Volkswagen Corrado Magnum: un duo et puis c’est tout !

Mercredi 13 janvier 2016
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Comme vous le savez sans doute, j’aime les petites histoires dans la grande, et avec le Magnum, je suis servi : c’est l’histoire typique d’une petite entreprise qui l’espace d’un instant s’imaginera devenir constructeur avant de voir le rêve s’envoler par la simple décision d’un grand constructeur. Voici donc l’histoire de la Volkswagen Corrado Magnum qui aurait du permettre à Marold d’accéder au statut de constructeur.

Corrado 10 Magnum Marold 89

Marold Automobil GmbH (MAG) ? Voilà un nom que peu de gens connaissent. Forcément, mis à part cet étonnant shooting brake Corrado, l’entreprise est plutôt discrète. Fondée en 1979 par Joseph Marold, elle existe toujours aujourd’hui sous le nom de PGAM GmbH (PlanungGesellschaft für Automobil und Maschinenbau). Cette société était (et est encore) spécialisée dans le prototypage, la réalisation de pièces spécifiques ou de machines pour la création de véhicules de petite série. Elle s’est depuis diversifiée vers le blindage de véhicules.

Corrado 09 Magnum Marold 89

Bref, cette société se trouve située à l’époque à Georgsmarienhütte, près de la ville d’Osnabrück. Et qui croyez-vous que l’on trouve dans cette ville : le carrossier Karmann évidemment, qui fabrique le coupé Corrado depuis 1988, en remplacement du Scirocco. A cette époque, les grands constructeurs n’ont pas toujours la souplesse industrielle pour produire des « petites séries » et font appel à des sous-traitant comme Karmann, Pininfarina, Bertone, ou Heuliez par exemple. Marold travaille donc pour Karmann et pour Volkswagen.

Corrado 07 Magnum Marold

Si les liens entre les trois entreprises sont clairs, l’histoire du Corrado Magnum est quand à elle plus floue. Difficile de déterminer si on doit son existence à la volonté de Volkswagen de « tester » le concept ou s’il s’agit d’une initiative de Marold pour séduire Volkswagen. Toujours est-il que les deux exemplaires du Corrado Magnum Sport Kombi seront produit en février et en mars 1989. Ils sont d’ailleurs agréés par le Tüv allemand. Chez Marold, on envisage la production d’une série de 200 exemplaires : pas énorme, mais de quoi tout de même élargir l’activité de MAG ! Les 2 exemplaires produits sont des G60, disposant du 1.8 litres de 160 chevaux.

Corrado 11 Magnum Marold 89

Marold attendra 1991 pour connaître la décision de Volkswagen concernant son concept Magnum. Et malheureusement, il s’agit d’une fin de non recevoir. MAG fait contre mauvaise fortune bon cœur, et retourne à ses activités traditionnelles : on ne se fâche pas avec un si gros client. Pourtant, Marold cherchera à rentrer dans ses frais en revendant les 2 prototypes, l’outillage, la documentation technique, les résultats de soufflerie, l’accord du Tüv, le tout pour 2,2 millions de $. Sans succès. En 2005 pourtant, l’affaire prend une autre tournure : la société, devenue PGAM, dépose le bilan. Pour renflouer les caisses, les protos sont vendus. PGAM survivra, mais cet épisode permet à un chanceux amateur américain de Corrado de s’offrir ces deux bestioles, Graal de tout collectionneur.

Aujourd’hui, les deux Magnum, en très bon état, sont donc la propriété d’un amateur éclairé, et c’est une bonne chose. Malheureusement, ils sont actuellement bloqués aux Pays Bas car difficiles à régulariser aux Etats-Unis. Affaire à suivre donc.

 

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4 commentaires

greg

Le 13/01/2016 à 14:55

Magnifique petit break: il me fait penser à ne reliant Scimitar, en mieux dessiné.
Dommage qu’il n’ait pas été produit, et merci pour la découverte!

Hyperskal

Le 13/01/2016 à 16:23

En fait c’est une Polo en un peu plus grosse non ?

Carvani

Le 13/01/2016 à 18:21

Et voilà comment assez joliment recycler des feux arrières d’Audi 80 😉

Greg

Le 21/01/2016 à 14:50

Je vais être très primaire et réagir en termes de j’aime/j’aime pas:
j’aime pas et ne regrette pas qu’elle ne soit pas entrée en production, sous cette forme.
Le profil est biscornu: la ceinture de caisse remonte mais le bord supérieur du vitrage est rectiligne jusqu’au bout.
Cela crée l’illusion d’optique que tout l’arrière de la voiture remonte, lui donnant l’allure d’une… banane.
Une grosse banane rouge.
Les feux arrière repris d’une Audi plus grande, sont trop gros et lui font… un gros popotin.
Honda pour différentes itération de la Civic (la III, la IV et la V), ou pour l’Accord Aerodeck, a privilégié un bandeau plus fin.
Même intention: un large bandeau lumineux qui souligne un hayon quasi vertical.
Résultat différent, pour le moins.
De plus ces feux ont un retour latéral important, prévu pour « mordre » sur le long porte à faux d’une berline.
Là, on a un gros problème de proportions, avec un porte à faux très court « mangé » par un feu très encombrant.
Un/une Corrado break de chasse, c’était sans doute une bonne idée, mais pas comme ça, je regrette!

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