence à l’Amérique, marché quasiment exclusif de cette nouvelle version. Mais revenons plutôt au commencement.

La TR3A se distingue visuellement de la TR3 par sa calandre plus large et ses chromes supplémentaires

Au commencement, donc, fut la TR2, produite de 1953 à 1955. Elle inaugurait chez Triumph le concept de petite sportive légère à 2 places et dotée d’un moteur puissant (à l’époque, 90 chevaux pour 935 kg offraient des sensations, que l’absence de toit et la position basse accentuaient), le tout pour un prix contenu (moins de 500 £). Cette première de la série TR (la TR1 n’en était que le prototype) rencontra un succès suffisamment convaincant (8 636 exemplaires) pour que Sir John Black, le patron de la marque, décide de la faire évoluer.

C’est ainsi qu’en 1955 naquit la TR3. Malgré un changement de chiffre, la TR3 n’est finalement qu’une évolution de la TR2, mais les modifications esthétiques justifiaient à elles seules une nouvelle appellation. Son moteur Standard Vanguard gagnait 5 chevaux par rapport à la TR2 grâce à des carburateurs plus gros (S.U. HS6) tout en perdant un peu de poids (904 kg). Dès la TR2, l’objectif de Sir Black était de conquérir l’Amérique, mais c’est avec la TR3 « phase 1 » que ce rêve deviendra plus tangible : sur les 13 377 exemplaires produits entre 1955 et 1957, moins de 1 500 exemplaires furent vendus sur le sol britannique. Dès lors, il fut décidé de faire évoluer la TR3 pour séduire encore plus le marché américain, bien plus grand et source de devises fortes (le dollars roi en cet après-guerre).

La TR3A est donc une TR3 « phase 2 » destinée spécifiquement à l’Amérique. La modification la plus visible concerne la calandre qui désormais s’étale sur quasiment toute la largeur avant de la voiture afin de séduire les acheteurs américains friands de chromes et d’ostentatoire. Les joncs noirs deviennent eux aussi chromés, tandis que la technique évolue : la TR3A reçoit des freins à disques lui procurant un freinage largement supérieur à la concurrence, et son 4 cylindres 2 litres passe à 100 chevaux (mais avec un poids en hausse à 948 kg). Comme la TR3, elle s’équipait d’une boîte manuelle à 4 vitesses ainsi qu’un overdrive.

Destinée à l’Amérique, elle le fut particulièrement dans les faits, puisqu’il faudra attendre 1958 pour que des clients américains puissent commander une TR3A, alors que la production avait commencé en septembre 1957. Aux USA, la TR3A fait un tabac : c’est le dernier chic de rouler dans un petit roadster anglais, et particulièrement une Triumph, d’autant qu’elle reste très abordable. Loin des « sportives » européennes puissantes et luxueuses que s’offrent les grandes fortunes, la TR3A est une alternative originale pour la classe moyenne supérieure ou les professions libérales désireuses de se faire plaisir et de marquer leur différence.

En 1957, Vignale envisage déjà l’avenir avec un look plus américain. Elle préfigure (un peu) la TR4 (ci dessous)

Dès 1957, Michelotti chez Vignale va travailler sur une nouvelle évolution stylistique sur la base de la TR3A : plus « américanisée », elle inspirera le modèle suivant, la TR4 qui signera en 1961 l’arrêt de la TR3, après 58 236 exemplaires exportés à 90 % vers les Etats-Unis. L’arrêt de mort ? Pas tout à fait : Triumph avait un peu surestimé le marché américain sur la fin de vie de la TR3A, et restait avec un certain nombre d’exemplaires sur les bras. Or le distributeur de Triumph aux Etats-Unis semblait dubitatif sur les chances de succès de la nouvelle TR4. Il lança donc une première série de 530 exemplaires (dont 29 exemplaires seront appelées « Italia », nous y reviendrons) améliorée en termes qualitatifs et dotés d’une nouvelle boîte de vitesse. Une deuxième série sera ensuite produite, reprenant le moteur 2.1 et la boîte de la nouvelle TR4 produite en parallèle. Après 2 804 exemplaires produits en 1962, la TR3 rendait définitivement son tablier, tandis que la TR4 prenait son envol, séduisant enfin le marché américain.

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Motorisation

Moteur 4 cylindres en lignes, 8 soupapes
Cylindrée 1991 cm3
Alimentation 2 carburateurs S.U. HS6
Puissance 100 chevaux à 5000 tours / minutes
Couple 159 Nm à 3000 tours minutes

Transmission

Roues motrices Propulsion
Boîte de vitesses Manuelle à 4 rapports + overdrive

Freinage

Freins avant Disques
Freins arrières Tambours

Roues / Pneus

Jantes 15 pouces
Pneumatiques 5.50-15

Dimensions

Longueur 3835 mm
Largeur 1422 mm
Hauteur 1270 mm
Poids à vide 948 kg

Performances

Vitesse maxi 170 km/h
Production 58236 exemplaires, 1957-1961

Tarif

Cote moyenne 2018 30 000 euros

 

 

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15 commentaires

Jérôme Bohame

Le 03/08/2018 à 17:06

Et le mag, il avance ?

Malo

Le 04/08/2018 à 12:39

J’attend aussi le mien !

Rayan

Le 04/08/2018 à 16:13

Moi aussi

Docteur_Oliv

Le 06/08/2018 à 11:46

et les T shirts ?

fabrice

Le 03/08/2018 à 17:10

Excellent article, comme d’hab mais un peu court… la fiche technique est une chouette idée.

Germain

Le 03/08/2018 à 18:10

Tu n’a pas parlé de la TR3 B, le retour de la TR3 parce que les américains n’aimaient pas la TR4, elle est la vraie raison du surnom TR3 A de la précédente et récupére le moteur de la TR4.
La TR3 c’est mon rêve d’enfant, en british racing green intérieur crème et right hand drive.
Sinon à quand un article sur la TR4 Italia puisque tu l’évoque, elle serait dans l’esprit Boîtier Rouge, tes derniers articles sont un peu mainstream par rapport à d’habitude.

Philippe

Le 03/08/2018 à 19:43

L’Italia à ma connaissance n’exista qu’en coupé, paradoxal non ?
Sinon petite coquille les SU étaient des H et non des HS.

Gérald

Le 03/08/2018 à 21:07

Très intérressant de comparer les proportions de la TR3 en photo et le dessin de la publicité, les lignes sont toujours étirées pour que le véhicule paraisse plus long et plus large.
C’était comme ça sur toutes les pubs d’époque dessinées, mais sur les roadsters anglais, c’était le paroxisme, et la taille des passagers, on dirait des enfants !
Bonne idée la fiche technique, mais elle pourrait prendre 3 fois moins de place ! 😉

Franck

Le 04/08/2018 à 12:15

Dans le même genre il faudrait s’intéresser au célèbre studio publicitaire américain « Boulevard Photographic » dans les années 60/70.

Eux ont pris le relais des dessinateurs et ont créé des photographies commerciales retouchées et des effets spéciaux bien avant Photoshop. A coup de surimpressions, de lentilles fisheyes, de mises en scènes de folies avec autant de voitures qu’ils voulaient de la part des constructeurs… Budgets quasi illimités et des photos promotionnelles de bagnoles incroyables. Un vrai reportage à la BR.

Jérôme Bohame

Le 03/08/2018 à 23:13

C’est marrant comme ce blog me fait de plus en plus penser à un lieu de promotion pour divers annonceurs. Les 3 derniers articles ont été écrits pour que CarJager vende des bagnoles. Les Triumph sont certes des belles caisses, mais ne sont en rien dans l’esprit BR (rareté ou originalité…) . Mais ce n’est que mon avis.
Quand à la fiche technique, que c’est loooooooong à scroller.

fsmbesnard

Le 04/08/2018 à 08:07

Lances ton propre blog !

Jérôme Bohame

Le 04/08/2018 à 11:39

Je laisse faire ça à ceux qui savent. Mais un blog vit pour ses lecteurs. Il est forcément impossible de contenter tout le monde et mon avis n’a pas plus de poids que le tien. Néanmoins, je préfère l’article sur la Renault Neutral que les trois derniers « sponsorisés mais on ne le dit pas ».

Franck

Le 04/08/2018 à 10:15

Disons qu’il essaie de faire un mix entre une publicité non intrusive mais tout de même un poil ciblée, donc là pour le coup on va dire « personnalisée ». Ce qui est un peu dommage c’est qu’il y a des cookies sur BR mais qui ne lui rapporte strictement rien et vont direct dans l’escarcelle de FB et Google.
Faut bien que le travail soit récompensé, des bannières de pub ne me gêneraient pas.

Franck KEGELART

Le 04/08/2018 à 00:36

La TR1 n’a jamais existé ; les prototypes s’appelaient respectivement TRX et TR 20 – je ne suis pas sûr de ce second patronyme, mais on se reportera avec fruit à la rubrique Identification-Evolution d’un numéro d’Automobilia qui était consacré à la famille TR…

Les 3 derniers articles sont effectivement plus mainstream que d’habitude mais concernent tous des modèles cultes, ce qui était dés le départ l’un des coeurs de cible du blog… Perso ils me conviennent, même si je préfère les sujets plus « improbables »…

Philippe

Le 04/08/2018 à 07:02

Effectivement la TRX était très différente ceinture de caisse haute et phares retractables

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