Mercedes-AMG C 63 (W204) : tout, terriblement
L’auto dont il va être question dans les lignes qui suivent a quelque chose de… spécial. J’en entends déjà qui ricanent : « Et alors ? Ma Visa aussi, c’est même écrit dessus ! ». Certes, certes. Néanmoins, la C 63 AMG produite de 2007 à 2014 présente des spécificités qui la situent à part, non seulement au sein de la production Mercedes, mais aussi lorsqu’on circonscrit l’analyse aux AMG élaborées depuis que la firme fondée par Hans-Werner Aufrecht et Erhard Melcher a intégré l’épais catalogue de Stuttgart. Construite autour d’un moteur qui restera comme l’une des pièces d’orfèvrerie mécanique les plus bouleversantes de l’ère thermique, la première « 63 » de la Kompaktklasse étoilée aura aussi été la seule à véritablement mériter sa dénomination. Aurait-on pu célébrer plus prodigieusement la fin annoncée des big blocks européens à aspiration naturelle ? Avant elle, les motoristes livraient un travail impeccable et rationnel, synonyme d’ingénierie raisonnée ; ainsi, rien n’avait réellement préparé les esprits à la sauvagerie délibérée de l’engin, qui tourna joyeusement le dos au discours soigneusement calibré que la marque avait servi à ses disciples de longues années durant. Place à la fureur, place au tumulte ; c’est comme si, soudain, on s’était rappelé que toutes les limites sont faites pour être pulvérisées…
Nicolas Fourny - 2 août 2022