Cette Aston Martin de 680 ch est moins chère que toutes ses rivales Ferrari, McLaren et Porsche
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Cette Aston Martin de 680 ch est moins chère que toutes ses rivales Ferrari, McLaren et Porsche

Par Camille Delcourt - 09/06/2026

La nouvelle Vantage S gagne seulement 15 chevaux, mais elle affine surtout sa mise au point pour devenir plus incisive. À 680 chevaux, 325 km/h et 3,4 secondes sur le 0 à 100 km/h, le coupé d’entrée de gamme de Gaydon joue déjà très haut. Alors, pourquoi parler d’un presque cadeau pour une Aston Martin ? Parce que cette version plus désirable semble objectivement mieux placée que la Vantage classique.

Aston Martin poursuit le déploiement de ses variantes S sur toute sa gamme. Après le DBX S essayé l’année dernière et la DB12 S prise en main récemment sur Caradisiac, c’est désormais au tour de la Vantage de recevoir ce traitement. Le principe reste fidèle à la tradition de Gaydon : partir du coupé d’accès de la marque, déjà très performant, puis lui offrir un supplément de puissance, une allure un peu plus musclée et une mise au point plus sportive. Sur le papier, les écarts avec la Vantage standard paraissent subtils, mais cette nouvelle Vantage S possède au moins un argument très solide pour compliquer le choix des amateurs.

Une Vantage plus agressive, mais sans provocation excessive

Au premier regard, la Vantage S ne bouleverse pas le dessin de la Vantage normale. Il faut connaître le modèle pour relever les différences. Le long capot conserve son rôle central dans la silhouette, tandis que le coupé garde cette posture ramassée et tendue qui fait partie de son charme.

Les ouïes du capot évoluent avec de nouvelles lames, pensées pour mieux extraire la chaleur produite par le V8. Des badges S prennent place derrière les roues avant. À l’arrière, une fine lèvre de becquet en carbone vient compléter l’ensemble, sans transformer la voiture en machine de circuit caricaturale. Cette petite pièce aérodynamique annonce pourtant un vrai chiffre. Aston Martin indique qu’elle ajoute 44 kg d’appui à la vitesse maximale. L’appui total atteint alors 111 kg, les 67 kg restants venant d’un soubassement revu. Reste que cette donnée ne se vérifie qu’à 325 km/h, autant dire dans des conditions impossibles à reproduire dans une utilisation normale.

Un habitacle quasiment identique, mais toujours spectaculaire

À bord, la Vantage S reste très proche de la Vantage classique. Là encore, quelques badges S rappellent la version choisie, mais l’ambiance dépend surtout de la configuration retenue. Les cuirs, les couleurs et les sièges changent beaucoup la perception de l’habitacle. On peut opter pour des baquets en carbone réglables, plus sportifs, ou pour des sièges en cuir plus confortables. Lors de l’essai évoqué, un exemplaire rouge présent sur place mettait particulièrement en valeur la qualité visuelle de l’ensemble.

L’intérieur ne cherche donc pas à créer une rupture. Il prolonge la formule de la Vantage moderne, avec une présentation flatteuse, très soignée, et une vraie capacité à devenir plus élégante ou plus radicale selon les choix du client.

Quinze chevaux de plus et une réponse retravaillée

Les nouveautés les plus importantes se trouvent dans la fiche technique. Le V8 biturbo de 4,0 litres passe de 665 à 680 chevaux. Le couple maximal reste fixé à 800 Nm. Cette configuration paraît très proche de celle de la DB12 de base, qui revendique la même puissance. Aston Martin précise toutefois que la Vantage S reçoit un calibrage spécifique de la pédale d’accélérateur, ainsi qu’une gestion optimisée du launch control. Le gain chiffré est modeste, mais réel. Le coupé réclame 3,4 secondes pour passer de 0 à 100 km/h, soit un dixième de mieux. Le 0 à 200 km/h descend à 10,1 secondes, là encore en version coupé.

Un châssis retouché plus qu’un simple moteur gonflé

La Vantage S ne se contente pas d’un supplément de puissance. Aston Martin a surtout travaillé la liaison au sol et la manière dont la voiture transmet ses efforts à la route. Le berceau arrière abandonne ses jointures souples. Pour ne pas rendre l’auto trop sèche à basse vitesse, les supports de transmission deviennent 10 % moins rigides. L’objectif consiste à garder une cohérence d’ensemble, plutôt que de rendre la voiture dure uniquement pour donner une impression de sportivité. La suspension reçoit aussi une mise au point spécifique. Le carrossage, le pincement et l’angle de chasse sont revus afin d’améliorer la précision du train avant et son adhérence lorsque les contraintes latérales deviennent importantes. Les ressorts arrière sont assouplis pour préserver le confort à faible allure, tandis que les amortisseurs DTX bénéficient d’un calibrage dédié.

Des différences difficiles à isoler sur route

La grande question reste simple : sent on vraiment l’écart avec une Vantage normale ? Dans les faits, pas facilement. L’essai de la Vantage standard remontait à deux ans et s’était déroulé dans un cadre différent, entre routes espagnoles et circuit de Monteblanco. La Vantage S, elle, a été conduite sur les routes de l’arrière pays niçois. Sans passage direct de l’une à l’autre, il est difficile de mesurer précisément l’ampleur des évolutions.

Les sensations générales rappellent immédiatement la Vantage récente. On s’installe très bas, presque posé sur les roues arrière, avec un capot interminable devant soi. L’impression évoque un très beau dragster raffiné, plus immédiat dans son plaisir qu’une Ferrari Amalfi. La ligne joue déjà beaucoup avant même de démarrer, puis le V8 biturbo, devenu l’un des plus expressifs du marché, renforce encore le caractère de l’auto.

Plus ferme qu’une DB12 S, plus radicale dans l’ambiance

La Vantage S paraît subjectivement plus ferme et moins confortable que la DB12 S. Aston Martin l’assume, puisque cette stricte deux places vise une conduite plus sportive. La Vantage lancée en 2024 avait déjà paru plus conciliante que celle de 2018, notamment grâce à ses amortisseurs pilotés DTX capables d’offrir une plage de réglage plus large. Cette version S conserve cette base, mais donne une impression plus tendue. La direction semble plus consistante, le moteur plus présent dans l’habitacle et les réactions de suspension plus sensibles sur les aspérités. En sortant d’une Ferrari Amalfi ou d’une DB12 S, tout paraît ici un peu plus brut, plus dense, plus engagé.

Une Aston facile à aimer sur les bonnes routes

Sur les routes menant à Gréolières les Neiges, la Vantage S offre immédiatement ce que l’on attend d’un grand coupé sportif à moteur avant. Le V8 AMG retravaillé par Aston Martin donne une bande sonore grave, intense et très mécanique, avec des bruits d’admission qui participent pleinement au plaisir. Les performances en ligne droite sont largement suffisantes pour impressionner. Mais le plus marquant vient peut être de la confiance que donne la voiture. Le grip et la motricité se montrent très rassurants, aidés par les Michelin Pilot Sport 5S développés sur mesure, déjà vus sur la DB12 S. Le train avant résiste bien au sous virage dans les portions sinueuses. La voiture reste rigide et assez calme dans ses mouvements de caisse, mais elle accepte de pivoter à l’inscription si l’on ajoute du volant en levant le pied, surtout en mode Track avec l’ESP désactivé.

Un antipatinage réglable et une propulsion qui reste sérieuse

Comme sur la Vantage normale, mais aussi sur les DB12 et Vanquish, le mode Track avec ESP désactivé conserve l’accès à un antipatinage réglable sur huit niveaux, jusqu’à la coupure complète. Même débarrassée de toutes ses aides, la Vantage S ne devient pas une bête ingérable sur le sec. En gardant le respect nécessaire face à une propulsion de 680 chevaux, elle accepte d’être menée vite et conserve une motricité solide. À basse vitesse, sur chaussée bosselée et pleine charge, quelques mouvements peuvent apparaître, mais rien qui donne une impression de piège.

Pour la faire glisser franchement, il faudra dépasser volontairement la motricité et savoir gérer une puissante propulsion à l’accélérateur. Le différentiel électronique permet ce type de comportement, à condition d’avoir le niveau et l’espace adapté. Sur sol gras ou mouillé, les confrères ayant roulé dans ces conditions parlent d’une voiture nettement plus exigeante, ce qui semble logique avec autant de puissance et de couple envoyés aux seules roues arrière.

Une boîte ZF brillante au quotidien, moins exaltante en attaque

La boîte automatique ZF reste excellente pour rouler tous les jours. Elle convient très bien au caractère polyvalent des Aston Martin modernes à moteur avant. En conduite sportive manuelle, elle laisse toutefois un léger regret face aux meilleures transmissions à double embrayage du marché. Porsche, Ferrari, McLaren ou Lamborghini proposent des passages plus tranchants et plus immédiats dans ce registre.

La Vantage S revendique une personnalité plus aiguisée que les DB12 et Vanquish, mais elle ne joue pas dans le même registre de précision pure qu’une Porsche 911 de série GT ou qu’une McLaren Artura. Elle reste aussi plus lourde que ces références, avec 1 605 kg à sec.

Une vraie sportive, plus vivante qu’une Mercedes AMG GT

Ce poids et cette architecture ne l’empêchent pas d’afficher une efficacité sérieuse. La Vantage S combine une motricité solide, un train avant convaincant et un moteur très expressif. Elle se montre aussi plus vivante et plus caractérielle qu’une Mercedes AMG GT actuelle. C’est là que son positionnement devient intéressant. Elle n’est pas la plus radicale de la catégorie, ni la plus légère, ni la plus précise au scalpel, mais elle offre une expérience très immédiate, très sonore et très Aston Martin. Et c’est précisément ce qui rend cette version presque « cadeau » en exagérant à peine : pour un supplément d’exclusivité, quelques chevaux en plus, un châssis affiné et une présentation plus désirable, la Vantage S risque de faire paraître la Vantage standard moins évidente à choisir.

Avec cette Vantage S, Aston Martin ne réinvente pas son coupé d’entrée de gamme, mais lui donne juste assez de caractère, de puissance et de mise au point pour en faire la version que l’on voudrait naturellement signer.

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