Volkswagen Karmann Corrado Cabriolet : juste pour vos yeux

Jeudi 2 mars 2017
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Voilà un article qui sera particulièrement court, mais comme j’avais envie de vous montrer ces quelques images, il faudra se satisfaire de peu. En effet, si l’on trouve quelques photos du (des) prototype(s) de la Volkswagen Corrado dans une version cabriolet, les informations disponibles sont peu nombreuses.

La VW Corrado G60, fabriquée par Karmann à partir de 1988

C’est en octobre 1988 que sort le premier exemplaire du coupé Corrado, successeur du Scirocco dans la gamme Volkswagen, des chaînes de production du carrossier Karmann, fidèle sous traitant du constructeur de Wolfsburg. Le Corrado est un coupé plus bourgeois que sportif, basé sur un châssis de Golf 2 (mais doté du train arrière de la Passat 3), doté à son lancement du moteur G60 de 160 ch (il recevra plus tard d’autres motorisations soit plus sages, soit plus « nobles » comme le fameux VR6 que l’on retrouvera dans la Golf 3, lire aussi : Golf III VR6).

La ligne est habilement dessinée, moderne, dynamique, quoiqu’un peu lourde visuellement. Volkswagen sachant que son produit restera un véhicule de niche, en confie la fabrication à Karmann, plus rompu aux « petites séries » et qui fabriquait déjà le coupé Scirocco. Entre fin 88 et mi-95, Karmann en produira 97 521 exemplaires (soit entre 10 et 15 000 par année pleine).

Sketch de la Corrado dans sa version cabriolet

Le Corrado donne d’abord des idées à d’autres : un sous-traitat de Karmann, Marold, tentera ainsi de proposer à Volkswagen une version « shooting brake » en 1989, sans succès (lire aussi : Corrado Magnum). Mais il faudra attendre 1993 pour que Karmann et VW se posent la question d’un cabriolet. Une réflexion logique : VW cherche à s’implanter aux USA, un marché friand de ce type de carrosserie. Et puis, un peu partout en Europe, le cabriolet revient à la mode. Proposer une version découvrable du Corrado semble une bonne idée.

L’exemplaire bleu, conservé par Volkswagen, vu de dos

Karmann va donc plancher pour le compte de Volkswagen sur un dérivé décapsulé. Et le résultat, avouons le, est plutôt réussi. Il semblerait qu’au moins 2 exemplaires (un bleu et un vert) aient été construits. On parle d’un 3ème exemplaire sans certitude. Il semblerait qu’un seul de ces modèles ait été motorisé. Pourtant, la version « convertible » ne sortira jamais en série.

Un exemplaire vert (conservé par Karmann ?)

Difficile d’en savoir exactement les raisons. Mais on peut imaginer d’abord que la fin de vie prochaine du Corrado (arrêt de la production en juin 1995) rendait le projet d’ores et déjà caduque. Il aurait sans doute fallu s’y prendre un peu plus tôt. En outre, il fallait bien se l’avouer : sans être un four, le Corrado n’était pas un succès non plus, alors que le Scirocco 1 s’était vendu à 504 123 exemplaires, et le Scirocco 2 à 291 497 unités. Enfin, on peut imaginer que les coûts de transformation et de rigidification s’avéraient trop lourds pour espérer rentabiliser cette version.

Volkswagen et Karmann en resteront donc là, et aucune version « dérivée » du Corrado ne sera jamais produite officiellement. Dommage pour nos yeux car le cabriolet présenté en 1993 était particulièrement réussi ! Un exemplaire est conservé par Volkswagen dans ses réserves et exposé régulièrement.

Photos: Volkswagen et DR

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3 commentaires

Julien

Le 02/03/2017 à 09:48

Je ne sais pas pourquoi, mais la photo de dos m’a tout de suite fait penser à la R19 cabriolet (elle aussi fabriquée par Karmann)

Olivier G

Le 02/03/2017 à 11:44

J’aurai pensé que ce cabrio avait été principalement étudié pour le marché américain et que l’accident de Lockerbie qui a étêté VW of America durant plusieurs années était la cause de l’abandon. Mais sur les deux protos verts et bleus, aucune spéc US n’est visible, donc mon raisonnement est caduque.

Sinon, la différence entre l’exemplaire vert et bleu est intéressante : d’un côté une solution économique avec recouvre-capote et de l’autre une capote qui vient se ranger dans un espace dédié sans rompre la ligne et plus agréable à l’oeil, comme sur la 19.

Enfin, juste pour amener de l’eau au moulin, les photos de la Corrado décapsulée sont assez courante sur le net. Mais en version fermées, elles sont plus rares et mérite vraiment qu’on s’y attarde car la ligne se rélève sous un autre aspect (à noter l’erreur de datation par Musée VW qu’ils corrigeront plus tard) :
http://www.facebook.com/cardesignarchives/photos/pcb.281215895580087/281215802246763

Olivier S

Le 02/03/2017 à 12:08

C’est vrai que l’assemblage de couvre-toit en décapoté de la bleue rassemble au détail prêt la R19!
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Par contre, il n’y avait pas que Karmann a se lancer dans l’affaire d’une Corrado décapotée:
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Il y avait aussi des conversions par l’entreprise tuning Zender, V.A.G. Eickel, et Design und Technik, puis des kits de conversion Speedster de chez DSP.
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Ceux-la, on pouvait les acheter – mais les surcoût étaient tellement haut (DM 25.000 pour la conversion Design & Technik, voire même DM 80.000 pour une Zender G60 à 2-places complétée), que la diffusion fut minimale.
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La Zender Corrado Cabrio était aussi disponible en miniature 1:24 Revell – peut-être vendu en plus grande série que la toutes les Corrados confondus!
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La version V.A.G Eickel (grand concessionnaire VW de Berlin) était planifiée en « grande série » de 500 exemplaires, mais apparemment que 4 auront jamais été construites (la aussi a DM 25000.- de surcoût sur le modèle de base).
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Je n’ai jamais trop aimée les Corrados dans son temps, mais en rétrospectif elle me parait d’un style plus équilibrée que je m’en souviens.
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Très VW fin des années 80, bonne qualité d’assemblage, simplicité mécanique, robustesse et fiabilité garanti, très bonne protection contre la rouille. En tout, une bonne période VW avant les catastrophes des années 90 et ses très médiocres Golf III & Passat B4/B5 qui suivaient…

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