Volvo 242 GT: Brique Express

Vendredi 6 janvier 2017
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Ah, les Volvo des années 70. Ces breaks à la soute interminable préférés des familles nombreuses et des antiquaires et autres berlines aux intimidants pare-chocs sont indestructibles. Ou presque, avec une durée de vie promise à dépasser les vingt ans. Mais elles ne sont pas bien fun ni passionnantes à conduire. Pour rendre sa gamme un peu plus glamour et contrer l’érosion des ventes sur certains marchés clé, les cerveaux de Göteborg vont concocter une version du coupé 242 à tendance sportive.

Ils sont loin, les 123 GT Amazon et les élégants coupés-breaks P1800 ES (lire aussi : Volvo P1800 ES). Froide comme un fjord: ainsi peut-on qualifier la gamme Volvo 1977, sans risquer une dégelée par une bande de vickings. De la compacte – ex Daf – 343 (lire aussi : Volvo 340/360) à la grosse 264 au six cylindres PRV en passant par les breaks 245, les indestructibles suédoises produisent peu ou prou la même copie chaque année. Moins connue, la série 240 comporte comme les 164 précédentes une berline deux portes, logiquement dénommée 242. Elle est dévoilée en 1974, en même temps que les berlines 244 et breaks 245. Les voitures deux portes sont en effet encore très demandées, en particulier sur les marchés scandinaves. Comme ses sœurs vous vous en doutez, cette 240 amputée des portes arrière n’a pas la plastique d’Agnetha Fältskog ou Anni-Frid Lyungstad (à vos souhaits !) du groupe ABBA. Le plus haut de gamme coupé 262C, apparu au millésime 77 et assemblé en Italie, chez Bertone, est lui aussi loin d’ambiancer les défilés de mode, affublé d’un baroque pavillon surbaissé et d’un sombre toit en vinyl (lire aussi : Volvo 262C).

Pour la marque à la barre oblique, la fin des années soixante-dix n’est donc pas aussi riante qu’une partie de curling en salle, spécialité locale ! D’autant que les ventes dégringolent à 158 500 en 1977, contre 206 300 l’année précédente. Les « volvoistes » américains, canadiens et notamment australiens désertent les showrooms. Il est temps de réagir et de proposer une alternative aux Saab 900 Turbo (lire aussi : Saab 900) et autres BMW 320i concurrentes.

Pour ces trois marché clé, mais aussi pour la Suède et la Hollande, l’autre pays des Volvo, les suédois vont développer une 242 en survêtement pour le millésime 78. La classique deux portes se voit rhabillée d’une robe gris métal « Mystic River » agrémentée de filets orange sur les ailes, le capot et le spoiler en fibre de verre. Une Volvo à spoiler ? Oui, vous avez bien lu. Cet accessoire typique du tuning et des voitures sportives fait bel et bien partie de la panoplie, tout comme les jantes aluminium et la paire d’antibrouillards « ornant » la calandre. L’habitacle de la 242, aussi austère que celui de la 262 C de Jean Reno dans Les Rivières Pourpres, adopte lui aussi l’ orange criant sur les sièges, les contre-portes et le logo du volant. Pas du meilleur goût mais, c’est certain, la Volvo s’encanaille et ça se voit !

Coté mécanique, les deux premiers millésimes conserveront le quatre cylindres B21 d’origine à injection et ses 123 chevaux. La GT retient en outre la classique boite quatre maison, avec overdrive. La différence se fait sur la partie cycle, avec des ressorts et des amortisseurs raffermis. Enfin, les pneumatiques sont des Pirelli P6, la référence de tous les modèles sportifs en Europe. Mais, avec 4,90 mètres de long et plus d’1,3 tonne sur la balance,les performances stagnent. Avec 175 km/h en pointe et près de 35 secondes pour atteindre le kilomètre, on est plus proche d’une 343 à moteur Renault que de la 240 Turbo lancée en 1981. Mais le plus important, c’est que notre deux portes devient amusante à conduire. Les essayeurs du magazine australien Wheels ne s’y trompent pas, estimant que « la 242 GT est la première Volvo essayée depuis des années que certains de nos journalistes veulent inscrire dans leur shopping list » ! La plupart de leurs confrères américains, australiens et scandinaves concluront même que Volvo devrait adapter cette recette à toute sa gamme…

Pour le seul millésime 80, le B21 (2,1 litres) est remplacé par le nouveau B23 injection de 140 chevaux, repris des nouvelles berlines et breaks GLT. Le rapport poids/puissance passe sous la barre des 10 kg/ch et la vitesse de pointe gagne dix km/h. On entre dans des performances honorables, proches des chronos d’une Mercedes 230 CE. Notons au passage que certains marchés – jamais la France, snif ! – auront droit à partir de 1981 à une 242 Turbo de 155 chevaux, moteur apparu sur la berline et le break (sic) la même année.

Volvo proposera en sus en accessoire un Intercooler permettant de faire grimper sa puissance à 180 ch.Si près de trois millions de rejetons de la série 240/260 s’écouleront en vingt ans, 242 621 coupés 242 tomberont des chaînes de l’usine de Torslanda entre 1974 et 1984. Dont quelques milliers de GT. A n’en pas douter, l’image de Volvo en sortira à revigorée. A tel point que la 242 Turbo – surnommée « The flying brick » (la brique volante) – remportera en 1985 le Championnat d’Europe des Voitures de Tourisme ETCC et son pendant allemand, le fameux DTM. Décidément, les suédoises ne sont pas de glace…

Texte: Michel Tona – Photos: Volvo Cars

 

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5 commentaires

Quentin

Le 06/01/2017 à 21:36

L’avion de la pub ressemble à un Dassault mirage G doté d’ailes à géométrie variable, construit à seulement 4 exemplaires, c’est étonnant. Il paraîtrait qu’elle pourrait voler, mais avec un Cx pareil c’est déjà un miracle qu’elle roule !

Eddy123

Le 06/01/2017 à 23:42

Elle est bien bonne… 🙂

YO

Le 07/01/2017 à 14:13

Je pense plutôt à un F-111 qui était en activité en Australie et aux USA à l’époque de la commercialisation de cette Volvo.

GRÉGOR HELAUT

Le 08/11/2018 à 02:23

Par contre, nous, nous faisions des voitures au look de « TGV » sur roues que l’on appelaient… « CX », aah, on aimait bien, hein !? Rhoo, ben oui, le break ! Bien mieux qu’une 245 ! Les ailerons de BX, le plastique, les R18 « TURBO », l’autocollant apposés en bas de portieres pour cacher les points de rouilles se formant, et pas capables de tenir 4 hivers de sel sur l’autoroute du Nord sans se décomposer, top ! Ce que l’on oubli aussi, c’est qu’à part la 404/504 en Afrique, on n’a pas été fichu de conquérir de nouveaux marchés sur d’autres continents comme Volvo qui était encré jusqu’aux USA… depuis les années 50 ! Vous savez le pays où tout est démesuré, carré en 70/80/90, et avec de gros parc-choc… et qui relancait l’idée de la sécurité… à mediter !
Volvo a tout simplement pensé mondialisation avant tous les petits français !

J2M

Le 08/01/2017 à 11:49

Dans la période 70-80, les Volvo étaient celles qui rouillaient le moins.
Ce n’est pas une légende. Certaines Françaises commençaient leur processus d’autodestruction dès les six premiers mois. Vécu avec rancoeur !
Si on ajoute des moteurs increvables (B18 et consorts), c’était avec certaines Mercedes la seule alternative pour ne pas perdre tout son capital au bout de 5 ans.
Un fait surprenant : propulsions à pont rigide, ça tenait assez bien la route (sur le sec) car tout était maintenu et guidé à la suédoise.
Ce n’était pas « la Mercedes du pauvre » mais une alternative un peu moins chère et sur certains point plus résistante.
Le catalogue des très réussies W123 faisait un sous-entendu perfide sur les voitures exclusivement dédiées à la sécurité (suivez mon regard) ou à la technique (pas sympa pour Citroën, partenaire croisé de l’hydraulique et de l’injection dans les 60′) ou encore aux performances (bavaroises et italiennes dans le même sac). Cela pour expliquer qu’elles étaient les meilleurs berlines du moment.
De la publicité comparative border-line à l’époque où c’était interdit en Europe, en somme.
Mais les deux concurrentes restent en gros les seules qu’on peut encore trouver assez souventsans trop de dessous en dentelle. Et qui se tiennent sacrément bien dans la circulation !

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