Venturi 600 SLM : l’espoir d’un week end !

Publié le samedi 14 juin 2014.
Mis à jour le vendredi 14 juin 2019.
Retour

C’est ce week end que se déroule l’une des courses automobiles les plus mythiques au monde : les 24 heures du Mans. Plutôt que de vous faire une présentation « sportive » de la course, ce que vous pourrez lire sur à peu près tous les sites autos, c’est l’occasion de vous présenter un modèle qui m’a particulièrement marqué : la Venturi 600 SLM.

Venturi a débuté son aventure aux 24 heures du Mans en 1993, en alignant pas moins de 7 exemplaires de la 500 LM, dérivée de la 400 Trophy (lire aussi: Venturi 400 Trophy) mais dont le moteur (le bon vieux V6 PRV) est poussé de 408 à 480 ch. Les 500 LM sont préparées par l’usine pour la course, mais engagées par ses clients. Ce premier coup d’essai plutôt probant confortera Venturi dans le choix de l’endurance plutôt que la coûteuse Formule 1.

Le nouveau PDG, Hubert O’Neil qui a racheté l’entreprise en mars 1994 y voit un excellent moyen de promotion, d’autant que la marque vient de sortir la version civile de la 400 Trophy, la 400 GT, esthétiquement très proche des voitures de course. En 1994, 4 Venturi 600 LM au moteur encore plus poussé (600 ch, en fait des 500LM améliorées, lire aussi: Venturi 600 LM-S) seront engagées.

Mais Hubert O’Neil veut marquer les esprits, et que la marque investisse l’endurance directement, grâce à une voiture d’usine d’exception : ce sera la fabuleuse 600 SLM (Super Le Mans), dont le V6 PRV est poussé encore plus loin, jusqu’à 640 ch. Par rapport aux autres Venturi de course, un effort considérable sera réalisé pour l’aérodynamisme, très travaillé. Elle est d’ailleurs beaucoup plus « ronde » que ses sœurs, dispose d’un fond plat totalement nouveau (l’effet Venturi vous connaissez ?).

Malgré le manque criant de moyens, la marque réussit à aligner sa 600 SLM aux 24 heures du Mans 1995. Une équipe de pilote est créé, avec Paul Belmondo, Jean-Marc Gounon et Arnaud Trévisol. Denis Morin, le responsable de la compétition de la marque leur demande de pousser à fond dès le départ de la course afin d’assurer un maximum de visibilité à la marque. Malheureusement, la casse moteur arrive très vite, et malgré une réparation incroyable effectuée par les mécanos, le retard sera trop important pour espérer figurer au classement.

Pourtant, la 600 SLM aura démontré tout son potentiel, qui sera confirmé dans d’autres courses d’endurance (comme les 1000 km de Suzuka), mais le manque de moyens et de fiabilité l’empêchera de briller, d’autant que l’usine, en grande difficulté financière, arrêtera de s’engager officiellement en compétition.

Reste qu’avec cette voiture d’exception, qui accompagnait le lancement de la 400 GT, la plus puissante des voitures de série françaises, Venturi nous a fait rêver. Enfin, pensais-je à l’époque, un constructeur de voiture de sport français allait émerger et concurrencer Porsche ou Ferrari, y compris sur les circuits. Bien sûr, j’ai compris après que sans argent, il était difficile d’aller chatouiller les cadors. Mais avec la 600 SLM, j’y ai cru le temps d’un week end !

Images: Communauté Venturi

Articles associés

Soyez le premier à commenter cet article

Aucun commentaire

Laisser un commentaire