Volkswagen Golf 1 Cabriolet : l’initiatrice

Publié le mercredi 5 août 2015.
Mis à jour le vendredi 5 juillet 2019.
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En allant manger des huîtres à Marennes chez une vieille copine parisienne en vacances, j’ai croisé deux cabriolets sympas : une Saab 9-3 première génération, immatriculée en Charente mais avec le volant à droite, et une Volkswagen Golf 1 Cabriolet série spéciale Classicline. Ayant souvent parlé de Saab, c’est donc de la Golf que je vais vous parler aujourd’hui.

Cab 01

La Golf Cabriolet première mouture a connu une longévité assez incroyable, survivant à la Golf 1 tout au long de la carrière de la Golf 2 qui ne connaîtra jamais, elle, de déclinaison cabriolet. Il faudra attendre la Golf 3 pour voir disparaître l’icône des petites découvrables des années 80. Présentée en 1979, elle ne prendra sa retraite qu’en 1993. Pas mal non ?

Cab 05

La Golf 1, lancée en 1974 et dessinée par Giugiaro, est à l’époque une vraie révolution pour Volkswagen. Après des décennies de « monoproduction » de la célèbre Cox, VW ose le contre-pied total avec une traction avant, moteur à l’avant (un 4 cylindres en ligne et non plus à plat, refroidi par eau et non plus par air) et à la ligne tendue. Adieu la bonne bouille de la Coccinelle, place à un dessin moderne et novateur.

Cab 03

Avec la Golf, VW va révolutionner aussi le secteur des compactes, en déclinant toute une gamme de modèle, du plus accessible au plus sportif (la GTI). Dans cette logique, une version cabriolet tombe sous le sens. S’attendant à un petit volume de production, VW s’allie avec Karmann qui se charge de la transformation. Pourtant, avec 388 522 exemplaires, la Golf 1 Cab’ sera un immense succès, sans doute inattendu.

Cab 07

Lancé avec une docile motorisation (1.5 litres de 70 ch), le Cab’ reçoit en 1981 un moteur plus sportif, le 1.6 litres injection de 110 chevaux, puis le 1.8 litres de 112 chevaux. Tout au long de sa carrière, elle connaîtra nombre de moteurs : 1.6 de 75 ch, 1.8 de 90 ch, puis 1.8 de 98 ch (le dernier moteur disponible après l’arrêt des moteurs 75 et 112 ch). La Golf connaîtra aussi des évolutions stylistiques. Avec l’apparition de la Golf 2, le cabriolet perdra sa finesse pour recevoir une nouvelle calandre, et des kits aérodynamiques virilisant la ligne (et l’alourdissant à mon goût).

Cab 06

Comme sa contemporaine, la Peugeot 205 Cabriolet, la Golf Cabriolet reçoit un arceau permettant à la caisse de ne pas trop perdre en rigidité. Et comme la lionne de Sochaux, la Golf devient une star des années 80, symbole d’une jeunesse en pleine réussite sociale et financière, avide de sport, de grand air et de « m’as-tu-vu ». Le succès jamais démenti du modèle fera même renoncer VW à créer une version cab de la Golf 2. Mais en 1993, la Golf 1, malgré ses qualités, commence à vraiment dater, et la marque de Wolfsburg finira par lancer un nouveau cabriolet sur la base de la nouvelle Golf 3 en 1994.

Cab 04

Dans le petit milieu des amateurs de cabriolets, on trouve les pro Golf et les pro 205, retrouvant la même rivalité que dans le petit monde des amateurs de GTI. Avec le recul, la Golf a moins bien vieilli que la 205 côté ligne. Normal me direz-vous puisqu’elle est basée sur un modèle datant de 1974 ! Pour le reste, ce qui m’a surpris en voyant cette Golf Classicline (une des séries limitées proposées à partir de 1991), c’est que malgré cela, elle ne dénotait pas vraiment dans la circulation. Mieux, c’était une petite jeune fille au volant, avec un A rouge collé au cul (de la voiture, pas de la jeune fille), preuve s’il en est qu’une Golf 1 peut aujourd’hui encore séduire les jeunes. D’ailleurs en rentrant à Saintes le soir, j’ai croisé une autre petite jeune fille, toujours avec un A au cul (de la voiture hein, je re-précise), roulant en C3 Pluriel d’une belle couleur beige (lire aussi : Citroen C3 Pluriel).

La concurrence: Peugeot 205, Ford Escort et Opel Kadett
La concurrence: Peugeot 205, Ford Escort et Opel Kadett

Bon il est vrai qu’on trouve aujourd’hui pléthore de Golf cab à vendre, parfois pour peanuts. Dès 2000 euros, on peut repartir les cheveux au vent, mais méfiance tout de même : bien des modèles ont souffert d’une utilisation intensive, d’un entretien négligé, voire des affres du tuning. Autant mettre le prix (3 à 4000 euros) pour un modèle en bon état. N’empêche que voir la relève conduire cette voiture de mon enfance, ça m’a fait du bien : peut-être y-a-t-il un soudain regain d’intérêt des jeunes d’aujourd’hui pour ces autos pas si démodées que cela !

 

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4 commentaires

Greg

Le 10/08/2015 à 18:12

La Golf a été la planche de salut de VW au début des années 70.
Aujourd’hui, elle demeure la référence du segment des compactes, celle qui fixe le niveau à atteindre.
En qualité, et en volumes de vente!

VW était pris au piège de la monoculture Cox avec différentes variantes, Type 3 et Type 4, qui étaient à la Cox ce qu’une Ami 6 était à une Deuche ou une Fiat 850 à une Fiat 600.
Un dérivé à la consanguinité coupable.
En rachetant Auto Union (la firme aux 4 anneaux: NSU, Audi, DKW et Wanderer), VW met la main sur 2 modèles parfaitement aboutis, la petite K50 et la grande K70.
Tractions modernes, elles ont tout ce que les bureaux d’études VW n’ont pas encore conçu: moteur, boite, suspensions… Tout sera recyclé tel quel sur la Golf (et, pour être juste, sur le coupé Scirocco qui la précède de plusieurs mois).
VW est sauvé, Audi sera promis à un grand destin et le reste sera sacrifié.

La Cox cabrio était une surprise faite à Hitler par Ferry Porsche pour l’inauguration de l’usine de Wolfsburg renommée avant guerre (ça allait pas tarder à péter de tous les cotés) « Stadt des KDFs Wagen ».
Vu le succès de la Cox cabrio de production, l’idée de décapsuler la Golf coulait de source.
La GTI quant à elle est plus le fruit d’un concours de circonstances: délire d’ingénieurs, réprouvée par le marketing qui n’y croyait pas et n’en voulait pas…

Jacques Andlauer

Le 28/11/2015 à 22:55

Pour avoir possédé deux Golf Cabrio 1.6, je puis attester de leur agrément en toutes circonstances. Je me suis séparé (à regrets) de la dernière alors qu’elle affichait 214 000 km au compteur, je l’avais achetée d’occasion à 50 000 km. Hormis un entretien régulier, la seule recommandation que je pourrais formuler serait d’être très attentif à l’évacuation de l’humidité stagnante, notamment au niveau du tablier avant.

Utopiaboy

Le 03/05/2016 à 16:14

La greffe du kit carrosserie (apparu en 88 sur la version Quartet si je ne m’abuse) est à mon sens une réussite, car bien plus que de simplement donner du muscle, il permet d’intégrer visuellement les boucliers à la carrosserie, et de tirer un trait sur les pare-chocs de type « pièce rapportée », que tous les constructeurs abandonnèrent à l’aune des années 90. C’est ce détail particulier qui donne l’impression que cette vieille Golf n’est finalement pas si démodée. Il fallait bien tenir jusqu’à l’apparition de la remplaçante sur base de Golf 3. Cette dernière, de la même manière, survivra à deux générations de Golf, en adoptant toutefois un profond restylage avec le regard de la Golf 4.
Je me souviens avoir beaucoup désiré la version Classicline du visuel constructeur ci-dessus, laissant admirer ce somptueux cuir fauve. Mais la fin de carrière verra naître bien d’autres séries spéciales, citons principalement la Youngline et la Sportline, la première étant une version d’accès à l’équipement simplifié, la deuxième offrant une présentation plus sportive avec des jantes BBS RA, des adhésifs, et un très joli intérieur Recaro. Et puis il y eut encore la Genesis ou la rare et méconnue Etienne Aigner !

MattB

Le 29/08/2018 à 10:20

Il y a les pro Golf et les pro 205… Moi je suis pro Escort! Mais loin de penser que c’est la meilleure, c’est un concours de circonstance qui m’a ammené à en posséder une (un modèle XR3i de 1984 qui est maintenant dans la famille depuis 20 ans).

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