Venturi 260 : l’euphorie que procure l’argent ! (l’Aventure Venturi 3ème partie)

Lundi 26 mai 2014
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En 1989, la Manufacture de Voitures de Sport (MVS), après des années à courir après l’argent, trouve enfin son mécène en la personne de Didier Primat. Cet héritier de la richissime famille Schlumberger, dirige le groupe Primwest, chargé d’investir les immenses revenus issus des services pétroliers. En fait, il s’agit surtout pour ce grand passionné un peu excentrique d’investir dans des danseuses. Déjà actionnaire à hauteur de 36 % dans les Automobiles de La Chapelle (lire aussi : De La Chapelle Type 55), il a aussi investi dans l’hôtellerie de luxe, notamment aux Etats-Unis où il cherche à créer un domaine idéal autour d’un parcours de Golf en Virginie. Baptisé modestement Primland, il est situé sur un terrain de 12 000 hectares achetés en 1977.

la MVS Venturi 2.80 SPC (pour Sans Pot Catalytique) est au départ une évolution musclée de la Cup221 (nom de code, Cup521)

Propriétaire de 92 % du capital, il prendra une première décision : celle de nommer PDG de l’entreprise Xavier de La Chapelle, le fondateur de la marque éponyme. Les ambitions sont grandes à ce moment là. L’entreprise est rebaptisée du nom de ses modèles, Venturi, et il est décidé de construire une nouvelle usine pour accompagner l’inévitable explosion (pense-t-on) de la marque. En effet, en 1989 est présentée la 2.80 SPC (pour Sans Pot Catalytique), une version de la 221 Cup boosté par EIA à 260 ch, dénomée en interne Cup 521.

Enfin, on propose aux clients une puissance suffisante pour profiter de l’excellent chassis de la Venturi. 60 exemplaires de ce nouvel opus de la saga trouveront preneur entre 89 et 90 (sous les noms de 2.80 SPC puis 260 SPC après le changement de nom de l’entreprise en 1990), ce qui semble justifier la construction de la nouvelle usine. La 2.80 SPC enthousiasme la presse, et malgré le manque d’image, on y voit déjà une concurrente à la française des Porsche et des Ferrari. La 2.80 SPC (puis 260 SPC) était une ultime série avant le passage légal au pot catalytique.

Courant 1990, le passage au pot catalytique pour les automobiles de plus de 2 litres de cylindrée devenant obligatoire, la Cup521 y passe aussi, devenant 260 APC (pour « Avec Pot Catalytique). Contrairement à beaucoup de ses contemporaines, la 260 réussira à conserver une puissance identique de 260 ch. La Venturi 260 sera construite jusqu’en 1994 à 70 exemplaires. Elle sera bien entendu disponible en version Transcup SPD521 (lire aussi : Venturi Transcup). A cette époque, Venturi étrenne son nouveau blason, l’emblème au Gerfaut.

En 1991, l’entreprise a toujours de grandes ambitions. Avec son allié De La Chapelle, elle ambitionne de produire le monospace de luxe et de sport Parcours (lire aussi: De La Chapelle Parcours) et envisage une large production des Coupés et Transcup 210 et 260. Pour faire face à ces prévisions très optimistes, Venturi quitte Cholet pour emménager à Couëron, en Loire Atlantique. Le département et la région ont tout fait pour attirer le petit constructeur, qui en échange de la promesse de création d’emplois, se voit offrir un circuit entièrement financé par les pouvoirs publics. Ce Circuit de l’Atlantique (aujourd’hui Fay de Bretagne), coûtera la bagatelle de 10 millions de francs.

Pour célébrer son installation sur les rives de la Loire, à son embouchure, Venturi lance une version spéciale et limitée de sa 260, la 260 Atlantique. Sa particularité : un gain de 165 kg par rapport à la 260 d’origine, grâce notamment à l’abandon de toute trace du luxe « à l’anglaise » présent sur les Venturi pour se parer de carbone, de sièges baquet Recaro, et se priver de clim’ ou de roue de secours. Cette version est aujourd’hui particulièrement recherchée, surtout qu’elle est rare : seuls 25 exemplaires auront été construits. Viendra ensuite la série limitée LM, célébrant l’engagement de Venturi aux 24 heures du Mans (lire aussi : Venturi 260 LM).

La 260 LM (en haut) et la 260 Atlantique (en bas) seront les deux seules séries spéciales de la 260

Malheureusement, les plus belles machines peuvent se gripper. Et l’imprévu arriva : la guerre du Golfe embrase le Moyen Orient, et désormais, l’heure n’est plus à l’euphorie, ni chez les clients, ni chez Venturi. Les commandes s’annulent ou sont suspendues, et l’activité toute en douceur permet un déménagement tranquille. Pour l’instant, Didier Primat est là, continue à financer à perte sa danseuse, et trouvera une étrange solution pour sortir Venturi de l’ornière. Dans le même temps, Alpine et son A610, concurrente directe de la Venturi 260, souffre des mêmes maux (lire aussi : Alpine A610).

To be continued…

Découvrez l’intégralité de l’Aventure Venturi ici : l’Aventure Venturi, l’intégrale

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3 commentaires

B31

Le 27/08/2015 à 23:10

Je me souviens vers 1992 qu’un ami en stage chez Larousse F1 était venu me chercher dans Paris avec une Atlantique 260 qu’on lui avait prêtée pour la journée….grand moment de bonheur….mais il pleuvait et malheureusement nous avons du rouler prudemment….

Paul

Le 27/08/2015 à 23:19

Alors ca c’est chiant… j’ai eu le même problème récemment: Nissan m’avait prêté une 370 Z Nismo pour 3 jours… Je n’ai jamais pu dépasser le 50 km/h: autouroute bloqué à l’aller et au retour, plus Paris #antibagnole 😉

Gonzo

Le 27/03/2018 à 14:12

Bonjour,
pour info la puissance exacte des SPC était de 255 ch et les APC ne faisaient plus que 245 ch.
Un ancien de Venturi

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