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Volkswagen Corrado : le discret coupé d’Osnabrück

Publié le vendredi 16 août 2019.
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Alors que la Peugeot 406 Coupé est, à nos yeux français, déjà passée dans la case “collection”, la Volkswagen Corrado, pourtant antérieure, semble encore végéter dans celle des pures “youngtimers” tout juste bonne à servir de “daily driver” bon marché, original et plutôt performant. Pourtant, le coupé de VW pourrait bien à terme changer de statut : look réussi de Golf écrasée et étirée, moteurs intéressants (notamment les G60 et VR6), il commence à devenir très rare en condition d’origine, autant de critères qui pourraient changer la donne d’ici peu.

Depuis le lancement de la Scirocco première du nom en 1974, Volkswagen a toujours eu dans sa gamme une sorte de coupé populaire vaguement sportif, à la manière de Renault avec les 15, 17 puis Fuego. La mode des GTI apportée par la Golf fera petit à petit disparaître ces coupés au profit des bombinettes devenues plus valorisantes, Golf GTI donc, mais aussi 205 GTI. C’est pourtant l’inventeur du concept, Volkswagen, qui va persévérer dans cette voie en présentant la Corrado au Salon de Paris 1988.

Du Scirocco au Corrado

Pour continuer à exister face aux turbulentes citadines, la Corrado va appliquer une recette simple : monter en gamme en offrant plus de puissance mais aussi plus de standing. D’une certaine manière, la Corrado se positionnait comme l’étape suivant la GTI. Certes, elle conserve une entrée de gamme “classique” dotée du 1.8 litre à 16 soupapes de la Golf développant 136 chevaux, mais elle propose bien avant sa petite soeur la fameuse motorisation G60 (un 1,8 litre à 8 soupapes à compresseur volumétrique à spirale en forme de G, d’où son nom) développant 160 chevaux. 

Avec 225 km/h de pointe et un 8,3 secondes au 0 à 100 km/h, la Corrado G60 offre alors des performances tout à fait intéressantes pour une traction. A son lancement, elle n’a quasiment pas de concurrence (l’Opel Calibra ne sortira qu’en 1990) et la Corrado, bien mieux équipée qu’une Golf, rencontre un petit succès. Comme ses soeurs Scirocco I (1974-1981) et Scirocco II (1981-1992), la Corrado est fabriquée chez Karmann à Osnabrück, preuve qu’il s’agissait tout de même d’un marché de niche.

Place au VR6 en avant première

La Corrado va ensuite encore évoluer vers le haut de gamme alors que la Golf reçoit le G60 en 1990 : l’année suivante, le coupé d’Osnabrück s’offre la primeur d’un original V6 ouvert à 15°, le fameux VR6 : 2,9 litres, 2 arbres à cames en tête, mais surtout 190 chevaux (la version américaine appelée Corrado SLC cubait 2,8 litres pour 174 chevaux seulement). Avec cette nouvelle motorisation, le Corrado file à 235 km/h et ne met que 6,9 secondes pour atteindre les 100 km/h, pas mal là encore (on ne retrouvera ce VR6 que sur la Golf 3).

Il y eut aussi une tentative de Corrado G60 16 soupapes préparée par Volkswagen Motorsport, à la façon de la rarissime Golf G60 Limited (71 exemplaires seulement) : à la clé, une puissance explosive de 210 chevaux. Malheureusement, la direction du constructeur allemand ne validera pas cette option malgré 2 exemplaires produits pour test. Dommage. En 1989, Marold proposa une version shooting brake, la Corrado Magnum, sans succès, tandis qu’un peu plus tard, Karmann osa une version cabriolet restée elle aussi dans les cartons.

Une ligne réussie mais discrète

Peu de temps après, le 1,8 16s passe à 2 litres tout en gardant la même puissance. Enfin, pour compenser la disparition de la Scirocco II produite jusqu’en 1992 en entrée de gamme, la Corrado reçoit un 2 litres 8 soupapes plus pépère, avec 115 chevaux à la clé. Désormais, la gamme est complète mais la Corrado commence à vieillir. Pourtant, sa ligne (très peu retouchée en 1992) signée Herbert Schäfer est toujours dans le coup, même encore aujourd’hui, mais malgré ses performances, la Corrado reste discrète. 

A l’été 1995, la production s’arrête après 97 521 exemplaires, un score tout à fait honorable pour un produit de niche. Volkswagen n’offre désormais plus de coupé dans sa gamme, à l’heure où d’autres constructeurs y reviennent comme Peugeot justement avec la 406 Coupé signée Pininfarina et qui elle dépassera les 100 000 exemplaires. N’empêche qu’aujourd’hui, les Peugeot se croisent plus souvent que les Corrado. La ligne de la 406 a si rapidement séduit qu’elle a rapidement été conservée, tandis que la Corrado, tombée dans la zone si dangereuse de l’occasion “à pas cher”, souffrira du mauvais entretien de propriétaires désargentés, mais surtout des affres du tuning sauvage.

 

Voilà pourquoi, malgré une production conséquente, la Corrado est une voiture rare aujourd’hui, bien des modèles ayant terminé contre un platane, ou bien décorés façon sapin de Noël, avec extension d’ailes et ailerons pelle à tarte. En revanche, les beaux modèles souvent bien entretenus s’avèrent particulièrement fiables, et on trouve le plus souvent des modèles à plus de 200 000 km présentant bien. L’idéal pour le collectionneur sera bien entendu la VR6, la plus intéressante, mais la G60 ne se défend pas mal malgré tout. Ceux qui cherchent un “daily” pourront se rabattre sur la 16s. Quoi qu’il en soit, la Corrado vous coûtera bien moins cher qu’une Golf II et c’est à prendre en compte.

Caractéristiques techniques

YOUNGTIMER

Volkswagen Corrado

1988 - 1995

Motorisation

Motorisation V6 à 15°
Cylindrée 2 861 cc
Alimentation injection
Puissance 190 ch à 5 800 trs/min
Couple 25 mkg à 4 200 trs/min

Dimensions

Longueur 4 050 mm
Largeur 1 680 mm
Hauteur 1 320 mm
Poids à vide 1 210 kg

Transmission

Roues motrices Avant
Boite de vitesses BVM à 5 rapports

Performance

Vitesse max 232 km/h
0-100 km/h 6,9 s
Production 97 521 ex (tous modèles confondus)

Tarif

Cote 2018 (LVA) de 4 500 à 7 500 euros

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2 commentaires

#p.a.s_c.a.l

Le 17/08/2019 à 23:21

Très bel article, je possède un Corrado 2.0l 16v depuis 2003 et c’est un très bon véhicule.

Rollin

Le 18/08/2019 à 00:32

Véhicule qui traverse les décennies.
Je possède un 16s 1.8 de 1991, acheté en 2ème main en 1995.
Il totalise 380000km et reste un plaisir à conduire.

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