Volkswagen Passat W8 : luxe, puissance et discrétion !

Publié le vendredi 30 octobre 2015.
Mis à jour le samedi 10 novembre 2018.
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Si j’ai beaucoup de souvenirs de jeune adulte à bord d’une Volkswagen Passat B3 break, et si je reconnais à la Passat B4 une certaine originalité, à défaut d’être belle, je vous l’avoue tout de go : la Passat B5 (et ses descendantes par la même occasion) m’ennuie. C’est sûrement une bonne voiture, mais elle représente pour moi le début d’une certaine banalisation du design, tendant vers l’uniformisation et la standardisation des canons automobiles, un reflet de notre époque moderne, dont Audi et Volkswagen se sont faits les champions, entraînant dans leur sillage quasiment tous les autres constructeurs.

La Passat B5 est donc jolie, mais sans âme, et pour cette raison, ne m’a jamais séduit. Jamais ? Ce n’est pas tout à fait vrai je l’admets, car une Passat de cette génération (1996-2005) a réussi à me faire envie grâce à une configuration rare, performante, originale et pourtant discrète : la Passat W8 ! Même si Volkswagen suivait (et suit toujours) une politique consensuel, elle savait pourtant faire des exceptions avec des modèles résolument sportifs, ou des motorisations hors du commun !

Entre 1991 et 1998 déjà, VW nous avait pondu une Golf VR6 fort séduisante (lire aussi : VW Golf VR6). Mais en ce début des années 2000, alors que le groupe VAG (son nom à l’époque avant de devenir Volkswagen Group) est en pleine bourre (rachat de Bugatti, de Bentley, explosion d’Audi en tant que marque premium), et pour continuer sa montée en gamme, il décide l’étude de nouveaux moteurs « multi-cylindres » avec une drôle d’architecture en W : un W12 pour l’Audi A8 (puis pour la VW Phaeton), un W16 pour Bugatti… mais aussi un W8 pour VW et sa Passat pourtant en fin de vie.

Je ne suis pas un spécialiste des moteurs, mais pour faire simple, repartons vers le fameux VR6 sous le capot de la Golf. Ce 6 cylindres en V disposait d’un angle de 15° (contre 60° pour un V6 normal, voire 90° dans le cas du PRV). En l’amputant de deux cylindres, on obtenait alors un VR4 (logique jusque là). En accouplant deux VR4 ensemble en forme de W justement, on obtenait alors un W8 ! Chez Volkswagen, ce W8 cubait 4 litres, et développait 275 chevaux. Le W12 lui résultera de l’accouplement de deux VR6. Le W16 de la Veyron n’est pas – quand à lui – le fruit de deux W8, mais de deux VR8 ! Vous suivez toujours ? L’avantage : des moteurs plus compacts que leurs équivalents en V, avec plus de couple, et moins de vibrations.

Avec un tel moteur, on allait donc pouvoir donner à la Passat un vraie porte étendard. Pour compléter le tout, l’équipement devenait grand luxe, of course, et recevait la transmission intégrale 4Motion. Extérieurement, il faut être un expert pour distinguer la variante W8 : à part le logo sur la calandre et à l’arrière, et ses 4 sorties d’échappement, la Passat W8 reste très discrète.

La Passat W8 est lancée en 2001. La même année, l’Audi A8 reçoit son W12, tandis que la Golf reçoit sa version R32 l’année suivante (lire aussi : VW Golf R32). C’est festival à Wolfsburg. Pourtant, si le W12 de l’A8 et la Golf R32 ont marqué les esprits, la Passat W8 reste assez méconnue. Sûrement parce que VW n’en a pas vraiment fait la promotion, qu’elle était moins spectaculaire que la R32, et même si la W8 profitait du restylage de la Passat (type B5.5), elle restait trop anonyme pour un haut de gamme, et relativement chère, la faisant rentrer en concurrence avec des modèles autrement plus sexy.

La W8 existait aussi en break, encore plus désirable

Elle ne sera donc produite que durant 3 millésimes, de 2001 à 2003. Volkswagen n’a jamais officiellement dévoilé les chiffres réels des ventes : elles sont estimées à 10 000 exemplaires par an. Les seuls chiffres connus sont ceux des Etats-Unis/Canada, avec 4931 exemplaires vendus en 3 ans. A mon avis, entre 10 et 15 000 exemplaires maxi auront été fabriqués en tout, ce qui rend cette Passat W8 particulièrement rare et donc désirable. Surtout, la Passat B6 n’eut pas le droit à sa version W8, puisque le moteur ne rentrait plus sous le capot en position transversale !

Aussi, quitte à rouler dans une voiture anonyme, autant choisir cette version performante qui, soyez en sûrs, deviendra collector le jour où les amateurs se souviendront de son existence. C’est sûrement le moment de se mettre en chasse d’un tel modèle !

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29 commentaires

Kevin

Le 30/10/2015 à 11:16

Petite coquille c’est 90 degrés pour le prv et le V6 de la Nsx et 60 pour les V6 classiques.

Paul

Le 30/10/2015 à 11:18

Exact, petite inversion rhaaa… Merci je corrige !

Max

Le 13/12/2016 à 21:41

« Deux » vr4. Merci pour l’article très intéressant. Boitier rouge c’est la vie.

Marc

Le 30/10/2015 à 11:43

Et dire que durant quelques mois PSA avait étudié avec VAG la possibilité d’utiliser ce moteur W8 dans la 607 pour en faire un vrai haut de gamme…

Paul

Le 30/10/2015 à 12:09

Ah tiens, je ne savais pas ! Oui vraiment dommage en effet !

Greg

Le 30/10/2015 à 13:44

Petite précision: si VAG/Volkswagen Group s’est fait le spécialiste du moteur « en V en ligne », la paternité en revient à… Lancia 😉
Lancia, d’abord inventeur du 6 cylindres en V, a ensuite inventé pour la Fulvia un V4 compact dans lequel les 4 « futs » sont disposés en quinconce dans un banc de cylindres unique, lequel est coiffé par une culasse unique, avec ses 4 chambres de combustion en quinconce.
Le VR6 (V pour vé et R pour Reihe, « ligne ») se présente exactement comme le V4 de la Fulvia avec 1 paire de cylindres en plus…
Quelques modèles, Golf, Vento, Beetle, ont aussi reçu un VR5.

La force de VW, c’est d’avoir conçu un moteur modulaire: schématiquement, les motoristes valident 1 cylindre type et 1 chambre de combustion type, 1 modèle de conception de la « face avant » du moteur (cheminement de la distribution, disposition en entraiment des accessoires
Ensuite « il suffit » de concevoir 1 bloc, 1 culasse, 1 vilebrequin pour loger et raccorder le nombre voulu de cylindres et chambres de combustion: 5 ou 6 sur un banc unique, 8, 12 ou 16 sur deux bancs…
Cette manière de faire leur permet de réaliser des moteurs prototypes à l’unité, mais à un coût acceptable: avec un bloc moteur moulé au sable, un vilebrequin taillé dans la masse à coup de machines numériques, les 1ers protos Bugatti recevaient des moteurs à 18 cylindres parfaitement fonctionnels!

J2M

Le 30/10/2015 à 19:08

Je ne voudrais pas jouer le rabat-joie, mais cette contemporaine de la C5 chroniquée par ailleurs a une toute autre gueule. Quinze ans après, pas une ride.
Sans parler de l’incroyable « double V ».
Le rattrapage de jeu aux soupapes est automatique ?
Ok, je sors…

Paul

Le 30/10/2015 à 19:10

Justement, c’est aussi ce qui m’amusait: les préoccupations différentes de deux marques au même moment ahahaha 😉

Eric

Le 01/11/2015 à 21:15

Un modèle très intéressant techniquement. Cette auto n’est pas pour les frimeurs. Une voiture de connaisseurs, un peu comme l’Opel Omega avec V8 de Corvette ou la Rover 75 V8, ou la Thema 8-32 avant elle.

Le même moteur dans une 607 aurait eu une certaine saveur.

Matthieu

Le 20/04/2018 à 12:52

Attention: les Opel Omega Lotus et Vauxhall Lotus Carlton n’ont jamais eu de moteur de corvette, seulement la boite de vitesses. Le moteur est bien un 6 en ligne Opel: en partant de la base du 3.0 24v les ingénieurs sont arrivés à un 3,6L biturbo qui sort quand même 377ch.

Lorenzo

Le 03/11/2015 à 14:09

La 607 serait restée horriblement fade et placide
l’aurait fallu faire la Pesca!

Paul

Le 03/11/2015 à 14:12

c’est malheureusement pas moi qui décidait à l’époque (et encore maintenant)… Cela dit, la 308 HybridR semble vouloir enfin aller dans ce sens !

Utopiaboy

Le 04/11/2015 à 01:41

Quote : L’avantage : des moteurs plus compacts que leurs équivalents en V, avec plus de couple, et moins de vibrations.

La disposition des cylindres en soi ne permet pas d’offrir plus de couple. Elle autorise simplement à implanter une mécanique de plus forte cylindrée dans un encombrement réduit en longueur. Quant à la réduction des vibrations, c’est sans doute un peu vrai grâce à un vilbrequin plus court, mais cette architecture moteur a donné du fil à retordre à VW pour l’équilibrage, conduisant à l’usage d’arbres contrarotatifs, quand un V6 ou V8 traditionnels bien conçus offrent d’office un fonctionnement harmonieux et régulier.

VW s’était déjà essayé auparavant à une architecture boiteuse de 5 cylindres en V (le V5 monté sur Golf, Bora, Passat), se heurtant aux mêmes problèmes d’équilibrage. Cela donne des moteurs à la sonorité atypique, envoûtante par ailleurs (le V5 m’a sacrément marqué à l’époque !), mais le rendement et les performances déçoivent compte-tenu de la cylindrée.

En bref, ce W8 était avant tout un délire voulu par Ferdinand Piëch, pour essayer de faire entrer la Passat dans le haut de gamme. Son insuccès corrobore d’ailleurs celui de la Phaeton. Le boss a cru pouvoir hisser l’image de la « voiture du peuple » au niveau des premiums, à tord… Le groupe changera son fusil d’épaule avec la génération suivante de Passat, la version locomotive arborant dès lors une définition plus sportive en se dotant de l’ultime évolution du VR6, la fameuse et tout aussi rare R36 (un prochain article ?) 😀

Quant à l’aspect collector, c’est clairement un modèle appelé à se faire rare. Mais pour l’heure, on parle d’une berline 8 cylindres qui se vend difficilement, pour un prix dérisoire, et dont l’acheteur potentiel à ce jour aura le plus probablement des difficultés à assumer des coûts d’usage et d’entretien nettement au dessus d’une Passat conventionnelle. Ajoutez à cela des problèmes de fiabilité moteur-boîte. Et cerise sur le gâteau, certaines pièces spécifiques du moteur qui ne sont déjà plus fournies par le constructeur, comme les coussinets de bielle. Pour moi la cote de ce modèle est en train de sombrer et risque fort de mettre un long moment avant de remonter.

Eric

Le 30/01/2016 à 12:29

Faux les seul moteur naturellement équilibré sont le 6 en ligne et le V12 a 60 degrés .perso je n’ai jamais été fan des VR jamais puissant pour la cylindrée ( à cylindrée égale chez les constructeurs) je pense notamment à là golf 3 vr6 2.8l de 174ch la 325i e30 (pour rester dans les 12s) en développait 170 avec 300cc de moins…

Vad

Le 04/04/2017 à 23:09

Petite correction :
La Passat 3B (b5) est sortie en 97, pas en 96, avant dernière année de production de la 35i facelift (b4).
Bon article. Merci!

François MICHON

Le 08/08/2017 à 19:05

Merci pour cet article et toutes les informations que l’on y apprend.

Heureux possesseurs d’une passat W8 break toutes options de 2002, je vais la gardée et en profiter encore un peu ☺

manu

Le 19/12/2017 à 10:42

top cette article il ma fait découvrir cette voiture qui m était complètement inconnu !!
du coup je vient dans acheté une en version break du bonheur sous le pied droit 😉

François bouet

Le 16/05/2018 à 18:07

En 1997 j étais en stage chez gvf à Villers cotterets et steve norman était le patron de vw et circulait en w8 rouge berline immatriculée en Allemagne et se tirait le bourré avec michel Lepaire ( président et ancie journaliste ) qui lui roulait en A8 4.2 . Ça ronflait sur la départementale entre paris et Villers .

Passat w8

Le 28/07/2018 à 10:41

Bonjour, sur le journal Welt il et dit que pour la VW Passat W8 c »est seulement 2359 exemplaires qui ont été vendus.

https://www.welt.de/print/die_welt/motor/article165215445/Nicht-mehr-nur-fuers-Volk.html

Passion W8

Le 21/09/2018 à 21:51

Bonjour, j’ai une VW Passat W8 Break depuis bientôt 3ans
Niveau entretien sa reste chère mais quel bonheur de rouler en W8.
Exemple de tarif pour changement alternateur environ 1000 euros, disques et plaquettes avant environ 800 euros pour la vidange boite Tiptro 550 euros.
Mais c’est vraiment une voiture de passionné.

Mat

Le 29/09/2018 à 21:31

Cote Youngtimers Vw Passat W8 = 7000 euros
Magazine Youngtimers la cote Officielle 2018.
Voiture pas trop recherché car méconnu mais
je suis sur qu’un jour elle prendra de la valeur et
sinon pas grave car moi valeur ou pas
je garde car un W8 encore plus classe et rare qu’un v8.
Le W8 et sorti que pour la Passat b5.5 Break et berline
et la break et encore plus rare.

Mat

Le 30/09/2018 à 19:03

Bonjour je vous présente une superbe chaine
YouTube ou on peu voir la Passat W8
MERCI a lui car elle mérite d’être connue.

DOM75

Le 02/10/2018 à 12:06

Superbe voiture et moteur de ouf 4.0L / 32 Soupapes / 275ch din / 20ch visc .
Deux bloc vr4 / 4 arbres a canne / 4 Motion  » vrai 4 roue torsen audi  »
Boite Auto tiptro/ MODE: D auto, manu 2 3 4, et le mode séquentielle un régal.

DOM75

Le 03/10/2018 à 11:53

Alexandre

Le 26/10/2018 à 09:56

La VW Passat W8.
Futur collector…

MOI

Le 17/02/2019 à 14:02

La cote de la W8 monte a 7500 euros et on voit des break a 10 000 euros.

moi

Le 17/01/2019 à 21:09

Bonjour, j’ai aussi une VW Passat W8 break qui a 210 000 km
proprio depuis plus de 3 ans superbe voiture.

MOI

Le 17/02/2019 à 14:05

La cote de la Passat W8 monte 7500 euros pour la berline et 8000 euros pour la break. On commence a voir des break W8 en bonne état sur lbc a 10 000 euros

André

Le 05/10/2019 à 11:42

Bonjour, Proprio de la VW Passat W8 noir Break boite Tiptro.
achat il y a 4 ans a 183 000 km et
maintenant 221 000 km.
Superbe voiture, je regrette pas mon achat la mienne et une import suisse.

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