Volvo XC40 : entrée de gamme, mais pas bas de gamme !

Samedi 7 avril 2018
Retour

« Volvo is back ». Racheté en 2010 par le constructeur chinois Geely, sous l’oeil dubitatif des commentateurs de la vie automobile, le dernier constructeur suédois depuis la disparition de Saab a parfaitement bien négocié son come-back grâce à un positionnement décalé par rapport aux premiums allemands. Si certains voyaient déjà le passage sous pavillon suédois comme le « début de la fin », Volvo prouve le contraire en égrainant les lancement, dont son petit dernier présenté à Milan fin 2017, le Volvo XC40, qui au passage s’est offert le titre de Car of the year (COTY) 2018. Nous avons pu l’essayer en terre portugaise.

Depuis la présentation du XC90 en 2014 (lire aussi : Volvo XC90), la stratégie de Volvo est claire : priorité aux SUV, qui paraissent en premier. Mais pas question d’abandonner les berlines et breaks qui font l’image de la marque et le lien avec le passé. Après le XC90, Volvo avait dégainé son séduisant duo S90/V90 (lire aussi : Volvo S90/V90). Même stratégie avec le XC60 dont la version V60 vient d’apparaître. Aujourd’hui, c’est au tour du « petit » XC40 qui connaîtra inévitablement une déclinaison S40/V40.

Volvo a donc commencé, à juste titre, le renouvellement de sa gamme par le haut pour ensuite descendre une par une les gamme jusqu’à ce dernier XC40. Pour ses flagships « 90 », la marque sino-suédoise a su créer une ambiance intérieure particulière, chaleureuse, haut de gamme et zen, dans le plus pur design suédois, jouant habilement des couleurs et des matières. Ce positionnement décalé s’est ainsi retrouvé dupliqué sur la gamme « 60 ». On s’attendait bien évidemment à retrouver cette ambiance dans le XC40. Malheureusement, le passage à la gamme du dessous a semble-t-il obligé à faire des choix : si l’air de famille est bien présent à l’intérieur, on est loin de l’impression de luxe et d’espace des versions supérieures. J’avais pu profiter de l’intérieur d’une V90 durant un long road trip de 1500 km il n’y a pas si longtemps, aussi, me retrouver dans un environnement moins valorisant n’était pas une surprise, mais tout de même une déception. En finition R-Design, le noir est bien présent, ôtant toute l’originalité des précédents modèle. C’est bien construit, mais c’est très germanique, alors que, jusqu’à présent, Volvo avait réussi à se démarquer.

Du côté du design extérieur, c’est autrement plus réussi. Le XC40 est bel est bien la dernière poupée russe de la gamme, XC60 en réduction, lui même XC90 en réduction. Pourtant, tout n’est pas identique à ses aînés, et le « 40 » s’identifie au premier coup d’oeil, par sa compacité. Plus carré que le XC90, il reprend les signes distinctifs de la marques (marteau de Thor sur les phares avant, petit drapeau suédois sur les flancs, feux arrières), mais sa calandre semble plus agressive, tandis que son pilier C lui offre une personnalité distincte.

N’étant pas un fou furieux des SUV, surtout s’ils sont compacts, je dois avouer que, s’il fallait obligatoirement en choisir un pour des questions de style, ce serait bien évidemment le XC40 que je choisirai. Côté techniques, je vous passe les sempiternels aides à la conduite dont Volvo s’est fait le champion, mais que l’on retrouve aujourd’hui sur à peu près toutes les voitures haut de gamme. Pour être franc, j’ai tendance à débrancher ces choses là, détestant ressentir la résistance d’un volant au moment de tourner, la voiture refusant ma courbe idéale pour rester bien calée à égale distance des deux lignes. Régulateur, freinage auto-adaptatif, maintien de ligne, autant d’engin qui m’endorment plus qu’ils ne m’assistent. Sachez en tout cas que, sans être autonome, une Volvo saura faire bien des choses à votre place, si cela vous chante. Très peu pour moi.

Côté moteur, la XC40 se lance avec deux moteurs. Un diesel d’abord, celui que nous avons essayé : un D4 4 cylindres biturbo de 2 litres et 190 chevaux, une puissance parfaitement acceptable à ce niveau de gamme ; un essence ensuite, le T5, un 4 cylindres Turbo de 2 litres offrant la bagatelle de 247 chevaux. Les deux motorisations étant disponibles en 4×4 uniquement. Par la suite, apparaîtront deux essences (T3 3 cylindres de 156 ch, T4 4 cylindres de 197 ch) et un diesel D3 (4 cylindres 150 chevaux) : ces 3 derniers laisseront alors le choix entre 4×2 ou 4×4.

Avec 190 chevaux sous le capot du D4, voire 247 pour le T5, on est donc, on l’a dit, à des niveaux de puissances tout à fait acceptables, mais le XC40 n’est pour autant pas un SUV sportif au sens propre du terme. On sent, à la conduite, la recherche d’un compromis entre dynamisme et confort. N’espérez pas trop, même en T5, vous retrouver au volant d’une sportive. J’avais eu le même sentiment avec la V90 T6 dont l’essai arrive bientôt : malgré 320 chevaux, elle se révélait surtout une superbe autoroutière. Châssis de compromis donc, mais parfaitement adapté à ma philosophie de conduite de tous les jours.

Parlons de la plate-forme justement. Il s’agit de la CMA (Compact Modular Architecture), une plate-forme que le XC40 partage avec la Lynk&Co 01. Ce n’est pas le seul point commun avec sa cousine chinoise, puisque pour les marchés européens, elles partageront la même usine à Gand en Belgique (les ex usines DAF où sont traditionnellement fabriquées les « petites et moyennes » Volvo, lire aussi : Volvo 340/360), et bien entendu, les mêmes moteurs. La Lynk&Co 01 se veut plus jeune et moins statutaire que la XC40, plus traditionnelle. Admirons là encore la stratégie de Geely, qui créé de toute pièce une marque positionnée juste sous Volvo, mais bénéficiant des mêmes technologies. D’ailleurs, Volvo Cars est actionnaire à 30 % de Lynk&Co aux côté de sa maison mère Geely, histoire d’impliquer les suédois dans cette histoire chinoise.

La Lynk&Co 01, cousine de la XC40, sera aussi fabriquée à Gand

Bref, vous l’aurez compris, la Volvo XC40 n’a pas été élue Car of the year par hasard, il s’agit d’une excellente voiture… jusqu’à ce qu’on regarde le prix au bas de la facture : au minimum 45 000 euros pour une D4 ou une T5, dans la finition la plus basse Momentum, et hors option. Ce positionnement élitiste est sûrement stratégiquement bon vus les résultats financiers et les ventes du constructeur suédois, mais il n’est vraiment pas donné. Cela dit, la part des LOA/LDD dans les ventes automobiles arrive à faire de ces tarifs hauts un atout : avec des valeurs résiduelles probablement hautes, la location permet d’afficher des tarifs particulièrement attractifs malgré un prix catalogue faramineux : malin !

 

Articles associés

10 commentaires

Dimitri

Le 07/04/2018 à 18:25

Je me réjouis de l’essayer, par contre l’usine belge de Grand n’a jamais produit de DAF, elle a été créée pour l’Amazon et ses successeurs ont suivi. La seule petite Volvo à y avoir été produite est la S40/V50 suite au retrait de Volvo de Nedcar (ancienne usine DAF auto).

J

Le 10/04/2018 à 22:29

Effectivement, l’usine qui assemblait les voitures DAF est à Born aux Pays-Bas. Elle est la propriété du groupe VDL qui loue les chaînes de production à BMW pour y assembler des Minis.
L’usine de camions DAF est depuis le tout début (1928) à Eindhoven (Pays-Bas) où se trouve également le musée DAF avec plein de voitures et de camions (et même deux motos) soit de la marque, soit ayant utilisé les boîtes de vitesse à variateur continu (CVT).

Choco

Le 07/04/2018 à 18:27

J’étais le premier à penser du mal de l’arrivée de Geely chez Volvo. Comme quoi on peut se tromper. J’aime beaucoup les derniers modèles sauf ce XC40. Question de goûts personnels. Alors que les XC60 et surtout XC90 me plaisent vraiment. Mais à quel prix. Je n’avais pas pensé à la LOA mais c’est vrai que ça permet de faire passer la pilule, surtout pour ce segment.

Essaisautos

Le 07/04/2018 à 22:03

Quand Geely est arrivé aux commandes de Volvo, tout le monde a crié au scandale et pourtant Volvo n’a jamais produit d’aussi belles voitures tout en continuant à surfer sur ce qui a bâti sa réputation, la sécurité. Et manifestement les ventes s’en ressentent… 😉

Brutal

Le 08/04/2018 à 03:18

Bof, vous trouvez vraiment ce design intéressant ? Une sorte d’accouplement entre un XC90 et un Captur (vive le plagiat pour la bi-teinte). Au final ça donne un design torturée, avec des roues surdimensionnées. C’est aussi ridicule que pathétique.

« Volvo n’a jamais produit d’aussi belles voitures » = on est sérieux là?

AbuShemsy

Le 13/04/2018 à 04:53

Oui et Renault a plagié la Lancia Ypsilon pour le biton qui est elle-même un plagiat de…

Le biton revient à la mode petit à petit. De manière plus ou moins réussie (ici je trouve cela laid). Alors parler de plagiat pour une mode qui date des débuts de l’automobile, qui avait disparu et qui revient…

Guillaume D.

Le 08/04/2018 à 08:44

Il y a quand même un « problème » avec les essais automobiles en ce moment! D’un côté, tout le monde tape sur le diesel, les autorités en premier lieu, les constructeurs suivent, en particulier Volvo qui a été l’un des premiers à annoncer qu’il ne développerait plus de nouveau moteur diesel… et que propose-t-on à l’essai aux médias ? Des XC40 diesel!!!
Rien de logique ni de cohérent…

Bon, je parle de Volvo dans le cas de cet essai, mais tout le monde fait pareil: je ne sais pas si ma vision est biaisée, mais j’ai le sentiment que 80% des essais sont encore faits avec un moteur diesel!

zeboss

Le 08/04/2018 à 14:22

le passage sous pavillon suédois …
heuuuuu….
bon ok je chinoise ?…..

Sinon coté look, une XC90 lavée à 90° et passée de la taille 52 à 38 ?
la Lynk&co est presque plus inventive…

Bertrand

Le 09/04/2018 à 22:18

Mais où sont passés es bons vieux 240 break, 960 break, expectorant de bons gros particules de suie du pot d’échappement aussitôt qu’ elles démarraient… certains « écolos » rajoutaient par provoc un adhésif « non au nucléaire » sur le coffre de leur deplacoir. D’autres, plus routards, dormaient totalement allongés à l’arrière de l’immense coffre prévu pour…. (voire plus si affinités). Les familles cathos de Belgique allaient gaiement à l’église en chantant des louanges au seigneur dans leur vieux break Volvo… Le Batave moyen, tractait sa caravane -et sa femme- sur l’autoroute du sud en période estivale dans un « parallélépipède rectangulaire » break Volvo. Ces bagnoles ne coûtaient pas cher, avaient de la personnalité, et étaient indestructibles.
Aujourd’hui, 45 000 roros pour ça. Et/ou des formules attractives en Loa Lld pour y faire passer la pilule. Même si j’avais les moyens, ça sera sans moi. Voiture inutile et sans style! Encore une bagnole pour ceux qui aiment prendre le train.

Greg

Le 10/04/2018 à 15:15

« Un peu » cher, quand même. Style très personnel et couleurs vivifiantes, pourquoi pas… mais l’intérieur, quelle déception! Je m’attendais à autre chose de la part de Volvo.
Bon.
On attend la Cadillac XT4?!

Laisser un commentaire