Unimog : les débuts d’une légende

Publié le mardi 25 octobre 2016.
Mis à jour le samedi 20 octobre 2018.
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Unimog ! Rien qu’à entendre ce nom, bien des passionnés se mettent à rêver d’un exemplaire au chaud dans la grange, prêt à crapahuter en forêt ou à la montagne, voire à parcourir le désert en direction de Dakar (histoire de se faire un revival des grandes années). L’Unimog, c’est le camion tout-terrain multifonction du siècle (et cela continue encore aujourd’hui), sorte de Cournil (lire aussi : Tracteur Cournil) ou d’UMM (lire aussi : UMM Alter) qui aurait réussi dans la vie…

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L’Unimog des débuts et son moteur de 25 ch

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Un bon produit peut avoir une durée de vie incroyable. Imaginé pendant la guerre, développé à partir de 1946, et entré en production fin 1948, l’Unimog a évolué jusqu’à aujourd’hui, s’est multiplié en de nombreuses versions, mais fondamentalement, rien n’a beaucoup changé depuis l’après-guerre. Avec la fin du Land Rover Defender cette année, l’Unimog reste donc le dernier des dinosaures encore en production, et si son look a évolué au fil des ans, il garde encore cette silhouette ramassée et cette face de bulldog qui lui donnent autant de caractère, bien qu’on ne puisse pas le qualifier de « beau ».

La silhouette générale de l'engin est là dès 1948
La silhouette générale de l’engin est là dès 1948

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Depuis 1953, l’Unimog porte l’étoile de Mercedes-Benz, mais n’allez pas croire que c’est Daimler AG qui en est à l’origine. Il aura vécu 6 ans avec un logo à tête de bœuf dont les cornes forment un U (pour Unimog). Unimog tiens, ça veut dire quoi ? Il s’agit tout simplement de l’abréviation de « Universal-Motor Gerät », en français : engin universel motorisé. Et le nom est bien trouvé, car si au départ (et comme Cournil en France) l’engin devait servir de tracteur ou d’engin agricole à tout-faire (d’ailleurs, la largeur des voies correspond à deux rangées de sac de pommes de terre), il finira par servir à toutes les sauces : utilitaire ou engin militaire (même l’armée française en possédera dans les années 50, notamment ses forces d’occupation basées en Allemagne). La gamme s’élargira à des versions plus grandes, plus longues, ou plus puissantes (du U25 d’origine, on passera à l’U34, puis l’U70, l’U80, l’U90, l’U100 puis l’U110, dans des séries « gamme moyenne 416 » ou « gamme légère 421/403  puis le fameux 404» – une nomenclature très « utilitaire » dans laquelle il es facile de se perdre –).

A partir de 1951, l'Unimog est fabriqué par Daimler-Benz, mais n'aura l'étoile qu'en 1953
A partir de 1951, l’Unimog est fabriqué par Daimler-Benz, mais n’aura l’étoile qu’en 1953

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Mais revenons aux débuts de l’Unimog. Tout commence avec l’idée géniale d’un ancien responsable de la division « moteurs d’avions » de Daimler-Benz AG, Albert Friedrich, de réaliser un tracteur agricole compact et tout terrain. Il s’agit d’une machine assez rustique, mais en ces lendemains de guerre difficiles, l’heure n’est pas au confort, ni même au look, mais à l’efficacité. L’idée maîtresse : offrir un véhicule capable aussi bien des travaux des champs (grâce à l’adaptation d’outils adéquats) qu’au transport de matériel ou à la récolte (de pommes de terre par exemple).

A partir de 1953, les Unimog deviennent des Mercedes jusque sur la calandre
A partir de 1953, les Unimog deviennent des Mercedes jusque sur la calandre

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A partir de 1946, et avec l’aide de la société Erhard, il va étudier le futur Unimog. Un premier proto est prêt fin 46, mais c’est en 1947 qu’il trouvera son moteur, un… Mercedes-Benz, un moteur diesel de 25 ch. La production commencera en août 1948, mais chez Boehringer, une société de machines-outils. Si la production reste faible du fait des capacités limitées de Boehringer (600 exemplaires entre 1948 et 1950), l’Unimog U25 rencontre un vrai succès d’estime, et intéresse de plus en plus l’ex employeur de Friedrich, Daimler AG, qui y voit la possibilité d’intégrer un utilitaire « en vogue » à moindre coût.

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A la fin de l’année 1950, Mercedes-Benz rachète donc le projet, et rapatrie l’Unimog dans son usine de Gaggenau. Pourtant, l’U25 ne portera l’étoile qu’à partir de 1953, persistant avec son bœuf corné pendant deux années encore. En revanche, la production devient « industrielle », puisqu’entre 1955 et 1977, ce sont 64 242 Unimog S 404 qui seront construits (essentiellement dédiés aux forces armées, sans compter les autres versions, moins produites). Dès lors, la carrière de ce « petit » camion 4×4, ou de cette « grosse Jeep » (au choix), était lancée, devenant même culte auprès d’un paquet d’amateurs de tout-terrain, ou de voitures tout simplement.

L'Unimog S (404) est destinée aux forces armées
L’Unimog S (404) est destinée aux forces armées

Ses capacités tout-terrain sont en effet louées, sa simplicité aussi. On l’a vu, il connaîtra de multiples versions, des premiers U25 diesel à capote, jusqu’aux versions « chasse neige » d’aujourd’hui, en passant par les premières versions à cabine fermée (fabriquées dans un premier temps chez Westfalia, plus connu pour ses caravanes). Bien entendu, l’offre moteur variera au fil du temps, adoptant des motorisations essence, de plus en plus puissantes.

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Il serait fastidieux d’énumérer toutes les versions (longues ou courtes, modernes ou anciennes, civiles ou militaires), mais il était amusant de vous présenter les débuts de l’Unimog qui avec le temps est devenu, dans l’imaginaire collectif, une « Mercedes ». La force des grandes marques, c’est aussi de savoir intégrer et digérer des idées venues d’ailleurs.

11 commentaires

wolfgang

Le 25/10/2016 à 14:57

L’Unimog, c’est un engin extraordinaire.
Gueule d’enfer, super costaud.
Il existe en permis B et en permis E.
Vitesse de pointe ridicule, aucun confort. C’est un vrai tout terrain qui tient plus du tracteur agricole que de la Jeep.
Les pompiers en ont toujours. Et j’en ai vu un neuf en chasse neige il y a quues années.
Le rêve de tous les amateurs de tout terrain (avec le classe G).
A part Unimog, il faut aller en Russie pour trouver encore des engins comparables : camions tout terrain avec gueule d’enfer capable de passer n’importe où. L’étape d’après ce sont les chenilles !

wolfgang

Le 25/10/2016 à 15:03

Sinon question gueule d’enger il y avait aussi les tracteurs agricoles Mercedes d’il y a une trentaine d’années : le MB Trac.

Roues identiques devant et derrières, sorte de locomotive à pneus capable d’atteindre dans les 80 km/h en faisant sauter le bridage de boite de vitesse, au lieu des 30 km/h réglementaires.

Un bien bel engin, notamment le 1600 turbo.

Alexandre

Le 25/10/2016 à 16:03

Part contre c’est 2 rangé de pomme de terre pas de sac de pomme de terre et trois range de betterave en changeant les roue

l'Ours

Le 25/10/2016 à 16:32

Un chasse neige d’Andorre de 1957 exposé à Canillo
http://l-ours.tumblr.com/post/108920003314/unimog-chasse-neige-par-robert-aebi-cie-ag

Denis the Pest

Le 25/10/2016 à 18:47

Je l’ai en Dinky Toys!

Nabuchodonosor

Le 25/10/2016 à 19:08

Tout pareil, je l’avais reçu en version chasse-neige mais comme il ne neigeait pas souvent dans mon square, je m’en servais pour tracer des routes dans le bac à sable… Construit tout en métal, il était indestructible, malgré les nombreuses épreuves de crash-tests que lui ai fait subir selon des normes très personnelles, et bien il ne m’a jamais lâché…
🙂

Wolfgang

Le 25/10/2016 à 23:13

Ouais ben c’est une époque bien révolue. J’ai un jeune garçon, je suis malade par la qualité merdique des petites voitures actuelles. A tel point que je lui achète des majorette de mon époque super solides, en fer, avec suspension et détails travaillés.
A part burago qui reste correct et certaines siku, le reste c’est vraiment lamentable.
Majorette c’est devenu catastrophique…

Pour revenir au sujet, je crois que les Mb Trac étaient dérivés des Unimog.

Gregocox

Le 27/10/2016 à 18:08

J’ai un copain de mon club qui en a une, c’est vraiment fun à conduire et ses possibilités en tout-terrain sont impressionnantes.

J2M

Le 27/10/2016 à 20:11

Ah là là, les ingénieurs allemands et japonais…
L’Unimog est au 4×4 ce que le Leica M3 est au télémétrique et le Nikon F ftn noir au réflex. Ou la Camry à la berline essence V6 ou hybride.
En gros le tour de la question. Après, passez, y’a plus rien à voir.
Bon, on a les jouets qu’on peut. Je n’ai que le ftn…
Mais un créneau  »au bruit » avec un Unimog contre l’immonde Ds3 hdi bicolore de Marie-Thérèse, hmmm… Je fantasme que je la … gare.
What did you expect ?!

rod

Le 20/10/2018 à 19:45

super véhicule mais à réparer un cauchemar et des tarifs de pièces prohibitifs

Zewi Neris

Le 23/04/2019 à 20:49

En 2001 j’étais chauffeur sur un Unimog 404 de 1956 à l’armée suisse. Vraiment INCROYABLE! J’ai remorqué un transporteur de troupes blindé M113 avec ce tracteur de folie: 12 tonnes sur chenilles sans l’ombre d’une hésitation! On a fait des essais de grimpe contre un mur, sur un sol de béton bien rugueux, on a arrêté juste avant la verticale de peur de se retourner, lui aurait bien continué…
J’ai traversé une forêt couchée par l’ouragan Lothar, un enchevêtrement de troncs de 30 cm. Cet engin a une capacité de franchissement complètement folle, les hommes qui étaient avec moi on choisi d’aller à pied, je l’ai ai attendus pendant 45 min. de l’autre côté du vallon!

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