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TVR Cerbera : l’ambitieuse de Blackpool

Jeudi 4 avril 2019
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La petite marque anglaise TVR s’apprête à renaître (dit-on) avec une Griffith “new generation” basée sur un châssis créé par Gordon Murray. Coulée par son dernier propriétaire, le russe Nikolay Smolenski, TVR avait pourtant vécu un âge d’or dans les années 90 avec trois fantastiques modèles : la Chimaera, la Griffith et la Cerbera. Cette dernière inaugurait un V8 et un 6 cylindres en ligne “maison” (ce qui contribua à fragiliser la firme de Blackpool) et proposait un caractère de feu à partager à 4.

Peter Wheeler était ingénieur dans la chimie, mais grand amateur d’automobile en général et de TVR en particulier (dont il était client fidèle). Profitant en 1981 des difficultés de la marque, il rassembla ses économies et quelques investisseurs pour réaliser son rêve : racheter sa marque fétiche à son propriétaire d’alors, Martin Liley. Le constructeur avait perdu beaucoup d’argent à développer la Tasmin et ses dérivés alors que la crise pétrolière avait rétréci le marché des véhicules de sport.

Le renouveau de TVR

Une fois aux manettes, le chimiste se retroussa les manches, n’hésitant pas à se mêler de technique et de design. Abandonnant le style un peu trop marqué et daté des Tasmin, il lança en 1986 les “S-Series”, des voitures simples, performantes, jolies à regarder et relativement abordables, qui utilisaient des V6 d’origine Ford, mais aussi un V8 issu de chez Rover. Grâce à ce premier modèle, TVR pouvait enfin sortir la tête de l’eau grâce à une production stable (2 604 exemplaires produits entre 1986 et 1994) et une petite rentabilité.

Notez l’étrange tableau de bord et volant de la Cerbera. Il faut quelques temps pour s’y adapter.

Ce premier coup d’éclat donna des ailes à Peter Wheeler, décidé à établir définitivement sa marque dans les années 90. Premier lancement de choix : la Griffith, une élégante sportive roadster 2 places, équipée uniquement du V8 Rover présentée en 1991. Dans la foulée, cette Griffith se voyait doublée d’une soeur basée sur le même châssis et dotée du même V8, mais réputée moins virile, plus typée GT : dès 1993, la Chimaera s’imposait avec 407 ventes contre 228 à la Griffith, plus pointue. Elle deviendra même le record de vente de la marque avec 5 526 unités produites à Blackpool entre 1993 et 2003.

De la Griffith à la Cerbera

Evidemment, ce succès titilla Peter Wheeler, lui donnant des idées : pourquoi ne pas décliner la Chimaera en une version 2+2 : la Cerbera (pour rester dans la mythologie grecque). C’est ainsi qu’un prototype fut présenté en 1994. Les retours extrêmement positifs rendirent la petite équipe encore plus ambitieuse. Alors que les ventes n’avaient jamais été aussi hautes et que TVR était enfin reconnue au delà du Channel, c’était l’occasion de s’échapper de la tutelle d’un motoriste pour concevoir enfin un moteur “maison”.

Au lieu d’en produire un, l’équipe s’attaqua à deux moteurs : un V8 (SpeedEight) et un L6 (SpeedSix). Le premier, un bloc super carré particulièrement léger de 4,2 litres développant 365 chevaux, s’avéra particulièrement fragile. Un an après sa sortie, il fut donc remplacée par une évolution tout alu, portée à 4,5 litres et 420 chevaux, particulièrement léger. Le deuxième, sorti en 1999, se voulait l’entrée de gamme de la Chimaera : 6 cylindres en ligne, 4 litres et 350 chevaux.

En 2000, la Cerbera reçoit un léger restylage, surtout aux niveaux des feux avant et arrière.

Nouveaux moteurs pour les SpeedEight et SpeedSix

Revenons au lancement de la Cerbera. Présentée en 1994, il fallut attendre 1996 pour que la voiture rentre en production, le temps de développer le SpeedEight. Sans atteindre les chiffres de ventes de la Chimaera, la Cerbera rencontre son petit succès, avec 419 ventes en 1997. Malheureusement, le manque de fiabilité de la première version du SpeedEight fit beaucoup de tort au modèle. Malgré le nouveau V8 et la sortie du SpeedSix, les ventes s’écroulaient dès 1998, pour devenir anecdotiques dès le début des années 2000. Elle quittera la gamme en 2003, après 1 490 exemplaires produits.

Dommage, car la voiture, une fois équipée des bons moteurs, s’avérait particulièrement performante, bien finie, luxueuse, originale et “so british” au point de n’avoir jamais été officiellement importée en France, d’où sa rareté chez nous. D’ailleurs, elle n’existe qu’en conduite à droite (bien que quelques modèles aient été convertis en LHD après coup). Faire le choix d’une Cerbera, c’est oser le pilotage (pas d’ESP, pas d’antipatinage, pas d’électronique à outrance), le décalage et les aléas des productions artisanales des années 90 (à l’instar de Venturi en France). L’automobile est une affaire de choix, et la Cerbera en est un radical.

A lire aussi : l’histoire de la TVR Speed 12.

Caractéristiques techniques

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TVR Cerbera SpeedEight 4.5

1996 - 2003

Motorisation

Motorisation V8 à 75°
Cylindrée 4 475 cc
Alimentation Injection électronique
Puissance 426 ch à 6 750 trs/min
Couple 515 Nm à 5 500 trs/min

Dimensions

Longueur 4 280 mm
Largeur 1 865 mm
Hauteur 1 220 mm
Poids à vide 1 100 kg

Transmission

Roues motrices Arrière
Boite de vitesses BVM à 5 rapports

Performance

Vitesse max 290 km/h
0-100 km/h 4,2 s
Production 1 490 ex

Tarif

Cote 2018 (LVA) à partir de 25 000 euros

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1 commentaire

jean yves

Le 10/04/2019 à 21:55

Dans les années 90 il y avait un petit concessionnaire dans le val de marne , à thiais je crois.
Quelqu’un s’en souvient ?

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