Triumph TR7 : la « sports car » britannique des années 70 !

Dimanche 10 janvier 2016
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L’histoire des marques et des modèles britanniques est souvent un peu compliquée alors même qu’elles étaient quasiment toutes regroupées au sein d’un même groupe dans les années 70 : British Leyland Motor Corporation (BLMC), sorte de fourre-tout automobile comprenant Mini, Austin-Morris, MG, Jaguar, Land Rover ou Triumph, et qui deviendra, après délestage ou disparition de marques le groupe MG Rover.

TR7 04 Coupé

Dans les années 70, BLMC cumule les handicaps : des marques qui se concurrencent (MG et Triumph notamment), une qualité de fabrication déplorable, souvent due à des grèves à répétition et à une faible motivation des ouvriers, et la concurrence étrangère qui se renouvelle et rentre dans la modernité ! Le gros mastodonte, présent aussi dans l’imprimerie, le matériel militaire (Alvis), l’équipement pour le BTP ou bien la réfrigération, n’est pas ce qu’on appelle un modèle de réactivité et semble attaqué de tous les côtés !

TR7 05 Coupé

C’est dans cette drôle d’époque pour l’industrie automobile anglaise que naît un drôle d’oiseau que même les plus anglophiles des bagnolards regardent d’un drôle d’oeil tellement il semble difficile d’adorer (mais aussi de détester hein) la Triumph TR7 ! Cette voiture, née de la concurrence de deux projets (l’un Triumph, l’autre MG), paraît certes très datée aujourd’hui avec sa ligne tout en lignes et arêtes dessinée à la règle et l’équerre (le compas n’était sans doute pas disponible pour l’étude). Pourtant, elle paraissait d’une étonnante modernité à l’époque, presque déstabilisante tant les roadsters anglais paraissaient figés dans un certain style (qui fait leur charme aujourd’hui et que la Mazda MX5 tenta de faire renaître avec succès, lire aussi : Mazda MX5).

Il semblerait qu'une présence féminine réhausse toujours la TR7, étonnant !
Il semblerait qu’une présence féminine réhausse toujours la TR7, étonnant !

Le style de la TR7 est bien dans la mouvance de l’époque, que ce soit en Angleterre (la Lotus Esprit par exemple, lire aussi : Lotus Esprit) ou en Italie (la Fiat X1/9 notamment, lire aussi : Fiat X1/9). Le tout venant bien entendu des génies italiens Giugiaro ou Bertone. Mais la TR7, elle, doit son dessin si particulier à un anglais, Harris Mann. Contrairement aux précédentes Triumph, notamment la TR6, il s’agit d’un coupé, et vise particulièrement le marché américain : elle y sera lancée en janvier 1975 (la production quand à elle commence en septembre 1974) tandis qu’elle n’apparaîtra en Angleterre qu’en mai 1976.

Une étonnante publicité comparative !
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La TR7 est une voiture totalement nouvelle à l’époque, et ne reprends quasiment pas de pièces des TR précédentes. Propulsion à moteur avant, elle dispose d’une caisse auto-porteuse, ce qui la distingue bien de sa généalogie. Côté mécanique, on trouve un 2 litres dérivé du 1,8 litre de la Dolomite Sprint, qui développe 105 chevaux (pour les européens) ou 92 chevaux (pour les américains). En 1977, une petite série de 60 exemplaires de la TR7 Sprint sera fabriquée , avec un moteur poussé à 127 chevaux, sans que cette version ne dépasse le stade de pré-série, à cause d’une part des grèves incessantes dans l’usine de Liverpool, du déménagement de la production vers Coventry, et du lancement prochain d’une TR8 à moteur V8.

TR7 03 1975

Pour répondre à la demande de la clientèle, qu’elle soit américaine ou anglaise, la TR7 se verra offrir une version cabriolet à partir de 1979. Dessinée par Michelotti, elle est pour tout dire (mais ce n’est que mon goût personnel) beaucoup plus réussie que le coupé. En devenant découvrable, la TR7 devient beaucoup plus équilibrée stylistiquement parlant. La même année apparaît la version V8 (dénommée TR8), équipée d’un moteur Rover de 3,5 litres qu’on retrouve alors sur la Rover P6 puis plus tard sur la Rover SD1 (lire aussi : Rover SD1). Il développe ici 133 chevaux, mais alourdit sérieusement la voiture. Seuls 2815 exemplaires seront produits jusqu’en 1981, essentiellement en cabriolet, et surtout aux Etats-Unis.

Une TR8 en version cabriolet (image Autobild.de)
Une TR8 en version cabriolet (image Autobild.de)

C’est d’ailleurs l’ensemble de la gamme TR7 qui va disparaître en 1981, laissant Triumph orpheline de tout coupé et cabriolet pour se concentrer sur sa dernière berline, l’Acclaim, clone d’une Honda (j’y reviendrai). Le clap de fin résonnera à peine 3 ans après, en 1984. Au total, outre les TR8, Triumph aura fabriqué 112 368 coupés et 28 864 cabriolets. Aujourd’hui, la TR7, comme la TR8, n’est pas encore totalement rentrée en grâce auprès des collectionneurs. C’est sûrement le moment d’en remiser une dans son garage, avant qu’on ne se souvienne de son existence et que la cote remonte, comme toutes celles des voitures un peu anciennes aujourd’hui. Le problème sera d’en trouver une en bon état, entre le mauvais entretien, la rouille et la qualité de fabrication aléatoire de ces périodes de grèves !

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7 commentaires

Francois Tasiaux

Le 10/01/2016 à 17:09

Très bon article et conclusion ! Quasi impossible d’en trouver une convenable.
Belles photos d’époque. Dommage que les filles ont aussi 40 années de plus…

jipé

Le 10/01/2016 à 19:44

Quelle déconvenue après les vraies TR ! qualité en baisse, 4 pauvres cylindres qui ne savent pas chanter et un intérieur digne des cuisines des années 60 !

Greg

Le 11/01/2016 à 11:55

La TR7, la Triumph que l’on aime bien détester…
Née dans une période de graves trouble sociaux, en raison d’un mouvement de balancier politique entre travaillistes et conservateurs.
Le gouvernement travailliste a créé le monstre BLMC en nationalisant à tout va les constructeurs britanniques et en plaçant à leur tête des dirigeants incapables.
Sir John Egan, le sauveur de Jaguar, rappelle par exemple comment la nouvelle direction avait imposé un choix de 4 couleurs seulement: blanc-beige-rouge-jaune!
Alors, un moteur pour la TR7, vous imaginez…
Le gouvernement conservateur de Margareth Thatcher mettra fin à tout ce bordel et Triumph sera impitoyablement condamnée!

Denis the Pest

Le 14/02/2016 à 12:07

Comme quoi quand les politiques se mêlent d’automobiles…..
il n’y a qu’à voir dans quel état est l’industrie automobile française pour leur demander d’aller s’occuper d’autre chose!

TR7 DRIVER depuis 1981

Le 19/07/2016 à 20:00

TR7 CABRIOLET what that ?
Fruit « maison » d’ingénieurs usine créateurs des modèles précédents. Motoriste de son 2 litres Standart qui donnait en turbo plus de perf à la TR7 usine que l’esprit de Hethel . C’était aux dernières secondes de la marque
à CANLEY TRIUMPH FACTORY de 1979 à mi 1980. Tout le monde qui travaillait à sa fabrication croyait que le cab TR7 allait remettre à flot la légendaire Marque TRIUMPH entièrement construite à la main sur une caisse elle même montée et soudée à la main. Conçue avec un habitacle protecteur de ses 2 passagers … une caisse de cabriolet qui ne souffre aucune déformation même à 100000 miles « couinement or not » un possible choix rare! Esthétique du simple et génial coup de crayon du Maître Giovanni Michelotti sur le coupé de Harris Mann. En version V8 la TR a été comparée pour sa conduite au cabriolet V8 Vantage d’Aston celles des années 80 ! La TR7 plus agile avec du couple et une direction précise n’étonnent pas qu’elle fût très proche de la star des rallies des seventies.
Aujourd’hui l’esthétique cabriolet TR7 m’évoque l’indifférence des passants de fin des années 1800 lorsqu’ils passaient à Montmartre indifférents aux tableaux dont le peintre n’en vendait aucun, et qui fût reconnu que beaucoup beaucoup plustard Curieux isn’it ? En fait trés trés peu ont roulé en TR7 et encore moins dans sa version cabriolet. Aujourd’hui sauf quelques passionnés chiffrables sur les doigts de la main en connaissent la quintessence par le nombre de km parcourus chaque années. J’ai retrouvé la TR7 cab il y a dix ans aprés avoir conduit sur prés de 80000km la dernière Esprit 2.2 produite à Hethel. Plus que jamais la TR7 cab que je conduit régulièrement préserve entier , sur les routes d’aujourd’hui, mon plaisir de conduire et l’agréable de son style. Quand je referme sa porte à mon retour, son bruit est parfait, et elle à de plus en plus belle allure dans mon garage.

REGIS

Le 14/08/2019 à 22:39

Merci je possède un cab TR7 et retrouve mon enthousiasme dans votre écrit. Dans le club triumph où je suis il n’y en a que 6 sur plus de 500! Comme quoi on ne peu frimer qu’avec les autres modèles . Tant mieux car je refuse d’être un mouton !

pierre

Le 20/08/2016 à 18:39

la TR7 née trop tard ou ….trop tot !!!
…..c’est un peu comme la Fuego du constructeur français ou la X 1/9 de Fiat, des modéles qui doivent beaucoup à l’utilisation de composants et plastiques bas de gamme tres années 70 , des motorisations moyennes (alors que les Gti VW sortaient avec des rendements qui les rendaient tellement agréables à conduire…..) mais des lignes de sportives racées (pour la TR7 et la X 1/9 surtout) dans une phase de la construction auto. où le Coupé se faisaient tres rare et perdait l’affection des acheteurs au profit d’une certaine banalité automobile.
Il a fallu attendre plus d’une décennie pour retrouver un marché de voitures coup-de-cœur abordables avec les Roadsters (SLK, MX5., Z3……), et bien motorisées pour retrouver à la fois les sensations au volant et des lignes racées et élitistes.

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